mardi 7 avril 2009

je me moque


Je me moque de moi, du toit, de lait froid qui moustache les babines à la récrée de quatre heures. Ils volaient si bien les hélicoptères de samares en érable plus haut toujours plus haut et comment te dire, s'évader de la cour d'école où passaient des fantomes, les frères de bure cloués au fronton de leur croix qu'ils portaient en présentoir-souvenir. J'aimais pas l'école et elle me le rendait si bien avec son bec verseur trop facile à la tache clairefontaine, m'en allant promener au dessus des toits d'ardoise humide et mes ailes grandes ouvertes pour ne pas perdre une miette du temps si précieux. Seulement, on les reconnaissait bien là, les grands professionnels de la blouse grise, dans leur vigilance qui te rappellait à l'ordre à coup de règle sur la tête, pour enfoncer la culture consignée comme un clou dans une caboche de mur. Je me moque des saisons maintenant parce que j'en ai plus peur et bien au contraire je les savoure, et quand la nuit subtile prend ses fonctions je n'appréhende plus le noir qui m'allait si mal avant. Maintenant, que j'accompagne tant bien que mâle des enfants perdus qui se frottent à la toute puissance de leurs cauchemars pour oublier qu'une larme de sensible les ferait fondre sous la lune, je me fous des circonstances et j'attrape en ressemblance des regards hallucinés de colère, de violence, de solitude qui me renvoient aux frayeurs de naguère. Social dans l'étiquette qui gratte et lavable à la main pour ne pas perdre ses couleurs, je me moque sans conviction de mes angoisses qui font miroir. C'est le monde qui enfante ses marges à l'ombre, que l'on ne remarque même plus sur le trottoir d'en face, puisqu'il faut bien arriver entier et comme pourra jusqu'à demain ,à l'aube qui me fait une fleur, éponge tout et gratte dans les coins la misère tenace.

Maxime Le Forestier - L'homme au bouquet de fleurs

"Un bouquet d'fleurs
à la main
Il sort du magasin
Il avance de bon coeur
Où va donc cet humain
Qui porte un bouquet d'fleurs
Où va donc cet humain
Qui porte un bouquet d'fleurs

Vers quel rencard
Quel amant dans l'placard
Quelle inconnue
Dans la toile entrevue
Quelle fête des mères
Quel ami sincère
Quelle moitié d'aveu
Quel amour qui flanche
Quel drôle de cheveu
Sur sa manche

Où va donc cet humain
Qui croit qu'on est dimanche
Où va donc cet humain
Qui croit qu'on est dimanche

Un bouquet d'fleurs à la main
Il connaît l'chemin
Il avance de bon coeur
Qu'attend donc cet humain
Qui porte un bouquet d'fleurs à la main
Qu'attend donc cet humain
Qui porte un bouquet d'fleurs à la main

Quel genre de fête
Quel anneau dans la tête
Quel coeur qui bat
Et n'attendait que ça
Sur quelle blessure
Quel trou dans un mur
Pour quel adieu
Pour décorer quel dieu
En vue d'assouvi
Quel désir

Qu'attend donc cet humain
Qu'est fait pour le plaisir
Qu'attend donc cet humain
Qu'est fait pour le plaisir

Un bouquet d'fleurs à la main
Il connaît l'chemin
Il avance de bon coeur

Que cache donc cet humain
Qui porte un bouquet d'fleurs
Que cache donc cet humain
Qui porte un bouquet d'fleurs
Il marche pas vite
C'est pas des marguerites
Il presse le pas
C'est pas des camélias
Il marque une pause
Il a pas pris des roses
Ses neurones agissent
C'est pas du cannabis
C'est pas l'temps du tout
Des coucous

Que cache donc cet humain
Qui respire avec nous
Que cache donc cet humain
Qui respire avec nous

Un bouquet d'fleurs à la main
Il sait trop l'chemin
Il va rentrer chez lui
Pourquoi donc cet humain
S'est acheté des soucis
Pourquoi donc cet humain
S'est acheté des soucis" -l'homme au bouquet de fleurs-l'écho des étoiles-