dimanche 4 mai 2008

il ne s'agit plus de comprendre le monde il faut le transformer- claude roy-





































"la grande humanité voyage sur le pont des navires, dans les trains en troisième classe, sur les routes à pied, la grande humanité. La grande humanité va au travail à huit ans, elle se marie à vingt, meurt à quarante, la grande humanité. le pain suffit à tous sauf à la grande humanité, le riz aussi, le sucre aussi, le tissu aussi, le livre aussi. Cela suffit à tous sauf à la grande humanité. Il n'y a pas d'ombre sur la terre de la grande humanité, pas de lanterne dans ses rues, pas de vitres à ses fenêtres. Mais elle a son espoir la grande humanité. On ne peut pas vivre sans espoir." -la grande humanité-nâzim hikmet
















"Ce qui fut fait à ceux des miens, qui fut exigé de leurs mains, du dos cassé, des reins vrillés. Vieille à trente ans, morte à vingt ans, quand le regard avait pour âge l'âge qu'on a pour vivre clair. Ce qui fut fait à ceux des miens, pas de terre assez pour manger, pas de temps assez pour chanter. Et c'est la terre ou c'est la mer, le travail qui n'est pas pour soi, la maison qui n'est pas pour toi. Quatorze pour les rassembler, l'armistice pour les pleurer, l'alcool vendu pour les calmer. Un peu d'amour pour commencer, quelques années pour s'étonner, quelques années pour supporter. Je ne peu pas le pardonner." - morbihan- guillevic-
















"Jamais, jamais je ne pourrai dormir tranquille aussi longtemps que d'autres n'auront pas le sommeil et l'abri, ni jamais vivre de bon coeur tant qu'il faudra que d'autres meurent qui ne savent pas pourquoi. J'ai mal au coeur, mal à la terre, mal au présent. Le poète n'est pas celui qui dit Je n'y suis pour personne, le poète dit J'y suis pour tout le monde. Ne frappez pas avant d'entrer vous êtes déjà là. Qui vous frappe me frappe j'en vois de toutes les couleurs j'y suis pour tout le monde. Pour ceux qui meurent parce que les juifs il faut les tuer pour ceux qui meurent parce que les jaunes cette race-là c'est fait pour être exterminé. Pour ceux qui saignent parce que ces gens-là ça ne comprend que la trique. Pour ceux qui triment parce que les pauvres c'est fait pour travailler. Pour ceux qui pleurent parce que si'ils ont des yeux et bien c'est pour pleurer. Pour ceux qui paient les pots cassés du profit et du mépris des hommes../..." jamais je ne pourrai-"les circonstances" claude roy- gallimard-
















"Philistins, épiciers, alors que vous caressiez vos femmes, vos femmes, En songeant aux petits que vos grossiers appétits engendrent, engendrent, vous disiez: ils seront, menton rasé, ventre rond, notaires, notaires, mais pour bien vous punir, un jour vous voyez venir au monde, au monde, des enfants non voulus qui deviennent chevelus poètes, poètes..." chanson des cloches de baptême-jean richepin-
















samedi 3 mai 2008

sous les jupes du monde




















Sous les jupes du monde, il se fait comme un mystère liquide et vagues; le vent soulève l'émotion et l'inconnu s' achève en dernières illusions. Tu vois, là bas, tout au bout de la jetée, dans la pierre rude d'ici, j'ai laissé au couteau de ma jeunesse, un coeur de granit pour ne plus jamais souffrir quand la marée emporte les derniers soupirs, comme un bâteau où des hommes ont trimé et qu' ils ne reverront plus puiqu'il semblerait que le décor lui soit par trop insupportable- Ici , on fabrique du rêve pour les autres, c'est ainsi! et les "gros" qui flottent à bord de ces chimères liquides sont les mêmes qui tuent peu à peu, en silence, la fraternité ouvrière en conjuguant le j'en profite avec tu courbes l'échine sur les flancs des derniers pas que beaux.

lu sur le blog d'une écriveuse qui se définit elle-même comme une obsédée textuelle: Un sculpteur finit de travailler son bloc de pierre. Un petit garçon passant devant lui, s’arrête et le regarde travailler. Au bout d’un moment, il lui demande, perplexe : « Comment tu as su qu’il y avait un cheval dans la pierre ? »












"Le quotidien qui nous attache prison sans murs qui freine nos rêves, peut se dissoudre comme une tâche dans la lessive de phrases brèves... Juste des mots écrits ou lus pour tordre enfin ces pauvres rails que nous suivons l'âme dévêtue jusqu'au moment où cesse le bail... Juste l'esprit sans aucun zinc pur s'envoler, pour s'évader vers le pays de la bourlingue où la folie vient parader...Juste l'envie de crier "NON" Rejoindre Charles , briser l"horloge, avoir le vent comme compagnon, et les nuages comme unique toge. Juste cela au creux du coeur, pour des secondes extraire l'or, pour visiter tous ces "ailleurs" où sont cachés tant de trésors. Le pays fou de la bourlingue, on le parcourt sans mouvement, dans le fouillis d'unvieux bastringue formé de mots qui rendent VIVANT" -bastringue d'ailleurs-laurent vegega-












"un paquebot filait dans l'écume impossible et la source coulait comme un beau jour éteint. Tu sais, je voulais me souvenir de la terre sur les traces d'un ailleurs et de l'irréversible et tenter de saisir la route autour du monde: pour arriver trop tard et avoir entendu ces gens à qui l'on ment en un moindre poème; tu vois cet homme inquiet debout sur le rivage: une sardine sur l'épaule, il connaît l'océan il descend les torrents pour éviter la nuit sa mer ne dort jamais et il invente du doigt les moutons de Crimée, les loups de Budapest il murmure son voyage sous un pont népalais il ne se montre plus: il compose un recueil du chant de la mésange, de la huppe cendrée des lointains poétiques à l'intérieur de soi j'écrivais dans le marc mon amour souviens- toi mon possible mensonge pour écouter la terre un peu plus bas buvait au bord d'une rivière un troupeau de bovins crottés, chauves, rétifs: il ne ressemble à rien si tu reviens, pensif avec le cri du vent ne prenant jamais terre tu es l'errant de l'art et ton silence est rude cette goutte d'eau chuchotée dans l'infini sans âge: elle ne peut s'en aller à cause de ma mémoire" -un paquebot filait- véronique sauger-