mercredi 12 décembre 2012

douze ensemble douze ensemble



"Un beau vers à douze pieds et deux ailes"
-Jules Renard-



"Nous passons les douze premiers mois à apprendre à nos enfants à marcher et parler et les douze suivants à s'asseoir et se taire."
-Phyllis Diller- 


-

"Un ver de huit pieds s'appelle octosyllabe. Le ver de douze pieds, lui,  se nomme alexandrin.Et un verre à un pied c'est un muscadet."
-Philippe Geluck-







"Un jury est un groupe de douze personnes, d'ignorance moyenne, réunies par tirage au sort pour décider qui, de l'accusé ou de la victime, a le meilleur avocat."
-Herbert Spencer-





Je suis revenu, discrètement et  en douze,
le nez dans le zodiaque
ce qui me valu alors,  de marcher sur une bouse,
de belle prestance.
 mais pour les besoins de la production
 vite transformée en porte-bonheur offert de mémoire,
 à ma matouse,
qui aimait tant et tant
les jeux de hasard et superstition.

Mon patouse, lui, 
plus adepte d'un autre son de cloche,
préférait les  Moddy-Blues
et ptêt aussi 
qui sait?
les partouses.

Mais...là,
veuillez m'excuser
car
 je rends ma blouse.











"L'homme doit s'applaudir d'être frivole; s'il ne l'était pas, il sécherait de douleur en pensant qu'il est né pour un jour, entre deux éternités, et pour souffrir onze heures au moins sur douze."
-Voltaire-


illustrations source: toile






Comment dit-on  en Bretagne: "Gast! Ce vin est fameux!"

C'est du bon
C'est du  12

dimanche 9 décembre 2012

les mots aussi





"Lundi. En vacances quelques jours aux Antilles, je croise malencontreusement un banc de touristes normands, dont une commère aux hanches guadeloupéennes mais à la face carbonisée par un soleil antiblanc.  

«Ah, d'accord, me dit-elle, c'est du propre ! Les chroniqueurs de gauche se la coulent douce dans les îles pendant que la France se déchire ?

- Oui, mamie, d'autant que c'est la droite qui se dévore. La France, elle, crève la dalle dans un silence strident. Dans tous les cas, me les peler à Paris ne sauvera pas les finances, excepté celles d'un chauffagiste. D'autre part, si j'étais vous, je remettrais de la crème solaire, car j'ai l'impression de parler à un boudin créole.

- Me la faites pas, à moi, Bedos, vous êtes venu fêter la déroute de l'UMP !

- Pas du tout, truie en tongs, en plus du succès marc-lévyste de mon dernier bouquin, la seule chose que je fête ici, c'est la prolongation miraculeuse du bonheur de ma meuf. Et vu qu'il y a peu de chances pour que Jean-François Copé parvienne à me la chourer à coups d'élection frauduleuse, permettez-moi de garder le sourire. Sinon, ça vous fait quoi, d'être plus collante que le sable ?

- Vous pouvez me jurer que vous ne vous moquerez plus de notre parti dans le journal ?

- Juré, dis-je, en crachant volontiers sur son front d'écrevisse, voilà des années que je fais becqueter à Don Copé des chroniques au plutonium. J'ai commencé à l'étriller quand il avait encore des cheveux (et un reste de dignité). Résultat : j'ai pissé dans 12 violons et 14 contrebasses. Aujourd'hui, croyez-moi, ma vessie est à sec. Achetez Marianne tranquille : vous n'y subirez que le récit de mes vacances.» La preuve...

Mardi. Sur la plage, près du bar, un petit monstre de 12 ans s'est emparé du Cornetto au chocolat de sa sœur. La gamine a beau couvrir de ses chialeries l'infâme bande-son électronique imposée par l'hôtel, son aîné se refuse à lui rendre et continue à lécher son butin d'enfant buté en la regardant droit dans les yeux. Le barman s'en mêle.

«Kevin, rends la glace de ta sœur.

- Non, répond la tête de mule, c'est la mienne, je la garde.»

La mère, qui, depuis le début des vacances, regrette ce jour maudit où elle décida d'arrêter la pilule, s'approche de son fils.

«Kevin, ça suffit, rends cette glace à ta sœur, t'en as déjà mangé deux, je t'en achèterai une autre ce soir !

- Je te crois pas, marmonne-t-il. Si je lui rends, tu vas me punir, et j'en mangerai plus jamais !

- Si, mon chéri, je te jure, on discutera ensemble de ton rapport au sucre, et, si tu me promets d'être gentil avec Chloé durant les quatre prochaines années, t'auras le droit de me demander une autre glace, si tant est qu'elle soit moins grosse, vu que tu bouffes beaucoup trop vite et qu'après t'as mal au ventre.

- Non, j'ai faim ! Tout de suite !» dit-il, en attaquant le cornet avec ses dents de marcassin. La gamine, aussi lourde en victime que son frère en bourreau, redoubla de sanglots. Le père, qui s'était jusque-là retiré des affaires familiales en plongeant son regard torve dans un Voici périmé (Virginie Efira, navrée de se voir enceinte dans le numéro de la semaine dernière, s'est - depuis - séparée de l'embryon), le père, disais-je, vint donner de la voix.

«Kevin, mon garçon, lâche un peu cette foutue glace au chocolat, ta sœur dit que c'est la sienne, approchez-vous de papa, donnez-vous la main et trouvons une solution...

- Je t'emmerde, toi, dit-le monstre, de toute façon t'es jamais là, tu m'as jamais rien offert, maman dit que t'es un naze, t'es même pas foutu de garder ton boulot, alors te mêle plus de nos affaires !»

S'ensuivirent des paires de baffes tous azimuts, le père giflant le fils qui tenta de gifler sa mère pendant que je me chargeais de la gamine afin qu'elle cesse enfin de beugler ! La glace, quant à elle, échoua sur le sable, avant de fondre au soleil. Seules quelques fourmis, sourdes aux conflits des hommes, se léchèrent les babines - et c'est à ce moment-là que je crus les entendre murmurer : «Regardez-moi cette bande de cons, on se croirait à l'UMP.»

Mercredi. N'ayons pas peur des mots : Gilles, notre guide, est un génie. Gilles, Guadeloupéen d'une soixantaine d'années, ancien employé de Fram reconverti en taximan, merveilleux produit de l'indolence insulaire, manie si bien la langue française qu'il fait frissonner mon clitoris lexical. En quelques minutes, ce fut un tel festival d'inventivité verbale que sa petite carlingue se transforma bientôt en prairie d'astucieuses métaphores, de rhétorique blagueuse et autres mots précieux. A propos d'un restaurant, il lança à ma belle : «Ce soir, votre langue de chatte vivra sa petite vie toute seule... Laissez-la chanter.» A propos du pénible Club Med dont nous venions de réchapper : «Ici, le bonheur est une injonction : gare à celui dont le sourire flanche ! Il sera fusillé sur la piste de danse...» A propos de Paris : «Je suis trop vieux pour combattre le froid... Même l'été, j'y grelotte d'ennui.»

