mercredi 5 janvier 2011

nécropolis 1209





'J'ai lu et lu, sautant d'un livre à l'autre, et comme cela m'arrive souvent, j'ai fini par relire les vers de Gil de Biedma et des passages de Graham Greene, deux ou trois débuts de Cortàzar et des vers de Leôn de Greiff, le grand Leôn, qui eut le courage d'écrire:
"Madame la Nuit, accorde moi le sommeil.
Que ma fatigue dorme très longtemps
Et moi avec elle
(Oh! Nuit! Dormons pour toujours:
Que Demain ni jamais on ne vienne nous réveiller!)

Et j'ai continué ainsi, livre après livre, phrase à phrase, d'Epictète à Les Murray, de Musil à Panaït Istrati, de Bufalino à Malraux, parfois un seul paragraphe ou une phrase, et, repensant au genre biographique, je sortis des étagères le Primo Levi de Ian Thomson et le Charles Bukowski, une vie de fou, de Howard Sounes, la vie du pauvre et solitaire Bukowski, sa monstrueuse acné-plus forte que la mienne qui a peuplé mes joues de cratères-, son alcoolisme et son amour pour les coins sombres des bars, les gens désespérés, et le temps passa jusqu'à ce que le ciel de Rome commence à se charger d'ombres et de terrifiants trous noirs, comme dans les tableaux de Caravage, alors je me suis demandé si ces vies écrites étaient réelles ou si leur unique réalité était l'écriture elle-même, la transmutation en mots, en pages destinées à des êtres presque aussi désespérés, des personnages tristement normaux qui peuplent ce monde de mirages, d'horloges et de crépuscules épouvantables comme celui qui se profile maintenant de ma fenêtre à l'horizon de la via degli Scipioni et qui me rappelle qu'il est l'heure de descendre dîner.
La Trattoria de Cola di Rienzo est à deux pas d'ici, à l'angle de la via Pompeo Mgno et de la rue Lepano. J'ai l'habitude d'y commander un plat de spaghettis all'amatriciana, des artichauts en salade et une bouteille de vin blanc. Avec ça sur la table je pouvais poursuivre mes élucubrations sur ce qui est sous-jacent dans un livre, cette malle où viennent se loger les angoisses de tant de solitaires qui, comme moi cette nuit, ont besoin de comprendre quelque chose pour le dire à d'autres qui n'en ont pas besoin ni ne l'ont demandé, ou plutôt pour se le dire à eux-mêmes et pouvoir continuer, la tête bouillonnante d'images et de présages. Ainsi passèrent les jours, entre les livres, les repas à la trattoria et les regards torves du concierge qui nourrissait des soupçons depuis qu'il avait vu l'enveloppe et les lettres hébraïques. L'autre jour, par exemple, il m'a arrêté à l'entrée pour me dire que dans une brochure de son mouvement il  y avait un article  sur les traits physiques des Juifs et ce qui, a t-il ajouté, faisait d'eux des êtres sexuellement moins puissants, mais je n'ai pas relevé et me suis éloigné en prétextant un appel de mon médecin.
Les feuilles qui étaient blanches se noircirent et peu avant le départ je parvins à terminer un brouillon de conférence que j'intitulai: "Paroles écrites dans le creux du silence", où je tentais d'expliquer comment la perception littéraire des paroles est un  torrent souterrain qui coule tout au fond, dicté par l'appel lointain obscur de la création, et j'avais recours pour cela à des fragments de plusieurs auteurs et à un ton kafkaïen similaire à celui de Rapport pour une académie. Je rangeais également dans la même chemise trois textes anciens sur des thèmes voisins, sachant que dans les tables rondes ils sont toujours d'une grande utilité.../..."

-extrait de: "Nécropolis 1209- de Santiago Gamboa-Editions  Métailié-



mardi 4 janvier 2011

kejet







le site de Plantec

pourquoi?



Dans la série: "Hé heu! j't'en pose des questions? "
Marius a quelques réponses à nous offrir
Dame, un peu de culture  ça peut pas faire de mal

PoPourquoi dit-on que mettre le pain à l'envers porte malheur ?
Au Moyen Âge, le jour des exécutions publiques, le boulanger réservait un pain pour le bourreau.
Il posait ce pain à l'envers pour être sûr de ne pas le vendre à un autre. Tout le monde savait que ce pain était celui du bourreau, et personne n'y touchait.
·         Pourquoi au tennis compte-t-on les points par 15, 30 et 40 ?
La façon de compter les points au tennis vient du jeu de paume.
Ce jeu français, très pratiqué aux 16e et 17e siècles, est l'ancêtre du tennis créé par les Anglais au 19e siècle ("tennis" est d'ailleurs la déformation du mot français "tenez !", prononcé par le joueur qui lançait la balle). Au jeu de paume, on suppose que le vainqueur du point devait avancer à chaque fois de 15 pas en direction du filet (15, 30, 45 ou 60 pas en partant de la ligne de service), et celui qui atteignait le filet, situé à 60 pas, remportait le jeu. Le nombre 40 serait un raccourci de 45, trop long à prononcer. Quand les joueurs étaient à égalité à 40, l'avantage consistait à faire 5 pas supplémentaires.

