jeudi 10 janvier 2013

libre et fragile


 LO'JO






Dans le cadre des Hivernales du Jazz








"La Bretagne défile tous les étés, sous le soleil et sous la pluie, montre ses beaux costumes, ses binious, ses atours... Mais l'hiver, quand les touristes sont partis, que reste-t-il de l'identité bretonne ? De la culture bretonne ? Si la culture, c'est « ce qui reste quand on a tout oublié et surtout pas oublié de vivre » (George Jean), que nous reste-t-il à nous, Bretons ? Décomplexés, vraiment ? À l'aise, Breizh ? Il faut pouvoir se regarder dans la glace, rire de soi-même. Fiers ? Indifférents ? Malades ?
Nous vous convions à ce festival en vous disant « Bienvenue en Ploukistan », car c'est de notre culture de plouc, dont on va parler, avec le plus de sincérité poss
ible, avec le plus d'humour possible. " source: TAOL KURUN



 

Consultez la programmation


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 les voeux de Patrick

  les voeux de Paco

impression fugace et volatile



"Les amants ne tiennent que des propos volatiles... Et il se trouve des dindes pour les écouter."
-Jérôme Touzalin-



"On ne peut pas "poser" une question car il est dans la nature de celle-ci d'être volatile et volubile et dans son rôle de frapper et de rebondir."
-Bernard Pivot-



"Comme c'est drôle la vie, tout de même! Des années -quelquefois- se suivent, se succèdent bêtement sans apporter quoi que ce soit de nouveau à votre destinée, si ce n'est que de rogner chaque jour, un peu, les ailes de ce stupide et charmant volatile qu'on appelle l'Espérance et puis, d'un coup, voilà qu'en un instant tout est changé! Le marécage de votre plate existence se transforme brusquement en tumultueux océan. Des lueurs fulgurent le gris terne de votre firmament et des ailes, croirait-on, vous poussent aux omoplates."
-Alphonse Allais-







mercredi 9 janvier 2013

constat



"Les travaux sont ennuyeux
comme le plus long dimanche
qui fût jamais sous les cieux.
Les travaux ferment les yeux.

Mieux vaut traverser la Manche
sur le dos d'un requin bleu
que de prendre une heure ou deux
a bien retrousser sa manche.

La paresse est fille ainée
de la liberté, depuis
qu'au fond du céleste puits
la vérité s'est cachée.

Oisiveté, ma favorite
tu fais des noeuds d'un ennui
qui sans toi, vers l'infini,
rendrait ma chance petite."

"Constat" -Georges Perros- "J'habite près de mon silence."-Editions Finitude-


John Who from Linda Lomelino on Vimeo.




"La mer est toujours à boire.
Le ciel à prendre d'assaut.
Mais si vous voulez m'en croire
Restons en là."
Ken Avo

-Georges Perros-





Serge qui décortique la presse avec la dextérité d'un amateur de langoustine, nous propose ce mercredi un article de l'Humanité
qu'on aurait pu  également titrer: "Ben, c'est ballot" 

 

Le FMI le confirme : l’austérité était une erreur de calcul

 Ah ben, c'est ballot


"C’est un rapport étonnant, un mea culpa chiffré et analysé, que deux éminents économistes du FMI ont publié. Il dit clairement que l’austérité est une erreur. La faute à la mauvaise conception d’un modèle informatique de prédiction économique.
Ils justifient globalement d'avoir plongé 26 pays dans une mortelle crise austéritaire par une erreur de modèle mathématique. Ces économistes sont restés persuadés que leur domaine est une science dure, donc qu’on peut prédire et démontrer avec des équations. Et ils se sont éminemment trompés. Ils reconnaissent ainsi dès l’introduction que leur modèle n’a pas pu prévoir ni le niveau des taux d’intérêts ni l’effet de l’austérité sur la consommation intérieure. Confrontés à la réalité, ils reconnaissent également que leur modèle a grandement sous-estimé la hausse du chômage. Et donc toute la prédiction est biaisée, des investissements privés aux recettes fiscales des états.
Pardon pour les morts, c’était une erreur de calcul
“Forecast Error of ΔYi,t:t+1 = α + β Forecast of ΔFi,t:t+1|t + ε i,t:t+1” Voilà à quoi ressemble l’équation qui a été incapable de faire le lien entre coupe budgétaire des Etats - les fameuses "économies" exigées sous la menace - et baisse de rentrée fiscale. C’est le « multiplicateur fiscal », outil économique qui a plus ou moins montré qu’il fonctionnait entre la seconde guerre mondiale et 2008, mais qui est incapable de prévoir l’ampleur des effets d’une panique généralisée ou d’une franche baisse de moral des populations.
Le FMI avait déjà constaté une faute dans les modèles appliqués à la Grèce. Il remet en cause désormais tous les modèles appliqués à 26 pays européens.

