mardi 1 mai 2012

les imperfectionnistes



".../...Et vous écrivez des nécrologies?
-Entre autres, oui
-Ce qui s'appelle creuser son trou, ça dites moi...Et dans les grandes profondeurs! N'est-ce pas?
Il répond d'un sourire poli. Ecrire pour un quotidien international basé à Rome lui vaut d'habitude un certain respect- du moins jusqu'au moment où il explique à quelles rubriques il est préposé.
-J'ai bien aimé les livres de votre père, poursuit-elle. Il y en avait un avec le mot "éléphant" dans le titre, qu'est-ce que c'était déjà...? se demande-t-elle en jetant un regard à sa bibliothèque.
-Oui, dit Arthur, c'était un très bon écrivain.
-Et vous écrivez aussi bien que lui?
-Hélas non.
Il boit son thé, sort de ses affaires un bloc-notes et un magnétophone.
Elle écrase sa cigarette dans le cendrier, gratouille les coutures de ses chaussons.
-Une autre tasse?
-Non, je vous remercie.
-Il enclenche le magnétophone et l'interroge sur ses débuts. Elle répond avec une impatience, puis ajoute:
-Vous devriez me poser d'autres questions.
-Je sais, tout ça est très basique. Mais il faut que je confirme certaines informations.
-Tout est dans mes livres.
-Je sais. Mais je...
-Demandez-moi ce que vous voulez.
Il lui montre son exemplaire de ses mémoires.
-J'ai beaucoup aimé, au fait.
-Vraiment? réagit-elle, le visage soudain illuminé, tirant sur une nouvelle cigarette. Navrée que vous ayez dû vous fader cette vieille chose ennuyeuse.
-Je ne me suis pas ennuyé du tout.
-Moi oui! C'est le problème, j'imagine, quand on écrit sur sa propre vie? une fois que c'est fait, on ne veut plus jamais en entendre parler. Mais il est très difficile d'arrêter de parler de soi-surtout dans mon cas! Soit dit en passant M. Gopal, ajoute-t-elle en se penchant vers lui avec bienveillance, j'aime bien les nécrologies. Je ne cherchais pas à dénigrer votre travail. Vous ne l'avez pas mal pris, j'espère?
-Non, non.
-Tant mieux. Me voilà rassurée. Et maintenant dites-moi; quand est-ce que je pourrais le lire, cet article?
-Vous ne pourrez pas, je le crains C'est contraire à nos règles. Sinon tout le monde se mettrait à vouloir apporter des corrections ici ou là. Je suis désolé.
-Dommage. Comme ç'aurait été amusant de savoir en quels termes on se souviendra de moi! L'article que j'aurais eu le plus envie de lire de toute ma vie est justement celui que je pourrais jamais lire! Bon. C'est comme ça.
Elle soupèse son paquet de cigarettes.
-Les gens doivent être terriblement irrités quand vous sortez votre calepin  Non? C'est un peu comme le croque-mort qui arrive pour prendre les mesures du cercueil.
-J'espère que je ne suis pas aussi sinistrose. Mais pour tout vous dire, la plupart du temps, les gens n'ont pas conscience du véritable propos de mes question. En tout cas, je suis soulagé de ne pas avoir à faire semblant ce soir; ça me facilite la vie, vous n'avez pas idée.
-Et moi, ça va me faciliter la mort?
Il essaie de rire.
