dimanche 18 juillet 2010

JE CONNAIS DES BATEAUX



 voix off: un peu kitch peut-être dans l'orchestration et l'interprétation mais le texte tient bien la marée d'un dimanche soir

"Je connais des bateaux qui restent dans le port
De peur que les courants les entraînent trop fort,
Je connais des bateaux qui rouillent dans le port
A ne jamais risquer une voile au dehors.

Je connais des bateaux qui oublient de partir

Ils ont peur de la mer à force de vieillir,
Et les vagues, jamais, ne les ont séparés,
Leur voyage est fini avant de commencer.

Je connais des bateaux tellement enchaînés

Qu'ils en ont désappris comment se regarder,
Je connais des bateaux qui restent à clapoter
Pour être vraiment surs de ne pas se quitter.

Je connais des bateaux qui s'en vont deux par deux

Affronter le gros temps quand l'orage est sur eux,
Je connais des bateaux qui s'égratignent un peu
Sur les routes océanes où les mènent leurs jeux.

Je connais des bateaux qui n'ont jamais fini

De s'épouser encore chaque jour de leur vie,
Et qui ne craignent pas, parfois, de s'éloigner
L'un de l'autre un moment pour mieux se retrouver.

Je connais des bateaux qui reviennent au port

Labourés de partout mais plus graves et plus forts,
Je connais des bateaux étrangement pareils
Quand ils ont partagé des années de soleil.

Je connais des bateaux qui reviennent d'amour

Quand ils ont navigué jusqu'à leur dernier jour,
Sans jamais replier leurs ailes de géants
Parce qu'ils ont le cœur à taille d'océan."

JAILLI DE LA MER


"Des coquillages éternels
répètent le chant de la mer
dans l'oreille attentive de
l'enfant moissonneur de miracles
qui file son collier de mots
autour du col du goéland


surpris à coudre de fil blanc
 les histoires que dit la vague
 en chaloupant comme une amante
 dans les vertiges de l'amour
 et cherchant des portes ouvertes
 sur des lumières inconnues

porteuses de ses rêves où
passent dans ses yeux des bateaux
 chargés d'or et de pierreries
 et dont le capitaine est le
  poète inventeur de cosmos.



.dans les creux d'ombre des fougères
 en été quand le sang jaillit
 des sillons ouverts de l'amour
 le temps que la gaine ait le coeur
  de lever l'arbre vers des ciels



où tout est écrit pour qui sait
dans les étoiles magiciennes
qui n'en finiront plus jamais
de nous tourmenter la conscience."
-Jean-Yves Le Guen- jailli de la mer-


"Et toutes le mers venaient s'allonger sur nos caps,
et tout à tour du monde,
un trop fort tirant d'air ou d'eau
venait buter au bord de ports impropriés.

et bâbord à quai, cap amont,
nous côtoyaient les peuples de tous crins,
les virées de tous bords;
et nous clignaient
de leur oeil maquillé d'accent d'ailleurs
très lentes filles des estuaires,
seuls amers à se remarquer
en ces confins de grasses eaux.


Et s'empilaient en notre bord,
enfumés de hâtes maladroites et desséchées,
les grains si mal vannés de ces sols ignorés,
traînant en creux d'aisselle et d'auréole
un suint de suées insuffisamment impayées.

Ayant largué l'odeur des récoltes de peine,
évité cap aval allant avaler mers,
repartions vers ailleurs,
traîner nos marques d'hommes ennoyées,
essorant du revers des brises du dehors
le faux embrun jeté des lances des lavages obligés
de tout cela
dont j'ose encore un peu me souvenir."
-Jean-Marie Gillory-Sonnailles océanes-






-avec l'aimable complicité des artistes de l'estuaire-
:-)