mercredi 27 octobre 2010

les poissons ne connaissent pas l'adultère


Plus je m'avance dans cette semaine et  plus il me semble qu'elle serait en quelque sorte -sur l'espace imparti à ce blog en tout cas- placée sous le signe du poisson. Je n'ai pas d'explication particulière au mieux rationnelle à délivrer concernant le "problème", c'est une simple constatation qui vaut le temps qu'on s'y attarde et guère plus sans-doute, et l'on pourrait presque s'imaginer que la semaine se terminera en beauté sur une recette de cuisine, genre cari de lotte, mais...
rien n'est moins sur.

Pour aller dans le sens de mon pré en bulles -sinon à quoi bon-voici un extrait d'un livre de Carl Aderhold-aveyronnais  du nord comme son nom  l'indique puisque  né à Decazeville en 1963 et  -personne n'est parfait-spécialiste en histoire et littérature du 18em.

"Les poissons ne connaissent pas l'adultère" joli titre n'est-ce pas, et de plus qui s'articule à une vérité scientifique-ah dame si  c'est scientifique... Ceci dit, pour les sciences on n'abusera pas pour la suite de l'histoire à moins que, peut-être entre les lignes et  du côté  des sciences humaines...

.../...
-Tu devrais leur raconter l'histoire du Licaar...
Vincent prend un air contrarié. Combien de fois il l'a servi ce numéro, quand un parent, un ami au cours d'un repas lui demande "Et toi tu fais quoi?" Devant leur incompréhension, il leur parle du Licaar et ils s'esclaffent d'un rire gras et supérieur.
-Dans un des bestiaires qu'étudie mon ami, commence Nicolas sans attendre, il y a un chapitre consacré aux animaux marins...
-C'est dans le livre des propriétés des choses de Jean Corbechon, grommelle Vincent.
-C'est ça, reprend Nicolas, qui avance sur le bord de son siège pour se rapprocher de Colette et Julia.
Son geste n'échappe pas à Muriel. Nicolas cherche à séduire cette fille, elle en est sûre. il ne peut résister à l'appel d'une paire de seins dans un décolleté. Elle donne un bref coup de coude à Aude. Si elle n'y prend pas garde, il est capable d'avoir une aventure avec l'autre d'ici Toulouse! Mais Aude ne semble pas s'en inquiéter.
-Donc Corbechon raconte que, selon Aristote, les poissons sont plus ou moins gras, suivant les périodes de l'année. C'est parce que certains s'engraissent du vent du nord...Ce sont lesquels déjà?
-Les poissons ronds.
-Voilà et d'autres espèces, longues et plates, se nourrissent des vents du midi. Puis Corbechon se lance dans une digression sur la pluie. D'après lui, si elle est bénéfiques à certains comme l'huître qui produit ainsi la perle, elle peut en rendre aveugle d'autres.
-Aveugle? s'étonne Colette.
Oui mais Corbechon ne précise pas lesquels. Et puis, il y a le Licaar, c'est un tout petit poisson...
Il existe vraiment?
-...qui vit dans les profondeurs de la mer, poursuit Nicolas, en lançant un clin d'oeil malicieux à Julia. Il est si minuscule et si fragile qu'il demeure caché dans des grottes sous-marines. Son existence serait des plus paisibles, si le malheureux n'avait été affublé d'une curiosité maladive qui le pousse à sortir de sa tanière et à remonter régulièrement vers la surface pour voir le monde!
Colette sourit.
-C'est très sérieux, réplique Nicolas. Car un danger très grave le menace. si par malheur, ce jour-là , il tombe des cordes, il suffit qu'une goutte de pluie le touche pour qu'instantanément, il meure!
-Un poisson qui craint l'eau! pouffe Colette;
Tous rient sauf Vincent, et Muriel qui surveille le manège de Nicolas.
Aude jette à nouveau un regard admirateur à son mari. Elle pense qu'il devrait remplacer Vincent à sa conférence. Cela se passerait beaucoup mieux . Elle  craint deviner ce que ressent Vincent. Elle est comme lui. Il y a ceux qui écoutent et ceux qui parlent. C'est pour ça qu'elle a arrêté ses études de musicologie.
Julia ne quitte pas Vincent des yeux.
-Mais vous? Lui demande t-elle un peu intimidée. Qu'est-ce  qui vous intéresse dans ces histoires?
La question le surprend. il aimerait lui expliquer que peu importe la vérité, seule compte la signification de l'histoire, tels  ces miroirs déformants qui réfléchissent une image enfouie au fond de nous, qu'en l'occurrence le Licaar représente l'homme qui cherche à découvrir les mystères de la Création...Il voudrait lui dire qu'il y a toujours un sens à ce qu'on fait, même si c'est à notre insu...
-En fait, explique Nicolas, ces bestiaires permettent de comprendre comment les gens voyaient le monde. Vous savez, nous croyons aujourd'hui en des choses qui feront sourire les générations futures...
Vincent paraît soudain si triste.
Si elle était sa femme, Julia lui enlèverait ses lunettes et l'embrasserait.../..."

