dimanche 6 février 2011

vases communicants


 photo:Patrick L.

"../...Le bleu de la mer. Il faut que je dise quelque chose à ce propos. Quand j'étais enfant j'habitais avec ma mère chez une de ses sœurs au Marin et on allait — le mari de cette sœur était pêcheur — et on allait du Marin, je ne sais plus exactement si c'était à Saint-Anne ou Diamant, etc. Je ne me souviens pas. Et je me souviens qu'un jour le canot a chaviré et que je tombais dans le bleu de la mer. Et que cet oncle — le mari de ma tante — a plongé et m'a rattrapé par le cou. Et pendant très longtemps il suffisait que je ferme les yeux et je me voyais descendre dans ce bleu qui était menaçant mais d'une manière assez splendide, pas d'une manière petite. Jusqu'au jour où j'en ai parlé avec ma mère. Ma mère était une redoutable destructrice de mythe. On s'est toujours, on s'est toujours opposé. On a toujours eu des combats de paroles, ma mère et moi. Jusqu'au jour ou je lui ai raconté ça et elle me dit mais non c'est pas vrai y a jamais eu, y a jamais eu de naufrage de bateau, y a jamais eu... Qu'est ce que tu racontes là, etc. Et ça se passe j'avais peut-être 25 ans quand cette discussion a lieu. Autrement dit, je ne sais pas si c'est elle qui ne s'est plus souvenue c'est possible ou si c'est moi qui ai créé cet épisode du naufrage dans la baie du Marin ou du Diamant, je ne sais plus exactement. En tout cas c'est par là.../.."
-Edouard Glissant -
-extrait d'un entretien -"Les hommes-livres" entre Edouard Glissant et Patrick Chamoiseau



il y a toujours un commencement





Il y a toujours un commencement,
pour faire ses débuts...
Et même lorsqu'il s'agirait d'avoir le mot de la fin ,
un dernier pour la route
sans doute.
Ou alors...
le premier en déroute
et l'avancée de la troupe
dans le désert des tard tard
où se lèvent
les couche tôt
au premier jour du reste de l'envie.

Il y a toujours un commencement,
pour se raconter des histoires...
A lire entre les lignes,
en marge du protocole,
Mais!
Qui a vu la première vague,
le premier lever du soleil,
le premier sourire d'un autre et les larmes qui suivirent leur route déjà tracée?

Il y a toujours un commencement à se battre
d'ailleurs M'dame c'est lui qu'a commencé...
à se prendre une veste, une gamelle, la honte et les jambes à son cou.
Le premier cri qui tue
son dernier cri qui put.

Il y a toujours un commencement pour s'arranger les souvenirs
une première page à marée basse,
comme des regrets noyés
sous la marée haute
et
le va et vient incessant
du coeur des vagues
qui rythme l'éclair de lune.

Il y a toujours un commencement
qui restera sur sa fin
d'avoir trop vite couru 
vers de vastes utopies,
les 6 mères à la fois
le doute en embuscade
et la peur de ne plus savoir nager
aux alentours des dimanches.



 vidéo découverte chez: Les amis essentiels