Une erreur qui ne sert pas de leçon
Si reconnaître l’erreur, ou plutôt ouvrir les yeux et se confronter à la réalité, reste une avancée pour le FMI, l’institution ne tire pas les leçons de son erreur. Les économistes ne remettent pas fondamentalement en cause l'austérité, juste son intensité, ils restent convaincus qu’il suffit d’adapter leur modèle de calcul, finalement en accroissant la variable « facteur humain ». Ils ne voient pas l’absurdité que c’est d’imposer par la menace des politiques globales à des pays sur simple résultat d’un algorithme.
"Ce que nous voulons simplement rappeler, c’est que les décisions humaines engageant l’avenir sur le plan personnel, politique ou économique ne peuvent être inspirées par une stricte prévision mathématique, puisque la base d’une telle prévision n’existe pas" disait un certain Keynes en 1936."




Photos: Patrick Lecouffe

mardi 8 janvier 2013

ce beau manège



"Si on s'apercevait que la terre tourne, les manèges feraient faillite."
-Quino-









"Le manège est un univers en miniature, chargé de tout ce qu'il y a de mortel, de fatal, de damné dans l'univers."
-Julio  Cortâzar-



"Le manège creusé par ceux qui partent fait le nid de ceux qui arrivent dans le coeur de ceux qui espèrent. Il ya lurette que le manège aurait cessé de tourner, sinon."
-Daniel Pennac-



les invisibles



jeudi 10 janvier à 20h30 salle Jacques Tati (Saint-Marc sur mer)


Une soirée-débat avec Thérèse Clerc à ne pas manquer !

"autour du très beau documentaire de Sébastien Lifshitz « Les invisibles » pour lequel nous aurons le plaisir d’accueillir Thérèse Clerc, témoin du film et fondatrice de la maison des femmes et de celle des Babayagas à Montreuil.
Deux autres films seront proposés cette semaine et traitant de l’homosexualité, « 80 jours »  de Jon Garano (Espagne) et « Sur le chemin des dunes » de Bavo Defurne (Belgique)


Invisible, Thérèse Clerc ? L’adjectif va en faire sursauter plus d’un, notamment ceux qui connaissent la verve et le caractère bien trempé de cette femme publique, la plus célèbre militante féministe de Montreuil, âgée de 87 ans.
En plein débat sur le mariage pour tous, le long-métrage de Sébastien Lifshitz parle avec beaucoup d’humour et de finesse du délicat sujet des couples homosexuels, femmes ou hommes, nés entre les deux guerres mondiales. Un sujet que connaît bien Thérèse, mariée à 20 ans et divorcée à 40, avant de se mettre à travailler et de se rendre compte qu’elle préférait les femmes. « J’ai complètement occulté ma première vie où je me suis profondément ennuyée », lâche-t-elle accoudée à la table en bois de son salon où, avec des amies, elle pratiqua des avortements clandestins dans les années 1970. Mère de quatre enfants, grand-mère quatorze fois et même arrière-grand-mère, Thérèse parle avec les yeux brillants de ce « Marx » qu’elle découvrit à l’église grâce aux prêtres ouvriers mais aussi de la renaissance qu’elle vécut après Mai 68 et de la relation privilégiée qu’elle a maintenu avec ses enfants, tous installés près de chez elle entre Paris et le 93. Son cheval de bataille du moment? Pas franchement le mariage gay, que soutient néanmoins cette militante, mais plutôt l’art de vieillir. Comme dans la résidence autogérée des Babayagas qu’elle a montée en centre-ville. «La sexualité n’est pas morte quand on a 85 ans», assure celle qui dans le film Les Invisibles confie en souriant être encore attirée par «de petites vieilles» dans le métro. Bérangère Lepetit - Le Parisien (30/11/012)"
source: FANAL 


 

Descendre dans la rue?