·         Pourquoi dit-on "apprendre par coeur" ?
Cette expression est née au Moyen Âge.
Depuis l'Antiquité, le coeur était souvent considéré comme le siège de l'intelligence, de la mémoire et des sensations (sans doute à cause de l'accélération du rythme cardiaque lors des émotions fortes).

·         Pourquoi l'eau de Javel porte-t-elle ce nom ?
L'eau de Javel tire son nom du village de Javel où elle fut fabriquée pour la première fois.
Ce village, qui était situé à l'ouest de Paris, est aujourd'hui un quartier du 15e arrondissement de Paris. Découverte par le chimiste français Claude Louis Berthollet (1748-1822) à la fin du 18e siècle, l'eau de Javel fut employée à l'origine pour blanchir le linge. Elle est aujourd'hui utilisée dans le monde entier comme désinfectant et décolorant (son nom est "bleach" en anglais).

·         Pourquoi trinque-t-on ?
La coutume de trinquer vient du Moyen Âge.
À cette époque, les empoisonnements par la boisson étaient courants. Par précaution, les gens qui vidaient leur verre ensemble s'échangeaient un peu de breuvage juste avant de boire. Par la suite, on se contenta simplement de cogner les verres pour échanger du liquide par éclaboussure. Aujourd'hui encore, on dit qu'il ne faut pas commencer à boire avant d'avoir trinqué, et qu'il faut se regarder dans les yeux en trinquant, ce qui est un signe de confiance.

·         Pourquoi dit-on que "l'argent n'a pas d'odeur" ?
Ce proverbe est attribué à l'empereur romain Vespasien (9-79), en réponse à son fils Titus qui lui reprochait d'avoir instauré un impôt sur l'urine.
Dans la Rome Antique , l'urine était collectée dans les toilettes publiques afin d'être utilisée par les tanneurs pour dégraisser la laine. Vespasien eut l'idée d'établir une taxe sur cette collecte. Critiqué par son fils, il lui mit sous le nez des pièces de monnaie en lui demandant s'il était importuné par l'odeur. Au 19e siècle, les Parisiens appelèrent leurs toilettes publiques des "vespasiennes" en mémoire de cette anecdote.

·         Pourquoi dit-on "aller à Tataouine" ?
L'expression populaire "aller à Tataouine" (ou "aller à Tataouine-les-Bains") signifie aller se perdre au bout du monde.
Tataouine était un bagne militaire français situé près de la ville de Tataouine, au sud de la Tunisie. Il fut ouvert jusqu'en 1938, année de l'abolition des bagnes en France. Il accueillait les condamnés de droit commun et les soldats punis pour indiscipline. L'éloignement et les conditions de détention, réputées très dures, ont donné naissance à cette expression.

·         Pourquoi dit-on "nous ne sommes pas sortis de l'auberge" ?
Cette expression signifie que l'on est dans une situation difficile, et loin d'en être sortis.
Elle vient de l'argot où "auberge" signifie "prison", car on y offre le gîte et le couvert. Au Québec (Canada), l'expression équivalente est "nous ne sommes pas sortis du bois".

·         Pourquoi dit-on "le jeu n'en vaut pas la chandelle" ?
Jusqu'au 18e siècle, le théâtre était éclairé à la chandelle. Il fallait des milliers de chandelles par soirée, ce qui représentait une somme colossale à l'époque. Si les bénéfices rapportés par la représentation n'étaient pas suffisants, ils ne couvraient même pas le prix des chandelles.

·         Pourquoi dit-on "mort aux vaches" pour insulter la police ?
Cette expression est née à la fin du 19e siècle.À cette époque, les Français se sentaient humiliés par les Allemands. Ceux-ci avaient en effet annexé l'Alsace et une partie de la Lorraine, suite à leur victoire pendant la Guerre franco-allemande de 1870-1871. Les guérites des gardes-frontières allemands étaient surmontées de l'expression "Wache" qui signifie "garde" en allemand. Par extension, les Français insultaient les Allemands d'un "mort aux vaches". Cette insulte a ensuite été généralisée à toutes les forces de l'ordre, et est devenue un slogan anarchiste.

