vendredi 4 décembre 2009

DEBAT

du gris qu'on roule entre ses vagues






douze pieds et deux ailes


Un cadeau d'Elizabeth

(merci beaucoup)

tarnac: l'autre pays du corrèze


j'ai reçu ceci:

Bonjour,
"Comme vous avez du le savoir une nouvelle arrestation à eu lieu à Tarnac la semaine dernière qui a donné lieu à une nouvelle garde à vue anti-terroriste. Le juge s'obstine et a mis en examen une dixième personne sur des motifs toujours plus fantasques. Devant cet aveuglement et refusant de voir leur défense paralysée par une nouvelle série de mesures de contrôles judiciaires, les désormais dix mis en examen ont décidé collectivement, en se rencontrant, de ne plus se soumettre à leurs obligations de contrôle judiciaire. Ce geste répond aussi à la crainte de voir cette procédure absurde s'installer dans le ronron judiciaire qui a paralysé tant d'autres avant eux, parfois pendant des années."

Dans ce mail, 4 textes parus récemment : - Pourquoi nous cessons de respecter les contrôles judiciaires - Parloir sauvage à la SDAT - Communiqué suite à l'arrestation de Christophe - Lettre de Benjamin et Maka : "Fallait pas nous mettre dans la même prison !"

Retrouvez-les, ainsi que des articles parus dans le presse sur : http://soutien11novembre.org Pourquoi nous cessons de respecter les contrôles judiciaires