"Bon, les opposants au mariage pour tous nous promettent une manif monstre pour le 13 janvier aussi impressionnante que celle qui a fait craquer Mitterand en 1984, à propos d'un service unifié de l'Education nationale.
On rêve! Ils vont descendre dans la rue, notamment les cathos de droite, pour défendre la famille et la filiation "normales" alors que l'extrait de naissance du petit Jésus et le livret de famille de ses "parents" ne sont pas des plus normaux ni des plus clairs!
Ce qui surprend, inquiète, est une sensation de "tout ça pour ça" dès lors que la terre maltraitée est en bascule et l'humanité tout entière en danger. Ne convient-il pas de remettre la cause des personnes homosexuelles à sa place qui est celle d'un débat de société au plus près de l'évolution, voire de la mutation profonde des paradigmes de genres telles que, entre autres, les observe Elisabeth Badinter?

Descendre dans la rue, oui, mais à propos de la Syrie et de ce qui s'y passe en temps réel sous nos yeux, comme si la leçon du Rwanda s'était évaporée dans nos esprits. Face à la monstruosité en cours, la culture des pays occidentaux, pourtant raffinée depuis des millénaires, reste impuissante devant la barbarie. Du temps de l'efflorescence vénéneuse du nazisme, elle a laissé faire Auschwitz. Plus que jamais, la déroute de la culture humaniste face au mal est la plus grande et la plus torturante énigme de notre temps. Qu'est-ce qui fait que la vieille Europe de Bach, Mozart, Ricoeur ou Lévinas laisse faire Assad? Pourquoi Buchenwald tout près de Weirmar, la ville de Goethe, pourquoi la Syrie à quelques heures d'avion de l'Europe des lumières? 

A ce jour, en expirant, quarante deux mille morts en Syrie soufflent un vent d'hiver sur le "Printemps arabe". 
Dans un pénétrant essai, Georges Steiner développe ces questions brûlantes et écrit: "Quand les premières rumeurs des camps de la mort parvinrent clandestinement de Pologne, on refusa de les prendre au sérieux: il ne se passait rien de tel, en Europe, au milieu du vingtième siècle. Aujourd'hui, il est difficile d'imaginer un acte de cruauté, un accès de répression ou de dévastation qui nous dépasse, qui ne trouve pas spontanément sa confirmation. Moralement et psychologiquement, il est effroyable de rester aussi impassible. Ce nouveau réalisme ne peut que se faire l'allié de ce que la réalité renferme de moins acceptable."

Descendre dans la rue, oui, mais pour manifester notre solidarité (travailleurs sociaux en tête du cortège) et notre volonté de partage avec les pauvres dont l'humanité, de plus en plus, s'effondre sous le poids du chômage, des factures, du mal logement. Promis au moment de la dernière campagne pour l'élection présidentielle, une réforme profonde, un bouleversement de la fiscalité, n'ont pas dépassé les limites d'un réformisme politiquement frileux. La voix des marchés est plus puissante que celle des pauvres.Après avoir reçu les perfusions financières des Etats, les banques ont retrouvé une santé d'autant plus insolente qu'elle se conforte en refusant du crédit à la plupart des PME. Pourquoi les Etats qui l'avaient promis n'ont-ils pas contraint les banques à séparer leurs activités de crédit et de spéculation?

Dommage qu'il n'existe pas, indépendante, une agence de notation de la révolte et de la solidarité pour compter les manifestants dans la rue en lieu et place des syndicats et de la police. Quelle serait la note de la gauche?

Descendre dans la rue, oui, mais pour exiger la constitution d'une véritable Europe fédérale alors que depuis cinquante ans les Etats, nationalistes et égoïstes, accouchent au forceps de souris institutionnelles dérisoires, n'était le soutien poussif de l'euro.
Pourquoi une grande vision politique, historique, pourquoi une synthèse civilisationnelle manquent-elles aux politiques éparpillés et agités dans des instances européennes redondantes et politiquement stériles. Le sens profond du Nobel de la paix décerné à l'Europe n'est-il pas celui d'un rassemblement fédéral urgent, d'une transcendance de nos rivalités et de nos identités? A voir au prochain sommet...

