mercredi 13 juin 2012

Et pendant ce temps


 source: toile



 Et pendant ce temps,
inlassablement,
la roue tourne.
L'info à la seconde, prioritaire. A nos souhaits! Merci!
 tiendra encore un peu,
jusqu'à ce qu'elle ait dépassé sa date de péremption
et ainsi jetée en reste aux chiens,
qui n'en feront qu'une bouchée, tout comme le morceau choisi fut précédemment avalé
avec délectation par le clown Auguste et privilégié.

Nous en sommes là et fatigués
de ne trop rien savoir
et de consommer ce qui ne tient même pas au corps
et encore moins à l'esprit 
parti, quand à lui, et sans laisser d'adresse, chercher se route vers d'autres essieux.

Mais le savions-nous?
-la planche savonnette qui crie Alep! Alep!
-les micro particules élémentaires qui s'époumonent.
-La faim justifiant leurs moyens.
-Le meilleur de l'immonde habilement déguisé et à nos frais  en  bleu marine,
à la grâce d'un François Machiavel.
tout comme
 cette plage de fin de mois qui s'annonce
en tête des gondoles et seins crustacé
pour  pouvoir remettre vite vite par la suite son collier à crédit  au grand bal des productions
jetables,
dont nous sommes -tout de même- la cerise sur la crème de jour.

 Je regarde passer l'étron,
le prochain est déjà annoncé.
Personne ne connait  encore la couleur de l'emballage
mais sur le fondement,
soyons grandement rassurés.
Il n'y aura pas de surprise,
puisqu'il en cache un autre.


source: toile



"Le spectacle n'est pas un ensemble d'images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images."
Guy-Ernest  Debord 





 source toile et marque déposée...
"le vin des philosophes" - sic-  hic!
"pour dépasser nos préjugés" 
 lit-on dans la publicité

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"Vive le Québec libre"

 Une aventure du quotidien racontée chez NON-STOP et relayée par "LES POETES INDIGNES"


"Vêtue d’une robe fleurie et d’un sac rempli d’objets dangereux tels qu’une pomme, une bouteille d’eau et trois livres, j’ai voulu pointer du doigt la haute présence policière et l’attitude frôlant le terrorisme du SPVM depuis le début du conflit gouvernemental en lisant calmement 1984 de George Orwell, un roman d’anticipation présentant une société prise avec un régime policier totalitaire.

Après m’être faite fouiller par un policier à mon arrivée au métro Berri-UQAM, j’ai pris place dans un wagon en direction de la station Jean-Drapeau, mon livre à la main. Lors de mon retour vers le centre-ville, j’ai lu face à un policier et une femme a lu avec moi, par-dessus mon épaule.
Nous avons été prises en photographie et le policier, voyant que nous étions deux dangereux personnages, a appelé son équipe en renfort pour nous accueillir en bonne et due forme à Berri.
Avec les autres passagers du wagon, nous avons été placés face contre mur et nous avons ensuite été amenés à l’extérieur, par les sorties de secours, où on nous a dit de ne pas revenir sous peine d’être arrêtés.
Aucune réponse lorsque j’ai demandé ce qu’il y avait de mal à lire dans le métro.

J’ai commis un acte irréparable de désobéissance civile en redescendant dans la station et en retournant lire dans un wagon. Lorsque les policiers m’ont vu manger ma pomme, ils m’ont crié qu’ils reconnaissaient mes tatouages et m’ont interceptée. J’ai demandé ce que j’avais fait de mal, autre que de lire pacifiquement, et j’ai eu pour réponse que j’avais désobéi à leurs ordres. J’ai reposé ma question, à savoir ce qu’il y a de mal à être dans le métro à lire, et je n’ai pas eu de réponse.

On m’a mise en état d’arrestation et les deux policiers se sont fait un chaleureux high five pour se féliciter de leur bon travail. On m’a amenée, telle une criminelle, au centre de détention du SPVM au centre-ville de Montréal, où on m’a prise en photographie sous toutes mes coutures. Après avoir enregistré tous mes effets personnels, les policiers m’ont conduite à la cellule 52 où étaient présentes trois autres femmes.

J’ai passé la journée derrière les barreaux, autour d’une toilette sale, couchée sur un banc, sans savoir quand j’allais être relâchée, pour avoir lu dans un wagon de métro et pour avoir récidivé à cet acte révolutionnaire. Vers 15h30, j’ai été libérée avec un constat d’infraction me disant que tout ce cirque avait eu lieu pour un refus de circuler.

État policier ? J’ai honte de mon Québec."


-Marilyne Veilleux, étudiante à la maîtrise en sciences de l’information à l’Université de Montréal.-










mardi 12 juin 2012

traverser la nuit

source: Toile

- Collection de titres-

"Je dois reconnaître que les histoires m'intéressent assez peu. A tout prendre, je préfère les historiettes. dans certains livres, je file directement à la table des matières. Souvent, les titres me suffisent. Je fais depuis longtemps collection de titres; C'est une manie qui remonte à l'enfance. on peut collectionner toutes sortes de choses, mais la collection de titres est de loin la moins coûteuse. elle nécessite peu de matériel, se conserve à l'infini et, surtout, n'engage à rien. enfin, presque. Les mots sont souvent des titres qui s'ignorent. Paresseux, certains traînent en ville ou à la campagne, par tetits groupes. il suffit de les ramasser comme on le fait avec les champignons, ou les feuilles que l'on glisse dans un herbier.
Peu à peu, ma collection s'allonge;
Mais il faut être prudent. le comble pour un titre serait de ne pas tenir ses promesses. en la matière, la présomption se paie cher. Le titre idéal n'en dit pas trop, n'en a pas l'air. Pâle et sans effet, il se tient embusqué dans un entre-deux;
Il attend."


source: Toile


-Le coup de la soudure-

"La nostalgie suscite la méfiance.a peine énoncée et la voilà déjà synonyme de mélancolie, mais tant pis pour nous;
"Ne marche pas sur les câbles, me disait rituellement mon père lorsque nous étions dans l'atelier, et ne mets pas les mains dans tes poches, c'est dangereux, si tu tombes, tu t'éclates la tête;"
Qui aurait osé le contredire? Il soudait du matin au soir, toutes sortes de métaux, tubes, profils, carrés, soudure à l'arc ou à l'argon, à l'acétylène aussi, c'était son métier; il devinait intuitivement que la nature s'autorise souvent des entorses au règlement, et il considérait le métal d'un oeil sceptique. une bonne soudure, m'expliquait-il, doit résister à l'épreuve de la radiographie.
Il emmenait partout avec lui ce doux parfum de fer brûlé, imprégné dans ses vêtements, ses cheveux, et peut-être même sa peau; L'odeur est bien le plus tenace des souvenirs. Qu'il me suffise aujourd'hui de croiser un chantier dans la rue, comme ce matin, traversant en toute innocence un nuage volatile chargé de cet arôme métallique.
J'en frissonne et retire sur-le-champ les mains de mes poches.
Le nuage s'éloigne déjà, rusé comme un fantôme."


Deux extraits de "Je suis pour tout ce qui aide à traverser la nuit" de Fabio Viscogliosi-Editions Stock-
 


source: Toile