·         Pourquoi les notes de musique sont-elles appelées do, ré, mi, etc.?
La notation "do, ré, mi, fa, sol, la, si" a été créée au 11e siècle par un moine italien. Elle est inspirée d'un chant religieux latin :
Ut queant laxis
Resonare fibris
Mira gestorum
Famuli tuorum,
Solve polluti
Labii reatum,
Sancte Ioannes.
Le "ut", difficile à chanter, a été remplacé par un "do" au 17e siècle."

le passager du mardi

the wind rocks the mountain

 
Franck Fischer-The Wind Rocks the MountainSuling-Wang
 
La galerie Pierrick Touchefeu présente
 

Frank FISCHER  (CH)
 
Exposition du 5 au 31 Janvier 2011
 
Vue d'atelier de Frank FISCHER.
 
 
Galerie Pierrick Touchefeu
2 rue Marguerite Renaudin
92300 SCEAUX
Tél: 01 47 02 10 62 - 06 18 18 03 56
www.pierricktouchefeu.com

lundi 3 janvier 2011

nouvelles du front du lundi



 Illustratus est un blog qui comme son nom ne l'indique pas est Portugais. 
De quoi y perdre avec ravissement son latin dans une gigantesque- que dis-je: époustouflante-  Galerie d'Art
Voici deux  exemples de ce que l'on peut découvrir sur Illustratus-les peintures de jimmy lawlor
et une vidéo heu! vidéo! enfin quoi vous verrez bien mais... c'est un ordre: allez-y
et si quelqu'un me dit "je connaissais déjà "  je luis répondrais: " Pas grave, je vais aller pleurer tout  au bout de la jetée"


Déco visuelle et sonore-: source Illustratus




Thought of You from Ryan J Woodward on Vimeo.







peintures: Jimmy Lawlor

parler c'est avec la voix

 photo:Toile







"Parler c'est avec la voix.
Chanter c'est avec la voix.
Parler n'est pas chanter.
La voix peut chanter des paroles.
La voix ne peut pas parler la chanson.
La voix qui parle la chanson parle les paroles de la chanson.
Dans ce cas elle n'a plus besoin de la chanson.
La voix qui parle les paroles d'une chanson est étrange.
Si je me mets à parler les paroles d'une chanson sans la chanson j'aurai l'air de dire un poème.
La voix qui parle les paroles d'une chanson dit en fait un poème.
Tous les poèmes ne sont pas des chansons.
Tous les poèmes ne veulent pas avoir l'air de chansons.../..."

extrait de "Nommer Namur" de Jacques Darras-



« Je me suis toujours dit que, quand je serai vieux, je ferai un spectacle Reggiani. ll fallait faire une sélection dans une oeuvre immense qui dépasse les 300 chansons. Celles que j’ai choisies me correspondent toutes et j’espère avoir trouvé les chansons que NOUS aimons. J’en ai gardé certaines que peu de gens connaissent, comme L’ARABE. C’est la CHANSON DE MAGLIA qui ouvre le spectacle et qui donne le ton de la soirée. Texte de Victor Hugo, musique de Serge Gainsbourg : comment mieux illustrer ce grand écart qui caractérise un Reggiani qui a servi tant d’auteurs français ? »  -source: Kiron Espace-

Karim Kacel,
accompagné au piano et à la contrebasse
par  Angelo Zurzolo et Tony Ballester.
pour deux concerts en estuaire
-vendredi 14 janvier 20h30- Espace Renaissance-Donges
-samedi 15 janvier 20h30-Théâtre Jean-Bart-Saint-Marc sur mer-
 plus d'infos: LE FANAL

dimanche 2 janvier 2011

Suzanne sans frontières









nous étions Dieu

mes pas derrière mon coeur

 photo: Patrick L.

"Même si vous n'êtes plus
que des mots dans mes poèmes
-des pronoms personnels
qui pour moi ont des corps
des gestes des paroles-
c'était pour toi pour vous pour nous
ces phrases où j'ai laissé
mes pas derrières mon coeur.

photo: Toile

Et si l'eau est venue tout recouvrir
ou de la terre la terre
et des ciels d'autres ciels
je n'oublie pas
-vous qui n'êtes plus que des mots
dans mes poèmes-
que sous l'eau la terre le ciel
je suis relié à vous
qui me reliez à moi.



Alors je continue
de vous parler
de t'embrasser
de nous croire mortels
et d'écrire quelquefois des poèmes
où mon corps mes gestes mes paroles
sont ces cendres encore chaudes
sous mes phrases où vos pas
c'est mon coeur."

-François de Cornière-


photo: Toile