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" L'arrestation de Christophe, le 27 novembre, marque un palier dans la bouffée délirante d'Etat que l'on nomme pudiquement "affaire de Tarnac". Sa mise en examen situe le point où une procédure ne se poursuit qu'afin de se sauver elle-même, où l'on inculpe une personne de plus dans le seul espoir de maintenir le reste des inculpations. En fait de "premier cercle", Christophe appartient surtout au petit nombre de ceux avec qui nous discutons de notre défense.
Le contrôle judiciaire
qui voudrait, pour l'avenir, lui interdire de nous voir est l'aberration de trop ; c'est une mesure consciente de désorganisation de la défense, aussi. A ce point de torsion de toutes les notions du droit, qui pourrait encore exiger de nous que nous respections ces contrôles judiciaires et cette procédure démente ?
A l'absurde nul n'est tenu. Il n'y a pas besoin
de se croire au-dessus de la justice pour constater qu'elle est en dessous de tout. Au reste, une société qui se maintient par des moyens si évidemment criminels n'a de procès à intenter à personne.
La liberté sous contrôle judiciaire est le nom d'une sorte d'expérience mystique que chacun peut se figurer. Imaginez que vous ayez le droit de voir qui vous voulez, sauf ceux que vous aimez, que vous puissiez habiter n'importe où, sauf chez vous, que vous puissiez parler librement, au téléphone ou devant des inconnus, mais que tout ce que vous dites puisse être, un jour ou l'autre, retenu contre vous. Imaginez que vous puissiez faire tout ce que vous voulez, sauf ce qui vous tient à coeur. Un couteau sans manche auquel on a retiré la lame ressemble davantage à un couteau que la liberté sous contrôle judiciaire ne ressemble à la liberté.
Vous flânez sur un boulevard avec trois amis ; sous la plume des flics qui vous filochent, cela se dit : "Les quatre objectifs se déplacent en direction de..." Vous retrouvez après des mois de séparation un être qui vous est cher ; dans le jargon judiciaire, cela devient une "concertation frauduleuse". Vous ne renoncez pas, même dans l'adversité, à ce que toute amitié suppose de fidélité ; c'est évidemment une "association de malfaiteurs".
La police et sa justice n'ont pas leur pareil pour travestir ce qui tombe
sous leur regard. Peut-être ne sont-elles finalement que cette entreprise de rendre monstrueux ce qui, aimable ou détestable, se comprend sans peine. S'il suffit de ne se reconnaître dans aucune des organisations politiques existantes pour être "autonome", alors il faut bien admettre que nous sommes une majorité d'autonomes dans ce pays.
S'il suffit de regarder les
directions syndicales comme des traîtres avérés à la classe ouvrière pour être d'"ultragauche", alors la base de la CGT est présentement composée d'une série de dangereux noyaux d'ultragauchistes. Nous désertons. Nous ne pointerons plus et nous comptons bien nous retrouver, comme nous l'avons fait, déjà, pour écrire ce texte.
Nous ne
chercherons pas à nous cacher. Simplement, nous désertons le juge Fragnoli et les cent petites rumeurs, les mille aigreurs misérables qu'il répand sur notre compte devant tel ou tel journaliste. Nous désertons la sorte de guerre privée dans laquelle la sous-direction antiterroriste voudrait nous engager à force de nous coller aux basques, de "sonoriser" nos appartements, d'épier nos conversations, de fouiller nos poubelles, de retranscrire tout ce que nous avons pu dire à notre famille durant nos parloirs en prison.
S'ils sont fascinés par nous, nous ne sommes pas fascinés par eux - eux que nos enfants appellent désormais, non sans humour, les "voleurs de brosses à dents" parce que, à chaque fois qu'ils déboulent avec leurs 9 mm, ils raflent au passage toutes les brosses à dents pour leurs précieuses expertises ADN.
Ils ont besoin de nous pour justifier leur
existence et leurs crédits, nous pas. Ils doivent nous constituer, par toutes sortes de surveillances et d'actes de procédure, en groupuscule paranoïaque, nous, nous aspirons à nous dissoudre dans un mouvement de masse, qui, parmi tant d'autres choses, les dissoudra, eux. Mais ce que nous désertons d'abord, c'est le rôle d'ennemi public, c'est-à-dire, au fond, de victime, que l'on a voulu nous faire jouer. Et, si nous le désertons, c'est pour pouvoir reprendre la lutte.
"Il faut
substituer au sentiment du gibier traqué l'allant du combattant", disait, dans des circonstances somme toute assez semblables, Georges Guingouin (Résistant communiste). Partout dans la machine sociale, cela explose à bas bruit, et parfois à si bas bruit que cela prend la forme d'un suicide.
Il n'y a pas un secteur de
cette machine qui ait été épargné dans les années passées par ce genre d'explosion : agriculture, énergie, transports, école, communications, recherche, université, hôpitaux, psychiatrie.
Et chacun de ces craquements
ne donne, hélas, rien, sinon un surplus de dépression ou de cynisme vital - choses qui se valent bien, en fin de compte. Comme le plus grand nombre aujourd'hui, nous sommes déchirés par le paradoxe de la situation : d'un côté, nous ne pouvons pas continuer à vivre comme cela, ni laisser le monde courir à sa perte entre les mains d'une oligarchie d'imbéciles, de l'autre, toute forme de perspective plus désirable que le désastre présent, toute idée de chemin praticable pour échapper à ce désastre se sont dérobées.
Et nul ne se révolte sans
perspective d'une vie meilleure, hormis quelques âmes sympathiquement désespérées.
L'époque ne manque pas de richesse, c'est plutôt la longueur du souffle qui lui fait défaut. Il nous faut le temps, il nous faut la durée - des menées au long cours.
Un des effets principaux de ce qu'on appelle
répression, comme du travail salarié d'ailleurs, c'est de nous ôter le temps. Pas seulement en nous ôtant matériellement du temps - le temps passé en prison, le temps passé à chercher à faire sortir ceux qui y sont -, mais aussi et d'abord en imposant sa propre cadence.
L'existence de
ceux qui font face à la répression, pour eux-mêmes comme pour leur entourage, est perpétuellement obnubilée par des événements immédiats. Tout la ramène au temps court, et à l'actualité. Toute durée se morcelle. Les contrôles judiciaires sont de cette nature, les contrôles judiciaires ont ce genre d'effets.
Cela va bien ainsi.

