dimanche 10 avril 2011

j'accepte



-Résumons-nous-  envoyé par Olivier

"Le système mis en place dans notre monde libre
repose sur l'accord tacite d'une sorte de contrat passé
                                                                                   avec chacun d'entre nous,
dont voici
dans les grandes lignes
                                   le contenu":









































montage: S.O.S. PLANETE -terre sacrée

"A porter ma vie sur mon dos
J’ai déjà mis cinquante berges
Sans être un saint ni un salaud
Je ne vaux pas le moindre cierge
Marie, maman, voilà ton fils
Qu’on crucifie sur des affiches
Un doigt de scotch et un gin-fizz
Et tout le reste je m’en fiche!
Ils ont voté et puis, après?

J’ai la mémoire hémiplégique
Et les souvenirs éborgnés
Quand je me souviens de la trique
Il ne m’en vient que la moitié
Et vous voudriez que je cherche
La moitié d’un cul à botter?
En ces temps on ne voit pas lerche...
Ils n’ont même plus de cul, les français!
Ils ont voté et puis, après? .../..."
-extrait de: "ils ont voté et puis après?" -Léo Ferré-






qu'un son impur abreuve nos sillons: 



samedi 9 avril 2011

freud freud tout le monde descend




veuillez emprunter s'il vous plait  le passage souterrain...













Quand je vois un psy je sors mon Onfray



passons

land of love



une histoire d'amour radioactive



".../...moteur au point mort.
 BMW 750 Oil
Un feu rouge, place de France. Beaucoup de peuple. La France qui se couche tard. La France du week-end. La France qui décompresse. La France qui oublie. Qui dépense ce qu'elle peut encore dépenser.
Les vitrines des restos, si on peut appeler ça des restos
-Burger King et Buffalo Grill-brillent trop, un peu trop dans le noir.
Un grand carrefour. Ce qu'on appelle une zone intermédiaire. Entre le centre commercial- 124 000 mètres carrés, 520 magasins, 3500 mètres carrés d'espace multimédia, 16 hectares de parc, 11 fast-foods- et le centre de paiement, c'est ici que les gens s'arrêtent un moment. C'est ici que les flux éthérés s'interrompent, entrent en collision, se disloquent avant de reprendre leur course folle à travers les systèmes de redistribution.
En théorie, le trajet entre son travail et son domicile suit la diagonale de thésaurisation; un parcours conçu par les architectes justement pour que les antinomies se croisent sans se gêner. La place de France constitue, à ce titre, une anomalie.
Un accident de parcours qui s'est développé au fil du temps en dépit de toute prévision ergonomique. un mystère. Une tumeur. C'est d'ailleurs pour cette raison que le tunnel Ramé, qui rampe sous le quartier, est en voie d'élargissement.
Mais pour un mois encore les travaux de modernisation en empêchent l'accès. Alors il faut passer par de France. Le plus vite possible. Sans regarder autour de soi. La musique à fond pour ne rien entendre. Ne pas porter attention. Ne rien porter.
 DRH, lui vient de sortir du travail;
Et il a encore un dossier à finaliser chez lui pour demain matin. Nuit blanche qui se profile.
Le dossier Urbania. Gros plan social en perspective. Les entrevues préalables avec sont prévues pour la semaine prochaine avec la médecine du travail et les assistants sociaux, histoire de les mettre en condition; qu'ils déblayent un peu le terrain
-invalidités, mises en dispo- avant la phase deux.
Les gens à travers les vitres, mangent, s'empiffrent. Certains rient.
DRH sait que sa femme sera déjà en train de dormir quand il rentrera.
il sait qu'il ne trouvera, pour tout réconfort, qu'un Post-it sur la porte du micro-ondes lui indiquant que le gratin en barquette surgelée individuelle est dans le deuxième compartiment à gauche.
Il y a des gosses dans ces restos, des enfants, morve au nez, genoux calleux, qui courent entre les tables, qui jouent dans les espaces-jeux, qui se goinfrent. Qui attendent.
DRH tapote des doigts sur le volant.
En sourdine, Florent Pagny. Un souffle presque littéraire, pense DRH.
Un couple sort. Il titube sur le trottoir. Elle rit. L'espace 'un instant, la lampe sodium haute pression du réverbère illumine son visage qui sera bien moins beau d'ici à quelques années. C'est une certitude: DRH s'occupe de ce genre de choses.
 Lorsqu'il franchira le seuil de son domicile, DRH sait que sur sa peau il n'y aura aucun contact. Sur ses lèvres aucune chaleur. Et dans ses oreilles, le souvenir des rires aura disparu. Il ira se branler sans faire de bruit, sous la douche, avant de prendre deux doses de Ritaline mélangées à un expresso et d'entamer son labeur. Des chiffres, rien que des chiffres. Pas des êtres humains.
La jeune fille, au bras du type, traverse juste devant le pare-chocs. Les phares de la BM illuminent ses longues jambes. Interminables. et ce qui est au-dessous. Inaccessible. Dans le regard de la jeune fille.L'amour. Tout cet amour, cette vitalité qu'elle porte en elle et qui n'est pas, qui ne lui sera jamais destiné.
Puis le callipyge disparaît du faisceau.
Elle n'existe plus. Elle rejoint peut-être la cohorte de chiffres abstraits qu'il manipule chauqe jour pour respecter au plus près la volonté des actionnaires.
DRH cligne des yeux.
La pression se relâche.
Le feu passe au vert.
DRH embraye. Calmement.  .../..."