Carl Aderhold- "Les poissons ne connaissent pas l'adultère"  Editions JC LAttès-

un avis sur le bouquin en question

à pied, sans cheval et sans voiture


Elle s'était échoué là , au retour d'une grande marée. Elle n'avait pas pu finir  sa route et c'est ainsi qu'elle avait été cruellement abandonnée par sa jumelle qui  voulait continuer -en  état Dame - à prendre son pied. C'était  donc cela ,ce que les anciens  appelaient:" la dure loi du Talon" ?
Elle avait attendu pendant des heures,  et sous les moqueries des passants que quelqu'un  veuille bien venir la chercher et  l'emmène gentiment   vers d'autres horizons car elle n'était pas habituée à se trouver de cette lanière sous les regards de tous et de chacun.
Pour tout dire elle était d'un genre plutôt timide et habituée à raser le sol.

Elle, qui avait glissé et tourné encore et encore  sur des parquets vernis,  fréquenté des casinos illuminés qui la mettait tellement en valeur sous les projecteurs, trainé sur des moquettes épaisses,  dormi sur des tapis d'Orient... côtoyé les plus nobles cuirs , marché au couchant sur le pont des plus beaux" liner", croisé les grands de ce monde et vu de près tous leurs artifices, elle, fabriquée par un artisan aux mains si habiles et aujourd'hui ...lâchement plaquée, sur un coup de tête en plus , par sa propriétaire  qui avait voulu faire sa belle, que dis-je sa gamine, sa maligne  ... oui... sur le muret  escaladant cette plage et... en la perdant en route. Mademoiselle avait continué de courir, comme si de rien était,  en riant aux éclats jusqu'à s'engouffrer dans la belle automobile qui l'attendait, moteur paisible, juste  à quelque pas .

Oh ce rire...  heureux et insouciant , comme il résonnait encore, atroce, impitoyable...odieusement même. Elle qui avait toujours répondu présent, jamais rechigné devant les caprices, les flaques d'eau où mademoiselle faisait exprès  d'aller, bien sur, et les coups de pied en douce, le trépignement  d'impatience, les colères où elle se retrouvait les quatre fers en l'air au milieu d'une chambre d'hôtel...
En quelques secondes, comme un chien au bord de l'autoroute, une grand-mère dans un fast food... on l'avait "oubliée" sans son double et  au milieu de nulle part.
Là-bas le ciel se faisait menaçant.. A tous les coups il allait pleuvoir  et elle allait finir ainsi... trempée, méconnaissable et tellement  vulgaire, dans cet endroit  où elle avait mis le pied, ce matin  pour la première fois et  tout ça, parce que Mademoiselle avait voulu subitement aller courir sur la grève (ici bien nommée, hum!...)   avant de rejoindre La Baule et le Castel Marie Louise où ils passaient quelques jours de vacances avec Daddy...
Elle eut subitement, comment dire...
 comme un coup de pompe.

