jeudi 28 avril 2011

facho pour la saison



Un de nos grands sports nationaux s'appelle l'hypocrisie et se décline sous toutes ses formes et par tous les temps dans tous les strates de la Franchouille qui en a: 
des ouille.
Vous voulez un exemple?
(Oh oui  qu'elle répondit la claque subventionnée)
Et bien cher public et passager de ce rafiot entoilé, sous l'embarras du choix: la plage.
Z'aussi; (de Strasbourg) je prendrais un sujet tout à fait tendance et en l'occurrence,  ds la famille Le Béne  je demanderais  la fifille à son popa.
Elle a un prénom  délicat  parfumé aux effluves de  marée descendante et on l'imagine aisément ainsi se promener dans le nouveau maillot des bleus à l'âme, sur le port à Pâques ou mieux encore  à La Trinité.
En effet, depuis quelques semaines, alors que les institutes de chondage -en vase-communiquant  commencent à égrainer et  à qui mieux mieux leur chapelet présidentiable ( et on a pas fini d'en bouffer..) il semblerait -bouh! fais moi peur- que l'on donne en tête de gondole qui se marre, l'avocate relookée plus  présentable que son vieux racorni de père tout juste bon ou presque  à rejoindre la maison de retraite du troisième Reich (pas Wilhelm, l'autre).
Et bien, comme ma mère qui regardait les émissions médicales  noir et blanc des deuxièmes parties de soirées des années soixante-dix en se cachant les yeux derrière ses deux  mains grandes z'et vertes, la grande distribution du tout Paname qui cause dans le poste,  nous en joue des tonnes sur le: je vous en cause (merci les sponsors) mais alors berk! berk! (sur plage d'info)  quelle horreur...pas de ça chez nous mais je vous en recause cependant  dans la prochaine édition.
Indépendamment  des considérations idéologiques, supposons une seconde- allez une minute pour les plus lents- que l'on traite de la même manière n'importe quel autre parti dûment reconnu par les instances constitutionnelles et subventionné en conséquence... l'on aurait vu depuis longtemps une levée de boucliers de toutes les associations de défense des droits de l'homme qui pétitionneraient , roucouleraient et vilipenderaient avec toutes les bonnes raisons qui s'imposent. Mais là, chez faux cul et consort, on sonde bien profond et puis on se gausse, on se vertu, on s'évente, on fait sa mijaurée les yeux au ciel . Pas de ça chez-nous etc avec le résultat que l'on sait à savoir: (comme son pater de campagne  avant elle) transformer  l'immonde taillée haute couture en victime.

Rappelons s'il le fallait que c'est la mitterranderie dans sa rouerie tranquille qui  fit en son temps ce  subtil coup de Jarnac en permettant à l'ancien bricoleur d'Algérie de s'exprimer à la télé au nom du DROA d'expression, c'est cela oui,  et ainsi lui permit d'acquérir une véritable tribune qu'il n'aurait jamais eu autrement avec ses pitoyables  o,o2% aux présidentielles d'avant caméra.
Aujourd'hui, tout le monde sait, mis à part  quelques vierges effarouchées sentant le déodorant W.C. à la  rose qu'il s'agissait de glisser la peau de banane choucroute sous les pattes de la droite et cela fonctionna pendant au moins -tout de même-  une quinzaine d'années.
Depuis que le bruit et l'odeur et sa descendance ont repris les clés du coffre, à chaque grand messe électorale ils nous la jouent- sécurite ta mère- histoire de récupérer les égarés de la nuit de cristal. Cela fonctionne parfois, sachant  que la majorité des  quelques derniers votants se récupère de plus en plus  dans la famille  sonotone..mais la ficelle étant un peu grosse même pour les très bigleux, après la déroute d'un certain avril 2002, il se pourrait que cette fois (et là on est prévenu)  la Marine nationale à qui son viril géniteur lisait petiote l'histoire de la pucelle d'Orléans (qui a free et qui a tout compris) débarque au deuxième tour avec ses tours de magie ( c'est l'avocat-ion), ce qui explique pourquoi le ban  et l'arrière train, toutes casseroles confondues nous la joue "maman j'ai peur" et "tous unis contre l'Extrème" (mais  surtout ne Mélanchon pas les torchons ).