Descendre dans la rue, oui, mais pour hurler contre de qui s'est passé à Doha, ou plutôt contre ce qui n'est pas advenu en matière de protection environnementale, au mépris de la signification des grandes catastrophes climatiques présentes et à venir.

Descendre dans la rue pour changer nos modes de vie, changer nos vies.

Descendre dans la rue, laïcs militants, pour s'opposer frontalement à la montée de l'islamisme radical et de toutes les politiques, pressions, violences et tortures exercées "au nom de Dieu"; pour s'opposer aussi aux prétentions sionistes d'un peule soit disant "élu" sur une terre prétendument "promise" par Yhave qui, décidément, est le pire ennemi de lui-même.

Descendre dans la rue enfin, pour rencontrer l'autre innombrable et frère de luttes en ce temps de Noël. et gageons que les couples homos seront là, avec leurs gamins."
-Jean Cartry-

-Ce texte a été publié dans l'Hebdomadaire "Lien Social" n°1087-




lundi 7 janvier 2013

tout ce qu'on






"Les mots n'ont pas les mains liées,
ils ne reviennent pas de loin avec
un clou fiché dans l'oeil,
ils n'entendent pas le chuchotis
des oiseaux au crépuscule,
ils ne boivent pas l'eau fade du souvenir
ils ne rentrent pas quand la nuit tombe
ils ne sont ni des étoiles ni la boue
ni des miroirs pour jeunes filles solitaires
ni des enfants perdus.

Ce ne sont rien que des mots parmi les mots
sans impatience et sans effroi
sans ombre et sans masque.
Le nombre est en eux;
ils ne disent rien que ce qu'ils disent
et s'ils brillent dans l'ombre quelquefois,
c'est à cause des sources et des fruits
ou du printemps tardif.


Mais ils sont paroles dans la langue,
toujours plus loin et proches
dans l'obscur creuset des événements
dans le désordre et l'éclat
et le décompte secret du temps.
-Lionel Ray-









Toutes les musiques seraient permises
ici;
dans les gris qui se marient
et s'entremêlent, pour la torpeur
et pour l'avenir.

Comme,
toutes les musiques s'aperçoivent
et prennent note
de leur drôle d'engeance
faite de légèreté
et d'embrassades.

Un jour,
 jamais comme un autre,
etc.




"Me voilà une fois de plus parmi les mots épars,
est-ce au centre, en marge, à la périphérie?

Je ne sais trop qui je suis, eux-mêmes le savent
ou ne le savent pas, mais toujours poursuivant

en eux mon chemin obstiné, je mesure de l'un
à l'autre que du temps précieux a passé,

un temps sans retour. Et moi tel un aveugle
je suis quelqu'un qui cherche un univers

Absent.Il est encore trop tôt. Le soleil n'a pas encore
posé ses douces griffes de lumière sur la page

et je distingue à peine voyelles et consonnes,
ces phrases qui me ressemblent et qui parfois hors de moi

s'éloignent, semant çà et là quelque poussière d'astre ou
rien, seulement des ombres qu'on ne reconnait pas."

Lionel Ray- "Entre nuit et soleil"













 la ZAD par Remy- "Sneck"



 

dimanche 6 janvier 2013

le jacobin pour les nuls



"Je pense vraiment qu'il y a un problème de relais entre les aspirations de la société civile bretonne et les politiques bretons. Ils sont incapables de relayer ces aspirations, qui sont fortes. Elles concernent la sauvegarde de notre culture et la possibilité de développer notre territoire, et donc d'avoir les moyens financiers et juridiques de le faire. Or, sur ce terrain-là, les hommes politiques en Bretagne, comme partout ailleurs il faut bien le reconnaître, sont incapables de relayer ces aspirations.

Pourquoi? 
 

