mercredi 21 septembre 2011

pendant la récré



Pour des raisons diverses dont j'ai déjà  largement causé sur ce blogounet, je ne garde pas forcément des souvenirs très aimables  des années passées sur les bancs de l'école; mais pour autant, l'accès à la culture, dont c'est bien une des portes d'entrée, enfin ça devrait...ne me laisse pas insensible. Voilà pourquoi je ne peux que  m'associer à la démarche d'un "collectif contre le dépouillement de l'école" qu'un lecteur attentif m'a fait connaître. Collectif créé, je cite:
"pour dénoncer l’abandon par l’État de sa mission de service public d’éducation. Aujourd’hui « l’école est nue », luttons ensemble contre le dénuement de l’école."



Pour plus d'infos et pétition associée, c'est par ici que cela se passe







Et pour faire- objectivement parlant- bonne mesure, je me dois également de diffuser ci-après le texte  d'Alan Coraud  (envoyé par un autre lecteur, tout aussi attentif) publié sur son blog  sous le titre: "Négritude et bretonnitude" et qui nous cause des dégâts (le mot est faible) qu'a pu faire et fait  encore une certaine et nauséabonde idéologie coloniale  portée (en autre)  par ceux qu'on appelait à une certaine époque "les hussards de la République" et issus des rangs fertueux  de l'éducation nationale...


"Aimé Césaire, chantre de la négritude a su donner sa juste place aux peuples noirs dans le grand ensemble de l’humanité.
Dans ses œuvres, il a aussi dénoncé le système colonial par le terme « d’assimilationisme ».
D’autres écrivains noirs ont su apporter leur contribution à la reconnaissance des cultures africaines ou antillaises.

Amadou Ampâté Bâ dans ses mémoires notamment et ses souvenirs d’enfance a fort bien su transmettre cette culture orale d’une richesse incroyable.Il décrit aussi la manière violente d’imposer la langue française au peuple Peule dans le Mali, colonie française.


« Je ne saurais décrire le processus par lequel les nouveaux élèves parvenaient rapidement à parler le français, car le maître ne traduisait absolument rien en langue locale des leçons qu’il nous dispensait.
À moins d’une nécessité particulière, il nous était d’ailleurs strictement interdit de parler nos langues maternelles à l’école et celui qui était pris en flagrant délit se voyait affublé d’un signe diffamant que nous appelions symbole. »
Le barde breton Glenmor, poète, écrivain et chanteur, à la question « comment avez-vous pris conscience de votre bretonnitude » répond : « Je ne sais pas, je suis né ici. Je ne parlais pas un mot de français quand je suis arrivé à l’école. J’ai été puni parce que je ne parlais pas français dans la cour. »
Le symbole était un objet que l’instituteur remettait en signe de punition à un élève surpris à parler dans sa langue régionale.
Il s’agissait soit d’un sabot de bois, soit d’une ardoise où l’élève devait écrire « je parle breton » soit encore d’une sorte de bonnet d’âne miniature que se passaient les élèves coupables d’avoir parlé breton, ce qui entretenait la délation et la suspicion entre élèves.

Glenmor et Xavier Grall ont largement contribué à cette prise de conscience d’une bretonnitude interdite dans une société française de monoculture et de monolinguisme.
Quant à la culture africaine Ampâté Bâ écrit : « Bien des adultes réputés ‘illétrés’ selon la conception occidentale, parlaient quatre ou cinq langues, en tout cas rarement moins de deux ou trois ; Tierno Bokar* lui-même en parlait sept. S’y ajoutaient parfois l’arabe et maintenant le français. »
Ce fut le naturaliste Théodore Monod qui l’un des premiers révéla la vie et l’enseignement de cet homme humble et extraordinaire, surnommé le sage de l’islam.
On ne peut oublier de mentionner Cheikh Anta Diop qui est un historien et anthropologue sénégalais.
En parlant des peuples noirs des bords du Nil il rappelle « que ce sont eux qui ont créé les Arts, la religion (en particulier le monothéisme), la littérature, les premiers systèmes philosophiques, l’écriture, les sciences exactes (physique, mathématiques, mécanique, astronomie, calendrier…), la médecine, l’architecture, l’agriculture, etc. à une époque où le reste de la Terre (Asie, Europe : Grèce, Rome…) était plongée dans la barbarie ».
La richesse de l’humanité réside dans la diversité des cultures et des langues.Comme le chante Gilles Servat « il n’y a pas de langage meilleur qu’un autre, il n’y en a pas de moins bon non plus ».

L’assimilationnisme que dénonce Aimé Césaire, Glenmor, Grall et bien d’autres réside dans cette volonté politique de ne pas accepter le pluralisme linguistique ou culturel. Être accepté dans la société, à condition de renier ses origines, tel est le constat qu’ils font.
La langue et la culture françaises dominantes doivent être exclusives, telle est la politique de la France depuis des générations. Et pourtant, renier sa culture d’origine représente une véritable violence psychologique.
La négritude ou la bretonnitude revendiquent ce droit de vivre son identité, ce que le droit international et l’Europe reconnaissent à travers les droits des minorités nationales.
Un système politique qui ne reconnaît pas ces droits ne peut se prétendre démocratique.
Bien sûr, posséder plusieurs cultures, plusieurs langues est synonyme d’une grande richesse intellectuelle et d’ouverture aux autres. La tolérance se nourrit de la diversité.

