dimanche 16 mai 2010

UN CADRE SINON RIEN



Il faut mettre un cadre affirmait le délégué aux affaires de la tête.
Oui mais surenchérissait le responsable des stocks, vous avez un bon?
parce que sans bon... patata... 
De toute manière, votre cadre il est pas droit, remarqua un contemplatif astigmate de gauche.
Ouais ta mère, le cadre je m'en bats les couilles affirma avec force , conviction et dans la limite des places disponibles pour son  vocabulaire d'usage un  bébé rebelle des bacs à sable rentré précipitamment  au port à la tombée de la nuit.
Un cadre peut en cacher un autre certifia  en trois exemplaires un chef de service qui repassait par là!
Tu vois le tableau répondit l'écho.
Le cadre est noir proclama un intermittent du spectacle qui avait fait en son temps un service très à cheval du côté des vignobles des bords de Loire
 Ils me l'ont dit, ,je suis hors cadre murmura un  jeune ancien franc en sortant de chez Paul n'emploie pas.
Le cadre éthique, le cadre est toc, le cadre ceint tes tics , le cadre porte toque... soliloquait un pouet sans papiers, que  personne n'écoutait
Le cadre s'ajuste mesurait, en dépliant son grand   maître  penseur l'employé  polyvalent des offices  notariés et  funéraires.
il faut viser en plein milieu du cadre jura un shortiste à grandes chaussettes qui poussait sa baballe du dimanche, tout en crachant ses verres dans l'herbe rase.

(Le cadre est mort vive le cadre) rajouta la voix off  d'astreinte puisqu'il fallait bien en finir un jour avec cette histoire et ...merde... passer à autre chose.











samedi 15 mai 2010

NUIT BLANCHE

suivez le guide


En faire une caisse



Saleté de mouche je l'aurais...


Bon les gars, faut que je vous dise un truc...


Let's dance



Kenavo...



POURQUOI PAS


Tournerait-on un remake breton du film de Coline Serreau  sur le port?

DANS QUELLE ETAGERE




A chaque fois l'on se dit : "sont vraiment trop forts les kultureux du grand café nazairien ou si vous préférez le centre d'art contemporain de la ville car, quand il s'agit de nous concocter des expos, leur imagination semble débordante;   sacs de plâtre, poubelles renversées ,polystyrène en pleine expansion mur de brique ...j'en passe et des pires... il semblerait que la branchouille assermentée chez timonier de l'estuaire  confonde une certaine idée de la  déchetterie avec l'Art Contemporain ou l'inverse...
Une fois de plus, fidèles à leur sens  aigu de la créativité, ils nous proposent une magnifique collection d'étagères qui feraient certainement fureur chez l'ikéa le plus proche... mais enfin,  pauvre inculte que je suis je n'ai qu'à lire la brochure qui emballe le tout pour comprendre, voyez-plutôt (et mickey aussi...)

"Fragile et ornementale, référentielle et autonome, abstraite et narrative, l'oeuvre de Bojan Sarcevic déroute toute classification. Combinant librement depuis la fin des années 90 le dessin, l'aquarelle, la sculpture, la vidéo, la photographie, l'intervention in situ ou l'installation, l'artiste de façon déconcertante, invente des polarités conductrices entre ces différents médiums, reconfigure leur usage et leur symbolique, et met en forme le récit d'une poétique de l'espace, collective autant qu'individuelle, liée à la mémoire et à la transmission.

Un aspect du travail de Bojan Sarcevic s'apparente en effet à un processus d'appropriation, une réflexion sur la grande épopée formelle du modernisme, allant du constructivisme russe aux utopies architecturales de l'après-guerre. Toutefois l'artiste ne se contente jamais de citer ou de reproduire : cette matière référentielle n'est qu'un sédiment - parmi d'autres - d'une oeuvre stratifiée, dépositaire d'une histoire ouverte.

Cet art du déplacement et de la stratification est déjà perceptible dans WorldCorner (1999), où le fragment d'un appartement "glisse" comme un insert dans le lieu d'exposition, imbriquant le destin de ces deux architectures. Plus délicatement, ces hybridations et réminiscences familières caractérisent Replacethe Irreplaceable (2006), feuilletage de bois et de laiton qui rappelle la rampe d'escalier Art Déco aussi bien que les réalisations monumentales d'Adolf Loos, condensant l'épure et l'ornemental, le mouvement et l'hyperstatisme. Elles traversent aussi le projet OnlyAfter Dark (2007) composé de cinq pavillons dessinés comme des architectures modernistes à échelle domestique. A la fois sculptures autonomes, supports de projection et éléments d'architecture, les modules dessinent un parcours rythmé par les projections qu'ils abritent, visions fugitives sur celluloïd qui évoquent elles-mêmes certaines compositions constructivistes. Car si Bojan Sarcevic ne s'y enferme jamais, il approche cette esthétique moderniste et sa grâce rétro-futuriste comme essence - diffuse certes - mais structurante : d'où le caractère très architecturé de ses installations, que soulignent les jeux de symétrie, les rapports d'échelle, de matière et de transparence, l'harmonie des matériaux et des formes. Dans ces équilibres, la physicalité de l'oeuvre de l'artiste se fait très sensible, comme en témoigne Eventuellement, son projet pour l'exposition au Grand Café. Conçu en déploiements sériels, l'ensemble frappe par son élégance et son éclectisme matériologique : des cheveux s'entrelacent sur de fragiles brindilles, des aquarelles viennent se poser sur des structures métalliques qui suggèrent des appareils de musculation, des étagères cuivrées semblent échapper aux lois de la gravité... Autant de rencontres inattendues, toujours qualifiées de titres extrêmement poétiques, où la tension des matériaux se mêle à la polysémie esthétique de l'oeuvre, palimpseste qui invite notre mémoire visuelle à d'étranges flottements spatio-temporels"


