mercredi 18 février 2009

le sens du combat


"le jour monte et grandit, retombe sur la ville. Nous avons traversé la nuit sans délivrance. J'entends les autobus et la rumeur subtile des échanges sociaux. J'accède à la présence. Aujourd'hui aura lieu. La surface invisible délimitant dans l'air nos êtres de souffrance se forme et se durcit à une vitesse terrible; Le corps, le corps pourtant est une appartenance. Nous avons traversé fatigues et désirs sans retrouver le goût des rêves de l'enfance. Il n'y a plus grand choses au fond de nos sourires, nous sommes prisonniers de notre transparence. Au long de ces journées où le corps nous domine, où le monde est bien là, comme un bloc de ciment, ces journées sans plaisir, sans passion, sans tourment, dans l'inutilité pratiquement divines. Au milieu des herbages et des forêts de hêtres, au milieu des immeubles et des publicités nous vivons un moment d'absolue vérité: Oui le monde est bien là, et tel qu'il paraît être. Les êtres humains sont faits de parties séparables, leur corps coalescent n'est pas fait pour durer. Seuls dans leurs alvéoles soigneusement murés ils attendent l'envol, l'appel de l'impalpable. Le gardien vient toujours au coeur du crépuscule; Son regard est pensif, il a toutes les clés, les cendres des captifs sont très vites envolées; Il faut quelques minutes pour laver la cellule.../... "-extraits- le sens du combat-michel houellebecq-

mardi 17 février 2009

retour à la normale














































Sur la route qui accomode le plateau comme un serpentin de vinaigre balsamique sur l'assiette 3 étoiles d'un artiste tocqué, on a pu deviner sous les phares, quelque lapin batifolant dans la nuit fraîchement étoilée. La neige marque encore ça et là son impression d'un décor d'hiver s'arrangeant peu à peu avec le printemps qui ose enfin montrer le bout de son nez entre soleil, grésil et giboulées. Ici c'est le sud puisqu'il en est ainsi de ce département qui aime bien gentiment choisir son camp. La différence s'épanche derrière la colline à l'abrupt des raspes, et l'accent y roule comme les galets du tarn. C'est un village qui joue lui aussi avec ses deux moitiés d'orange, celle du haut et celle du bas et des histoires qui s'épient et se complètent dans les trois kilomètres qui séparent les tenants des aboutissants. La centrale hydro -électrique sert de témoin à mi chemin et réconcilie tout le monde avec ses subventions! Ah mais! Tu n'est pas au courant- si on nous supprime la taxe professionnelle qu'est ce qu'on va devenir? Ici c'est la magie de l'eau maitrisée qui assure le confort du village, et grâce à elle, on a pu faire le choix de retaper de vieilles maisons pour les louer à de jeunes couples afin qu'ils conservent de la vie au village, celle de l'école, de l'épicerie et des cris d'enfant aussi indispensables que l'angélus de sept heures. Dame, ou plutôt... "maquarelle" ils auraient pu eux aussi, faire des lotissements clonés , mais non, ils ont été bien inspirés de ne pas enlaidir leur patrimomoine comme cela se fait sans état d'âme dans bon nombre de villages. Du coup, ici on visite, on prend plaisir à musarder dans les ruelles, à contempler les paysages qui s'offrent à nous, à se ballader sur le chemin de terre qui grimpe au retour des jardins- Ici on marque le temps, pour découvrir, pour se causer et apprendre de l'autre. Après l'agitation des cités qui peuplent, sur les terres aveyronnaises se joue comme un retour à l'idée "de la normale".