N'en pouvant plus d'admiration, j'osai lui demander pourquoi un tel talent n'avait commis aucun roman, pourquoi garder jalousement son trésor. Il éclata d'un rire superbe, avant de me répondre, sans la moindre coquetterie : «Mais pourquoi faire, mon bel ami ? Je me délecte bien assez du magot des anciens. Pourquoi ferais-je couler mon minable ruisseau dans un océan que je n'ai pas fini d'explorer ? Je sais qui vous êtes, vous savez, vous êtes le type de la télé. Vous, vous écrivez, vous jouez, vous déclamez, vous voulez nous montrer toutes vos acrobaties. Mais vous avez peur, je le vois dans vos yeux, vous ne cessez d'avoir PEUR. Moi, je lis au soleil, vous écrivez dans la grisaille.»

Enculé de Nègre."

-Nicolas Bedos- "Indolence Insulaire" source Marianne .net


 "..../...Je rêve que ce soleil ne se couchera plus, qu'il avance et recule dans un mouvement imperceptible et rassurant, rien que pour éternellement m'éclairer. J'ai ainsi toute la lumière qu'il me faut pour voir les pensées qui vont et viennent. Je les observe, assis au milieu de leur chemin. Elles paraissent toutes semblables, mais mon regard entraîné sait les distinguer les unes des autres.
Comme le berger assis à la limite du pâturage, qui embrasse ses brebis d'un seul regard, moi aussi, de temps en temps, je m'arrête sur une pensée et je l'aide à grossir. Elle prend alors des formes étranges, s'étirant d'un côté, se gonflant de l'autre, elle s'élargit et s'allonge, se refuse à moi, ne veut plus de mon regard. elle se débat, elle veut réintégrer le troupeau, mais je ne la lâche pas, je veux la voir grandir toute seule, saine et forte, et puis l'abattre lorsqu'elle n'a plus besoin de moi. C'est ainsi que je m'occupe de mes idées ici. Les pensées sont des êtres vivants. Tout le monde dans ce bloc sait qu'elles se nourrissent, marchent, travaillent, tombent malades, sentent, meurent et ne ressuscitent pas. il n'est pas rare ici de voir un prisonnier pleurer la mort d'une pensée. il y en a qui vivent longtemps, plus longtemps que l'homme qui les a accouchées et, quand celui-ci meurt, sa pensée continue son chemin toute seule, refusant obstinément toute tentative d'adoption."

extrait de: "Face au mur" de Cesare Battisti- Editions Flammarion.








samedi 8 décembre 2012

gardarem Notre-Dame des Landes






"A Nantes, la grande manifestation partira à quinze heures de la place Bretagne. Un lieu doublement symbolique, d’abord, parce que la contestation est d’abord une lutte Bretonne, ensuite, parce que la Tour qui domine la place a été construite à peu près au même moment qu’était initié le projet d’aéroport à Notre-Dame des Landes. En effet, elle a été imaginée en 1966 par l’architecte Claude Devorsine et construite de 1971 à 1976, alors que le site de Notre-Dame des Landes fut choisi en 1967  pour accueillir l’aéroport.  C’est donc d’une place dont le visage actuel est hérité du martyre subi en 1943-44 par la capitale de Bretagne et de l’élan qui la porte depuis – une ville pour laquelle tout semble possible – qu’un cortège s’élancera pour dénoncer en vrac un « mode de vie toujours plus encadré et contraint, tourné vers le seul profit », une « échelle urbanistique toujours plus grande » et un projet d’aéroport qualifié de « délire de développement de barons locaux vieillissants ».
Ailleurs en Haute-Bretagne, à Assérac (Azereg, 44), un concert de soutien aux occupants de la ZAD aura lieu à 19 h salle Fontaine. A Fougères (Felger, 35), c’est le 2e rassemblement contre l’aéroport, façon pardon Breton. Le point de rassemblement est fixé à 14h à la Préfecture, d’où partira une « procession » dans les rues de l’altière place forte des Marches de Bretagne, pour aller « offrir à Notre Dames des landes , un hommage , une place, une porte , une rue…. dans notre chère ville ». Ajoutons par ailleurs qu’en prélude aux manifestations du 8 décembre, le traditionnel rassemblement de soutien aux opposants à l’aéroport, qui se tient chaque vendredi à Châteaubriant (Kastell-Briant, 44), autre forteresse des marches de Bretagne, est maintenu (lire sur Châteaubriant Actualités). Plusieurs cartes d’électeurs ont été déchirées au cours de ce rassemblement. « Par ce geste« , explique le collectif,   »nous lui signifions que, seulement six mois après son accession au pouvoir,  le peuple dont le cœur bat au rythme de celui des landes de Notre Dame, ce peuple, déjà, ne lui répond plus« .
En Basse-Bretagne, une action de sensibilisation est prévue à 9h sur le marché de Carhaix (Karaez). Enfin à Brest, les collectifs du département, qui envisagent de s’unir, organisent un rassemblement à 11 h place de la Liberté. Nous avons reçu l’appel à manifester « contre les projets nuisibles », en « soutien aux expulsés » et pour « l’arrêt immédiat du projet d’aéroport à NDDL ». Le rassemblement dénoncera aussi d’autres projets « nuisibles et inutiles » pour l’environnement, tels que « la centrale à gaz à Landivisiau, la rocade sur la vallée du Restic à Brest, la  Zone Artisanale de Daoulas, le centre de formation du Stade Brestois à Plougastel ».
Les autres départements Bretons sont très représentés dans la contestation contre l’aéroport, et parmi les soutiens et les occupants du site. Une carte des comités de soutien vient de paraître. Pour la seule Bretagne, on dénombre 23  collectifs. Dans le Finistère, Brest, Quimper, Pont l’Abbé, Concarneau, Riec sur Belon et Carhaix ont des comités locaux, qui s’apprêtent à se regrouper en un comité unique. Dans le Morbihan, quatre structures, à Lorient, Pontivy, Vannes et Questembert. Deux dans les Côtes d’Armor, Guingamp et Saint-Brieuc. Quatre en Ille-et-Vilaine (Rennes, Redon, Saint-Malo, et le comité de Fougères non présent sur la carte). Sept en Loire-Atlantique (Châteaubriant, Saint-Nazaire, Orvault, Nantes, Clisson, le Loroux, Vallet). Fort soutien Breton qui se retrouve aussi sur place, où l’on trouve plus de voitures immatriculées en Finistère qu’en Anjou ou en Vendée. Sur l’ensemble de la France, on trouve des collectifs de soutien dans les Cévennes, l’Aveyron, la vallée du Rhône (Aubenas, Crest, Valence, Romans, Vienne, Lyon…), la Provence (Marseille, Toulon, Draguignan, Nîmes, Avignon), le grand Sud-Ouest (Charente, Gers, Gironde) et les départements limitrophes de la Bretagne (Anjou, Vendée, Perche, Val de Loire et Normandie).