Il faut bien comprendre qu'on a affaire à une classe politique professionnalisée. La plupart d'entre eux font de la politique depuis vingt ans. L'idée n'est donc pas de relayer un message, de porter des aspirations, mais de faire carrière! Dans ces conditions-là, on regarde  verts le haut, vers Paris, vers la structure centrale. Et les messages les plus forts que peut renvoyer la société, s'ils ne vont pas dans le sens du pouvoir en place, de leur hiérarchie, ne sont pas relayés. C'est le problème du jacobinisme en général. On a un appareil politique qui est déconnecté du réel, qui imprime même sa marque au réel, au lieu de faire avec. Au lieu de prendre ce qu'il y a de meilleur, d'appréhender la réalité sociale et humaine, le système politique imprime sa propre loi. il y a une faillite du système démocratique, une faillite des responsables politiques bretons sur les véritables questions. La politique, c'est l'art de traiter les véritables questions, de poser les véritables problèmes.
Quels sont-ils? 
 C'est d'abord la question de l'autre, de l'altérité. Il y a un non-dit sur la réalité des peuples. Faire de la politique c'est sauter le pas de la reconnaissance des peuples et des territoires. Faire avec le peuple. C'est une question centrale à laquelle on se refuse toujours aujourd'hui de répondre.
L'autre question centrale, c'est celle des structures, des rapports entre le centre et la périphérie.On a le système le plus inégalitaire, entre Paris, le centre, qui domine, et la périphérie qui travaille pour Paris.Là-dessus aussi nos politiques sont inexistants. ils n'ont jamais par exemple contesté le projet du Grand Paris.

 Vous parlez de système jacobin. Mais ici, nous avons des hommes politiques, notamment Jean-Yves Le Drian, qu'on ne peut pas considérer comme jacobin

Oui, mais ils sont dans le système jacobin. et lorsqu'ils ont la possibilité, des moments forts pour prendre des décisions, ils se refusent de le faire. Est-ce qu'on a entendu M.Le Drian se lever contre le Grand Paris? Je n'ai rien entendu! Alors qu'on va au bout de la spoliation!
En 2009, le président du conseil général de Loire- Atlantique, M Mareschal, a demandé une session commune avec le conseil régional de Bretagne. Il a proposé cela à M. Le Drian, pour traiter de la réunification. C'était un acte politique majeur. Qu'a répondu M. Le Drian? Non, ce n'est pas légal. Comme s'il n'avait pas conscience de la portée politique d'une telle décision, d'un voeu de réunification exprimé par tous les conseillers réunis; ça, c'est le refus de la politique. il n'a pas eu de force d'âme, il ne l'a pas trouvée, de sauter le cap, il a privilégié d'autres considérations. Et, aujourd'hui, il est ministre.
L'autre problème qu'on refuse d'aborder, c'est celui de l'inégalité des chances entre le centre et la périphérie, entre nos territoires et la grande bourgeoisie parisienne. Nos enfants, en Bretagne, sont destinés à des carrières de second rang. ils travaillent pour les autres. On sait bien que nous, on n'est pas de ce monde-là. il se reproduit lui-même, et plus ça va, plus il se reproduit. Parce que dans les classes préparatoires aux grandes écoles, il n'y a que des enfants de Parisiens.

C'est ce qui vous a fait dire que la France sert à produire des Parisiens?
 
Oui, la France est une formidable machine à produire des Parisiens. La France est fondée, depuis la Révolution sur le déni de l'autre, sur la mort de nos vieux peuples, sur la mort de nos nations. Elle est fondée sur l'inexistence juridique de nos vieux peuples, Bretons, Basques, Occitans, pour faire une seule nation. Comment veut-on qu'à un moment donné la France puisse produire autre chose que des Parisiens?
C'est inconcevable. il faut un véritable retournement. Sauter le pas de la reconnaissance de l'altérité, des autres peuples, et faire avec les territoires vécus, là où il y a des solidarités humaines, des gens qui ne demandent qu'à bouger, à produire, à innover. Aujourd'hui, on a le système le plus dangereux sur le plan économique. Parce que c'est un véritable carcan mis sur une société, avec des découpages territoriaux qui ne veulent plus rien dire, au sein desquels les gens se sentent mal. et si la France est aujourd'hui dans une situation politique dramatique, c'est à cause de cela. On a perdu le sens de l'initiative, du dynamisme. Les jeunes n'aspirent plus à autre chose qu'à être fonctionnaire, parce qu'aujourd'hui c'est une forme de protection; ça s'appelle du déclin! Pourtant, nul doute qu'une Bretagne enfin réunifiée, à cinq départements, avec des solidarités humaines, une image forte, des compétences pour valoriser nos atouts et pour développer notre culture génèrerait rapidement un dynamisme économique qui profiterait à l'ensemble du territoire national. C'est évident tout ça.

