lundi 12 septembre 2011

lundi cible



Sous le titre "Clarté", quelques lignes signées Robert C.  au courrier des lecteurs de l'hebdomadaire Télérama:

"Les marché désapprouvent, les marchés s'inquiètent, les marchés paniquent...Et si on les appelait par leur vrai nom, ces marchés dont toute l'activité consiste à mettre de l'argent là où ça devrait rapporter, et à vite le retirer dès que ça craint un peu? Si on dit "les spéculateurs désapprouvent, les spéculateurs s'inquiètent, les spéculateurs paniquent..." c'est déjà un peu plus clair, vous ne trouvez pas?"

Absolument Robert, je trouve également, mais si je peux me permettre je crois que le terme "spéculateur" c'est  encore trop gentil, allez, un  ptit effort d'imagination et je suis sur que l'on pourrait  penser à d'autres qualificatifs un peu  plus...enfin...vous voyez quoi.
Non?

 Montpellierade

Serge du cru ci-dessus cité nous propose une lecture de quelques intéressantes alternatives aux mesures gouvernementales pour trouver du pognon, si on changeait de poches pour une fois...

" ../...Quitte à gratter sur les parcs à thèmes, supprimons le plus onéreux et le plus inutile d’entre eux : le sénat ! Cette aire de repos qui ne sert qu’à engraisser des notables polycumulards déjà bien gras nous coûte plus de 300 millions d’euros par ans.../..."
la suite,
c'est par ici




brève de l'estuaire:
C'est un jeune gars qui postule pour rentrer dans les services des parcs et jardins municipaux et parmi les questions posées il découvre celle-ci:
"Quel est l'arbre représentatif de la ville de Saint-Nazaire?"
Alors lui il pense "bien sur" à la végétation locale z'et maritime donc comme on dit, à la rente pinède... (hu!hu!hu!)
Ben que nenni vous n'y êtes point il fallait penser au : Palmier. 
???
Oups désolé, on savait pas, ça doit être le côté  avenue de la république bananière
Dame,
tout change même la botanique...
D'ailleurs c'est vrai qu'ils en plantent partout ... des palmiers...et comme disait un collègue rencontré ces jours-ci:: avec le réchauffement climatique on sait pas ptêt qu'un jour ça sera le cactus...la plante typique qui pique de chez nous...
Remarquez, certains dans le coin ont une certaine propension à faire table rase de l'histoire surtout quand ça les arrange... ainsi il y a peu des édiles de la région  ont même  suggéré de classer  le château des Ducs de Bretagne avec ceux de la Loire.
Les pôvres , une légion d'historiens mais aussi -s'il vous plait- l'Unesco himself,  leur sont tombés dessus afin qu'ils révisent un "taon" soit peu leurs classiques...



dimanche 11 septembre 2011

si ça continue




"Si ça continue", la barbe égouttante et la tête touchant presque un plafond dégringolé - par la volonté des contraires? "Si ça continue, il va pleuvoir" énonça, non sans humour, l'homme du jardin tout en continuant à cueillir quelques tomates rescapées d'une saison indéfinie. Il causait à lui-même et peut-être aussi aux lapins qui avaient pris l'habitude de venir "l'encourager" dans ses taches potagères.
Il existait entre-eux comme une affaire  presque tacite de complicité, qui s'était organisée au fil des ans, sans salade ni faux semblant, chacun tenant son rang et protégeant l'autre de sa bienveillance intéressée.
"Notre pote âgé" disait les lapins qui n'avaient pas  l'esprit au terrier. "Mes compagnons de fin de  route" philosophait gentiment le vieil homme qui dans une autre vie, particulièrement éloignée maintenant , n'avait pas connu ce genre de relations avec l'espèce animale, jusqu'au jour ou presque où il avait fini par se rappeler qu'il en faisait lui aussi partie, de l'espèce animale...
"Je vous préviens, les gars, les filles, si ça continue, je ne pourrais plus descendre le chemin caillouteux qui m'amène presque chaque jour,  à me surprendre en gentleman farmer "
"Mais tu disais déjà ça l'année dernière" lui répondit un gros mâle grisonnant qui avait pris l'habitude de jouer au  porte-parole du groupe des léporidés ( peau ridée toi même pensait dans sa moustache un jeune impertinent)  "Et qui sait qui va nous prévenir si les autres ils débarquent hein? t'as pensé à ça?"
Les autres, les autres, tu parles... ils sont comme moi maintenant, y-a bien longtemps qu'ils ont rangé leur artillerie à la cave et d'ailleurs vous n'êtes pas sans le savoir, vu la maternité galopante, que dis-je exponentielle  de vos compagnes ,même plus régulée par quelques grappes de chevrotine."
Le gros garenne qui se prenait presque pour un lièvre fit celui qui n'avait pas bien entendu, préférant surveiller du coin de l'oeil quelques lapereaux  de l'année qui avaient tendance à se donner un peu trop de bon temps dans les cultures du conciliant  papy. Il faudrait qu'il leur explique un peu plus tard, en aparté,  les règles et coutumes de l'endroit, qui ne ressemblaient en rien à celles apprises dans les gènes, comme quoi, l'Eugène il avait pas toujours raison.
"Et puis à quoi ça me sert, à moi, de faire pousser des légumes si y-a plus  personne pour les manger?" Le grand-père essuya discrètement une larme qu'il voulu faire passer pour une goutte de sueur sous le chaud soleil de fin de matinée aveyronnaise, mais c'était sans compter sur l'attention sans faille de ses collègues quadrupèdes: "et nous alors on compte pour des prunes?  dit un jeune blanc-bec qui  n'avait pas la langue dans sa poche et  pour habitude de casser les oreilles de ses géniteurs avec les rengaines particulièrement  débiles d'une hase connue et  régulièrement enceinte jusqu'Adam.

Midi venait de sonner à l'église, il était plus que temps d'aller se mettre à l'ombre  Le panier  d'osier garni  de quelques poivrons, tomates et courgettes, le vieil homme avança lentement vers le portail toujours ouvert de son jardin.
"A demain Germain" . Comme chaque jour à la même heure et à l'unisson les longues oreilles entonnaient leur formule de politesse et invariablement l'ancien tout à son effort, répondait par quelques marmonnades comprises de lui seul,
et encore...
Si ça continue...