jeudi 17 mars 2011
l'europe poisson d'avril
Hélène m'a envoyé le lien qui suit:
On met le son, on se pose deux minutes et on écoute :le lien qui suit
Et si l'on est du genre méfiant on peut toujours aller par exemple sur le forum au lien qui suit qui en cause:
le forum au lien qui suit qui en cause
nous y voilà
( écrit en 2008 mais n'a pas pris une ride)
Nous y voilà, nous y sommes.
« Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes. Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal.
Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance. Nous avons chanté, dansé. Quand je dis "nous", entendons un quart de l’humanité tandis que le reste était à la peine.
Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l’eau, nos fumées dans l’air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout du monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien amusés.
On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu. Franchement on s’est marrés. Franchement on a bien profité. Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre. Certes.
Mais nous y sommes.
A la Troisième Révolution. Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu’on ne l’a pas choisie.
"On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ?" demanderont quelques esprits réticents et chagrins. Oui. On n’a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C’est la mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies. La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d’uranium, d’air, d’eau.
Son ultimatum est clair et sans pitié : sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l’exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d’ailleurs peu portées sur la danse). Sauvez-moi, ou crevez avec moi. Evidemment, dit comme ça, on comprend qu’on n’a pas le choix, on s’exécute illico et, même, si on a le temps, on s’excuse, affolés et honteux. D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de s’amuser encore avec la croissance. Peine perdue. Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est –attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille- récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n’en a plus, on a tout pris dans les mines, on s’est quand même bien marrés).
S’efforcer. Réfléchir, même. Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé
en désuétude, être solidaire. Avec le voisin, avec l’Europe, avec le monde.
Colossal programme que celui de la Troisième Révolution. Pas d’échappatoire, allons-y. Encore qu’il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l’ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n’empêche en rien de danser le soir venu, ce n’est pas incompatible. A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie, une autre des grandes spécialités de l’homme, sa plus aboutie peut-être.
A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution. A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore. »>>>Fred Vargas
mercredi 16 mars 2011
S!LENCE
envoyé par Pascale: S!berlettre n°32 bis - 16 mars 2011La lettre de nouvelles de l’association S!lence |
Un Tchernobyl japonais !Bonjour,de manière tout à fait exceptionnelle, l'équipe de Silence a décidé d'utiliser cette liste de s!berlettre mensuelle pour vous envoyer les informations qui suivent. Conformément à notre vocation de média indépendant, nous vous envoyons des informations destinées à éclairer la compréhension de la catastrophe nucléaire qui se déroule actuellement au Japon. Vous trouverez également une tribune de Michel Bernard, "Je suis en colère", ainsi qu'un texte envoyé par un membre d'Attac-Japon, et le lien vers l'agenda des manifestations prévues. Merci de faire circuler cette lettre aussi largement que possible. Anti-nucléairement vôtre, L'équipe de Silence. JaponChronologie d'une catastropheLe séisme d'une intensité de 8,9 qui a frappé le Japon le 11 mars 2011 et ses multiples répliques ont provoqué l'arrêt d'urgence de 11 réacteurs situés entre 50 et 350 km au nord de Tokyo. En l'absence de courant électrique et de pannes des groupes électrogènes (certains n'ont pu être alimentés en carburant), les pertes de contrôle de ces réacteurs ont entraîné une surchauffe progressive des cœurs des réacteurs. Malgré les tentatives désespérés des ingénieurs qui ont essayé de faire baisser la pression en ouvrant des soupapes, ou en noyant les bâtiments sous l'eau de mer, la catastrophe n'a pas pu être évitée. Les informations diffusées ont été extrêmement confuses… Le Réseau Sortir du nucléaire a rappelé que TEPCO, l'EDF local, a été condamné 27 fois par la justice japonai se pour avoir diffusé de fausses informations lors d'accidents précédents.11 mars
12 mars
13 mars
14 mars
15 mars
16 mars
En résumé, trois fusions partielles de cœurs, deux incendies de combustible usé et cinq explosions d'hydrogène sont survenues dans la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, qui depuis le séisme et le tsunami du 11 mars 2011, relâche des quantités colossales de radioactivité dans l'atmosphère. L'agglomération de Tokyo, 35 millions d'habitants est aujourd'hui contaminée avec un niveau d'exposition de 300 fois la normale. La population a commencé à fuir vers le sud. Rappel : Il avait fallut 20 jours pour noyer le réacteur de Tchernobyl sous le sable, cela a nécessité le sacrifice de 600 000 personnes. 