Vous expliquez que la région Pays de la Loire est un territoire déshumanisé?

Absolument. Parce que la région des Pays de la Loire repose sur la partition de la Bretagne. Elle a été créée de toute pièce. C'est un découpage qui nie la réalité humaine, qui nie mille ans d'histoire! On est exactement comme en Afrique, en 1885 avec le découpage issu de la conférence de Berlin. On va tracer des grands traits, au mépris des gens qui habitaient là, au mépris de leurs ethnies. nous sommes dans la même situation! On considère que ces mille ans d'histoire qui font de nous des Bretons, c'est quelque chose qu'on peut jeter aux orties. Et on coupe en deux la Bretagne, ce qui permet en plus de réduire une identité forte, quelque chose qui pourrait concurrencer Paris! On est forcément dans la déshumanisation puisqu'on ne met pas en place des découpages qui sont en phase avec la réalité humaine. On impose un nouveau sentiment d'appartenance ligérien. Et on consacre des millions d'euros en campagnes de communication pour faire de nos enfants de bons Ligériens, alors que ça ne veut rien dire! Nous sommes dans une logique de substitution identitaire. On refuse une identité, on en invente une autre, on la colle, et on espère que ça va marcher. Mais ça, c'est contraire aux Droits de l'homme, au droit international. Et j'espère qu'un jour le droit pénal international trouvera le ressort de sanctionner ce type d'agissements. Parce que c'est quelque chose de tout à fait scandaleux, c'est une violence odieuse, c'est du mépris de l'humanité. Comment voulez-vous qu'on se retrouve pleinement dans ce pouvoir? Comment voulez-vous qu'on éprouve un fort sentiment d'affiliation à la Nation Française dans ces conditions-là?.../..."

extraits d'un entretien accordé par Yvon Ollivier (vice-procureur au tribunal de Nantes) auteur de la Désunion française au mensuel Bretons (n°82)





photos: Chantal



samedi 5 janvier 2013

c'est curieux




Les voeux de Laure
"Des confins des foyers

Aux siphons des éviers,

Du couffin des bébés

Au fin fond des terriers,


Que l’année 2013 soit…

Répit
Sans crétin sans crédit
Sans dédain sans dédit,

 Aventure
Sans raté sans rature
Sans armée sans armure,

Rock’n’roll
Sans faux cul sans faux col
Sans verrue sans vérole,


Egards

Sans battu sans bâtard

Sans cocu sans cocard,



Cadeau

Sans impair sans impôt

Sans galère sans galop



Grâce

Sans grimée sans grimace



Obole

Sans pipeau sans people



Et surtout rires

Sans délai cent délires !"

vers empruntés à Laurent Ayçaguer

Auteur à Temps Gagné





Les voeux de Philippe: 



"Dans  l'eau les choses ne se passent pas de la même façon. D'abord il faut s'habituer à respirer autrement
et les poissons ne sont d'aucune aide.
On a envie de crever la bâche miroitante juste au-dessus, on a envie de pousser avec les pieds.
Puis on s'y fait, les mots viennent comme des méduses, à peine visibles, les gestes suivent.
Progressivement la respiration s'apaise,
les poumons se souffrent pas entre les algues.
Comme tout va bien, l'homme en profite pour me serrer dans ses bras.
L'ordre des choses est curieux dans les fonds marins! "
 Isabelle Pinçon- extrait de:"C'est curieux" Cheyne Editeur












vendredi 4 janvier 2013

les mots viennent à nous



"Les mots viennent à nous
depuis l'éternité du passé,
joyaux qui ont gardé leur scintillement
extrait des profondeurs de la mémoire;
orneront-ils le doigt ou la poitrine
ou seront-ils laissés en dépôt dans les musées?
Chants qui passèrent de génération en génération:
trouveront-ils une tombe paisible sur un CD
ou seront-ils défigurés à la télé?
L'histoire fait ses choix
et chacun de nous est comme une particule
déposée à la surface de la terre,
qu'un rayon soudain suscite
ou non un miroitement
qui projettera une brève lumière
dans l'éternité à venir."
-Ruaraidh Macthomais- "Joyaux"- traduction: Gérard Augustin.




L'association "LE SEL DES MOTS" nous offre ses voeux