mardi 26 octobre 2010

cherish the day







"You're ruling the way that I move
Not breathe your air
You only can rescue me
This is my prayer

If you were mine
If you were mine
I wouldn't want to go
To heaven

I cherish the day
I won't go astray
I won't be afraid
You won't catch me running
You're ruling the way that I move
You take my air
You show me how deep love can be

You're ruling the way that I move
Not breathe your air
You only can rescue me
This is my prayer

I cherish the day
I won't go astray
I won't be afraid
You won't catch me running, ah
Cherish the day
I won't go astray
I won't be afraid
Won't run away

You show me how deep love can be
You show me how deep love can be
This is my prayer

Cherish the day
I won't go astray
I won't be afraid
Won't run away
Won't shy
Cherish the day
I won't go astray

I cherish the day
I cherish the day
I cherish the day"
-Sade-

c'était un grand meetingue





"Franchir la Frontière"  du  18 au 21 novembre-MEETING N° 8



lundi 25 octobre 2010

témoignage

 envoyé par Valérie

Jeudi 21 octobre 2010. Témoignage des évènements de la Place Bellecour, Lyon.

"J’arrive un peu après 12h sur la Place Bellecour, accompagnée de plusieurs ami(e)s étudiant(e)s. Une
manifestation d’étudiants et de lycéens en partenariat avec la CGT et SUD, est prévue pour 14h Place
A. Poncet, située à l’angle de celle de Bellecour. De nombreux jeunes sont présents, en majorité des
lycéens et collégiens. On franchit un cordon de policiers pour entrer sur la place. Ceux-ci sont placés
par plusieurs dizaines à toutes les sorties de cette place publique, une des plus grandes de France. Ils
sont équipés d’armures des pieds à la tête, casque, bouclier, matraque, pistolet… Se trouvent
également un camion du GIPN (groupe d’intervention de la police nationale, qui eux ont un camion
blindé et sont cagoulés) et deux camions à eau anti-émeute. Un hélicoptère survole le lieu à basse
altitude. Une demi-heure plus tard, suite à quelques pierres lancées en directions des policiers et de
leurs véhicules, les flics se mettent en action et lancent les fusées lacrymogène. Dispersion de la
foule.
Vers 13h30 nous commençons à nous rapprocher de la Poste, d’où part la manifestation. Le cordon
policier est toujours présent et sépare les manifestants qui sont déjà sur la place Bellecour de ceux
qui sont sur la place A. Poncet. Ils refusent de nous laisser passer. Après une demi-heure de
discussion, les syndicats aidant probablement, ils finissent par ouvrir le cordon et laissent passer une
trentaine de personnes avant de le refermer brutalement, lorsque apparemment la population qui
passe ne répond plus aux critères du « bon manifestant » (la peau claire, pas trop jeune, pas de
survêtement ni capuche). Plus personne n’a le droit de sortir de Bellecour. La tension monte.
Quelques projectiles sont jetés, auxquels les policiers répondent matraques levées par des fusées
lacrymogènes . Pendant plus d’une heure nous essayons, en vain, de rejoindre l’autre partie des
manifestants, qui nous attendent, de l’autre côté. Eux aussi se font gazer. La foule de Bellecour est
dispersée.

