mercredi 25 novembre 2009

d'où vient le vent?

On lui a donné presque tous les noms quitte à en inventer de nouveaux pour la rime, pour la peur qu'il pourrait faire naître aussi ou pour sembler le reconnaître alors que, comme d'habitude, il ne fera bien que ce qu'il veut.
dans ses passages éclair ou mesurés,
dans ses brises et tornades,
doux et violent
caressant enjôleur ou furie dévastatrice...
Il prend tous les rôles, toutes les figures de style
et la nuit...
Cette nuit justement, il fait craquer la maison sous toutes ses coutures et s'engouffre partout où il peut.
Il n'est pas vraiment gêné et du genre à s'inviter si on lui laisse ne serait-ce qu'un interstice, il s'engouffre sans retenue et bouscule l'espace du paisible.
Il a pour lui d'être invisible et de se servir des autres pour matérialiser ses envies, sa dépression ou sa joie.
On le représente soufflant sur les braises, en gonflant ses joues ou en hissant la grand voile.
Il peut être tout et son contraire, mutin, ravageur, compagnon ou ennemi.
Est-ce à dire qu'on ne pourra jamais lui faire confiance?
tout dépend des situations sans doute et si jamais on a réussi à presque l'apprivoiser, on aura l'occasion de s'en servir mais il faudra néanmoins rester sur ses gardes, on ne sait jamais.
Beaucoup y ont cru et se sont fait rouler sur les brisants ou écrasé dans la montagne...
Personnellement depuis mon plus jeune âge, j'ai pris l'habitude de l'écouter pour essayer d'en comprendre son langage.
Je sais que c'est peut-être vain ou dérisoire mais c'est ma manière à moi de conjurer le sort et de m'envoler avec en rêve de murmure ou chanson plutôt que de subir sans demander mon reste.

mardi 24 novembre 2009

Anis - Dans tes Yeux (TV5 Acoustic)

"l y a dans tes yeux
Comme un air curieux
Il y a dans tes yeux
Qui parfois sont vitreux
La force vive de celles et ceux
Qui en ont bavaient plus que pour 2
Il y a tout ça dans tes yeux
Il y a tout ça...

Bien sûr s'est dur s'être heureux
Le bonheur se cache souvent
Ne nous effleure que quand t-il veut
Peut-être parce qu'il est méfiant
Peureux, craintif ou défaillant
Preneur de tangente et déviant
Et nous qu'on l'pisse d'un jet tournant
C'est vrai, c'est vrai...
Le bonheur humm s'il vous plait

Bien sûr on s'cache pour pleurer
Bien sûr rien n'est moins sûr que la vérité
Elle assassine sans tuer
Et laisse à vif, écorché
Y'a trop d'froideur dans trop d'foyers
Tant d'bassesses et d'aigreurs pour nous fourvoyer
Peut-être qu'on fuit la vérité
C'est vrai, c'est vrai
La vérité, la vérité

Il y a dans tes yeux
Comme un air curieux
Il y a dans tes yeux
Qui parfois sont vitreux
La force vive de celles et ceux
Qui en ont bavaient plus que pour deux
Il y a tout ça dans tes yeux
Il y a tout ça...

Bien sûr la vie est hasardeuse
Tellement trop courte et capricieuse
Injuste, odorante et visqueuse
C'est peut-être une auto-stoppeuse
Déroutante excitante farfelue et farceuse
Jonchée d'épines et de courbes délicieuses
Peut-être même que c'est une chieuse
C'est vrai, c'est vrai
Bien sûr que la vie est précieuse

Bien sûr être seul s'est rude
Bien sûr à deux on est plus fort
Bien sûr que j'y crois encore
Bien sûr que l'amour est plus forte que la mort
Y'a des doutes et des gouttes qui perlent sur nos fronts
Des servitudes écœurantes qui nous plombent vers le fond
Peut-être qu'on est des bouffons
C'est vrai, c'est vrai
Mais je n'veux plus être un pigeon

Il y a dans tes yeux
Comme un air curieux
Il y a dans tes yeux
Qui parfois sont vitreux
La force vive de celles et ceux
Qui en ont bavaient plus que pour deux
Il y a tout ça dans tes yeux
Il y a tout ça... "

la foire au crime


"A la descente du train, j'ai lu sur la banderole: XXXIXem édition de la Foire du Crime de Saint-Naz.
Il y a 39 ans je n'étais pas encore de ce monde. Il paraît que le monde était bien différent. Des vieux du coin disent que la Foire n'a plus grand chose à voir avec ce qu'elle était jadis.
J'ai laissé de côté les deux ou trois choses précises que j'avais à y faire et, comme d'habitude, j'ai fait mon petit tour entre les stands, le nez en l'air, en cherchant les surprises et les nouveautés.