extrait de"Une histoire d'amour radioactive" -Antoine Chainas- Editions: -Série Noire- Gallimard

vendredi 8 avril 2011

et la mer et l'amour



"Et la mer et l'amour ont l'amour pour partage,
et la mer est amère, et l'amour est amer.
L'on s'abîme en l'amour aussi bien qu'en la mer,
car la mer et l'amour ne sont point sans orage.

Celui qui craint les eaux qu'il demeure au rivage.
Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer,
qu'il ne laisse pas à l'amour enflammer,
et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.

La mère de l'amour eut la mer pour berceau.
 le feu sort de l'amour, sa mère sort de l'eau,
mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes.

Si l'eau pouvait éteindre un brasier amoureux,
ton amour qui me brûle est si fort douloureux,
que j'eusse éteint ton feu de la mer de mes larmes."

-Pierre de Marbeuf- "Et la mer et l'amour"






"Roméo habite au rez-de-chaussée du bâtiment trois

Juliette dans l’immeuble d’en face au dernier étage

Ils ont 16 ans tous les deux et chaque jour quand ils se voient

Grandit dans leur regard une envie de partage

C’est au premier rendez-vous qu’ils franchissent le pas

Sous un triste ciel d’automne où il pleut sur leurs corps

Ils s’embrassent comme des fous sans peur du vent et du froid

Car l’amour a ses saisons que la raison ignore



Roméo kiffe Juliette et Juliette kiffe Roméo

Et si le ciel n’est pas clément tant pis pour la météo

Un amour dans l’orage, celui des dieux, celui des hommes

Un amour, du courage et deux enfants hors des normes

Juliette et Roméo se voient souvent en cachette

Ce n’est pas qu’autour d’eux les gens pourraient se moquer

C’est que le père de Juliette a une kippa sur la tête

Et celui de Roméo va tous les jours à la mosquée

Alors ils mentent à leurs familles, ils s’organisent comme des pros

S’il n’y a pas de lieux pour leur amour, ils se fabriquent un décor

Ils s’aiment au cinéma, chez des amis, dans le métro

Car l’amour a ses maisons que les darons ignorent



Roméo kiffe Juliette et Juliette kiffe Roméo

Et si le ciel n’est pas clément tant pis pour la météo

Un amour dans l’orage, celui des dieux, celui des hommes

Un amour, du courage et deux enfants hors des normes



Le père de Roméo est vénèr, il a des soupçons

La famille de Juliette est juive, tu ne dois pas t’approcher d’elle

Mais Roméo argumente et résiste au coup de pression

On s’en fout papa qu’elle soit juive, regarde comme elle est belle

Alors l’amour reste clandé dès que son père tourne le dos

Il lui fait vivre la grande vie avec les moyens du bord

Pour elle c’est sandwich au grec et cheese au McDo

Car l’amour a ses liaisons que les biftons ignorent



Roméo kiffe Juliette et Juliette kiffe Roméo

Et si le ciel n’est pas clément tant pis pour la météo

Un amour dans l’orage, celui des dieux, celui des hommes

Un amour, du courage et deux enfants hors des normes



Mais les choses se compliquent quand le père de Juliette

Tombe sur des messages qu’il n’aurait pas dû lire

Un texto sur l’i-phone et un chat Internet

La sanction est tombée, elle ne peut plus sortir

Roméo galère dans le hall du bâtiment trois

Malgré son pote Mercutio, sa joie s’évapore

Sa princesse est tout prêt mais retenue sous son toit

Car l’amour a ses prisons que la raison déshonore

Mais Juliette et Roméo changent l’histoire et se tirent

A croire qu’ils s’aiment plus à la vie qu’à la mort

Pas de fiole de cyanure, n’en déplaise à Shakespeare

Car l’amour a ses horizons que les poisons ignorent



Roméo kiffe Juliette et Juliette kiffe Roméo

Et si le ciel n’est pas clément tant pis pour la météo

Un amour dans un orage réactionnaire et insultant

Un amour et deux enfants en avance sur leur temps."

