mercredi 11 avril 2012

berceuse



En français, ru signifie "petit ruisseau" et, au figuré, "écoulement (de larmes, de sang, d'argent)" (Le Robert historique). En vietnamien, ru signifie "berceuse", "bercer".



"Ma mère voulait que je parle, que j'apprenne à parler le plus rapidement possible le français, et aussi l'anglais, puisque ma langue maternelle était devenue non pas dérisoire, mais inutile.Dès ma deuxième année au Québec, elle m'a envoyée dans une caserne de cadets anglophones. C'était une façon d'apprendre l'anglais gratuitement, m'avait-elle dit. Elle se trompait, ce n'était pas gratuit. Je l'ai payé, cher. Ils étaient une quarantaine de cadets, tous grands, effervescents et, surtout, adolescents. ils se prenaient au sérieux en inspectant minutieusement le pli d'un col, l'angle d'un béret, la brillance d'une botte. Les plus vieux criaient après les plus jeunes. Ils jouaient à la guerre, à l'absurde, sans comprendre. Je ne les comprenais pas. Je ne comprenais pas non plus pourquoi le nom de mon voisin de rang avait été répété en boucle par notre supérieur. Peut-être voulait-il que je retienne le nom de cet adolescent qui faisait deux fois ma taille. Mon premier dialogue en anglais, je l'ai formulé en le saluant à la fin de la séance: "Bye Asshole"."








"Petite, je croyais que la guerre et la paix étaient deux antonymes. Et pourtant, j'ai vécu dans la paix pendant que le Vietnam était en feu, et j'ai eu connaissance de la guerre seulement après que le Vietnam eut rangé ses armes. Je crois que la guerre et la paix sont en fait des amies et qu'elles se moquent de nous. Elles nous traitent en ennemis quand ça leur plaît, comme ça leur convient, sans se soucier de la définition ou du rôle que nous leur donnons. il ne faut donc peut-être pas se fier à l'apparence de l'une ou de l'autre pour choisir la dircetion de notre regard. J'ai eu la chance d'avoir des parents qui ont pu préserver leur regard, peu importe la couleur du temps, du moment. Ma mère me récitait souvent le proverbe qui était écrit sur le tableau noir de sa huitième année à Saïgon: "La vie est un combat où la tristesse entraîne la défaite."








"Je m'appelle Nguyên an Tinh et ma mère, Nguyên An Tinh. Mon nom est une simple variation du sien puisque seul un point sous le i me différencie d'elle, me distingue d'elle, ,jusque dans le sens de mon nom. En vietnamien , le sien veut dire "environnement paisible" et le mien "intérieur paisible". Par ces noms presque interchangeables, ma mère confirmait que j'étais une suite d'elle, que je continuerais son histoire.
L'histoire du Vietnam, celle avec un grand H, a déjoué les plans de ma mère. Elle a jeté les accents de nos noms à l'eau quand elle nous a fait traverser le golfe de Siam, il y a trente ans. Elle a aussi dépouillé nos noms de leur sens, les réduisant à des sons à la fois étrangers et étrangers dans la langue française. Elle es(t surtout venue rompre mon rôle de prolongement naturel de ma mère quand j'ai eu dix ans."


Extraits de "RU"  un livre  de Kim Thùy éditions Liana Levi

mardi 10 avril 2012

faites vos j'oeufs





Un peu de mardi  pris
qui vaut mieux que leurs partis pris dans les salmigondis, faisanderies,
d'un pouvoir qui aboie dès qu'on lui chatouille délicatement et avec humour le croupinion.
Liberté égalité fraternité relégués et perdus dans la banqueroute  d'un tube digestif sous perfusion.

Dis, tu t'en souviens?
" Il est mort le vieux monde"
Et cette  jeunesse d'aujourd'hui,  qui n'a pas d'âge, se rappelle à tes bons souvenirs, tellement vite ou presque oubliés sous un "confort" d'opérette, la peur de s'agiter après de s'en servir, les compromis fermant  leurs volets à heure fixe, le plancher trop vaste pour tes mornes pantoufles....

Utopie, poésie
Les deux mamelles d'un monde que tu désirais tant  changer avant qu'il ne te mange en douce de l'intérieur et fasse de toi son obligé. sa carpette bon marché, tellement  vite usée.

Hé! Ho!  tu parles tout seul maintenant?
ça va pas mieux
...




Sur un mur 
à lire
gentiment
dans un murmure 
...
Tout le contraire
des marchands du temple
rentrés en campagne officielle
mon mardi 
et
décibelles que j'y voyais déjà
leur  cul sur une  bien  trop commode.

Sur un mur ouvert à tous les vents
et
aux embruns de l'Histoire qui rote.
Un Breton surréaliste aurait écrit ceci:

"La poésie, l'amour,
c'est par ce seul ressort que la pensée humaine
parviendra à reprendre le large."
-André Breton-
















Indignez-vous! par guyomdeSinope













Z'au courrier du jour:

Bonjour à toutes et à tous.

"Patrice Franceschi, écrivain, aviateur et marin (capitaine du trois mats La boudeuse n.d.c), sort son nouveau livre : "Avant la dernière ligne droite", dont vous trouverez ci-joint (et en avant-première!!) la couverture en à-plat ainsi que le bandeau qui ira autour.
Publié aux Editions Arthaud, ce livre comptera près de 600 pages et sortira le 2 mai en librairie.

Ainsi que l'explique lui même Patrice Franceschi, il s'agit là de "mémoires intermédiaires" qui s'inscrivent dans une dimension précise : la manière d'être libre dans un monde de plus en plus formaté, quel que soit son choix de vie. C’est aussi une "vie à travers le siècle" avec les engagements qui vont avec.


Voici le texte de la quatrième de couverture, écrit par Patrice Francechi :

"Maintenant que j’aborde ma « dernière ligne droite », il y a une chose au moins dont je suis certain : mener sa vie conformément à ses rêves est devenu un pénible défi quotidien. Jamais nous n’avons été autant prisonniers du monde que nous avons créé, de l’univers formaté dans lequel nous nous sommes enfermés. Être simplement libre – autrement dit agir et penser par soi-même –, n’est même plus un droit mais un devoir qui aujourd’hui se paie très cher. Dans ces conditions, comment trouver un accord entre soi-même et l’existence que l’on mène, c’est-à-dire en définitive, comment être heureux ? Peut-on même encore rêver de choisir sa vie pour en être propriétaire ? Et qu’en faire alors ?
Un jour, très jeune, j’ai tout jeté dans la balance, sans compter, pour tenter de répondre à ces questions : j’ai sauté hors des rails. Avant la dernière ligne droite est l’histoire mouvementée de ce qui a suivi". Patrice Franceschi

Amicalement, 

Nathalie Franceschi