Cette année, ils ont installé les tueurs à gages dans un superbe entrepôt rénové à leur seule intention. Une cinquantaine de stands tirés au cordeau proposent les services de cette brave corporation à des prix plus ou moins étudiés. Les pros s'y sont tous donné rendez-vous. J'en ai reconnu quatre ou cinq parmi les meilleurs. Les badauds se pressent pour voir les stars se pavaner dans des fauteuils en sirotant du dur. Je me suis renseigné sur les tarifs, comme ça, par simple curiosité.
Pas moins de quinze briques pour faire buter un anonyme, mais ça commence à grimper sérieux pour les contrats sur les personnalités. De nos jours, un V.I.P. peut atteindre les cinquante plaques, frais compris. Des moins pros s'essayent à la carrière et cassent les prix pour au moins rembourser la location du stand. La plupart des petits nouveaux ressemblent plus à des porte-flingues sortis d'un film de Lautner. Mais faut bien commencer un jour.
Je suis passé dans le Hangar aux Alibis pour y serrer quelques mains. Pour cinq mille balles on peut y trouver un faux témoignage plutôt fiable, mais là encore la concurrence joue à fond. D'un côté, les maisons solides, travail soigné, celles qui prennent en charge le client dès la préméditation et l'accompagnent jusqu'au premier jour d'instruction. Avec, en sus, une garantie après-vente en cas de procès aux assises. De l'autre, les témoins de dernière minute qui jureraient d'avoir passé la soirée avec le premier venu, en dépit du bon sens, et qui se rétractent au premier interrogatoire. Quelle misère!

J'ai traîné mes guêtres dans l'Allée des Cerveaux. Planifications en tous genres: braquage de banques et de convois de fonds, vols de documents. un bon casse, clé en mains, réglé comme une horloge, avec graphique et prestataires de service selon les besoins: les chauffeurs, les hommes de main, les indics. Question prestige, ils ont invité Ronald Biggs, le génie du train postal Glasgow-Londres. Il a peu parlé pendant le débat mais ça m'a fait plaisir de le voir en bonne forme.
J'ai mangé un morceau dans l'Allée des Fourgues. Recel en tous genres. ça va du Van Gogh à l'auto-radio. On s'est bousculé autour du diamantaire qui faisait une mise à prix pour une rivière de perles qui aurait appartenu à Gloria Swanson. J'ai croisé un peu plus loin mon pote Jérémy, le dernier léonard européen. Son faux billet de cinquante balles était resté dans les annales, mais il avait connu un vrai revers de fortune à cause d'un Pascal qui avait mal séché. Il s'est plaint de la texture du papier qu'on trouvait de nos jours et m'a avoué qu'il était en perte de vitesse. La fausse mornifle n'intéresse plus personne, a-t-il dit. Pour ne pas perdre la main il bidouille des cartes d'identité et des cartes bleues. ça m'a fait de la peine. un talent pareil.

J'ai rapidement traversé l'armurerie, je n'aime pas les gens qu'on y croise. Mais je me suis laissé prendre au bagout d'un camelot qui faisait la démonstration d'un petit gadget à lames de rasoir qui porte à une bonne dizaine de mètres. Messieurs Dames! Le Razorflash, avec le mode d'emploi et la garantie, et j'ajoute en cadeau, pas une, pas deux, mais trois boîtes de recharges, le tout pour cent balles! Et on se bouscule siouplait!
Dans le coin librairie je me suis laissé tenter par le Manuel du maître-chanteur dédicacé par l'auteur. Je ne suis pas maître-chanteur. Mais j'ai pensé que le bouquin devait être plutôt bien écrit.
J'ai remis au lendemain le coin des cols blancs: avocats véreux et comptables marrons. J'ai fait un break à l'hôtel pour prendre une douche et enfiler mon smoking pour la soirée de gala et la remise des Derringers d'Or. Car cette année, pour la première fois, j'étais nominé dans ma catégorie.

C'est en sortant de la chambre que je l'ai vue. J'ai voulu fermer les yeux mais il était trop tard. Elle avait le regard brûlant de Méduse et la voix des sirènes. Elle avait le corps de Calypso et une réputation plus cruelle que celle de Circé. Et moi, Ulysse de fortune, je me suis vu tomber dans tous ses pièges à la fois. J'ai eu une seconde de vertige et une minute de fièvre, quand elle m'a dit: on se voit ce soir, non...?
Le dîner n'en finissait plus. Heureusement qu'à deux tables de la mienne, j'ai vu la vamp me lancer des oeillades assassines. Le moment tant attendu est arrivé, l'organisateur a donné le coup d'envoi de la cérémonie avec des girls qui nous ont gratifié d'un numéro ringard du Casino de Paris qui aurait été mis en scène par Lucky Luciano. Il a fallu se taper les Derringers d'or du meilleur tueur à gages et du meilleur braqueur. il y a eu un petit moment de panique quand ils ont annoncé les nominations du meilleur terroriste; un seau à champagne a explosé à une table du fond, et trois des nominés qui avaient eu la mauvaise idée de se réunir pour la bouffe, se sont retrouvés en miettes. Ce qui nuisait radicalement au suspens, rapport au gagnant qui s'est levé pour chercher son trophée sans attendre qu'on décachète l'enveloppe.
Il leur restait à décerner les deux derniers Derringers. Mon coeur s'est mis à battre. Cette fois, j'avais une chance d'être le meilleur de ma catégorie. Et elle, dans la sienne, était à dix coudées au- dessus des trois autres filles en lice.