A 15h30, finalement, les manifestants « libres » décident de partir en cortège. Nous, on attend. On
est plusieurs centaines sur la Place. Celle-ci est relativement calme. On attend, éparpillés par petits
groupes sur l’ensemble de la place. Les flics disent qu’on pourra ressortir quand la manifestation sera
partie. On attend. L’hélicoptère tourne au-dessus de nous dans un bruit assourdissant. Il y a
quelques mouvements de foule mais la scène reste calme. A vrai dire, on se fait chier. Croyant
seulement partir en manifestation, je n’ai rien pris avec moi, ni eau, ni nourriture, ni occupation.
J’attend, comme tous les autres. Un peu plus tard nous décidons de nous en en aller avec une amie.
Mais les flics refusent toujours de nous laisser passer. Il doit être aux alentours de 16h30, cela fait
trois heures qu’ils nous retiennent. Je leur dit mon envie de pisser et de manger, mais pas moyen. Je
commence à en avoir sérieusement marre, et prend conscience de la rétention forcée que je subie.
Les flics nous disent que c'est un ordre du préfet, et qu’ils ne savent quand ils auront l’autorisation
de nous laisser sortir. A un ami qui demande s’il serait possible d’amener un ballon de foot de
l’extérieur, histoire de s’occuper, le flic répond qu’il n’a qu’à prendre la vessie bien gonflée de la
jeune fille qui vient de demander à sortir pour aller aux toilette, avant de s’esclaffer avec ses
collègues.
Personne ne comprend la situation. Malgré tout la place s’est vidée un peu. Aidés par des habitants
et des propriétaires de magasins, qui leur ont ouvert les portes et arrière-boutique, certaines
personnes ont pu sortir. J’apprends également que les policiers ont laissé sortir certains amis
étudiants, mais qu’en revanche les jeunes typés maghrébins qui étaient à côté d’eux se sont vus la
sortie refusée. Le délit de faciès est systématique. Sur la place, nous ne nous organisons pas. Chacun
reste dans son coin, on est abasourdis, on attend juste de pouvoir sortir. La moyenne d’âge des
personnes retenues ne dépasse pas 18 ans.

Il est environ 17h, et nous apprenons que nous ne sortirons peut-être pas avant 21h. Les esprits
commencent à paniquer. J’entends des collégiens qui essayent de faire comprendre à leur parents,
au téléphone, qu’ils ne peuvent pas rentrer car ils sont retenus par des policiers. Il fait de plus en plus
froid. Je retourne voir les policiers pour des explications. Un d’entre eux m’explique « qu’on a de la
chance d’être en France car si on était en Espagne on se serait déjà fait fracassé la tête par la garde
civile », et que « lorsqu’il y a des troubles de l’ordre public, la liberté de circuler librement peut être
suspendue ». La place, à ce moment et depuis plus d’une heure, est parfaitement calme. Lorsqu’un
peu plus tard des jeunes commencent à se rassembler en protestant au centre de la place, ces
policiers avec qui nous « discutions » pointent sur nous leurs armes (je ne sais pas si c'est des lances-
fusées ou des flash-ball) et nous somment de reculer. Ce qu’on fait. Des lacrymos sont lancées sur
toute la place : des fusées jetées dans le ciel et qui s’éparpillent, en retombant, sous forme
incandescente. Les gens courent dans tous les sens. On essaie de rester sur le trottoir, le long des
façades, pour se protéger le plus possible. Un jeune homme est à terre. Les autres reviennent pour le
secourir, tandis que les policiers, à 10m les menacent toujours de leurs pistolets. J’entends qu’il est
blessé, et des jeunes, mains en l’air, demandent aux policiers de ne pas charger. Finalement les flics
font reculer tout le monde. Ils cherchent à relever ce jeune homme, qui se débat. Ils l’immobilisent à
trois, au sol, puis le traînent par un bras sur 20m, jusqu'à leur camion, derrière lequel il disparaît.
Devant moi, une jeune fille, environ 15 ans, en pleurs, dans les bras d’une amie à elle. Elles vont voir
les policiers, demandent à sortir, elles pleurent, disent ne plus en pouvoir, veulent rentrer chez elles.
Le flic leur dit de dégager. Des détonations continuent de retentir, la fumée recouvre la Place. Il est
dur d’ouvrir les yeux et de respirer. A 30 m à ma droite une jeune fille est étendue sur le sol. Des
gens se regroupent autour pour l’aider. Je ne la vois pas réagir, je ne sais pas ce qu’elle a. Peut-être
une crise d’asthme, peut-être un coup de flash-ball ? (au final je crois qu’aucun tir de flash-ball n’a
été fait). Les gens crient pour qu’on appelle les pompiers. Finalement, au bout de peut-être 10
minutes des policiers repoussent tout le monde et l’entraine plus loin.

