samedi 30 juillet 2011

chronique d'une cohue annoncée


-Tu trouves pas que ça fait un peu  trop carte-postale" lui demanda t-elle en le voyant prendre en photo  les chaumières  "so typical" du village briéron .
Si, certainement, mais j'aime bien le côté parc Astérix... répondit-il en lui faisant un clin d'oeil, alors qu'ils croisaient  une cohorte en rang serré de mamies aussi jacassantes que permanentées.
. Tu te rends compte, qu'en ce moment à Louxor, y-a pas un chat (égyptien bien entendu) dans les rues, alors qu'ici c'est la ruée. Imagine un peu,  que les briérons aient fait la révolution , on serait également  aujourd'hui dans le désert "authentique"
-Pour la révolution en Brière, je pense qu'ici...
les risques sont quasi nuls . Tiens, paye-nous plutôt un coup de muscadet à la buvette d'à côté au lieu de raconter des conneries.
Dans un champ proche des maisons traditionnelles se tenait une fois par semaine pendant la saison estivale un marché de producteurs locaux , ce qui expliquait en autre un  soudain  engouement  culturel des estivants de passage  pour les vieilles pierres reconstituées.
Dans une joyeuse, parfumée et très bien organisée débandade, les huitres du golfe  côtoyaient  aimablement le pâté fermier cuit au four, le miel du marais, les travers de porc grillés au feu de bois, le fromage de brebis coulant à souhait , le pain au levain et la bonne bouteille pour trinquer aux vacances.
On arrivait à la fin du mois, il était plus que temps de ramener un ptit quelque chose du genre  local et la bouffe était une valeur  toujours sure dans le panier garni des souvenirs.
Demain, les experts en bitume  nous prévoyaient une journée classée orange puis noire par la suite; c'était le  fameux chassé-croisé des juilletistes  et aoûtiens qui se lorgneraient  d'un coin de pare-brise sans jamais se rencontrer, ou alors, sans vraiment le vouloir...
Le Sèvre et Maine  sur lie se laissait apprivoiser sans problème. Ils se sentaient presque prêts à tenir un siège. La vie était somme toute une denrée certes  périssable mais particulièrement goûteuse.

Chez le narrateur "condamné" lui, au thé vert , si tout était comme prévisible,  le jour allait bientôt se pointer. .Samedi 30 juillet, tout le monde descend, pour les  correspondances veuillez consulter le programme des festivités à venir.



mercredi 27 juillet 2011

chronique du reflux



photos toile aime rit

Il venait de terminer sa galette  oeuf-jambon -fromage accompagnée d'une salade légèrement vinaigrée. Sous les fenêtres de la crêperie  "A  la gueule enfarinée"  rehaussée par rapport à la plage, on pouvait apercevoir les derniers estivants retardataires plier bagage, avant l'arrivée discrète de la prochaine nuit.
Près du club de plage où au  matin  les gosses de riches entre deux pâtés allégés  s'échangeraient leur carte de visite,  un parasol oublié, abandonné peut-être,  posait dans le vide,  espérant le pauvre,  qu'un lendemain plus avantageux lui redonnerait confiance pour  jouer un rôle, au moins jusqu'à la fin de saison.
Il demanda l'addition au loufiat gominé qui se tenait à quelques encablures , prêt à bondir, tout sourire, sur le client de passage. 
Non merci, pas de café
12 euros 50...   Le court des matières premières avait drôlement grimpé ces derniers temps et puis forcément on était à La Baule, "plus grande plage d'Europe" disait  le luxueux dépliant de l'office du tourisme. Ici le CAC 40 faisait dinette dans les villas cossues  de l'arrière boutique avec les ministres concernés.
On était bien, entre soi, à la bonne franquette bien sur, club-house, tennis, golf, shopping et une ptite messe à l'occasion, afin de filer la pièce au pauvre de service sur le parvis. des fois qu'un photographe traine dans les parages, pour immortaliser...
Il marcha un moment sur le remblai, histoire de digérer le  blé noir. Sur le trottoir d'en face, un  clinquant casino avalait consciencieusement sa cargaison poivre et sel . Cela ressemblait étrangement  à un décors  carton pâte version Cincinnati.
Allez, comme au zoo,  c'était juste pour voir et demain il serait loin, très loin.
Too much, il avait eu  largement sa dose d'esbroufe. En sifflant "-le coeur bien au chaud, les yeux dans une -future- bière- sic- il  regagna  tranquillement sa vieille caisse garée dans une rue annexe, aussi  discrètement  que cela semblait  possible, vue la conjoncture...