jeudi 8 décembre 2011

porté, transporté




Il fallait être porté, transporté,
jamais gratuitement.
Avantage et dépens.  

Poursuivre sa ligne de vie
en veine de fuite de mots
et contre-sens.

Ne rien parier, laisser satisfaire,
Monter la côte encore,
cette fois.
Profiter uniquement et ne plus rien devoir.
Accepter les tempêtes
avec ou sans conflits d'intérêt.

Ne plus souffrir
faute de temps.
Ne plus mourir,
faute d'argent.
Car pour bien se servir de sa mort 
il serait  franchement  indispensable d'y trouver du crédit.
Sinon?

A quoi ça rime:
Toutes ces histoires
de petites  coupures.
Toutes  ces épines
dans la machine.
Toutes ces promesses
à chavirer
Toutes ces maladresses
redressées
tant bien que mal
et plutôt...
...que...






Porté, transporté,
recyclées les images,
sans jamais
comprendre
qu'une grève inachevée
puisse encore s'inspirer des ravages de l'espoir
pour soulager la peine d'un mousse
qui ne savait pas nager et pour autant,
remettait le couvert. dans l'évier.




Porté, transporté
le marchand de glaces est repassé
en lieu et place du marchand de sables
Les temps sont durs, faut s'adapter
la vue
sur berge.

Faire du sport cérébral
Conserver son homme demain , sa femme de lettres
Et.
Au moins,
cinq fois par jour
récolter les fruits du savoir.

Aider la chance à pas de chance.
Attendre sagement son tour
pour en  être sur la photo
à noyer l'horizon
sans qu'on le sache.
ou  parfois,
dans les rivages
se prendre pour le Zorro
d'une curieuse équation.





mercredi 7 décembre 2011

habillage trois effets



 Serge nous propose ceci:


"En découvrant l'histoire de Fabrice, l'éducateur qui s'est suicidé à Dunkerque, je me suis dit que ça aurait pu m'arriver. Que des choses graves auraient pu se passer. J'ai vu des éducateurs qui craquaient, d'autres pourtant très bons qui partaient ou qui finissaient par s'énerver contre un jeune.
Après deux ans et demi comme moniteur-éducateur dans une importante institution d'Ile-de-France, j'ai demandé, à bout, une rupture de contrat.
Premier problème : le manque de personnel. Raisons budgétaires oblige, la structure accueillait un maximum de jeunes sans pour autant augmenter le nombre d'éducateurs. Nous étions en sous-effectif : ils étaient trente, on était cinq ou six. J'ai travaillé dans un autre foyer avec plus de moyens et d'encadrants, il y avait moins de soucis avec les adolescents.

Les ados ont besoin d'autorité

Mais il y a autre chose : on manque d'autorité et de respect. Même complétement désemparé, on ne peut pas sanctionner. On est là pour les aider mais quand des jeunes se mettent en danger ou nous mettent en danger, l'éducateur ne peut rien faire.
Comme Fabrice, j'ai été agressé physiquement. Deux fois en trois jours par le même jeune, alors qu'il venait d'avoir une altercation avec un professeur. Une semaine après, il a reçu une petite sanction (quelques jours d'exclusion pour un multirécidiviste ingérable).
Je ne suis pas pour la sanction, mais quand un jeune fait une bêtise, il faut le punir. Les ados ont besoin et demandent de l'autorité. Ils sont dans la toute-puissance. Ils font tout ce qu'ils veulent et on ne peut rien faire.

Les informations sont cloisonnées

Nous ne nous sentions pas soutenus par la direction. Nous sommes près des jeunes au quotidien, mais notre parole et nos écrits ne servent à rien. Nos rapports étaient tout de suite classés.
L'affaire d'Agnès m'a également interpellé. Quand on recevait ces jeunes, nous n'avions aucune information sur leur passé. Pourtant, il y avait bien un dossier d'admission. Mais une partie des informations allait à l'infirmerie, une autre à l'assistante sociale, une autre à la scolarité. Nous en avions une partie, mais rien de complet sur le jeune.
Ce cloisonnement d'information est dangereux pour le travail des éducateurs. Impossible de bosser correctement quand on nous cache des choses primordiales pour les aider !

Mes proches m'ont permis de ne pas péter les plombs

J'avais les nerfs à fleur de peau. A tel point que je me sentais capable de frapper un ado... Ce qui n'est pas du tout dans ma nature. Heureusement pour moi, je suis bien entouré. Mes proches m'ont permis de ne pas péter les plombs.
J'ai fait un « burn out ». Je ne voulais pas démissionner car j'estimais avoir essayé de faire mon travail du mieux que je pouvais, tous les jours. D'autant que les conditions étaient difficiles pour les éducateurs. La direction n'avait pour sa part aucune raison de me licencier. J'ai demandé une rupture de contrat. Elle a été reçue favorablement – voire avec soulagement.
Quand je vois tous les faits divers qui concernent le milieu éducatif, où les professeurs et les éducateurs ne sont pas soutenus mais montrés du doigt, je suis heureux d'avoir dit stop. Il y a beaucoup de gâchis, d'incompétence, de dysfonctionnements et d'inhumain dans le monde éducatif français."
 "A deux doigts de péter les plombs, j'ai quitté mon travail  d'éducateur."   texte de: Patrick Moisson- publié dans:
RUE89


                                             (-(-(-(-(-(-(-(-(-(-(-(-(-)-)-)-)-)-)-)-)-)-)-)-)-)


la marche de l'Histoire a t-elle toujours du sens?


oublié de la crise


ça coûte bonbon


estuaire souvenir: tremper son canard, paraît que ça réchauffe


nuages et dentelle