Ce qui nous est arrivé n'était pas centralement destiné à nous neutraliser
nous, en tant que groupe, mais bien à impressionner le plus grand nombre ; notamment ceux, nombreux, qui ne parviennent plus à dissimuler tout le mal qu'ils pensent du monde tel qu'il va.
On ne nous a pas neutralisés. Mieux,
on n'a rien neutralisé du tout en nous utilisant de la sorte. Et rien ne doit plus nous empêcher de reprendre, et plus largement sans doute, qu'auparavant, notre tâche : réélaborer une perspective capable de nous arracher à l'état d'impuissance collective qui nous frappe tous.
Non
pas exactement une perspective politique, non pas un programme, mais la possibilité technique, matérielle, d'un chemin praticable vers d'autres rapports au monde, vers d'autres rapports sociaux ; et ce en partant des contraintes existantes, de l'organisation effective de cette société, de ses subjectivités comme de ses infrastructures.
Car c'est seulement à partir d'une connaissance fine des obstacles au bouleversement que nous parviendrons à désencombrer l'horizon. Voilà bien une tâche de longue haleine, et qu'il n'y a pas de sens à mener seuls. Ceci est une invitation.

Aria, Benjamin, Bertrand, Christophe, Elsa, Gabrielle, Julien, Manon, Mathieu et Yildune sont les dix personnes mises en examen dans l'affaire dite "de Tarnac".

Parloir sauvage à la SDAT

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Vendredi 27 novembre à 7h30,
nous avons pénétré la zone sacrée entourant
le 84, rue de Villiers à Levallois-Perrret, locaux de la CIA française*.
Depuis le temps qu'on y emmène tous nos amis, on pouvait légitimement se
demander à quoi ressemblait ce lieu plein de mystères. En vérité, cela ressemble tout à fait à un hôtel 4 étoiles pour séminaristes américains, avec son hall de verre et ses dépendances dégueulasses en préfabriqués (qui, soit dit en passant, sont les chambres qu'on réserve, précisément, à nos amis). Cette fois, c'était Christophe qui faisait les frais du désespoir armé du juge Fragnoli, une fois de plus en mal de rebondissements. Il était semble-t-il accusé d'être trop proche de certains inculpés, en particulier de sa femme Manon, qu'il verrait régulièrement, d'après des sources proches du dossier. Nous avons décidé de lui faire une petite fête.
Ce jour-là, donc, au lever du jour, et tandis que - la 72ème heure de sa
garde-à-vue atteinte - son avocat lui rendait visite, une vingtaine de personnes porteuses de lunettes de soleil et de parapluies se massèrent autour d'un véhicule monospace garé juste en face des préfabriqués susmentionnés.
Du véhicule sortait une musique rauque, auxquels
répondaient les cris de la petite foule bizarre et dansante.
A y regarder
de plus près, il semblait qu'engoncés dans l'habitacle bas-de-plafond du véhicule, deux individus suspects s'affairaient sur une batterie et un synthétiseur hurlant. Le son réussit à percer les épaisseurs de Rockwool et la surdité naissante de notre camarade, qui entendit bien, nous assure son avocat, quelque chose.
Un attroupement si inhabituel troubla les agents la SDAT, qui ne se sentaient sans doute pas de procéder à une interpellation, en armes et en cagoules, pour « tapage matinal sur la voie publique en relation avec une entreprise terroriste ».
Désemparés par ce cas épineux, ils appelèrent
finalement à la rescousse la police des gens normaux, qui se trouva à son tour bien embêtée.
Les quatres pauvres agents cherchèrent désespérément un
responsable et des pièces d'identité mais n'obtinrent que des gargouillements en italiens et une interprétation sincère de « il était un petit navire ».
Tout le monde s'éloigna avec l'air de ne pas y toucher,
d'abord poursuivis machinalement par les bleus, qui bien vite renoncèrent à suivre quelque chose qu'ils ne savaient pas nommer.
Le comité de Paris. * : La Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI), fusion de la Direction de la Sécurité du Territoire (DST) et des Renseignements Généraux (RG), qui partage ses locaux avec la Sous-Direction Antiterroriste (SDAT) de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ)