A Annecy (Savoie), une manifestation part à 14 h de la Préfecture. A Châlons sur Saône, à 18h, un rassemblement est prévu pour écrire, avec force bougies, l’opposition à l’aéroport. Un rassemblement a lieu à Saint-Etienne (Loire) à 14 h place Jean Jaurés. A Lyon, manifestation à 13 h 30 place Bellecour contre trois « projets inutiles », le TAV (TGV Lyon-Turin), le stade de l’Olympique Lyonnais à Décines et l’aéroport de Notre-Dame des Landes. A Montpellier, rassemblement à 14 h devant la maison de la Démocratie. A Paris, la manifestation part du métro Belleville à 14h et s’opposera aussi au projet du nouveau centre de formation du PSG, qui prévoit d’avaler 60 hectares de terres agricoles céréalières vers Poissy (78), à Marseille, elle débute au kiosque à musique des Réformés sur la Canebière à 17h, à Valence, un rassemblement est prévu à 10 h place des Clercs et les habitants de Besançon braveront, à partir de 15 h 30 sur la place du 8 septembre, le froid polaire et la neige qui sévissent neuf mois de l’année en Franche-Comté pour informer la population et s’opposer à l’aéroport.
A Mulhouse, rue du Sauvage à 11h, une manifestation s’opposera tout à la fois à Notre-Dame des Landes, la prison départementale qui suscite une forte opposition à Lutterbach, les déchets ultimes très polluants enfouis une vieille mine de potasse par la société Stocamine  et le grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg. La manifestation appellera aussi à la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim."

source: BREIZH JOURNAL








L'APPEL DE SAINT AFFRIQUE

"La lutte à Notre-Dame-des-Landes contre la construction du nouvel aéroport de Nantes est devenue depuis le 16 octobre le centre de toute les attentions. L’opération policière « César » qui prétendait faire « place nette » en expulsant et détruisant les maisons occupées de la ZAD1 s’est heurtée à un mur : la détermination de tous les habitants des environs à ne pas laisser disparaître ces 2000 ha de bocage sous des hectolitres de béton. Leur mobilisation s’est rapidement répandue dans tout l’hexagone et même au-delà. Le 17 novembre, nous étions nombreux de l’Aveyron à nous rendre sur place pour une manifestation de réoccupation. En compagnie de 30.000 personnes, nous avons traversé la ZAD et édifié en son coeur un superbe village « gaulois » dans une clairière entourée de châtaigniers. La puissance collective qui est apparue ce jour-là entre les tracteurs aux remorques débordantes de matériel, les équipes de chantier sur le pied de guerre et les cuisines collectives pour mille personnes ne souffrait aucune contestation. Les autorités, lucides, firent d’ailleurs décamper leurs forces de police sous d’autres cieux pour plusieurs jours. A partir du refus d’un aéroport, une zone de liberté et de créativité est venue ce jour-là au monde, prête à grandir autant qu’à se défendre. Un kiste pour M. Valls, un grand espoir pour nous. Mais le répit fut de courte durée : le vendredi 23 novembre, 500 gardes mobiles lançaient l’assaut au petit matin sur les nouvelles bâtisses. Ayant pris connaissance de l’intrusion, les plus proches voisins affluèrent pour défendre la zone, et après un âpre week end de bataille2, les constructions tenaient toujours bon. Le tribunal de Saint-Nazaire s’est finalement laissé jusqu’au 11 décembre pour statuer sur le sort des maisons construites le 17 novembre. Une nouvelle tentative d’expulsion / destruction est donc à craindre à partir de cette date. Ici, dès le 23 novembre à 16h, la mairie socialiste de Saint-Affrique3 est occupée. Suite à l’intervention brutale en pleine nuit de 13 fourgons de CRS, les lieux seront expulsés et deux des occupants placés en garde à vue avec comme chef d’inculpation : « violence volontaire sur agent dépositaire de la force publique », en l’occurence le capitaine Crochet, et « résistance avec violence » au gendarme adjoint volontaire Thomas. Les faits se seraient passés lors de l’expulsion menée non pas par les gendarmes locaux, mais par... les CRS de Toulouse. De plus, l’ensemble des témoignages des personnes présentes lors de cette soirée attestent de l’absence totale de violence envers les forces de l’ordre. Ces chef d’inculpation fallacieux mais néammoins extrêmement grave (3 ans de prison et 45.000 euros d’amende) nous apparaît à tous comme une manoeuvre pour le moins grossière de criminalisation du mouvement de soutien à Notre-Dame-des-Landes. Une manoeuvre qui permet au passage d’arrondir les fins de mois des deux militaires de quelques substantiels dommages et intérêts. Il est inconcevable que de telles pratiques s’installent à Saint-Affrique ! Nous exigeons l’arrêt immédiat des poursuites judiciaires à l’encontre des deux occupants de la mairie.
Nous appelons donc toutes et tous, les Saint-Affricains comme les comités Notre-Dame-des-Landes des environs, et plus largement toutes celles et ceux qui refusent le tout-bétonnage et le tout-sécuritaire, à nous rejoindre à Saint-Affrique le 15 décembre.
Avant les fêtes, montrons que nous sommes nombreux et déterminés à refuser ce projet inutile et nuisible ainsi que toutes les répressions policières qui l’accompagnent. Une manifestation régionale démarrera à 16h place de la mairie. Elle sera suivie d’une assemblée générale de coordination des différents comités de la région pour envisager des perspectives de lutte commune en 2013. Gardarem Notre -Dame, l’aéroport ne se fera pas !"
Le comité de jumelage ZAD – Saint -Affrique