25 ans après, selon une récente étude américaine, on approche le million de morts. La région de Kiev où se trouve le réacteur de Tchernobyl ne comptait que 2 millions d'habitants. La région de Gomel au nord en comptait environ 1,5 million. Il y a donc dix fois plus de personnes exposées aujourd'hui. JaponParole d'expert"A moins que des mesures radicales ne soient prises pour réduire la vulnérabilité des centrales aux tremblements de terre, le Japon pourrait vivre une vraie catastrophe nucléaire dans un futur proche".Cet avertissement est tiré d'un article paru le 11 août 2007 dans le quotidien International Herald Tribune/Asahi Shimbun. Son auteur est le sismologue Ishibashi Katsuhiko, professeur à l'université de Kobe. Ishibashi Katsuhiko faisait partie du comité d'experts chargé d'établir les normes sismiques des centrales nucléaires japonaises. Il en avait démissionné pour protester contre la position du comité. Il estimait que les recommandations fixées par le comité étaient beaucoup trop laxistes. Je suis en colèreJe suis en colère parce que l'accident de Tchernobyl n'a pas servi de leçon. Et que l'on continue à entendre et lire les mêmes mensonges sur le nucléaire dans les médias.Je suis en colère quand j'entends à la radio, un haut responsable du nucléaire français nous dire qu'on ne peut remettre en cause le nucléaire : "personne n'a envie de revenir à la bougie". Que je sache, dans les pays européens qui n'ont pas de centrales nucléaires (Autriche, Danemark, Grèce, Irlande, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Portugal…), y-en-t-il où l'on s'éclaire à la bougie ? Il n'y a que 441 réacteurs nucléaires dans le monde (dont 58 en France, 55 au Japon)… dans seulement 31 pays, tous les autres pays s'en passent. Je suis en colère quand en 1979, après l'acc ident nucléaire de Three-Mile Island, on nous a dit que c'était parce que les Américains étaient moins forts que nous ; quand en 1986, après l'accident de Tchernobyl, on nous a dit que les Russes étaient moins fort que nous… et que je lis aujourd'hui que les Japonais sont moins forts que nous… De qui se moque-t-on ? Je suis en colère quand on me dit que l'on peut continuer à exploiter encore des vieux réacteurs comme Fessenheim en Alsace (qui a trente ans) parce que "plus il est vieux, mieux on connait un réacteur". Ce n'est pas parce que vous connaissez bien les défauts de votre vieille voiture qu'elle tombe moins souvent en panne et moins gravement. (Le réacteur Fukushima-Daiichi 1, qui vient d'exploser avait 40 ans et a été autorisé à continuer de fonctionner pour dix ans en février 2011 !). Je suis en colère quand on nous dit que l'on ne peut se passer du nucléaire en France, parce que cette énergie fournit près de 80 % de notre électricité. C'est oublier que l'électricité n'est pas la principale source d'énergie (c'est le pétrole) et que le nucléaire ne représente que 17 % de notre énergie. Si l'on voulait s'arrêter, on pourrait s'appuyer sur une solidarité au niveau de l'Europe : là, le nucléaire ne représente que 35 % de l'électricité et seulement 9 % de l'énergie ! Il suffirait donc d'économiser 9 % pour s'en passer ! Je suis en colère parce qu'au nom de la défense de la croissance économique, les programmes énergétiques français ou européens, négligent toujours plus ou moins le potentiel des économies d'énergies, préférant la surconsommation, éventuellement alimentée par le recours aux énergies renouvelables. Or l'énergie la plus propre reste celle que l'on ne consomme pas. En adoptant les meilleures techniques disponibles et en évitant les comportements énergivores, nous pourrions diviser par 4 notre consommation en une vingtaine d'années. Je suis en colère parce que les discours économiques nous polluent : on nous dit qu'arrêter un réacteur nucléaire, ce serait de l'argent gaspillé… mais les 1000 milliards d'euros déjà dépensé en 25 ans pour la gestion de la catastrophe de Tchernobyl (et c'est loin d'être terminé), ce n'est pas un gaspillage encore plus grand ? Mille milliards d'euros, c'est sensiblement le coût qu'il a fallut dépenser pour construire l'ensemble des 441 réacteurs actuellement en fonctionnement. Je suis en colère parce que je sais que l'on peut arrêter relativement rapidement le programme nucléaire français, qu'il existe de multiples scénarios de sortie sur le sujet (de 2 à 30 ans selon les efforts qu'on veut bien consentir). Je suis en colère quand j'entends mon gendre, 25 ans, ingénieur dans le photovoltaïque, me dire qu'il cherche un nouveau travail car la profession est sinistrée suite aux récentes décisions du gouvernement. Je suis en colère quand mon fils, 20 ans, me dit : "à quoi ça sert de faire des études si dans cinq ans on a tous un cancer" (et il ne pense pas qu'au nucléaire, mais aussi à la pollution atmosphérique, aux pesticides…). Alors j'agis, je me suis investi depuis une trentaine d'années dans les médias écologistes pour faire circuler une information moins déloyale et j'incite les journalistes et les lecteurs à prendre le temps d'eux aussi chercher où est la vérité. Comment peut-on encore minorer l'importance de la pollution radioactive au Japon alors que les images sur internet nous montrent les réacteurs en flamme ? Alors j'agis et je m'engage dans l'une des 875 associations qui animent le Réseau Sortir du nucléaire pour demander à nos élus de faire pression pour un changement de politique dans le domaine de l'énergie. (www.sortirdunucleaire.org) Alors j'agis au niveau local en rejoignant les nombreux groupes locaux qui travaillent à des plans de descente énergétique qui nous permettront de diminuer la menace nucléaire, mais aussi notre dépendance à un pétrole qui va être de plus en plus rare. (www.transitionfrance.fr) Alors j'agis car aujourd'hui si le lobby nucléaire arrive à manipuler élus et médias, c'est parce que nous ne nous indignons pas assez ! Michel Bernard Journaliste à la revue Silence Désastre au Japon : Au fil des heures qui passent, la réalité s’impose à nous. De nouveaux chiffres, toujours plus élevés, s’affichent sur l’écran, et je me dis que cela devait être la même terrible expérience pour nos amis au Pakistan et en Haïti, qui souffrent encore aujourd’hui du désastre naturel dont ils ont été victimes. |
tribord toute
Si tu vas par là,
quand on met les voiles c'est qu'on n'a pas peur.