-Grand Corps Malade-

paté familial



modern style









avec l'aimable et désopilante participation de Serge

jeudi 7 avril 2011

et nous, dans tout ça?



"Loin de conduire à un réveil citoyen préalable à une remise en cause de ce système d’aliénation, « ces catastrophes (chômage mondial, guerres, catastrophes (japon etc),augmentation du prix des denrées alimentaires, ressources vitales en raréfaction et spéculées..n.d.c.) annoncent un renforcement du contrôle et des moyens utilisés pour protéger l’élite des affaires qui orchestrent notre perte »." -Chris Hedgesà suivre sur: Marianne2- Les blogueurs Associés-

                                           --------------------------

"C'est comme, minuscule à peine, une effervescence
  avec les mêmes images, leur même lumière,
  le chêne, son tronc obscur, le chat sur la fenêtre,
  le silence soudain de l'heure, on ne sait plus trop
  pourquoi maintenant, plutôt que demain ou qu'hier,
  pourquoi ici, mais ici, maintenant, c'est partout,
  c'est le monde qu'on n'entend que quand il se retire
  comme une vague, et qu'il n'en reste que juste un souffle
  dont on ignore s'il vient de dedans, de dehors,
  on regarde ce qui dans la vue ne cesse de
  se retirer, on guette un visage sans visage
  qu'on voudrait reconnaître, un espace qui s'entr'ouvre,
  on y entre sans y entrer parce qu'on est là,
  toujours, dans la clarté grise un peu d'un jour quelconque
  à se demander pourquoi comme ça sans crier gare,
  ce mouvement venu sans les mots et avec eux
  et comment comprendre le jour qui vient et qui va,
  cette solitude au milieu des corps, ce silence
  qui s'installe dans les paroles, on ne l'entend pas
  on le sent comme de l'air dans les mots, une sorte
  de vertige bref avec, instantané, le clair
  d'un vide où l'on se perd, on dit mais où en étais-je
   qu'est-ce que je disais, autour rien n'a changé.../..."

-extrait de "L'identité obscure- Chant I- Jacques Ancet-Les Editions Lettres Vives-


De la fenêtre un homme regarde le monde. C’est toujours comme ça que cela commence. Par cette attente interminable. Un homme assis, et qui regarde. Depuis des années, des siècles peut-être. Avant même la fenêtre et le corps immobile. Il est comme un pur regarder qui chaque fois s’incarnerait dans la singularité de chaque nouveau regard. Mais, en même temps, ce qu’il voit ne l’atteint pas. C’est comme si les aubes et les crépuscules, les saisons lentes ou rapides, la nature les choses et les hommes glissaient sur la vitre, l’abandonnaient à son immobile solitude. Alors, quittant le fascinant spectacle, ses yeux reviennent à la page où ses mains tracent de temps à autre quelques lignes incertaines. A ce moment il lui semble percevoir comme un accord soudain: celui de sa fragile durée humaine et de l’instant absolu du monde. Avec, dès que ses yeux se lèvent à nouveau, retrouvant la vision perdue, le sentiment d’un irrémédiable écart — d’une infime blessure. Un sentiment d’y être et de n’y être pas. Serait-ce cela la beauté? se demande-t-il. Et écrire, ce désir à chaque fois de réparer l’imperceptible accroc? De recueillir dans un léger tissage des paroles ces figures éparses du devenir et les rendre un instant solidaires. De telle sorte que recouvert, effacé par l’afflux de mots, le monde finirait par venir y renaître, surgissant de ce mouvement même qui d’abord l’a annulé et qui, maintenant, lui offre cette vivacité dont jusque là il paraissait privé. Oui, écrire ce serait d’abord cela: s’asseoir pour voir se lever le monde dans le jour du langage. Et, d’une voix presque muette — d’un souffle engendré par les mots et qui les porte —, ne cesser de célébrer cette beauté, répétant comme une prière muette cette phrase si simple de Beckett : “Je regarde passer le temps et c’est si beau”-Jacques Ancet-
un site
un blog: 'lumière des jours"
la suite