source: ZONE A DEFENDRE


















photos source Toile




La Revue de presse de CITIZEN NANTES





LA CARTE MONDIALE DES GRANDS PROJETS INUTILES

vendredi 7 décembre 2012

le pays où les blessures guérissent





"Il m'est rarement arrivé de prier. Au début de septembre 2001, ma mère, qui pendant sa vie d'adulte avait été mon père et ma mère, qui dans sa grande vieillesse aurait pu être ma fille, ma mère se mourait à l'hôpital de la petite ville de G. Il y avait des arbres énormes par sa fenêtre, une muraille de feuilles. Chaque journée de cette fin d'été était belle, le soleil variait à n'en plus finir sur ce mur vert, sous les yeux d'une mourante qui avait aimé les arbres. Je la voyais chaque jour, mais quand j'arrivai le 7 septembre, je vis que ça y était (mon esprit le vit, mon cœur ne pouvait pas suivre): elle râlait, elle ne parlerait plus, elle était entrée dans ce moment de l'âme errante que les Tibétains appellent le Bardo. Je m'assis près d'elle et, au bout d'un moment que je suis incapable de mesurer, heures ou minutes, je me levai en coup de vent, sortis et courus dans une librairie pour acheter des livres. Je pris le temps de choisir. Je revins avec le volume XXIII de la Carte archéologique de la Gaule romaine, le tome deux des Dits et écrits de Michel Foucault dans l'édition Quarto, et un troisième livre que j'ai oublié. Je courais encore comme le lièvre de la fable. Il pouvait être six heures après midi.
Quand j'entrai dans la chambre de ma mère, elle ne râlait plus, elle ne respirait plus, sa main que je pris était encore tout à fait tiède. L'infirmière appelée ayant ratifié sa mort, on me laissa. Mon esprit seul était là et constatait, comme tout à l'heure. Les livres étaient bien sagement posés au pied du lit dans leur petite pochette, près des pieds des cadavres qui sont tout petits. La muraille verte était bonne à l'esprit. L'esprit était tiède, lui aussi, comme il l'est toujours. Je devais prier, appeler le cœur et l'âme, que cette femme méritait. J'essayai une de ces choses apprises au catéchisme, sans doute le Notre-Père, je m'arrêtai très vite. Et puis le texte, la prière, s'imposa, venue de très loin, comme envoyée par un autre, et je la dis haut, pour que la morte l'entende, en quelque sorte: «Frères humains qui après nous vivez, n'ayez les cœurs contre nous endurcis, car si pitié de nous pauvres avez, Dieu en aura plus tôt de vous merci.» Le cœur et l'âme accoururent, je dis le poème d'un bout à l'autre comme il doit être dit, dans les larmes. Je me tins debout devant le cadavre de ma mère comme on doit s'y tenir, dans les larmes.
J'ai prié une autre fois, au mois d'octobre, quelques années plus tôt. Un enfant était né dans la nuit, je venais de rentrer chez moi au petit matin. Quelque chose me vint qui était de l'envie de prier, de clore, de m'ouvrir. Assis sur mon lit, tranquille, souriant si on souriait quand on est tout seul, j'ai dit d'un bout à l'autre à haute voix Booz endormi. Je l'ai dit comme il doit être dit, dans le calme, l'acceptation de tout, l'espérance contre toute raison, la gloire qui vient toujours.
L'Epitaphe Villon peut être dite pour une mère morte, Booz endormi peut être dit pour une fille née vivante et viable comme l'écrivent les obstétriciens dans leur rapport de routine. II y a bien peu de pièces de vers qui peuvent tenir en ces deux occasions, comme on dit que le tungstène tient dans la température du zéro absolu, sur les beaux télescopes suspendus entre terre et lune qui regardent le Big Bang. Le tungstène regarde le Big Bang. Les deux poèmes que j'ai dits regardent les cadavres, tous les cadavres parmi lesquels il y a ceux des mères, ils regardent l'âme qui se souvient de ces cadavres qu'elle a habités, d'où elle a observé le petit morceau de Big Bang à elle fugitivement dévolu; ils regardent les corps vivants, les petits enfants qui naissent, qui vieilliront et mourront. Ils les regardent, ils leur parlent, ils en parlent, cadavres, petits enfants et nous qui sommes entre les deux, comme si cadavres, petits enfants et nous c'était le même – et c'est le même. Ils rassurent le cadavre, ils assurent l'enfant sur ses jambes. Voilà sans doute la fonction de la poésie. Je n'en vois guère d'autre.
Les poèmes peuvent avoir cet effet, ils peuvent servir à ça, tenir dans le même coup d'œil le Big Bang et le Jugement dernier, et tout ce qui arrive entre les deux, le deuil éternel et la joie qui l'est aussi, la richesse et la misère son ombre, la muraille verte, la morte, les adjectifs vivante et viable; bouleverser les hommes en les douant fugacement de cette double vue. A quoi bon des poètes, en nos temps qui sont des temps de détresse, l'année de détresse 2002, comme l'était l'année 1462 à Moulins où Villon bouclait le Testament, comme l'était l'année 1859 en mai de laquelle Hugo écrivit Booz, comme l'était l'année indécise du néolithique tardif pendant laquelle Booz rêvait – vozu Dichter, pourquoi des poètes? Pour ça seulement.
[...]
Il n'est peut-être pas indifférent de dire le peu qui se passe dans ce poème, d'après ce que j'en comprends: un homme dort une nuit de battage ou de moisson. Il dort à la belle étoile. C'est dans les temps bibliques. L'homme qui dort est un moissonneur et un peu plus qu'un moissonneur, le maître de la moisson, un gros propriétaire, un latifundiaire. Le grain ruisselle. Cet homme est veuf, sans enfants, très vieux, il accomplit le bout du parcours dans les formes, sans ressentiment. Il fait un rêve: il y voit, sous la forme raide d'un chêne qui lui pousse au ventre, une érection juvénile et une longue descendance très illustre. Il n'y croit pas, il sait qu'il rêve. Il a tort: pendant qu'il dort et rêve, une étrangère qu'il a embauchée comme glaneuse, une très jeune femme, s'est couchée près de lui, a dévoilé sans ambiguïté sa poitrine, et attend son bon plaisir. Les yeux ouverts sur le ciel, elle se pose une question sur l'origine de la lune.
Voilà ce que tout le monde y peut entendre: l'engrangement des blés, l'engendrement impossible mais probable, le sommeil des hommes et la veille volontaire des femmes, la lune et les étoiles dont on ne sait pas vraiment comment c'est fait.
On peut y entendre davantage, mais parce qu'on l'a lu par ailleurs, cela n'est pas dit dans le poème, ce sont des récits de la tribu: Booz est le dernier rejeton de la lignée d'Abraham, qui doit s'éteindre avec lui. Ce que lui offre l'étrangère, qui croit n'offrir que son corps, c'est de relancer la lignée d'Abraham, d'aider à faire venir ce pour quoi cette famille existe, de rendre possible l'Incarnation. Après le poème, après l'accouplement dans le noir, après les rimes embrassées et les corps embrassés, naîtra Obed, qui aura pour petit-fils David, roi, qui aura lui-même pour lointaine progéniture Jésus de Nazareth, qui clora une fois pour toutes la lignée d'Abraham un vendredi à trois heures de l'après-midi, – mais qu'importe la lignée d'Abraham dès lors qu'en trente-trois ans de vie on a installé l'Eternité dans le temps, l'incommensurable dans la mesure, le Créateur dans la créature, l'infigurable dans la figure, l'ineffable dans la parole, l'incirconscriptible dans le lieu, l'invisible dans les yeux des hommes.
C'est cela que joue l'étrangère qui s'offre, c'est l'Incarnation, l'événement prodigieux, le cœur battant de l'Occident, la raison et la folie de l'Occident. Sans elle, sans ses seins, sans son grand appétit nocturne, pas de Dieu tout vif, pas de Croix, pas d'évangélistes quatre fois enfonçant le clou, pas de dieu sans nation spécifique, pas de toute-puissance accrochée là-haut qui rend les hommes libres. Elle regarde la lune."