-Ne faîtes pas attention, dit-elle. Mauvais jeu de mots. Quoi qu'il en soit, ça ne me fait pas peur. Pas le moins du monde. On ne saurait redouter ce qu'on ne saurait connaître. Or la seule mort qu'il nous sera jamais donné de connaître, c'est celle des autres. Rien de plus grave. Et c'est déjà bien assez grave, me direz-vous. Je me souviens de la première fois où j'ai perdu un proche. C'était en quoi? 1947! Walter. Il est dans le livre, c'est celui qui dort toujours avec son manteau, si vous vous rappelez. Il est tombé malade, je l'ai abandonné à Vienne, et il est mort. La maladie me terrifiait. J'étais pétrifié à l'idée de...de quoi? Pas de tomber malade et de mourir, non. Même à l'époque, de façon rudimentaire, je comprenais ce qu'était la mort, au pire: quelque chose qui arrive aux autres. Et c'est cela qui est difficile à supporter; c'est cela que je n'ai pas pu affronter alors avec Walter, d'ailleurs je n'ai jamais réussi. Mais ce que je voulais dire, voyez-vous, c'est qu'il y a un grand malentendu sur la mort. Perdre la vie n'est pas la plus grande perte. Ce n'est même pas une perte. Pour les autres peut-être, mais jamais pour soi-même. Selon notre propre perspective, il n'y a pas de perte. Vous comprenez? Vous me direz, je suis peut-être encore en train de jouer sur les mots, parce que tout ça ne rend pas la mort moins effrayante, n'est-ce-pas?
-Elle s'interrmpt pour boire son thé, puis poursuit:
-Non, ce que je redoute vraiment, c'est le temps.Le voilà, le vrai démon: toujours à nous cravacher quand on préférerait flâner, si bien que le présent défile à tout allure, impossible à saisir, et que soudain tout est du passé, du passé qui ne tient pas en place, qui se glisse dans tous ces récits mensongers. Mon propre passé- pas un seul instant il me paraît réel. La personne qui l'a vécu, ce n'est pas moi. Comme si celle que je suis ne cessait de se dissoudre. "Nul homme ne se baigne deux fois dans le même fleuve, car alors ce n'est plus le même fleuve et ce n'est plus le même homme", dit Héraclite. Et c'est vrai. Nous aimons nous laisser prendre à cette illusion de la continuité, et nous lui donnons le nom de mémoire. Ce qui explique, peut-être, que notre pire frayeur soit non pas la disparition de la vie, mais la disparition des souvenirs.
Elle le toise d'un regard interrogateur.
-Ce que je dis a-t-il le moindre sens? Cela vous paraît-il sensé? Dément?
-Je n'avais jamais réfléchi à ces questions en ces termes, répond-il. Vous avez sans doute raison.
Elle se renfonce dans le canapé.
-C'est tout de même extraordinaire! Ne trouvez-vous pas cela fascinant? continue-t-elle en se penchant de nouveau vers lui. Notre personnalité meurt en permanence, et nous avons la sensation de vivre de manière continue. Et pendant tout ce temps, nous sommes là à paniquer devant la mort, dont nous ne ferons jamais l'expérience. Pourtant, c'est bien cette peur irraisonnée qui nous donne l'appétit de vivre. Nous nous étripons et nous mutilons au nom de la victoire et de la gloire, comme si, par je ne sais quel mystère, celles-ci nous donnaient le pouvoir de nous jouer de notre condition mortelle et d'étendre nos vies à l'infini. Et puis, lorsque vient la mort, nous nous lamentons d'avoir si peu accompli. Ma propre existence par exemple, a si mal tenue ses promesses. La postérité ne me fera guère de place. Sauf, bien entendu, dans les colonnes de votre excentrique journal. Je ne vous demanderai pas pourquoi vous m'avez choisie-Dieu merci, au moins quelqu'un l'aura fait! Cela prolonge un peu le bail de mes illusions
.../..."