Communiqué suite à l'arrestation de Christophe

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Ce matin à 6H30, la SDAT s'est permise de procéder à une nouvelle arrestation parmis les "proches" des inculpés.
Le Juge Fragoli nous avait
presque fait couler une petite larme la semaine dernière en se targuant, dans Libération, de procéder dans ce dossier avec toute l'"humanité" dont il était capable. Il aura, ce matin encore, fait montre de la finesse que nous lui connaissions : 15 gros malins de la SDAT pour défoncer une porte et braquer deux enfants de 4 et 6 ans dans leur lit.
Tout cela afin
d'interpeller une personne qui avait déjà été arrêtée le 11 novembre 2008, à partir d'éléments du dossier plus que fantasques et en leur possession depuis le premier jour. Evidemment, nous comprenons ce qui est en oeuvre ici.
Alors que les deux
éléments centraux de leur accusation, à savoir la filature de Julien et de Yildune et le témoignage sous X, ont été largement balayés par des révélations récentes, les tristes clowns continuent leur fuite en avant, usant de prétextes toujours plus risibles afin de faire diversion.
Il est
à noter que le juge Fragoli, encore et toujours lui, aurait déclaré à des journalistes qu'il ne procéderait pas à une reconstitution de la soit-disante nuit des sabotages. Il semblerait donc définitivement vouloir couvrir ce qui, chaque jour un peu plus, ressemble à des faux réalisés par la SDAT. Souhaitons lui bonne chance, il en aura bien besoin.
Par delà cette pathétique tentative de diversion, nous voyons une fois de plus ce que l'anti-terrorisme permet et se permet. Comme lors des deux vagues d'arrestations précédentes, des amis des inculpés sont arrêtés en pleine rue ou en plein sommeil pour subir 96 H de garde à vue et donc de pression et d'humiliation. La démocratie ça se maintient comme ça peut. Nous interprétons cette nouvelle tentative d'intimidation comme la seule réponse qu'ait trouvée Mr Ragnoli a l'effondrement de son instruction. Gageons que les semaines à venir nous permettent de définitivement en finir avec cette farce, comme avec sa carrière.

Lettre de Benjamin et Maka : "Fallait pas nous mettre dans la même prison !"
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mini-site avec d'autres documents, dont une vidéo : http://fallaitpas.noblogs.org