-"A quoi servent les poèmes?"  Pierre Michon-source: Remue.net


 












photos archives familiales







qui sont dessus




T'en penses quoi de ça
 Toi?

Ben que c'est un peu flou!
Et tes cours de photo ça se passe comment?

Ta gUeule!

 Bon, je vois (façon de causer bien sur...Hu!Hu!Hu!)
Je dirais même plus (sic), que c'est, en l'oculiste-rence, de la pensée pour cinquantenaire (de la post révolution).

Oui j'en conviens, mais à part ça ?

à part ça, je  ne serais sans doute plus opérationnel ce jour-là, mais finalement -virgule- à choisir entre le ticket à gratter le Nirvana et less poires d'hiver, je choisis sans hésiter l'idée qui réchauffe.
Et même si ça déborde de pathos, sanctus et inch allah  réunis, pour le meilleur et pour l'empire
je préfère me les cailler dans les illusions que  
chauffer à blanc sous les sunlights du consumérisme  sonnant et trébuchant

Coupez!


jeudi 6 décembre 2012

l'immatériel en huit temps trois mouvements


 photo- source: Ouest-France

Le fest-noz vient de conjuguer ses pas avec ceux du patrimoine mondial de l'Unesco dans la branche: "immatériel"
C'est un petit pas pour l'homme mais un grand pas pour l'humanité 
Bref
entre nous soit-dit, au milieu des nouvelles pas très dansantes du monde,
l'immatériel,
je trouve que c'est le pied



 illustration: source Toile


                                                         ///////////§§§§§§§§§§§////////§§§§§§§

 Puisqu'on en cause...




De l'amour et des enfants...

"Hyper médiatisé, souvent polémique, le débat sur le mariage pour tous, ouvre largement l'espace de l'obscurantisme à visage religieux et de la connerie à visage humain.
Pour ce qui est du religieux, l'Eglise catholique, en matière de mariage et de sexualité, s'est toujours fourrée dans le lit des gens, et, plus grave, dans leur conscience qu'elle inondait de culpabilité. J'en sais quelques chose car, étant petit, je suis tombé dedans jusqu'à la noyade. Etrange fascination de l'Eglise pour la sexualité des gens dès lors que rien, mais absolument rien dans les Evangiles synoptiques ou apocryphes n'est dit à ce propos, outre l'engagemnt comme valeur de vie.
Sur le "chemin de Damas" saint Paul le mécréant, prétendument ébloui par l'apparition du christ et tombé de son cheval n'était pas remis d'un propbable traumatisme crânien au point d'écrire un peu plus tard:
"Il vaut mieux convoler que brûler!"
Cette injonction paulinienne réduisait le mariage à la contenance des pulsions sexuelles sans rien dire de l'amour. Il reste que si l'Evangile ne dit mot de la sexualité, fût-elle homo, la Bible par contre fait pleuvoir du feu sur Sodome, inaugurant les bûchers à venir où brûlèrent tant de "sodomites" après avoir été préalablement consumés par la culpabilité. Bien plus tard, la culpabilité attachée au sexe s'appellera névrose chrétienne. quand aux Papes, ils ont trôné sous la voûte de Sixtine sans se soucier de l'homosexualité de Michel-Ange. et pour la plus grande gloire de Dieu, ils ont fait couper les couilles des petits garçons de la maîtrise pontificale. Cette mutilation les gardant sopranos à vie, prévenant l'entrée des filles et des femmes dans les choeurs de Palestrina.
Malaise, hypocrisie, fourberie, voyeurisme pastoral, l'Eglise, qui aujourd'hui brandit crosses et goupillons contre le mariage pour tous, ferait bien d'aller voir au fond des presbytères la misère affective et sexuelle de ses prêtres, hétéros et homos, condamnés à la chasteté sous prétexte de disponibilité pastorale et de paternité spirituelle. Les enfants des sacristies et des pensionnats en savent quelque chose.
Et puis, dans l'espace de la connerie, l'infini a été dépassé à droite par les Boutin et les Dassault, entre autres, tels que Charlie-Hebdo les donne à lire récemment dans une pleine page, anthologie des malédictions, prophéties et calamités anthropologiques relatives au mariage des personnes homosexuelles et de leurs enfants pour des générations et des générations.
Heureusement, Le Monde a fait entendre à ce propos les voix salutaires d'Irène Théry et de Maurice Godelier;
Au fond, qu'est-ce que le mariage?
C'est le fait de dire tout haut, devant témoins: J'aime cette femme, j'aime cet homme et je m'engage publiquement à lui être fidèle. Du côté du religieux, Victor Hugo dit quelque part que les amoureux faisaient "agenouiller leur amour à l'Eglise."
Qu'une personne homosexuelle dise publiquement: J'aime cette femme, j'aime cet homme, donne à constater que l'amour est là, aussi, et que les mariés nous demanderons d'en être témoins. Voilà pour un mariage républicain. Par contre, des personnes homosexuelles, croyantes, seront sans ressources sacramentelles dans l'Eglise catholique qui leur dit: Je vous respecte, je vous aime mais restez chastes! comme quoi, au nom de Dieu, le ridicule touche au cruel. Que ces personnes tenues dans la culpabilité se souviennent du mot de saint Jean: "Si ton coeur te condamne, Dieu est plus grand que ton coeur."
J'écris toujours "des personnes homosexuelles" car nul ne peut-être réduit à sa sexualité. Ces personnes constituent à peu près 8% de la population. Nombreuses sont celles qui ne veulent pas se marier! Alors, où est le chaos social annoncé? Qu'en est-il des états d'âme de certains édiles municipaux ( n.d.c.sur la presqu'ile guérandaise le Maire de St André des Eaux et  Mairesse de Batz- sur-Mer), sinon, au fond, des fantasmes attachés aux pratiques sexuelles de ces personnes. Que je sache, beaucoup de personnes hétérosexuelles revendiquent les mêmes pratiques!
En matière de pratiques sexuelles, les humains n'ont rien inventé depuis le commencement de l'humanité. et brider la sexualité conduit à l'explosion; la libérer complètement, à l'explosion aussi. Reste ce juste milieu tremblant et fragile d'un humanisme sexuel bienveillant et sage. Selon Pascal: " qui fait l'ange fait la bête". en écho, en quelque sorte dialectique, Mallarmé répond: "La chair est triste, hélas!"
Et puis, surgit dans le débat la question de l'intérêt des enfants. il aurait absolument besoin d'un père et d'une mère! La clinique dans quoi je baigne depuis cinquante ans m'a convaincu que les enfants ont d'abord besoin de sécurité dans le temps, dans l'espace, dans leur corps, dans une relation cohérente avec l'adulte, et dans leur sentiment d'identité. Justement, la clinique m'a montré qu'un enfant peut construire son sentiment d'identité en référence à plusieurs parentés.
en deçà de la filiation biologique, existe une filiation éducative, affective, adoptive, dans quoi un môme se trouve souvent plus à l'aise, en fin de compte, que les prêtres, les psychanalystes et les juristes."
Ce texte de Jean Cartry a été publié dans le numéro 1084 de l'hebdomadaire Lien Social