Extrait de:"Les imperfectionnistes" roman de Tom Rachman-traduit de l'anglais pas Pierre Demarty-Editions Grasset




source: toile 


Bonne fête à tous les exploités de la terre
pour ne jamais oublier que le travail n'est pas une fatalité,
ni inscrit dans les gènes...
Un jour,
 grâce à l'intelligence, aux sciences, aux techniques...
et pour le bien de tous
la machine remplacera  l'Homme 
pour qui, il ne restera plus  alors
qu'à se réaliser et se faire du bien
dans son court passage sur la planète 
 en partageant avec ses ptits camarades -en  respect-
 les richesses
qui appartiennent à personne et donc à  tous.




Le journal de personne 

lundi 30 avril 2012

avec des si on mettrait Hollande en bouteille


 source: Toile


"Et si on se faisait une soirée électorale, dimanche prochain?" me questionna dans l'écouteur, enjouée et inquiète à la fois, une proche connaissance en  ce dimanche du Souvenir des déportés...
!!! ???? !!! ...
Cela faisait déjà quelques temps -disons depuis le résultat des courses du dimanche précédent-que je me demandais: Qu'est-ce que j'allais bien pouvoir faire à la Sainte Prudence -la bien nommée- un certain 6 mai; oscillant dans mes  dieux hémisphères, entre le bulletin godillot socialo et le refus d'avaler encore une fois les couleuvres de ces gens là, qui dans bien des cas (et naturellement à mon modeste point de vue) ressemblaient étrangement aux autres, si ce n'est dans la couleur du papier cadeau qui différait un chouïa.. enfin, .peut-être.
Et puis ma fibre bretonne et légèrement écolo sur les bords de la piste  (d'aéroport) me déconseillait en douce de cautionner une bande  de margoulins jacobins dont nous avions quelques beaux  spécimens en représentation sur nos terres celtiques
De plus, si j'en croyais les oracles des spécialistes du décryptage dans la mare de cafète, l'étoile montante de la bourse de Nantes risquait fort d'occuper le Saint Siège de premier sinistre si le François gagnait la mise, ce qui à ce moment là entrainerait  forcément l'arrivée en cascade de la colonie Jules Ferry Ducan hollandais

Seulement  voilà...
en supposant que F.G.G. (François Gérard Georges  se fasse )rattraper dans la dernière ligne (d'extrême) droite, on allait devoir se refarcir pour cinq ans le mec plus ultra icône de la Vulgarité made in France (que le monde entier nous enviait)..
Et là comme sur une chaloupe entre deux eaux je sentais poindre  une irrésistible envie de vomir, par les dents du fond de cale ...
Mais
Z'
Alors!!!!
 et pour paraphraser Vladimir Ilitch Oulianov :  "QUE FAIRE?"





Il me reste une quasi semaine pour répondre à la question, ce qui, vu mon éducation judéo-chrétienne qui ne manque jamais de pointer sa culpabilité  récul-rrente surtout quand on l'a pas sonnée... risque  de me faire tourner en bourrique pour ne pas dire girouette parce que là ça me rappellerait  trop l'autre cancer de l'Ego et même si une gerbe peut en cacher une autre comme on dit au champ du souvenir, point trop s'en faut, tabernuche!

 La bile ne fait pas le moine non plus!

Alors, voyez, chère connaissance angoissée du résultat final, remarquez le,  je fais un terrible  effort pour essayer de l'être tout autant  et  puisque vous avez déjà  choisi votre "Ayrault "... alors que moi la seule qui me faisait  délicatement vibrer a plafonné allégrement à deux et ses quelques  pour cent , il ne me resterait donc   plus qu'à allumer un cierge pour que certains de ses petits camarades accrochés aux bandes  trop collantes du pouvoir  n'aillent pas servir de paillasson au gazou.

 Ceci dit, pour le plaisir (merci Léonard),  Eva je l'aurais bien vue  ah!ah!ah! Ministre de la justice...M'enfin, pas vraiment  de "risque". Comme pour le nucléaire, vive le  consensus politicard au delà des étiquettes. Dame,  quand il s'agit de défendre ses privilèges ou magouilles...et avec une justicière au service. vous n'y pensez tout de même pas?
 Sauve qui peut!






Et si c'était Aubry à la place de l'Ayaultport?  
hein(g)?
Dans ce cas là,  effectivement, la donne serait légèrement différente
et les bulles de demi-sec méthode champenoise  un peu moins rêches sur la glotte.


Allez, l'occasion faisant le lardon, je m'occupe du rôti froid mayonnaise tu ramènes ta quiche d'Alsace lorraine et on verra bien,la bouche pleine -c'est toujours ça de pris- pour qui sonne le gras?
Et que le cul nous pèle...



 source: Toile

"Le pouvoir est l'aphrodisiaque suprême"
-Henry Kissinger-





"Moins écrire,
Respirer,
Moins détruire,
Expirer,
Moins souffrir,
Exister,
Moins sourire,
Persister,
Moins cueillir,
Replanter,
Moins d”empire,
S’enraciner,
Moins de délires,
Vérifier,
Moins de crise,
Étudier,
Moins de mépris,
Écouter…
.../..."
extrait de: "Discernement"- Laurent Brunet -











Les nouvelles du  fossé:

Eric Charden, grand représentant de la polie-culture musicale française et par là même... décoré de la légion d'honneur... est mort.

Trop Stone?