Je suis Maka, j'ai 22 ans, je suis en détention préventive depuis le 23 février 2008. Je suis mis en examen pour « tentative d'homicide volontaire sur agents des forces de l'ordre » depuis le grand baroud policier qui avait suivi les émeutes de Villiers-le-Bel en novembre 2007.
Des centaines
de jeunes s'étaient affrontés à la police suite à la mort de deux adolescents, dans une collision avec un véhicule de police.
Je suis Benjamin, j'ai 31 ans, je suis sous contrôle judiciaire, mis en examen pour participation à « une association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste » suite aux opérations de police menées sur tout le territoire, notamment à Tarnac, en réaction aux sabotages simultanés de l'alimentation électrique de plusieurs voies TGV en novembre 2008.
Je suis Maka, j'ai 22 ans, je suis en détention préventive depuis le 23 février 2008. Je suis mis en examen pour "tentative d'homicide volontaire sur agents des forces de l'ordre" depuis le grand baroud policier qui avait suivi les émeutes de novembre 2007 à Villiers-le-Bel. Des centaines de jeunes ont affronté la police suite à la mort de deux adolescents, dans une collision avec un véhicule de police.
Je suis Benjamin, j'ai 31 ans, je suis sous contrôle judiciaire, mis en examen pour participation à "une association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste" suite aux opérations de police menées sur tout le territoire, notamment à Tarnac, en réaction aux sabotages simultanés de l'alimentation électrique de plusieurs voies TGV en novembre 2008. Un Blanc. Un Noir. Cité du Val-d'Oise. Petit village de Corrèze. Parents immigrés africains de première génération. Classe moyenne de province. Diplôme universitaire. Déscolarisation précoce. Nos histoires se croisent au hasard d'une désertion des voies tracées pour nous dans le grand cirque de la reproduction sociale. Désertion des "possibilités" d'un plan de carrière universitaire et professionnel tout tracé. Désertion de la perspective de rejoindre la France qui se lève vraiment tôt, celle qu'on croise à 5 heures du soir dans le RER, celle qui nettoie la scène où la France qui compte se produira au grand jour. Désertion en tout cas de cette France qui expulse, qui parque, qui discrimine, qui classe, ordonne, juge et enferme toujours selon la classe, la race, le "patrimoine".
Nous nous sommes trouvés dans une petite cour de
promenade humide et glauque de la prison de Fresnes, de sinistre réputation. A l'ombre des barbelés, les pieds dans l'urine des rats.
Un an
déjà s'est passé depuis notre rencontre et le système judiciaire n'a pas manqué de manifester sa véritable nature : un système qui fixe au jour le jour les critères de ce qui est acceptable et de ce qui ne l'est pas au bénéfice, le plus souvent, des classes dominantes de cette société
. Face à
ce système, et pris dans le viseur d'un gouvernement qui ne cesse de mettre la vieille tradition réactionnaire française au goût du jour, nous endossons chacun la défroque d'une figure de l'ennemi intérieur nouvelle vague. On comprend bien l'acharnement que met ce gouvernement - appuyé en cela par la plupart des médias - à faire de nous, chacun à sa façon, les plus terribles portraits, "barbares", "inconscients", "ultra-violents", "anarcho-autonomes", "racailles" et toutes sortes d'autres outrances langagières.
On sent aussi à quel point ce que l'on conjure à tant nous
calomnier c'est la crainte que ces figures soient finalement plus désirables que les figures officielles de la réussite et de l'intégration. Et elles le sont sans aucun doute... Le jeune diplômé qui crache dans la soupe de l'Occident triomphant et ne compte pas en rester là ; le jeune fils d'immigré qui refuse de rempiler dans les fonctions de larbin qu'on a toujours massivement réservées à ceux de sa couleur. Notez que, même aux rangs des ennemis intérieurs désignés, la couleur de peau et l'extraction font encore une terrible différence. La "société civile", les médias s'émeuvent beaucoup moins du sort de quelques jeunes "indigènes" aux prises avec une police galvanisée que lorsqu'il s'agit de rejetons de la classe moyenne blanche - socle politique de ce pays.
Et les
magistrats ont toujours la main plus lourde. Nous nous sommes retrouvés là, l'un et l'autre, sur foi de réquisitoires aussi peu fondés l'un que l'autre, où le bon vieux "témoignage anonyme", pour ne pas dire "délation crapuleuse", dispense opportunément de la "charge de la preuve"... Pris dans de véritables affaires d'Etat où les enjeux politiques dépassent largement le sort particulier de nos petites personnes, voire s'en balancent, au profit d'enjeux électoraux, de compétition des services de renseignement et de police, de politiques de communication policières et ministérielles. Nicolas Sarkozy avait dit, avant même son élection à la tête de l'Etat, toute sa crainte d'une "jonction" - jamais advenue - entre le mouvement des universités contre le contrat première embauche (CPE) et les différentes vagues de révoltes de la jeunesse de banlieue, ce n'est pas le moindre des paradoxes que ce soit sa politique de répression elle-même qui nous fasse nous rencontrer. Il n'y a jamais eu meilleur catalyseur que l'épreuve d'une hostilité commune pour passer des frontières qui étaient parfois apparues infranchissables.
La simple juxtaposition de nos deux
histoires éclaire le présent d'une lumière plus crue. Nous pensons que notre rencontre n'est pas qu'une anecdote sympathique. Elle nous a paru à tous deux préfigurer ce qui doit arriver, ce qui, comme peu d'autres choses, indique une sortie du marasme politique du présent. Si nous prenons la parole aujourd'hui, c'est qu'il est temps d'en finir avec l'habituel fatalisme qui entoure ceux qui sont pris dans les rouages de la justice et qui n'ont d'autre horizon que le broyage pénitentiaire.
Nous ne sommes pas des épouvantails, nous sommes doués de parole et de pensée et nous comptons bien en faire usage envers et contre tout étouffement. Fin octobre a été prononcé un non-lieu pour les policiers qui étaient à bord du véhicule qui a provoqué la mort de Larami et Moushin.
Il n'y aura
pas de procès. Dans le même temps, on annonce le renvoi aux assises des quatre personnes soupçonnées, sans preuves, d'avoir participé aux tirs contre les forces de police pendant les émeutes.
Tout semble annoncer un
procès expiatoire. Il s'agira de faire un exemple pour toute la jeunesse révoltée de ce pays : "N'espérez même pas pouvoir vous défendre ! Nous jouissons de l'impunité totale, vous risquez des peines énormes.
Vous êtes pieds et poings liés",
semblent hurler tous les pouvoirs réunis en une seule et même chorale infernale. Et nous n'avons pas fini de l'entendre : le 27 octobre avait lieu à Clichy-sous-Bois une commémoration de la mort de Zyed et Bouna dans un transformateur électrique lors d'une course-poursuite avec la police en 2005 ; ce même jour les policiers ont déposé une plainte contre Muhittin, seul survivant du trio d'adolescents, aujourd'hui majeur, pour "non-assistance à personne en danger".
Je suis Benjamin, je suis resté à peine trois semaines en détention. Comme mes co-mis en examen je suis depuis onze mois sous contrôle judiciaire strict avec l'interdiction de rentrer chez moi. Je cherche à faire que ce temps volé par l'appareil judiciaire ne soit pas un temps mort. Je suis Maka, comme mes co-mis en examen je suis depuis vingt mois en détention "préventive", et placé à l'isolement. Je lis, j'écris, j'aiguise ma compréhension de ce monde et de la place qui nous y a été dévolue ; je fais ma révolution dans 9 mètres carrés. Nous ne sommes que deux exemples parmi tant d'autres que nous ne pouvons tous citer ici. L'année 2010 devrait voir de nouveaux rebondissements dans nos deux "affaires".
Elles sont toutes deux emblématiques de la guerre
totale que mène ce gouvernement contre tout ce qui ne se soumet pas à son idéal glacé et policé. Nous pensons que ces victoires ne leur sont pas assurées.
Nous savons que nous sommes toujours plus nombreux, de tous horizons, déterminés à ne pas les laisser marcher sur nos têtes. Il faut que ces "épisodes" judiciaires soient aussi pour chacun l'occasion d'une prise de parti dans l'époque. Rester silencieux en de telles circonstances revient à tenir le manche de la pelle qui s'évertue à vouloir nous enterrer vivants." _______________________________________________
Diffusion mailing list Diffusion@soutien11novembre.org https://boum.org/mailman/listinfo/diffusion

