samedi 26 novembre 2011

argent content

 source: Toile



"L'économie c'est la science du sordide, non de la pureté."
-Alfred Sauvy-

J'ai lu ça:

"Vous qui n’êtes pas blogueurs, vous ne savez pas ce que vous ratez ! Non seulement vous ne passez pas des heures à écrire, vous ne vous faites pas engueuler par votre femme, vous n’avez pas à cacher vos activités coupables à votre patron, et on ne se demande pas si vous êtes mort dès que vous n’avez rien écrit depuis 3 jours…
Mais tout cela n’est rien. Le pire, c’est que vous Jean-Michel Fourgous, député UMP des Yvelines, ne vous écrit pas.
Et ça, franchement, je ne sais pas comment je faisais avant.
Fourgous, c’est le gars qui pense que Hollande est un dangereux marxiste , et qui ne rate pas une occasion de léchouiller les orteils de son mètre à penser.
Mais aujourd’hui, Jean-Michel Fourgous va plus loin : il va nous permettre d’échapper à la crise. Comment ? En faisant savoir aux banksters que la “dette” est principalement constituée d’intérêts indus, et donc nulle et non avenue ?
Non, restons sérieux. Fourgous est un homme respectable. Il est de l’UMP, que diable. C’est pas lui qui s’abaisserait à contraindre un bankster… Il préfèrera 1000 fois faire payer le peuple.
Non, Fourgous pense, sans rire, que la crise peut se résoudre en… apprenant l’économie !
Voici ce que j’ai reçu :
Le groupe d’étude parlementaire « Génération Entreprise », co-présidé par les députés Jean-Michel FOURGOUS (Yvelines) et Olivier DASSAULT (Oise), organise un colloque sur la culture économique des Français le :
[Je vous passe date et heure, d’ailleurs c’est passé, et on n’est pas là pour faire de la pub, non plus…]
Pour résoudre une grave crise comme celle qui secoue, en ce moment, l’Europe entière, il est tout d’abord nécessaire de bien comprendre l’économie. Les Députés issus de l’entreprise veulent attirer l’attention sur le manque de culture économique des Français qui handicape la reprise de la croissance et la compétitivité de notre pays. Le Prix Nobel d’économie Edmund PHELPS a d’ailleurs évalué que « la France perd un point de croissance à cause de son déficit de culture économique ».
A travers ces débats, les Députés de « Génération Entreprise » souhaitent souligner l’importance de l’adhésion à l’économie de marché, et la nécessité d’avoir un esprit d’entreprise et une culture de l’innovation dans le contexte actuel de guerre économique mondiale.
Parmi les intervenants, seront notamment présents Laurence Parisot, présidente du MEDEF ; Emmanuel Chain, créateur de l’émission « Capital » ; Christian Saint-Etienne (économiste), Geoffroy Roux de Bézieux (chef d’entreprise), deux think tanks (TERRA NOVA, l’IFRAP), deux journalistes (Le Monde, Le Figaro).
Jérôme Fourquet, directeur adjoint du département opinion publique de l’IFOP présentera les résultats d’un sondage sur « Les Français et la compréhension de l’économie ».
Deux tables rondes articuleront ensuite les débats : la première dressera l’état des lieux de la culture économique des Français ; et la seconde tentera de dégager des solutions concrètes pour réconcilier nos compatriotes avec l’économie.

Si vous ne vous êtes pas bidonnés au moins 37 fois à la lecture de la liste des participants, tous -mais ce doit être un hasard- ultralibéraux bêlants, il ne vous reste effectivement qu’à aller voter Sarkozy et à croire qu’il va “solutionner la crise”… Vous avez aussi le droit de vous demander ce que “Terra Nova”, le “think tank” du P”S” vient faire dans cette galère…
Ainsi donc, la crise, c’est notre faute. Enfin, la vôtre, tas d’incultes qui ne comprenez rien à l’économie capitaliste et ultralibérale.
Vous pouvez cependant être à moitié rassurés en constatant que pas un des intervenants n’avait prévu la crise des subprimes, ni celle de la dette publique. Pas un. Même les agences de notation, qui orchestrent l’asservissement des peuples, n’avaient rien vu venir… Quant aux “téléconomistes”, tous les prétentieux qui causent dans le poste pour expliquer nos malheurs et nous persuader qu’il faut encore faire des sacrifices, ils se contentent de répéter les sornettes libérales de base, sans même pouvoir prédire ce qui se passera demain ou dans une semaine. Dans 10 ans, n’en parlons pas.
Olivier Dassault nous donnerait des leçons d’économie ? Non, tout au plus pourrait-il nous expliquer comment échapper à la crise en naissant milliardaire…
Cette démarche pue. Elle fait partie d’un ensemble d’arguments pourris, qui tendent à faire croire que nous serions responsables de la crise. Parce que nous vivrions “au dessus de nos moyens”, et qu’il faut donc abandonner retraites, sécu, droit du travail… Et que nous sommes donc incultes, ne connaissant pas l’économie.
Pourtant, je fais des efforts, et je vais dans le sens de Messieurs Fourgous et Dassault : je me cultive et j’apprends l’économie. Oh, pas les sornettes de lycée, ni même ce qu’est une action, une obligation, tout ça je le sais depuis longtemps.
J’ai donc appris :
- Ce qu’est un CDO, un CDS (il serait intéressant de savoir combien des intervenants sus-cités seraient capables d’expliquer le concept)
- La bêtise, la prétention et le panurgisme des banksters de Wall Street (ça c’est grâce aux livres de Michael Lewis)
- Que notre dette est de 1700 milliards d’euros, soit plus de 100 000 euros par famille de 4, et donc inremboursable.
- Que cette dette monte de plus en plus, avec les taux d’intérêts fixés par les banksters eux-mêmes
- Que c’est la même chose dans la plupart des pays occidentaux.
- Que cette dette est principalement constituée des intérêts indus payés à des banksters.