L’hélicoptère tourne, encore, au dessus de nos têtes.

Face à notre incompréhension, un flic nous dit : « c'est une innovation policière ».

Je marche. Un rassemblement commence à se faire au milieu de la place. Tout le monde en a marre.
On commence à avoir peur de ne plus pouvoir sortir. Cris de protestations. Quelques pierres sont
jetées. Ils répondent, encore, par de la lacrymo et des détonations extrêmement sonores.
Finalement ils décident de sortir les camions à eau anti-émeute. Ils arrosent. Les gens sont dispersés.
On attend. Ils renvoient encore une ou deux fois de l’eau. On reste dispersé. On erre. Les gens
marchent. J’en ai trop marre. Je commence à craquer. Il n’y a plus de soleil sur la place. Il fait froid. Je
n’ai pas mangé depuis ce matin. On commence à marcher, plus ou moins en groupe.

Vers 18 heures, les flics nous informent qu’on peut sortir dans l’angle nord. Tout le monde s’y rend.
Ils nous répondent par de la lacrymo. On y retourne. Les gens crient, mains en l’air : « on nous a dit
qu’on pouvait sortir par là ! ». Rebelotte. Fusée lacrymo, dispersion. A la troisième tentative, on nous
laisse approcher. Effectivement, les flics nous laissent enfin sortir. Ils font sortir les gens un par un,
relèvent les noms, prénom, adresses, puis font une fouille au corps (palpation disent-ils), et vident les
sacs. Comme nous sommes plus de 200 personnes, cela prend beaucoup de temps. On se serre,
docilement, pour faire la queue, tête baissée. Alignés, ils rabattent tous les prisonniers à l’extrémité
de la place. Ils nous disent qu’on sortira tous, mais au compte-goutte. On attend. Ceux qui n’ont pas
leurs papier d’identité sont mis de côté. On fini par nous laisser passer. Pendant qu’elle me « palpe »
elle me dit qu’elle va faire ça vite. Je suis écoeurée. Cela fait presque 6h que les policiers ont reçu
l’ordre de ne laisser sortir personne de la place Bellecour. 6 heures qu’environ 200 personnes (et je
pense dire cela au bas mot) sont privées de leurs liberté essentielles : circuler, manger, boire, aller
aux toilettes. 6 heures que l’on est retenu sur une place publique, sonnés, dans l’incompréhension,
avec plus d’une centaine de policiers qui nous encerclent, pointent sur nous leurs armes au moindre
mouvement de foule et les utilisent… et l’hélicoptère qui tourne quasiment en permanence. Le flic
qui contrôle l’identité de mon amie lui dit « au moins, hein, vous avez plus envie de
recommencer ! ».

C'est dégueulasse…

Les nerfs lâchent, un policier s’aperçoit que je suis en pleurs et se charge de nous amener
rapidement derrière le dernier cordon de flics qui nous sépare de l’extérieur. Ils nous fait passer au
milieu d’un groupe d’une trentaines de jeunes, tous typés maghrébins ou africains, qui sont en train
de monter dans un bus. Ils n’ont pas plus de 18 ans. Je demande où ils vont : au poste, pour contrôle
des identités. Il est 18h45. Les flics disent qu’ils les relâcheront dans la soirée. 2 bus vont ainsi partir
en direction du commissariat.

Une fois passé les cordons de CRS je rejoint les manifestants libres, qui après la manifestation sont
venus au plus près de la place Bellecour pour nous soutenir. On nous propose à manger, nous
réconforte. Les manifestants tentent d’empêcher les bus de partir. La B.A.C. intervient, les bus s’en
vont.

Très mal vécu cette situation, oui. Choquée, oui. Pour terminer je vais au premier bar que je trouve
pour aller aux toilettes. Le propriétaire refuse, il me dit qu’il vient déjà de refuser à 10 personnes, et
qu’il ne fera pas d’exception pour moi. Je pisse dans la rue, sous le regard des passants et des
manifestants.