 illustration: source Toile



"Ne chantez pas la Mort, c'est un sujet morbide
Le mot seul jette un froid, aussitôt qu'il est dit
Les gens du "show-business" vous prédiront le "bide"
C'est un sujet tabou... Pour poète maudit.../..."

-Jean-Roger Caussimon-


La crémation atomise la mort...

"Edgar Morin indique qu'un geste fut à l'origine de l'humanité: le premier ensevelissement d'un homme, il y a 100 000ans. Une dignité lui était reconnue. L'art, la religion et la culture se sont développés pour accompagner ce dialogue entre les hommes et la mort, cette familiarité entre les survivants et les morts.
Aujourd'hui, avec des obsèques sans trop de rituels, un deuil effacé, un corps de plus en plus réduit en cendres et des urnes sans domicile fixe, cette grande parenthèse d'humanité n'est-elle pas en train de se fermer? Telle fut la question de Philippe Ariès ou de Paul Yonnet. Telle est la nôtre. en France, la crémation progresse vite. Aujourd'hui, 30% des décès. Bientôt 50%. Une crémation bien différente de celle pratiquée autrefois pour Patrocle et aujourd'hui au Japon. Une crémation pauvre en symbole, dépourvue de sens, expéditive, comme une formalité parmi d'autres comme s'il fallait accepter notre nouveau destin: être de trop dans un monde qui n'est pas fait pour nous, accepter d'être une variable d'ajustement dans la vie, et un déchet dans la mort. 59% des Français qui désirent la crémation souhaitent n'être pas "à la charge de leur famille" ou veulent ne pas polluer la Nature. Dans les deux cas, une même certitude: le monde après eux les rejettera. ils n'y auront pas leur place. Les vivants n'auront pas souci des morts. Tout ceci renverse de fond en comble l'idée traditionnelle que nous nous faisions de la cohabitation nécessaire entre les vivants et les morts dans un monde reçu en héritage et transmis de générations en générations.
Existe donc, en nous, une lâche envie de s'effacer, de rejoindre par avance l'incognito des choses sans humanité. Les corps se reconnaissent, les cendres, elles, sont le summum de l'anonymat. il nous faut considérer ce "désir de cendre" comme une fatigue anthropologique et un échec social : nous n'arrivons plus à surmonter l'indifférence. L'uniformisation d'un monde encombré d'objets destinés à la poubelle finit par nous corrompre. il est temps de prendre conscience de cette inhumanité rampante. nous risquons la noyade dans une vie trop "liquide" (Z. Bauman).Il est temps de remettre du temps, du rite, de la responsabilité, du savoir-faire, et donc de la consistance corporelle autour de la mort!"
-Damien Le Guay- "Chaque semaine un expert nous écrit"- Le Nouvel Observateur-n°2505-









lundi 3 décembre 2012

vers l'aventure





Ce jour là, un lundi je crois,
alors que nous étions attaqués, de tous les points de vue,
par de fines gouttes introspectives,
et contemplant le résultat d'une tentative de sortie de la veille,
il décida
petit
Tas,
de consulter au plus vite,
les officines de la technologie adaptée,
très adaptée même
afin de prendre quelques cours appro-priez
sur le maniement de son récent joujou photographique
et z'y puiser tout ce que les conseils avertis
élogeaient
(chez l'habitant?).

Les habitués du site le savent, la maison éprouve quelques difficultés
avec la technologie (à relier "chez l'habitant" bien sur)
qui sont très certainement
et comme Toutin§Chacun (les fameux clowns)
le résultat d'une enfance.




 vers l'aventure.


Au galop
Au trop 
et
à l'essai.

Les  indulgences
 sont à déposer dans la corbeille, en sortant,
 meeeerrrrciiiiiiii






Une fois de plus, comprenant la détresse tragique (la maitresse dragique?) dans laquelle je me trouvais, en cet embarras de semaine,
Brigitte, abonnée à l'année,   ( c'est beaucoup moins cher, pensez-y pour les fêtes) de ce blog aux marrons sur page déglacée
et qui Bosphore
pour se payer des vacances
à  Istan(red)bul et consort (le soir)
décida de voler (c'est pas bien de voler) à mon secours en m'envoyant quelques instantanés 
de son séjour entre Europe et Asie,  des fois, on ne sait plus,
En tout cas,  il faisait 22 degrés, la semelle derrière.
Ah ouais, quand même.
...














 Brigitte (faites coucou) et Sainte Sophie, deux incontournables d'Istanbul  en automne


                                           ;;;;;;;;;;;;;;;;}}}}}}}}}}}}}#############~~~~~~~~






 Nouvelle rubrique:

- trois phrases d'un livre-




"Il m'est arrivé de penser sérieusement, sans intention de rabaisser les hommes, qu'une femme dit la vérité même lorsqu'elle ment. Cela vaut en amour comme à la guerre."





"Nietzsche a dit que quand nous nous réveillons désorientés au milieu de la nuit, les ennemis que nous avons vaincus il y a bien longtemps reviennent pour nous faire peur."