un vers ça va,

Au grand LU, les grands remèdes

jeudi 3 décembre 2009

boycott du débat sur l'identité nationale




En ce qui concerne le débat orchestré monsieur Besson et qui nous débarque par hasard avant les élections régionales et qui est bien pratique pour pas causer d'autre chose (mais z'ont pas fait exprès...) Mediapart lance une campagne de boycott sous forme d'un appel que voici:

"Mediapart lance avec plusieurs dizaines de personnalités un appel à refuser le «grand débat sur l'identité nationale» organisé par le pouvoir. Nous souhaitons que cet appel soit à l'origine d'une grande pétition citoyenne qui suscite un vaste rassemblement. Vous pouvez en cliquant ici le signer en ligne."

Nous ne débattrons pas

"Par principe, nous sommes favorables au débat. A sa liberté, à sa pluralité, à son utilité. C'est pourquoi nous refusons le « grand débat sur l'identité nationale » organisé par le pouvoir : parce qu'il n'est ni libre, ni pluraliste, ni utile.


Il n'est pas libre car c'est le gouvernement qui le met en scène, qui pose les questions et qui contrôle les réponses. Il n'est pas pluraliste car sa formulation réduit d'emblée notre diversité nationale à une identité unique. Il n'est pas utile car cette manœuvre de diversion est une machine de division entre les Français et de stigmatisation envers les étrangers.