Tard dans la nuit nous nous somme retrouvés dans ma chambre pour fêter nos victoires au Dom Pérignon. Mon Derringer et le sien côte à côte, rutilants.
-ça fait quel effet d'être la meilleure femme fatale de l'année. j'ai demandé.
-c'est gratifiant. Mais je le mérite. J'ai travaillé dur pour l'avoir. Cette année, j'ai eu deux suicides de banquiers, et j'ai fait plonger un ministre. même les plus coriaces ne me résistent pas. Et vous?
-Oh moi, je ne m'y attendais pas du tout, dis-je, hypocrite. Les sérial killers ne pensent pas à ce genre de récompenses, vous savez...
- C'est quoi votre spécialité?
-Les femmes, uniquement les femmes. Et plus je les trouve désirable et plus je soigne le travail.
son regard me brûle. Mes mains ne tremblent pas encore.
Nous savons tous les deux qu'un seul d'entre nous sortira vivant de la pièce, demain matin.
Et à ce stade de la nuit, nous avons encore chacun nos chances."

-La foire au crime- une nouvelle de Tonino Benacquista- publié dans le recueil "noir de femme" -série noire nrf (1992) dans le cadre du feu (si ,j'ose dire) festival du crime de Saint-Nazaire

paroles d'oiseaux













Pour une fois, Philippe Geluck ne donne pas la parole à son chat fétiche mais aux oiseaux
(merci Thierry)

lundi 23 novembre 2009

chanson et cinéma au grand LU

ça pédale dans le yaourt


Une info tirée du Canard et envoyée par thierry!

au soleil farceur


Et oui les ombres sont parfois trompeuses (merci Philippe de nous le rappeler).

l'architecte avait-il prévu qu'à une certaine heure de la journée, l'astre flamboyant allait transformer son oeuvre?

être né quelque part- Maxime Leforestier et Geneviève Paris

envoyé par lolodalisk

migrant' scène



"On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille
On choisit pas non plus les trottoirs de Manille
De Paris ou d'Alger
Pour apprendre à marcher

Etre né‚ quelque part
Etre né‚ quelque part
Pour celui qui est né‚
C'est toujours un hasard

Nom'inqwando yes qxag iqwahasa

Y'a des oiseaux de basse cour et des oiseaux de passage
Ils savent où sont leurs nids, qu'ils rentrent de voyage
Ou qu'ils restent chez eux
Ils savent où sont leurs oeufs

Etre né‚ quelque part
Etre né‚ quelque part
C'est partir quand on veut,
Revenir quand on part

Est-ce que les gens naissent
Egaux en droits
A l'endroit
Où ils naissent

Nom'inqwando yes qxag iqwahasa

Est-ce que les gens naissent
Egaux en droits
A l'endroit
Où ils naissent
Que les gens naissent
Pareils ou pas

On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille
On choisit pas non plus les trottoirs de Manille
De Paris ou d'Alger
Pour apprendre à marcher

Je suis né‚ quelque part
Je suis né‚ quelque part
Laissez-moi ce repère
Où je perds la mémoire

Nom'inqwando yes qxag iqwahasa"

-Maxime Le Forestier-

dimanche 22 novembre 2009

une belle âme envolée


« Dans deux minutes, l'antenne. Moment délicat où l'invité se décompose. Ses mains tremblent. Le faire rire. Où ai-je mis ma fiche ? Le distraire. Lui dire deux mots pour qu'il sente que j'ai compris ce qu'il vient défendre. Tenter une question comme on trempe un orteil dans la mer. Faire une gaffe, renverser mon verre, bafouiller, qu'il sache que c'est permis. Essais de voix. je mets mon casque. Mon casque c'est ma maison, mon cocon. J'écoute fort, à l'intérieur du son. J'entends les fêlures de sa voix, son souffle. Tout s'entend, la voix mouillée, la voix qui tremble, celle qui sourit, qui réclame. Les plaintes les plus lointaines sont inscrites dans la voix et les rires de l'enfance. Toutes ces voix qui s'envolent, invisibles et réelles. Est-ce bien raisonnable de déranger un satellite pour nos élucubrations ? Surtout ne jamais se poser cette question avant une émission. »


"Je ne cache pas que l'objectif essentiel de cet ouvrage est de lever des prétendants pour ma pomme... Résultat, j'ai eu des amants policiers, secouristes, clochards ou dames de charité, mais aucun ne s'est présenté sur un cheval blanc..."
« Si vous vous êtes déjà dit en hochant la tête, ne serait-ce qu'une fois, Boaf, les ennuis ça fait partie de l'existence, c'est notre lot, c'est normal, vous aussi, vous célébrez le Grand Culte du Malheur ! Alors je vous donne une recette pour en sortir : observez les poissons volants. »


KRISS Crumble