"Ses rides sont claires, elles disent que le passé est une bonne caisse à outils pour ceux qui n'attendent plus rien du présent ni du futur."



extraits de: "Face au mur" de  Cesare Battisti-2ditions Flammarion-







"tu connaissais pas la consigne,mon ange
tu m'as coupé par la racine,mon ange
blanc comme un sachet d'héroïne,mon ange
tu connaissais pas les remords,ma belle
ni ce que ça fait d'être mort au ciel
la lune est bleue comme un passeur fidèle
tu connaissais pas les ravines,mon ange
ni le sanglot que j'aurais pris,mon ange
tu joues avec la carabine,mon ange
tu connaissais pas la consigne,ma belle
fallait-il que tu la devines,ma belle
pour que l'amour enfin soit éternel

prendre la vie comme on veut
on priera le ciel si non mieux
on s'en mettra plein la panse
prendre la vie comme elle vient
on ira au ciel si on veut bien
on ne marche plus ,on avance

laisse aboyer les chiens

tu connaissais pas la consigne,mon ange
ma poule,ma p...des îles, mon ange
vois-tu les cheminées d'usine,mon ange

tu connaissais pas le silence,mon coeur
le siège arrière d'une ambulance,mon coeur
c'est trop tard une fois qu'on s'élance son coeur

comme un ange qui passe
comme une fissure dans la glace
comme ta première passe
comme on découvre en première classe
ça peut te sembler
ça peut te sembler long

comme un ange qui passe
un inconnu dans la glace
qui laisse une trace
ça peut te sembler dégueulasse
ça peut te sembler
ça peut te sembler bon

prendre la vie comme on veut
on priera le ciel sinon mieux
on s'en mettra plein la panse
on prendra la vie comme elle vient
on prendra la vie si on veut bien
on marche plus,on avance
on prendra la vie comme elle vient
on ne sera plus jamais un chien
on aura des récompenses
on prendra la vie comme on veut
on priera le ciel un jour sur deux
on s'approche plus, on s'avance

laisse aboyer les chiens
la caravane est loin
laisse aboyer les chiens
la caravane est loin

tu n'as pas suivi la consigne,mon ange
tu gis sans vie dans la cuisine orange
vêtu d'un t-shirt et d'un jean à frange"
-Benjamin Biolay-

dimanche 2 décembre 2012

comme une bernique sur son rocher




Dimanche
en
revue d'estuaire.
Une légère infidélité à La Loire
puisque Vilaine...
Entre Quimiac et tenue d'Hiver
Mesquer, son réverbère
et le soir qu'arrive
dare-dare.

Faudra bientôt songer à rallumer la bougie



Loupé le marchand de glace
ou trop tôt
ou trop tard
Va savoir!

Sur la plage orpheline
qui compte ses pas
un peu à reculons.
Trop d'émotion en solitude
peut-être...



Pour l'autoroute de la mer
faudra repasser
Un peu plus haut sur la carte.
Un peu plus bas dans la vague.

Ici, on a l'huitre pépère
 et le temps de voir pousser
les bourriches 
au marché de Noël.





Conseil d'aviso:
Ne pas trop jouer aux chèvres insulaires
qui ont la patte beaucoup plus marine
que certaines prétentions artistiques
sur rocher 
et à découvert.
Au risque d'une fin de glissade
dans la soupe froide.


                                                      /////////////////////////°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°



Philippe nous propose:



"Alors que la situation s’enlise sur le site du futur aéroport, la "mission Notre-Dame-des-Landes" apparaît déjà comme l’une des plus vastes opérations de police menées en France. Elle a mobilisé jusqu’à 2 200 hommes au plus fort de la crise et commence à agacer dans les rangs.
Les gendarmes et les policiers la surnomment « mission Notre-Dame-des-Landes »*. Un nom simple qui désigne une des plus importantes opérations de maintien de l’ordre menées à ce jour en France. Pas forcément en terme d’effectifs. Le G8 de Strasbourg en 2009 ou le G20 de Deauville en 2011 ont mobilisé plus de policiers et de gendarmes. Mais durant une semaine... La « mission NDDL » dure déjà depuis un mois et demi et son issue paraît aléatoire.
NDDL mobilise à la fois des gendarmes mobiles et des CRS. « Ils viennent de toute la France. Avignon, Nice, Lille, Guéret, Saint-Brieuc et Lille. C’est un incroyable chassé-croisé ! », souffle un gendarme. Sur le terrain, cependant, les rôles sont bien définis. A quelques exceptions près (lire ici), les gendarmes interviennent dans la campagne, autour et sur le site du futur aéroport du grand Ouest. Les policiers, eux, veillent sur la préfecture et le centre-ville de Nantes, ou encore sur la plateforme de Nantes Atlantique. Quand les événements l’imposent, ils prêtent main forte à leurs collègues militaires.
Deux fois plus d'hommes à NDDL qu'en Afghanistan
Ce fut le cas dans la semaine du 16 octobre, au plus fort des premières évacuations menées dans les maisons de la Zone d’aménagement différé (Zad). Combien étaient-ils exactement ? Selon le syndicat de police Unité SGP, jusqu’à 15 compagnies républicaines de sécurité* et 14 escadrons de gendarmes mobiles* ont été mobilisés sur cette période. Soit près de 2 200 hommes. Deux fois plus que le nombre de soldats français déployés actuellement en Afghanistan...
« Tout le monde n’est pas intervenu au même moment », nuance Thierry Boutier, délégué zonal du syndicat Unité SGP des CRS. Au ministère de l’Intérieur, on s’en tient au chiffre officiel, le seul avancé jusqu’à aujourd’hui. « Ce qu’on peut dire, c’est qu’au plus fort de la crise, à un instant T, il y a eu plus de 500 gendarmes et policiers à intervenir sur les expulsions », assure Pierre-Henry Brandet, porte-parole.
Les chiffres avancés par les syndicats seraient-ils faux ? « Il y a des compagnies qui sont venues une seule journée, d’autres deux. Certaines étaient en repos, en réserve, d’autres sécurisaient certains sites sensibles, détaille le porte-parole du ministre de l’Intérieur. Je ne dis pas que les chiffres des syndicats sont faux. Je dis qu’il ne faut pas les additionner, car ils ne représentent pas la réalité. »
Sujet sensible
Combien de policiers et gendarmes restent déployés ? Quel est le coût d’une telle opération ?** Autorités locales et gendarmes ne souhaitent pas communiquer. Il faut dire que le sujet est très sensible. La « mission NDDL » n’a pas été placée sous la tutelle du préfet de Loire-Atlantique, comme c’est généralement le cas quand des forces mobiles sont engagées. Le ministère de l’Intérieur, via son unité de coordination des forces mobiles (UCFM), gère en direct avec le préfet.
Dans les rangs, la mission commence à agacer. Seuls à prendre officiellement la parole, les syndicats de police relaient le ras-le-bol commun des deux « corps » engagés sur le terrain. « D’accord, les CRS sont là pour gérer les imprévus, mais cela fait maintenant un mois et demi que ça dure, rappelle Thierry Boutier. On continue à envoyer un jour une compagnie de Nice, le lendemain une de Lille, et le surlendemain une de Saint-Brieuc. Cela rajoute du trajet et beaucoup de fatigue à des missions qui ne sont déjà pas faciles. » Même son de cloche chez Alliance CRS, syndicat de gardiens de la paix affilié à la CFE-CGC. « On n'a aucune visibilité sur notre mission. Les gars savent quand ils partent de chez eux, mais jamais quand ils reviennent. »
L'opération du 23 novembre, sur le site du futur aéroport, semble aussi avoir révélé les limites du dispositif. Problèmes de mobilité, de communication, difficultés pour se repérer liées à une méconnaissance du terrain, manque de munitions… Les gendarmes engagés dans les violents affrontements en fin de semaine dernière ont éprouvé des difficultés à faire face. Leur tenue de "Robocop", pas franchement adaptée au terrain, n'a pas simplifié les manoeuvres. Et l'opération s'est révélée compliquée à commander car ses contours juridiques étaient flous. 
Engagés jusqu'en 2017 ?
Outre les ennuis tactiques, les policiers pointent les problèmes logistiques engendrés par l’importance des effectifs présents. Depuis quelques semaines, les locaux de la CRS 42, la compagnie de Nantes, sont devenus un véritable « hall de gare ». La cantine peine à nourrir tout le monde. De même pour l’hébergement. Il est arrivé que plus un seul lit ne soit disponible dans la capitale de Loire-Atlantique. Résultat : des policiers niçois, sécurisant Nantes, ont dû dormir à Rennes.
Le malaise latent au sein des forces de l’ordre est accentué par l'impossibilité à envisager une sortie de crise. « Si encore on connaissait la date de la fin de notre mission, confient en chœur des policiers. Mais là, on n’a aucune visibilité. Les opposants ne lâcheront pas le morceau. On risque d’être présents jusqu’à la mise en service de l’aéroport, en 2017 ! »
Au cabinet du ministre, on se veut plus optimiste. Une commission de dialogue a été mise en place ce vendredi. « Si on arrive à s’entendre, ça peut évoluer vite », affirme le porte-parole du ministère. Rien n'est moins sûr.
*Une compagnie républicaine de sécurité compte 80 policiers.
*Un escadron de gendarmes mobiles compte 70 gendarmes.
**Une source citée par Presse océan a avancé la somme de 500 000 € pour l’opération du 16 octobre. Ce chiffre n’a jamais été démenti."
 -Claire Staes avec Killian Tribouillard- pour: Le Mensuel de Rennes