Affaire publique, la nation ne relève pas de l'identité, affaire privée. Accepter que l'Etat entende définir à notre place ce qui nous appartient, dans la variété de nos itinéraires, de nos expériences et de nos appartenances, c'est ouvrir la porte à l'arbitraire, à l'autoritarisme et à la soumission.


La République n'a pas d'identité assignée, figée et fermée, mais des principes politiques, vivants et ouverts. C'est parce que nous entendons les défendre que nous refusons un débat qui les discrédite. Nous ne tomberons pas dans ce piège tant nous avons mieux à faire : promouvoir une France de la liberté des opinions, de l'égalité des droits et de la fraternité des peuples. "


mercredi 2 décembre 2009

j'en cause excès et rat


pam pôm pom!

Fabuleux!

à l'heure où l'on peut traverser la planète "à bon compte" et aussi vite qu'il ne faut pour rajouter des zéros sur un ordre de transfert suisse et propre sur lui, mais néanmoins sans accoucher d'une montagne, celle où l'on irait théoriquement faire ses davos-tions...
-On respire- et l'on passe à la suite.

parce que chers z'auditeurs!

Ce midi, l'angélus du jeu des mille euros a sonné-nos candidats étaient, mercredi oblige, du genre jeunes z'et ruddy. Voyez plutôt, 16 ans en terminale, 17 en première année de fac- on aurait dit une pub pour la vie de Chatel. lorsque l'animateur de l'émission leur a demandé quels étaient leurs loisirs, le plus âgé a déclaré qu'il écrivait beaucoup, mais en précisant immédiatement "de tout sauf de la fantaisie"- Ôh mon pôvr lapin, pensais-je...("deux claques oui et monte dans ta chambre" -claviste énervé)

Seulement voilà, au moment du banco chanté en coeur -ban-co- ban-co- ban-co par la salle des fêtes en folie (qui voulait son chocolat chaud) , la question -bleue et donc en principe fastoche était du genre:comment s'appelle le disque en plastique pour jouer de la guitare? et là nos crânes bien garnis ou reconnus comme tels n'ont rien trouvé à répondre, alors que s'ils avaient gratouillé un tant soit peu du côté de la fantaisie j'suis sur qu'ils auraient pu dire fièrement : "Médiator, mon colonel"

M'enfin! franchement! qu'est ce qu'on peut bien leur apprendre à ces branluchons qui se la pètent sans fantaisie?



Tabernuche!
ça fait la troisième fois que j'éternue en 6minutes 43 et si je m'en tiens aux statistiques du CDC d'Atlanta, de l'OMS viral et de ma marchande de légumes des quatre saisons, il se pourrait que j'aie un gros rhume mais par l'étang qui court fortement suspecté de s'appeler : grippe cochonne. D'ailleurs pas plus tard qu'hier les masques ont débarqué dans au boulot et ah! ah! ah!,je me vois bien éternuer dedans, ça doit être très chic et néanmoins barbouillant quand on l'enlève...

De toute de façon,
méfiez vous dorénavant car par décret des mini-stères de la bidasserie, de la sécurité de l'identité de mon voisin et de la santé de mon labo. préféré, tout est suspect même et surtout un ongle ré-incarné, on ne sait jamais! et vous êtes prévenu, dans les prochains jours, on pique à vue.
aaAAAATCHoum! Merdoum! Si ça continue, va bientôt falloir que je prenne le maquis.

Ah oui, faut aussi que je vous parle de mon dentiste, c'est pas que j'ai une dent contre lui, non non, c'est juste qu'en faisant un tour de piste dans sa salle d'attente, j'ai été surpris de ne pas trouver les magazines habituels de chez dassault ou sa soeur et offerts gratuitement à tous les praticiens toutes disciplines confondues. En attendant justement ça fait passer le temps et comme je demandais à mon arracheur de dents préféré le pourquoi du comment ça se fait! il m'a répondu avec un soupir fort médical ma fois, "on a plus le droit à cause de la grippe" je lui ai juste fait remarquer qu'avec le prochain couvre feu qui ne saurait tarder de toutes façons il n'aura pas non plus de clients.. Là dessus, mon carie man a repoussé un soupir.
Deux en si peu de temps....Hum! je me suis demande si lui aussi des fois il avait pas la...

