samedi 13 février 2010

toute la mer va vers la ville -deuxième service-

- St Nazaire vers 1840-envoyé par Philippe

 

Le port

"Toute la mer va vers la ville !

Son port est surmonté d'un million de croix :
Vergues transversales barrant de grands mâts droits.

Son port est pluvieux et suie à travers brumes,
Où le soleil comme un oeil rouge et colossal larmoie.

Son port est ameuté de steamers noirs qui fument
Et mugissent, au fond du soir, sans qu'on les voie.

Son port est fourmillant et musculeux de bras
Perdus en un fouillis dédalien d'amarres.

Son port est tourmenté de chocs et de fracas
Et de marteaux tournant dans l'air leurs tintamarres.../...

.../...Toute la mer va vers la ville !

Les flots qui voyagent comme les vents,
Les flots légers, les flots vivants,
Pour que la ville en feu l'absorbe et le respire
Lui rapportent le monde en leurs navires.
Les Orients et les Midis tanguent vers elle
Et les Nords blancs et la folie universelle
Et tous les nombres dont le désir prévoit la somme.
Et tout ce qui s'invente et tout ce que les hommes
Tirent de leurs cerveaux puissants et volcaniques
Tend vers elle, cingle vers elle et vers ses luttes :
Elle est le brasier d'or des humaines disputes,
Elle est le réservoir des richesses uniques
Et les marins naïfs peignent son caducée
Sur leur peau rousse et crevassée,
A l'heure où l'ombre emplit les soirs océaniques../...



.../...Toute la mer va vers la ville !

Ô les Babels enfin réalisées !
Et cent peuples fondus dans la cité commune ;
Et les langues se dissolvant en une ;
Et la ville comme une main, les doigts ouverts,
Se refermant sur l'univers !

Dites ! les docks bondés jusques au faite
Et la montagne, et le désert, et les forêts,
Et leurs siècles captés comme en des rets ;
Dites ! leurs blocs d'éternité : marbres et bois,
Que l'on achète,
Et que l'on vend au poids ;
Et puis, dites ! les morts, les morts, les morts
Qu'il a fallu pour ces conquêtes.../...



.../...Toute la mer va vers la ville !
La mer pesante, ardente et libre,
Qui tient la terre en équilibre;
La mer que domine la loi des multitudes,
La mer où les courants tracent les certitudes ;
La mer et ses vagues coalisées,
Comme un désir multiple et fou,
Qui renversent les rocs depuis mille ans debout
Et retombent et s'effacent, égalisées;
La mer dont chaque lame ébauche une tendresse
Ou voile une fureur ; la mer plane ou sauvage ;
La mer qui inquiète et angoisse et oppresse
De l'ivresse de son image.../...


.../...Toute la mer va vers la ville !

Son port est parsemé et scintillant de feux
Et sillonné de rails fuyants et lumineux.

Son port est ceint de tours rouges dont les murs sonnent
D'un bruit souterrain d'eau qui s'enfle et ronfle en elles.

Son port est lourd d'odeurs de naphte et de carbone
Qui s'épandent, au long des quais, par des ruelles.
Son port est fabuleux de déesses sculptées
A l'avant des vaisseaux dont les mâts d'or s'exaltent.

Son port est solennel de tempêtes domptées
Et des havres d'airain, de grès et de basalte."

 -Emile Verhaeren-Le Port-





Allez, montre nous tes seins Valentin



J'ai souvent un peu de mal avec les occasions qui comme leur nom l'indique sentent le réchauffé.Le comique de situation, l'amant  en caleçon dans l'armoire avec ses accessoires et qui serait sensé faire rire sur ordre, ben ... au contraire,je trouve ça  franchement triste, voire affligeant.
Tous les deux trois mois et même parfois ça se bouscule au portillon, nous avons droit aux dates anniversaires, à la surprise sur commande, le plaisir convenu et ses commentaires tout autant .
Vous me direz, c'est sans doutes une façon de rythmer l'année entre les soldes et le maillot et puis ça fait tellement plaisir à l'amicale des épiciers réunis-allez vous achèterez bien pour votre aimé(e) un bouquet réfrigéré et camionné depuis les Pays-Bas ou alors un peu de "sent bon" , une goutte derrière chaque oreille et... Ô voui! là aussi pourquoi pas, après tout  c'est dimanche.
N'oubliez-pas non plus le diner réservé en chandelle tête à tête. C'est promis Bibiche,  ce soir tu feras pas la vaisselle...
L'amour programmé, il y a des rues pour cela voyons... mais ne vous y trompez pas, je ne suis pas ici en croisade et surtout  ne comptez  pas sur moi pour en dire du mal, je respecte grandement les courtisanes,  Grisélidis et toutes les autres moins célèbres, et l'Etat  franchouille  hypocrite et maquereau qui  dans sa dernière gaudriole veut éduquer la marmaille  au civisme  braillard du sang impur qui abreuve ses vieux vinyles, en imposant un bout de trottoir rabâché tout en détournant bondieusement le regard, pue la vulgarité majuscule.

Mais, encore une fois je sens bien que je me disperse, je m'égare, je m'écarte, je m'éparpille...Comme un pigiste que je fus au siècle dernier.., je remplis les blancs et ainsi les lignes et l'on pourrait comme cela  penser que je calcule  l'espace pour qu'il rapporte le mieux possible.
Mais pas du tout, que je vous dis (et hier non plus), c'est mon style très personnel (et chiant aussi peut-être..) qui veut que je prenne les chemins de traverse, alors que l'auditoire piaffant d'impatience crie: Au fait, au fait!

Mais justement j'y suis -aux fêtes-  De  qui que quoi, croyez-vous donc que je vous parle depuis tout à l'heure?  Ben justement, si vous aviez suivi au lieu de papillonner je ne sais où... j'vous cause  des sentiments convenus, des je t'aime  moi non plus sur commande et emballés c'est pesé.
Dimanche c'est l'autre guignol de cupidon  avec sa ptite jupette qui sera à la fête mais ensuite, on va se payer, après les cloches qui sont pas toutes à Rome, l'artillerie lourde pétainiste et sa  fête des mamans, puis  celle  des papas et pour rallonger le brouet , nos épiciers vautours et toujours à l'affut nous ont trouvé les grand-mères, les secrétaires, et bientôt les prématurés, les grabataires et pour quoi pas les sans-papiers, hein(g)?..
Hou là!  C'est ptêt pas une bonne idée, eux  ils sont à la fête toute l'année et puis  avec les nouvelles mesures  que  nous prépare le kamarade ministre -socialiste-national - c'est pas prêt de s'arrêter...

Bon ben 
pendant que j'y pense
bonne fête les amoureux
(quand même, j'voudrais pas me fâcher (aussi)  avec la diaspora gay, hu!hu!hu!)
et puis positivons
nom de dion
car,
pendant ce temps là 
"s'foutent pas sur la gueule"
les gens!
et 
c'est déjà ça de gagné.
non?