                                              ///////////////%%%%%%%%%%%%%////////////




-LA BERNIQUE ET LE ROCHER-

"Sur les côtes du bout de la terre, un rocher
Se lamentait de sa condition à en désespérer.
- Je subis de l’océan le mauvais caractère,
J’aimerais dire deux mots à Neptune, son père !
Les marins me maudissent en s’échouant sur moi,
A la vue de leur navire, j’en pâlis d’effroi.
Même pas une belle sirène pour s’alanguir,
Tout serait différent si j’étais un menhir.
Je serais célèbre car je serais très rare,
Au large, seule m’adoucit la lueur d’un phare.
Quand à la nuit tombée il eut fini son soliloque,
Quelqu’un chuchota sous une toute petite coque :
- Tu es bien injuste envers toi, ignores-tu
Que si tu n’existais pas, je serais perdue ?
Sans rochers, il n’y aurait pas de berniques,
Oublie les calomnies et toutes les critiques !
Seul un récif peut affronter la mer déchaînée
Et aucun menhir ne serait digne de ta destinée
Car nous pouvons survivre sur ton dos solide
Dit le coquillage aussi sincère que candide.
Le rocher ne sentit plus les vagues sur lui
Et soudain à l’horizon le vent s’était enfui.
Il n’y a pas de honte à accepter un compliment
Quand il cache avec pudeur un beau sentiment."
 -Isaconte-











samedi 1 décembre 2012

papier peint

 illustration: source Toile



Dis!
Tu vois comme on est?

Ben...
J'vois déjà pas
comme j'en suis....

Tu tournes dos
en quelque sorte.

Oui,
ça doit être ça!






fils de


"Une vie est une oeuvre d'art. il n'y a pas de plus beau poème que de vivre pleinement.
Echouer même est enviable, pour avoir tenté."
-Georges Clemenceau-




-photos Patrick Leouffe-


"Quel crime ai-je commis avant de naitre pour n'avoir inspiré d'amour à personne? Dès ma naissance étais-je donc un vieux débris destiné à échouer sur une grève aride? Je retrouve en min âme les déserts paternels, éclairés par un soleil."
-Honoré de Balzac-









"Amis nous nous sommes égarés
Nous étions une poignée de bougres à flâner,
le long des faubourgs trop vides
Sur les bancs des dortoirs glacés de la ville
Issus des rangs de la middle- class, du middle- west
Fumeurs de bangs, blancs comme les neiges éternelles de l'Everest
Zombies qui commentent la voûte céleste

Fils de hippies

Fils de centristes
Fils des enfants de mai 68
Fils de l'idéal, du général
fils errants dans l'ère Mitterrand
Fils de la bière et du néant
Fils de l'idéal, du général

Amis nous nous sommes égarés

Nous étions une poignée de bougres à glaner
Le son des trains de banlieue,
faisait gronder la terre du milieu
Rien ne tangue à part nos langues assoiffées
du vocable des fables rugueuses où les fées enfuies,
abandonnent les hommes au milieu de la nuit

Fils de hippies

Fils de centristes
Fils des enfants de mai 68
Fils de l'idéal, du général
Fils errants dans l'ère Mitterrand
Fils de la bière et du néant
Fils de l'idéal, du général

Et puis, nous nous sommes éloignés

Dans le temps, nous avons pris bedaine et poignées d'amour
Nos corps oublieux s'affaissaient sur la terre du milieu

Issus des rangs de la middle- class, du middle- west

Fumés par les gangs, méprisés par les ascètes
Assis ont oublié la voûte céleste

Fils de hippies

Fils de centristes
Fils des enfants de mai 68
Fils de l'idéal,du général

Et puis, les avions se sont crashés

Et soudain toute la terre s'est mise à trembler
Mettant à sang et à feu, les deux tours de la terre du milieu"

-Alexis HK-

Quel crime ai-je commis avant de naître pour n'avoir inspiré d'amour à personne ? Dès ma naissance étais-je donc un vieux débris destiné à échouer sur une grève aride ? Je retrouve en mon âme les déserts paternels, éclairés par un soleil.