Et surtout….
- Que ce sont des politiciens donneurs de leçons qui ont abandonné leurs pouvoirs aux banksters et aux eurocrates qui sont responsables de cette situation, et prétendent néanmoins, pompiers pyromanes, nous en sortir…"
-"Le comique de service, sortir de la crise en apprenant l'économie." article publié le 23 novembre sur le blog de SuperNo -"jamais content jamais d'accord mais toujours prêt à le dire-


 source: Toile

"L'économie qui est la science sociale mathématiquement la plus avancée, est la science socialement la plus arriérée, car elle s'est abstraite des conditions sociales, historiques, politiques, psychologiques,  écologiques inséparables des activités économiques."
- Edgar Morin-




vendredi 25 novembre 2011

le bloc




"Finalement, tu es devenu fasciste à cause d'un sexe de fille.
La formulation te fait sourire un instant et c'est bien la seule chose qui t'aura fait sourire aujourd'hui. on dirait une épitaphe: Antoine Maynard, devenu fasciste à cause d'un sexe de fille.
Et puis tu ne souris plus: tu sais qu'en ce moment précis, quelque part dans la ville, des hommes cherchent à tuer ton ami. Ton frère. Ton petit mec. Oçu ton âme damnée, comme on disait dans les romans du monde d'avant.
Stanko.
Tu aurais peut-être mieux fait de te cantonner à écrire des romans, toi, d'ailleurs. Et au moment où tu penses cela, tu sais à quel point tu te mens, à quel point tu te serais ennuyé à faire carrière dans le milieu littéraire, en admettant que tu aies rencontré davantage qu'un succès d'estime dans des cercles très  "marqués". Très marqués à ol'extrème droite pour dire les choses clairement.
De toute manière, les quatre romans que tu avais dans le ventre, tu les a donnés. ils ont été accueillis assez froidement, à part le premier. On savait qui tu étais, quelles étaient tes allégeances. La mode n'était pas encore au réarmement moral, comme ces temps-ci. A la lutte contre l'ennemi intérieur, islamiste et gauchiste, et même islamo-gauchiste, pour faire bonne mesure. La mode n'était pas encore à la trouille honteuse de tout un pays qui vous amène aujoued'hui aux portes du pouvoir après que vous êtes devenus fréquentables, grâce à Agnès, notamment.
Tu souris encore, un peu amèrement cette fois-ci: si la semaine prochaine, comme il en est question, tu deviens secrétaire d'Etat- secrétaire d'Etat à quoi, tu ne sais pas et tu t'en fous-, tu t'amuseras à publier de nouveau un roman, pour voir quel effet ça fait d'être du côté de ceux que les médias révèrent et flattent. Et puis tu t'arrangeras, pendant que tu y es, pour que les quatre précédents soient réédités en poche. Tu n'es pas p)our le pardon des offenses. Si tu as l'occasion de faire plier l'échine à deux trois petits marquis de la gauche caviardo-cultureuse, tu ne t'en priveras pas.
 Pour peu que tout se passe comme prévu, tu pousseras même le vice jusqu'à te faire inviter dans deux trois émissions littéraires animées par quelques types qui seront bien obligés de ravaler leur morgue. Oh, tu leur aménagera une porte de sortie, tu la joueras grand seigneur, tu les laisseras être un peu insolents, s'ils en ont, toutefois, encore le courage. Les consignes du Bloc sont claires, de toute manière: pas de triomphalisme. Profil bas. On prend les ministères. On exerce le pouvoir. On se respectabilise. Compétence. Stratégie du recours. Agnès a bien insisté, ces derniers mois. Pas de chasses aux sorcières, pas de vengeance personnelle.
Enfin, pas tout de suite...
.../..."

-extrait de:" Le Bloc"- un roman de Jérôme Leroy- série noire- Gallimard-
On en cause par ici
et par là également