Personnellement, j'ai déjà prévu mon  prochain bulletin au cazou, comme un hommage à un grand disparu:

"Non mais t'as vu c'qui passe j'veux l'feuilleton à la place"

"J'ai crevé l'oreiller
J'ai dû rêver trop fort
Ca m'prend les jours fériés
Quand Gisèle clape dehors
J'aurais pas dû ouvrir
A la rouquine carmélite
La mère sup' m'a vu v'nir
Dieu avait mis un kilt
Y a dû y avoir des fuites
Vertige de l'amour

Mes circuits sont niqués
Puis y a un truc qui fait masse
L'courant peut plus passer
Non mais t'as vu c'qui passe
J'veux l'feuilleton à la place
Vertige de l'amour

Tu t'chopes des suées à Saïgon
J'm'écris des cartes postales du front
Si ça continue j'vais m'découper
Suivant les points les pointillés
Vertige de l'amour

Désir fou que rien ne chasse
L'coeur transi reste sourd
Aux cris du marchand d'glaces
Non mais t'as vu c'qui passe
J'veux l'feuilleton à la place
Vertige de l'amour

J'ai crevé l'oreiller
J'ai dû rêver trop fort
Ca m'prend les jours fériés
Quand Gisèle clape dehors

J'ai crevé l'oreiller
J'ai dû rêver trop fort
Ca m'prend les jours fériés
Quand Gisèle clape dehors"
 -Boris Bergman-

mercredi 27 avril 2011

ça aurait pu être le paradis




ç'aurait  pu être le paradis.
"Ma maison est petite et se trouve à deux pas de la plage. De grands portes-fenêtres donnent sur l'eau. Il fait très clair à l'intérieur. Le sol est fait de vieilles planches de pin larges et usées, séparées par de profondes rainures où s'amasse la poussière de plusieurs décennies.
L'équipement original de la cuisine qui date des années cinquante, un buffet en Formica bleu, a été complété par des objets blancs plus modernes. La chambre surplombe les rochers et, même quand je suis allongée sur mon lit beaucoup trop large pour moi, je peux voir la mer à travers la porte-fenêtre.
La salle de bains et les toilettes se situent dans un bâtiment à part; dans ce qui était autrefois un petit appentis. Il me faut sortir par la porte d'entrée et traverser les buissons de rosiers pour m'y rendre.
Un carré de verdure s'étale entre deux maisons. Ce qui est en réalité une jungle de hautes herbes qui ne prête guère aux activités traditionnelles d'une pelouse. Au lieu de ça, j'ai creusé deux petits sentiers à travers cette végétation sauvage: l'un mène vers la vieille passerelle d'embarquement branlante et l'autre vers les rochers.
Sur la plage, les sedum aux pétales rouges se mêlent à la bruyère et au thym Quelques menus pins de montagne courbés par le vent forment une bordure vers les grands rochers avant de céder la place à la forêt et au terrain vague. Je n'habite qu'à une heure de Stockholm, cde qui n'empêche pas que la maison la plus proche se trouve à un kilomètre d'ici.
C'était l'idée de Stefan de venir s'installer ici, à la spartiate et près de la nature, dans un endroit propice à la plongée. A l'époque, ça paraissait alléchant. A l'époque.Aucun rêve ne me semblait trop naïf, aucune idée trop loufoque. Maintenant, je n'en suis plus aussi sure. Vivant seule, une passivité bizarre a pris le dessus dans ma vie; changer une ampoule est devenu un grand projet, repeindre la remise semble un dessein inaccessible, trop énorme pour que je puisse l'entreprendre. Déménager est hors de question. Je ne saurais pas par quel bout commencer.
Mes amis me regardent toujours avec un mélange de pitié et d'horreur quand ils me rendent visite. Ils pensent que je devrais jeter les affaires de Stefan: son rasoir dans la salle de bains, son équipement de plongée dans la remise, ses vêtements dans l'armoire, sa montre sur le chevet que j'embrasse la nuit quand quand il me manque trop.
"Tu ne peux pas vivre dans un mausolée" dit souvent Aina en passant une main dans mes cheveux courts.
Elle a raison, bien sûr. Je devrais me débarrasser des affaires de Stefan. Je devrais faire table rase de Stefan.
"Tu travailles beaucoup trop, ajoute-t-elle d'habitude en soupirant. allez, ce week-end, on sort toutes les deux."
Je décline toujours. Prétextant les travaux dans la maison et les nombreux rapports que je dois écrire. Les papiers dont il faut faire le tri. Aima réagit toujours en souriant comme si elle savait que je mens, ce que je fais bien évidemment.  .../..."

-extrait de:  "ça aurait pu être le paradis"- un roman de Camilla Grebe et Asa Träff- traduit du suédois par Marx Stadler et Lucile Clauss.-Editions du Rocher/ Le Serpent à Plumes-