samedi 20 novembre 2010

J'aurais voulu être un oiseau.....



Condamnation d'un éleveur qui donnait du cannabis à ses canards

Un éleveur de canards qui donnait du cannabis à ses palmipèdes a été condamné jeudi par le tribunal correctionnel de Rochefort à un mois de prison avec sursis et 500 euros d'amende.

A l'audience, cet éleveur à la Gripperie-Saint-Symphorien, un village du marais Rochefortais, a avoué qu'il fumait lui-même "un peu" de cannabis tout en justifiant ses plantations de chanvre indien pour "purger" ses 150 canards.
"Y'a pas meilleur vermifuge pour eux, un spécialiste me l'a conseillé", a affirmé l'éleveur herboriste, sans préciser qui était ledit spécialiste
"C'est sérieux, pas un seul n'a des vers et tous sont en excellente santé", a renchéri l'avocat de la défense, Me Jean Piot, sans parvenir complètement à convaincre le tribunal de l'intérêt pour les canards de consommer de la drogue.
C'est par hasard, lors d'une visite au domicile de l'éleveur après un vol, que les gendarmes étaient tombés début octobre sur douze plants de cannabis et une poche de 5 kilos d'herbe.
Placé en garde à vue, le sexagénaire avait tenté une première fois de justifier de l'usage vétérinaire du cannabis. "C'est la première fois qu'on nous raconte une chose comme ça", ont noté dans leur procès verbal les gendarmes, pourtant habitués aux justifications oiseuses en matière de stupéfiants.

vendredi 19 novembre 2010

les musiciens



"Un jour venteux de mai, place de l'Opéra, face à ce pesant et pompeux "temple de la musique", un joueur de cornemuse écossais, kilt, chapeau de fourrure, plaid sur l'épaule et guêtres blanches, grand et fort, droit, tête légèrement renversée, sort de son instrument des sons aigus et chevrotants capables de transpercer le smog et le brouhaha venant des quatre côtés du carrefour.

Dépassant d'une tête la foule environnante, il semble ne pas la remarquer tandis qu'elle répond à sa fière attitude par une indifférence dédaigneuse. Personne ne ralentit le pas, personne ne s'arrête pour l'écouter. Jusqu'au moment où la bouche du métro vomit de ses entrailles un groupe de Gitans. Alertés par la mélodie, ils se dirigent aussitôt vers le musicien et se postent devant lui. Petits, cheveux noirs, teint basané, hommes en costumes chiffonnés et brillants d'usure, chemises déboutonnées et petits chapeaux à plume au-dessus de moustaches broussailleuses, femmes en jupes bariolées sous un tablier à volants, escarpins aux talons crottés et nattes recouvertes d'un foulard à grosses roses, nonchalamment maintenu par des barrettes, ils dévorent des yeux le blond Ecossais aux airs aristocratiques. Puis, ils commencent à trépigner sur place, à taper des mains et à onduler des hanches. Le sourire apparaît sur leurs visages. Ils s'échauffent, prennent de l'assurance...

Et soudain, la musique fait jaillir une gerbe d'étincelles et les feux des campements de la Dobroudja* embrasent les bruyères des collines écossaises."

*région de Roumanie

-Jana Boxbergerova- "Les musiciens"