Pour le reste, au port,
on s'habille léger
enfin,
selon l'humeur.
A tribord, dans le sens de la marche,
toujours,
dans le sens de la marche.
Ne jamais tourner le dos à la sortie.
A lire dans un vers de marin
posé sur son ancrier.Depuis le début de l'après-midi,
la scène du port me narguait.
On aurait du tout arrêter,
je devais encore travailler le fond
et cela ne servait à rien de s'obstiner ainsi à vouloir faire coller,
un vieux voilier d'opérette de passage avec les fidèles des lieux.
Mon trois-mois barque dit le Pacha en reluquant avec tendresse son verre de Gordon
& MacPhail’s Mortlach,
seule faiblesse acceptée par ses pairs.
Personne d'autre que lui ne comprenait ce que cela voulait dire: "mon-trois mois barque".
et il n'en dirait pas plus,
sauf peut-être certains soirs de grandes émotions
ou il affirmait alors d'une voix fumée au vieux chêne que c'était un code entre lui et Ulysse son bateau,
mon trois-mois barque .
Rien de plus,ni moins,
qu'ça.
mardi 15 mars 2011
promo sur le jasmin
C'était il y a quelques jours, peut-être même quelques semaines, portées par un vent du sud les rumeurs du Printemps avaient envahi les coeurs et les conversations. On leur trouva des noms de fleurs pour en faire des bouquets de liberté, généreux, audacieux, sans réserve...
Comme un rêve qui s'attrape si l'on veut bien y croire, il semblait alors que le mouvement des idées en cavale prenait de l'ampleur, ça faisait envie et si lui il réussissait à ouvrir sa cage "pourquoi pas moi" disait l'Homme-orchestre et tout autant oiseau ..Une autre fois, après sa toilette bisannuelle la machine s'arrêta. Sans prévenir, sans crier gare, ni train, ni ouf, Argh! on aurait mieux fait de ne toucher à rien dit la voix-off et l'expert qui était justement présent diagnostiqua quelque chose de terrible -ou pas- mais alors précisa t-il , dans ce cas il faudrait comprendre cela comme un signe-avant-coureur d'une future catastrophe annoncée.
Pour tenter le tout pour le tout on décida d'aller lui changer sa mémoire à l'animal électrique. Qui sait, peut-être qu'en effaçant de trop mauvais souvenirs qui fatiguaient inutilement un appareil déjà bien essoufflé...
Chez le vendeur de mémoire en barrettes, l'expert opta pour un plus grand modèle
et...
de retour sur le théâtre des opération,
la machine avait reprit son ronronnement comme si de rien n'était
et ptêt même
avec une respiration plus légère
mais ça...
A force de croire ou d'espérer, on se fait des idées
qui ne ressemblent pas toujours
ni souvent à la réalité,
des idées toutes chiffonnées.
Un autre jour,
les machines tombent du ciel emportées par les vagues de l'Histoire,
des machines infernales déguisées en courants-d'air.
Et comme au loup si elles te touchent t'es mort
mais des fois tu le sais pas encore.
Aujourd'hui, j'ai vu que le fleuriste pas très loin du cimetière faisait des prix sur le jasmin. Les fleurs de la révolution ne se conservent pas si longtemps sans doute.
Mais,
a t-on bien coupé les tiges, changé leur eau?
L'expert est reparti chez lui , en bas de la carte où l'on annonce de fortes précipitations.On a rangé le jeu de tarot et les dés.
Ce soir je retourne travailler.
Tout est sous contrôle
en somme.
sauf peut-être
les particules élémentaires
qui parfois nous désespèrent.
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