Nous?
je vous en prie, tu- toi- moi-
comme le merle qui s'égosille depuis l'avancée triomphante d'un jour semblable et si  différent
Un jeudi à marquer sans doutes dans les annales thermométriques avec les: je me rappelle l'an dernier à la même époque mais aussi  Il y a vingt cinq ans,  faut que je te dise ou encore Aux siècles passés... puisque l'on a retrouvé, il y a peu,  sous le sable du désert -et drôlement bien conservé- l'almanach de ces temps là avec- vous allez rire- toutes les préoccupations bizarres des" t'es rien" , le temps qu'il fait ou pas, le robinet qui coule ou pas, le coeur qui saigne ou pas, le" travail" ou pas...
Profitons en, à ce moment de l'Histoire pour rappeler, pour tous ceux qui ne le sauraient pas ou plus qu'il s'agissait là, d'une coutume particulièrement  barbare- étymologiquement: instrument d'immobilisation voir de torture, très à la mode à l'époque des mondes sauvages et consistant à offrir contre quelques subsides regroupés sous le terme  générique: "Argent" (autre habitude délirante de nos ancêtres) une partie de son temps au service de quelques-uns plus malins que la moyenne.
Certes,  je suis bien d'accord avec vous:  C'était  vraiment triste.
Sachez aussi, que chez les plus développés de l'époque... (c'est dire...) la majorité des esclaves consentants avaient élu cette "élite"  pour leur rendre la vie dure. (???)
Les spécialistes de la psychologie ont appelé cela du "sado-masochisme"
.Mais,  désolé comme nous ne pouvons passer du temps sur chaque expression  vous vous réfèrerez  s'il vous plait à vos dictionnaires de l'ancien temps, pour comprendre la signification de tous ces termes qui  bien sur n'ont plus de sens à notre époque particulièrement  évoluée.
Pour la petite histoire, un des signes de reconnaissance des leaders de cet instant (qui a quand même perduré quelques siècles..) était un morceau de tissu qu'ils se nouaient autour du coup  jusqu'à les empêcher presque de respirer (on dit que certains y trouvaient un grand plaisir) et appelé "cravate". Il était - toujours selon les écritures antiques- obligatoire de porter cet attribut (viril?) pour pouvoir accéder à toutes les instances du "pouvoir" (encore une expression d'avant l'Evolution) et passer des heures en parlotes et  grands gestes  à fabriquer des "lois", décrets" , "ordonnances"etc afin de contenir, d'asservir même ,  ceux que l'on appelait  alors de manière péjorative -chez les élus- :  "le peuple" ou encore "la masse", "les gens d'en bas" que sais-je encore...

Nous?
je vous en prie, tu-toi
et
moi,
émoi.
Le merle a  enfin quitté son arbre et de sa plume alerte, sur l'espace sans nuage,  il a écrit ceci:
Je suis venu,
j'ai vu 
et...
veuillez m'excuser mais, je ne suis pas sur de renouveler mon abonnement.
Un court moment plus tard,comme par magie,  tout s'était effacé dans le ciel.
Un rossignol qui passait dans le coin trouvant le perchoir solide et pratique s'y installa
selon le principe bien connu, en ces temps là du moins , du:
"Qui va à la chasse perd ses traces."







"À regarder le monde s'agiter et paraître
En habit d'imposture et de supercherie
On peut être mendiant et orgueilleux de l'être
Porter ses guenilles sans en être appauvri

L'humour n'a pas de rang il traîne dans la rue
Avec la dérision pour compagne fidèle
La force est impuissante devant les mains nues
De ceux qui savent rire encore et de plus belle

On voit sur le trottoir des maîtres philosophes
Qui n'ont jamais rien lu mais qui ont tout compris
On voit dans le ruisseau des filles qui vous offrent
Un instant qui ressemble à mille et une nuits

Il y a des enfants rois que le soleil couronne
Même si leurs palais ne sont que des taudis
Ils vivent en seigneurs dans une Babylone
Aux jardins suspendus de légumes et des fruits

À l'heure où tous les bruits de la ville se taisent
Un verre de thé noir à l'ombre d'un café
Un peu d'herbe qui brûle sur un feu de braise
Le paradis perdu est enfin retrouvé

À regarder le monde s'agiter et paraître
En habit d'imposture et de supercherie
On peut être mendiant et orgueilleux de l'être
Porter ses guenilles sans être appauvri."
-Georges Moustaki-