Sinon j'ai entendu aussi dans le poste le chanteur Vincent Delerm dire: "les lecteurs de Houellebecq ils font pas de sapin de noël " j'sais pas pourquoi, ça m'a fait rigoler , mais en même temps j'ai pensé à ma belle-mère qui lit à l'occasion le gars en question et qui... fait un sapin de noël, comme quoi faut pas non plus faire confiance aux chanteurs et même avec médiator.

Et pourtant un peu de fantaisie ça fait pas de mal- argh! j'sais plus où j'en chuie moé!

mais comme disait l'amiral Churchill:
" la vraie réussite c'est de passer d'un échec à l'autre sans perdre son enthousiasme"

Là dessus je vous souhaite une belle journée!

Un ptit mouchoir? Non? Allez , soyez pas timide, c'est ma tournée!



l'helvète underground


Dessine moi un minaret par Sneck merci Remy

mercredi sur les doigts

"Ne montrez personne du doigt, quand vous le faites, vous dirigez un doigt contre l'autre et trois doigts contre vous"
-Archie Fire Lame Dire-



"Tâtons: une façon de compter sur ses doigts."

Bertrand Bell






"On voudrait revenir à la page où l'on aime Et la page où l'on meurt est déjà sous nos doigts."
-Alphonse de Lamartine.-

"- Le premier, c'est le pouce
C'est pour mettre dans la bouche.
- Le deuxième, c'est l'index
Pour pousser sur la sonnette.
- Le troisième, c'est le majeur
Le plus grand c'est la terreur.

- Le quatrième, c'est l'annulaire
Pour les bagues on le préfère.
- Le cinquième, l'auriculaire
C'est le plus petit mais le plus fier!"




"Mon index est un bavard.Sur ma bouche il dit: "Chut!" En l'air, il dit: "Est-ce que je peux?" De gauche à droite, il dit: "Non" De bas en haut, il dit: "Psssttt! Viens..." Il sait montrer et indiquer Devant, derrière, à droite, à gauche Et en riant parfois il s'inquiète: "Ca va pas la tête???" Vous dites que vous n'entendez rien? Moi je le comprends très bien. C'est que mon index est malin

Très malin!!"

"Clic clac dans les mains ça les réchauffe ça les réchauffe clic clac dans les mains ça les réchauffe vite et bien"

comptines arrivant de par ici



"L'expérience est dans les doigts et dans la tête, le coeur n'a pas d'expérience."
Henri-David Thoreau



Les cinq doigts de la main

Le pouce est ce gras cabaretier flamand, d'humeur goguenarde et grivois, qui fume sur sa porte, à l'enseigne de la double bière de mars.

L'index est sa femme, virago sèche comme une merluche, qui, dès le matin soufflette sa servante dont elle est jalouse, et caresse la bouteille dont elle est amoureuse.

Le doigt du milieu est leur fils, compagnon dégrossi à la hache, qui serait soldat s'il n'était brasseur, et qui serait cheval s'il n'était homme.

Le doigt de l'anneau est leur fille, leste et agaçante Zerbine qui vend des dentelles aux dames et ne vend pas ses sourires aux cavaliers

Et le doigt de l'oreille est le benjamin de la famille, marmot pleureur qui toujours se brimbale à la ceinture de sa mère comme un petit enfant pendu au croc d'une ogresse.

Les cinq doigts de la main sont la plus mirobolante giroflée à cinq feuilles qui ait jamais brodé les parterres de la noble cité de Harlem."

Aloysius BERTRAND

"Fesse, queue, doigt, advienne que pourra" Jacques Prévert


Merci lydie pour ton coup de mains (avec tous ses doigts)