Humiliée, oui.

On m’a retiré le droit de manifester, on m’a retirer le droit de circuler librement. Nous étions
parqués comme des animaux, parfois rabattus d’un côté ou l’autre de la place par des groupes armés
mobiles. Je n’ai insulté personne, ni levé la main sur quiconque. 6 heures de garde à vue collective à
ciel ouvert avec intimidation policière. Durant ces 6 heures, aucune vitrine de la Place n’a été brisée,
aucune dégradation de biens publics. Je peux vous dire que pourtant, au bout de plusieurs heures,
moi-même qui suis pacifiste, je commençais à nourrir une certaine colère. Besoin de protester. Oui.
Car besoin de dire Non à des « innovations policières » de ce genre. Cette rétention était injustifiée,
anormale. Nous étions sans cesse mis sous pression, et les armes déployées étaient démesurées face
à la population retenue. Je me rendais simplement, comme beaucoup de ceux présents cet après-
midi à Bellecour, à une manifestation, déclarée et autorisée par la préfecture.

Ce soir, je n’arrive pas à dormir. "


Lou-Andréa, étudiante à l’Ecole Normale Supérieure, Master Sociologie.

c'est un ordre










etc...une création de TontonPapi envoyée par Serge
Et vous trouvez ça drôle?
Ben oui...
J'ai honte mais je me soigne...

sous le signe du poisson


"Dans leur cercueil de fer-blanc
plein d’huile au puant relent
marinent décapités
ces petits corps argentés
pareils aux guillotinés
là-bas au champ des navets !
Elles ont vu les mers, les
côtes grises de Thulé,
sous les brumes argentées
la Mer du Nord enchantée...
Maintenant dans le fer-blanc
et l’huile au puant relent
de toxiques restaurants
les servent à leurs clients !
Mais loin derrière la nue
leur pauvre âmette ingénue
dit sa muette chanson
au Paradis-des-poissons,
une mer fraîche et lunaire
pâle comme un poitrinaire,
la Mer de Sérénité
aux longs reflets argentés
où durant l’éternité,
sans plus craindre jamais les
cormorans et les filets,
après leur mort nageront
tous les bons petits poissons !...
Sans voix, sans mains, sans genoux
sardines, priez pour nous !..."
-"Sardines à l'huile"-Georges Fourest-



"Il était un grand mur blanc - nu, nu, nu,
Contre le mur une échelle - haute, haute, haute,
Et, par terre, un hareng saur - sec, sec, sec.
Il vient, tenant dans ses mains - sales, sales, sales,
Un marteau lourd, un grand clou - pointu, pointu, pointu,
Un peloton de ficelle - gros, gros, gros.
Alors il monte à l'échelle - haute, haute, haute,
Et plante le clou pointu - toc, toc, toc,
Tout en haut du grand mur blanc - nu, nu, nu.
Il laisse aller le marteau - qui tombe, qui tombe, qui tombe,
Attache au clou la ficelle - longue, longue, longue,
Et, au bout, le hareng saur - sec, sec, sec.
Il redescend de l'échelle - haute, haute, haute,
L'emporte avec le marteau - lourd, lourd, lourd,
Et puis, il s'en va ailleurs - loin, loin, loin.
Et, depuis, le hareng saur - sec, sec, sec,
Au bout de cette ficelle - longue, longue, longue,
Très lentement se balance - toujours, toujours, toujours.
J'ai composé cette histoire - simple, simple, simple,
Pour mettre en fureur les gens - graves, graves, graves,
Et amuser les enfants - petits, petits, petits."
- "Le hareng saur"-Charles Cros-

je me souviens

tarzan de novembre


 ho hi ho hi ho hi ho...!!!

(un cri sans thème)

la pensée de l'autre jour




"Puisque le gouvernement  et le peuple n'arrivent pas à s'entendre, il n'y a qu'à dissoudre le peuple."
(un réflexologue)

et dissoudre c'est pas...
(mon buraliste)