L’Europe aujourd’hui a besoin de se construire dans cet esprit de tolérance.
Elle est diverse par nature et si l’économie impose rapidement une véritable gouvernance budgétaire dans un premier temps, l’Europe de demain devra être dotée d’une gouvernance globale et fédérale car les régions d’Europe ont besoin de ce fonctionnement non centralisé et respectueux du principe de subsidiarité qui évite l’étouffement par le pouvoir central comme on l’a vu dans notre système politique .

Ce qui explique en partie la grave situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui par rapport à une Allemagne fédérale où l’initiative des régions, des entreprises et des personnes est sans entrave, libre de prospérer.
Être courageux politiquement consiste à proposer un projet qui modernise les institutions.
Le projet de réforme territoriale qui aboutira en 2014 va dans le bon sens.
Il doit être plus réformateur encore et il doit prendre en considération la création à la fois de régions légitimes et de dimension européenne."

-Alan Coraud-



source: Toile





« L’éducation appartient à la création de l’homme, non à la production de marchandises »
-Raoul Vaneigem-





mardi 20 septembre 2011

l'homme qui marche

Alberto Giacometti: "L'homme qui marche"

Le buste légèrement courbé en avant,  pour  bien montrer aux flâneurs  contemplatifs qui déambulaient nonchalants dans le luxuriant jardin méditerranéen, que lui, "L'homme qui marche" avait autre chose à faire que de rester à réfléchir, à se poser je ne sais quelle question sur le sens caché, profond... de cette vision surréaliste d'un bonhomme maigrelet donnant l'illusion de fendre la bise alors qu'il avait les pieds collés dans la glaise et ne pouvant logiquement s'en dépatouiller.
Ce n'était pas le premier dans son genre à faire ainsi des caprices aux lois de la gravité, à  l'attraction terrestre, avant d'en devenir une à son tour. Avant lui, un mec un peu plus costaud, s'était déjà exercé à ce genre d'exercice de style et d'illusion sauf que lui, il avait perdu la tête et et les bras  et que du coup (et sans aussi) à part exhiber un semblant de roublignoles -pour compenser?- il n'avait, à priori,  pas trop de quoi faire le malin pour épater la galerie du musée.

Auguste Rodin-"L'homme qui marche"

Pfffttt...reprirent en choeur les deux comparses. Comme s'il suffisait d'avoir en réserve, tout ce que la nature concède au genre humain, pour prendre la poudre d'escampette, pour voyager par monts et par vaux, pour partir à la recherche du temps perdu, de soi-même, de la paix des braves ou de ses illusions.
Rien n'était moins sur et d'ailleurs, s'il en était ainsi, routes et chemins seraient en permanence encombrés de nomades, d'aventuriers, de démarcheurs de l'impossible...Et puis, comment se faisait-il alors que certains s'offraient  les ailes qu'ils n'avaient jamais eues , ou perdues,  pour aller bourlinguer au bout de leurs espérances? Comment se faisait-il que d'autres encore, sans avoir jamais ou presque mis le nez dehors faisaient en une nuit dans leurs "rêves" plus de kilomètres qu'aucun rondeur n'en verrait  jamais dans une vie? Comment se faisait-il que celui-là, qui n'avait plus l'usage de ses membres locomotifs arrivait à  toujours et encore visiter le monde?

Qui était donc cet homme qui marche? Qu'est ce qu'il voulait nous dire, à la fin? En quoi cela nous concernait-il, nous autres, les simili valides en rond de cuir?

 "L'homme qui marche debout"






Faut-il ...
être pour avoir été?
paître pour se la péter?
naître pour s'endetter? 
grec pour banque-router?
Sarkozy pour s'agiter
avant de s'en servir?
Strauss can kahner à la télé?
Bouger et s'éliminer?

 Move-Rick Mereki-

L'homme qui -Marchais- sans faire ses valises Liliane
L'homme qui fait son marché un dimanche sur Dieu
L'homme de la Mancha qui se prenait pour une Brel
L'homme des hauts-plateaux à la cantine du boulot
L'homme des cavernes jamais très loin de la case départ
L'homme de la situation au chômage
l'homme des quatre cents coups, jardinier chez Truffaut
L'homme du Picardie, au canal historique
L'homme à toux fer
L'homme qui se laisse aller et brâme de papier
L'homme aux abois et l'homme qui fume
L'homme des profondeurs -dubon dubonnet rouge
L'homme des baskets dans le vent
L'homme couché toujours debout

L'Homme enfin dévoilé 





L'homme des évidences...




 Move-Rick Mereki-