Evidemment (madame piment)  j'allais le dire...

vendredi 14 mai 2010

AU BAR DU KERVI

Belle île en mer...musique galante
chaque dimanche à midi - Kervilaouen  Bangor
au bar du Kervi  le K.C.J.B. (Kervi Celti Jazz Band)



envoyé par Rosboscer

SUGAR MAN



envoyé par Yellowcatz

UN JOUR SANS


C'était un jour sans, d'ailleurs la semaine également et puis si cela continuait ainsi le mois serait tout autant à sec ou presque. On a pas l'habitude chez nous autres d'être ainsi, aussi longtemps, à l'abri de l'humidité. Bien sur les ceusses qui ne comprennent rien au caractère armoricain s'imaginent que pour sembler exister  il faudrait repeindre en permanence- de janvier  à décembre- le ciel en bleu...ciel,  et ainsi ce serait le bonheur béat assuré. D'ailleurs ceux-là, on ne les voit guère par ici, et personne - à part quelque mercantile-  ne les regrette vraiment . Qu'ils aillent donc avec notre bénédiction et pied au cul en prime s'il fallait, s'entasser vers des contrées  touristiquement giboyeuses et qu'ils continuent de glousser sur  le crachin qui nous fait les joues roses (t'es sur que c'est pas plutôt le muscadet?).
M'enfin là, on va finir par s'inquiéter et ...manquer d'eau-douce-  faudrait pas que ça dure trop longtemps cette affaire, on va  rouiller les articulations et dessécher la poésie à force. Heureusement il reste quand même quelques nuages pour jouer l'illusion et éviter la dépression car franchement rien de plus désespérant en celtitude qu'un ciel bleuâtre et  vide, tout juste bon à remplir une carte postale de l'ailleurs  avec l'original "il fait beau hein!, on a de la chance, pas vous hi!hi!hi!" 
D'ailleurs... je suis parti  une vingtaine d'années croyant trouver l'eldorado au pays des garrigues et...pas tout de suite, mais insidieusement,  ...doucement ...je me suis peu à peu  flétri de l'intérieur et il a fallu que je comprenne un jour qu'il me manquait la  foutue pluie de mon pays et l'océan aussi mais ça, c'est une autre histoire...
Attention, personne ne vous dira par ici qu'il n'aime pas le soleil, mais plutôt  bien élevé, à sa place, jamais dans la vulgarité bruyante et onctueusement dégoulinante  avec ses chemises à fleurs de peau tiche. 
On l'apprécie discret...Alors si j'ose dire,  ça tombe bien, n'est ce pas!
Bon, y vient ce grain ou merde?




.../...La pluie est une compagne en Loire Inférieure, la moitié fidèle d'une vie. La région y gagne d'avoir un style particulier car, pour le reste, elle est plutôt passe-partout. Les nuages chargés des vapeurs de l'Océan s'engouffrent à hauteur de Saint-Nazaire dans l'estuaire de la Loire, remontent le fleuve et, dans une noria incessante, déversent sur le pays nantais leur trop plein d'humidité. Dans l'ensemble, des quantités qui n'ont rien de considérable si l'on se réfère à la mousson, mais savamment distillées sur toute l'année, si bien que pour les gens de passage qui ne profitent pas toujours d'une éclaircie la réputation du pays est vite établie: nuages et pluie. Difficile de les détromper, même si l'on proteste de la douceur légendaire du climat - à preuve les mimosas en pleine terre et çà et là dans des jardins de notaire, quelques palmiers déplumés- car les mesures sont là: heures d'ensoleillement, pluviosité, bilan annuel. Le temps est humide, c'est un fait, mais l'habitude est telle qu'on finit par n'y plus prêter attention . On jure de bonne foi sous une bruine tenace que ce n'est pas de la pluie. Les porteurs de lunettes essuient machinalement  leurs verres vingt fois par jour, s'accoutument à progresser derrière une constellation de gouttelettes qui diffractent le paysage, le morcellent, gigantesque anamorphose au milieu de laquelle on peine à retrouver ses repères: on se déplace de mémoire. Mais que le soir tombe, qu'il pleuve doucement sur la ville, que les néons des enseignes clignotent, dessinent dans la nuit marine leur calligraphie lumineuse, ces petites étoiles dansantes qui scintillent devant les yeux, ces étincelles bleues, rouges, vertes, jaunes qui éclaboussent vos verres, c'est une féérie versaillaise. En comparaison lunettes ôtées, comme l'original est plat.../..."
Extrait de: "Les Champs d'honneur" de Jean Rouaud-

opus de mer



la vie n'a pas de prix et
richesse de la vie
au regard des fées mères
d'existence passagère.
Le matelot se cuisine à feu doux,
dans le bouillon, jusqu'au cou
Le reste est en surnage,
au sec,
pour lui tourner les pages
du livre des recettes,
épicées... à la lune,
assaisonnées miracle.
Vent dredi  
Oh ma bouée béniguet
se cache sous la dune
l'opus de mer...