dimanche 18 avril 2010

DIS MANCHE



BEN ...manche!
Et alors c'est quoi le jeu?
pour une tête de  pioche qui fait son cinoche
à pas d'heure...
et que
la pendule sacré tête de mule
me file en aiguille
en rythmant les pages
d'une histoire sauvage
toute improvisée sur sa voie de mirages..
Ouvre tes écoutilles matelot d'opérette
laisse entrer les fragances océanes,
subtiles compositions de mer et d'étoiles,
de vagues fossiles à l'âme
et de sexe à marées
dans les filets de lâcheté.

Dimanche en réunion
votre compte est bon
A l'heure de la grand messe ou de sa petite sieste
du marché poissonneux et le front de mer houleux
c'était juste pour la rime...
Bon, cette fois ça ira...
Qui donc ouvre les huitres?
les grosses elles sont moins chères et pas encore laiteuses
à cause des mois en nerf!

T'as entendu dans le poste?
c'est- livre mer -qui a prévenu 
on peut plus ramasser de coquillages
à cause d'une algue minuscule mais maousse costaude!
On dit merci qui?
Ben merci la FNSEA, LES CDJA et tous les subventionnés 
les pollueurs payés de l'Europe en PAC de 25.
qui non contents de faire du cochon pas cher mais encore trop pour ce que c'est,
"ah dame c'est que nous on le mange pas, c'est juste pour les gars de la ville"
vendraient terre et mer pour quelques centimes
et comme c'est pas assez sans -doutes... brûleront quelques pneus, scieront autant d'arbres et casseront deux trois trucs sans risque -on n'est  pas la banlieue quand même... pour bien montrer qu'ils savent défendent la nature dont ils ne  sont qu'une  minable caricature.

Mais enfin merde quoi!  c'est dimanche.
on va pas s'énerver non plus!
non plus...
Tiens tu ferais mieux d'aller acheter un gâteau
tu sais l'armoricain, de quand on était ptiot...
avec sa crème au beurre et  pralinée , ses amandes et ses noix cachés dans la meringue...
c'est divin
mais si!
pisque
j'te le dis!

samedi 17 avril 2010

marge à l'ombre




".../...T'as jamais l'impression que les trucs des sixties pourraient revenir? demanda Forchetti.
        Il avait l'air prêt à tout donner pour que je réponde oui..../...



      .../... -Parfois je crois discerner comme une vague lueur à l'horizon. Mais ça ne dure jamais. 
        J'inclinais ma chaise en arrière  
       -Vous vous rappelez la photo du type tout seul debout devant  un tank sur la place    Tiananmen?../... 



       ../... Wiesner et Sitzman hochèrent la tête. Forchetti se contenta de croiser les bras.
       - Je me rappelle la première fois que je l'ai vue. J'ai eu l'impression de comprendre parfaitement:
          ce garçon n'avait qu'à rester là, c'était tellement évident que toutes ces conneries devaient s'arrêter,      
          et puis il n'était pas tout seul. 
           Même les soldats dans le tank le savaient, donc il n'avait aucune raison d'avoir peur
          qu'on l'écrase.
          C'est la photo la plus triste que j'ai jamais vue.
          Je baissais les yeux vers mon bureau.
         -Pourquoi? demanda Wiesner. Le tank ne l'a pas écrasé. Le type avait raison
         -Oui, mais il se trompait pour tout le reste, parce que toutes ces conneries ne s'arrêtent 
 jamais.
            Il ne l'avait pas encore compris, mais moi je savais ce qu'il ressentirait, le jour
           où il comprendrait.
         -Forchetti grimaça.
          -Alors tu vas nous laisser sortir en avance aujourd'hui?
           -Non, je vais vous obliger à rester assis pour écouter une chanson d'Arlo Guthrie.../...

extrait de "l'école des dingues" de  Cornellia Read- Editions-Actes Sud