jeudi 12 novembre 2009

la ptite lampe jaune


J'ai allumé la ptite lampe jaune, posée sur un coin de bureau. Elle annonce, dans mon imaginaire, le passage vers la nuit et d'un côté les "ténèbres" du dehors et de l'autre le fragile halo de lumière d'une maison chargée d'Histoires.
J'y ai mis tout exprès un pluriel majuscule à -Histoires- en tranches de vie de ces mômes échoués là par les rigueurs de la vie, les contraintes à pas de chance...Et c'est à nous, les bricolos de l'éducatif de prendre dans la tronche toutes leurs colères, haine, dégoût, violence...que sais-je encore. Voyez, tous ces mots denses ou leurs interprétations qui expriment l'injustice, la peur, la solitude...
Faut faire avec, disait l'apprenti sorcier jusqu'aux coudes empêtré dans sa pâte à modeler et essayant de construire ce qui devrait logiquement ressembler à quelque chose. Mais il fallait souvent recommencer parce que trop fragile, ça tombe, ça casse, ça ne va pas comme on on aurait tellement voulu...et même que, parfois on a envie de faire une grosse boule et de l'envoyer rouler, pour ne plus la voir.
Merde, c'est vrai, quoi à la fin, on n'est pas du genre sur-homme. Nous aussi, on vibre en émotions à fleur de peau, des trajets sensibles qui vous hérissent le poil, des découragements à se bloquer le dos et casser la voix -sic- et même à maltraiter l'oreiller quand on rentre chez soi parfois écoeuré, épuisé...

Mais bien sur, la nuit n'est pas toujours aussi noire, elle peut même parfois être drôlement brillante, par exemple quand on sent que des forteresses à priori imprenables peuvent s'ouvrir parce qu'elles ont baissé la garde ou eu juste un peu -cinq minutes- confiance.

Alors surtout, il faut les saisir ces instants là avant qu'ils ne s'échappent. D'ailleurs, si ça se trouve, on ne les reverra pas de sitôt. Mais comme chaque jour sent le neuf, qui peut prévoir?

mercredi 11 novembre 2009

la dominique












Isabelle, (tata Zaza pour les intimes) vit depuis une vingtaine d'années en Martinique. Avec son Alain qui rime en pied drôlement marin, dès qu'ils ont quelques jours de vacances et bien zou, ils embarquent à bord et ils vont se balader, par exemple, dans les petites Antilles, faire le tour des iles et dame! ils n'ont que l'embarras du choix.
Voyez! pour les vacances de Toussaint ils sont partis à
La Dominique et histoire de nous glisser un peu d'exotisme dans une journée légèrement flotteuse...ils nous envoient des photos du voyage-
Alors là je dis: bravo
Et pour moi ce sera également un ti punch, merci.
(avec mode et ration naturlich)

Emmylou Harris 'Wrecking Ball'

envoyé par Jedi26

retrouver le chemin des mots







"IL y a des jours où les mots s'éteignent dans votre bouche avant d'avoir vu la lumière. Vos tripes se nouent; de l'abîme de votre coeur, l'écho d'une souffrance ancienne vous fait murmurer en vous même: "elle m'abandonne...j'avais encore besoin d'elle".
Moi, Harry, avant de la connaître, je ne savais même pas que j'avais besoin des autres. Avec elle, j'ai découvert qu'aimer et se laisser aimer, donner et accepter de recevoir, aidait à grandir, et que regretter le passé c'est courir après le vent.
Quand je l'ai connue, j'étais devenu un phénomène.
Ma mère disait déjà cela de moi quand j'étais petit. On me l'a raconté, c'était il y a longtemps! Un phénomène de foire, qu'ils disaient avant mes éducs, parce que je faisais la foire. Maintenant y disent que je fous le bordel, qu'ils n'ont pas que moi à s'occuper, que le groupe est trop hétérogène, qu'y a pas le projet qu'il faut...
Mon dossier prend de plus en plus des allures de casier judiciaire. Ma mère avait raison, je suis méchant, le pire de tous sans aucun doute, sinon elle m'aurait aimé un peu, elle ne m'aurait pas abandonné. Moi au début, ce que je n'arrivais pas à comprendre, c'est qu'elle a fait d'autres enfants dont elle s'occupe, personne ne les lui a enlevés. En fait, c'est normal, elle y est pour rien, c'est moi...
Ma vie, Madame Lazeux s'en est emparée, moi je n'ai plus de pouvoir sur ma vie. Je suis devenu un récit, un bout de génogramme. Mes éducs ils disent qu'ils lisent dans mes yeux que j'en veux à la terre entière et que ce qu'il me faudrait c'est un projet; un projet avec des objectifs évaluables, opérationnels... de préférence ailleurs que chez eux!
Moi, je butte pour exister, pour me sentir vivant, peu m'importe, les reproches, les punitions, on s'occupe de moi, j'existe...
Je continue à sourire quoiqu'il arrive et on me dit que ça énerve, que je suis fou, qu'il faudrait m'interner, que mon cas n'est plus tellement social mais psychiatrique...Moi, je suis un peu étonné de ces propos tenus par mes éducs qui reviennent d'un stage sur les bonnes pratiques et la bienveillance; mais bon, je leur ai dit en souriant pour pas les vexer mais ça n'a pas marché; ils m'ont dit " dégage avant qu'on fasse un malheur".
C'est plus tard que j'ai fait sa connaissance. C'était juste une thérapeute, quelqu'un qui a accepté de prendre soin de moi. ça a pris du temps. Je n'étais qu'un cri, quelqu'un qui se donne à voir et qui remet en scène, sans cesse son inaptitude à être aimé, à aimer.
Brigitte, elle m'a aidé à retrouver le chemin des mots. Un jour, que je n'oublierais jamais, elle m'a dit que j'étais "quelqu'un de bon" , ça ne m'était jamais arrivé!
Brigitte de Tournai, celle qui avait su trouver les mots pour parler à mon âme, s'en est allée.
Ceux qui l'ont connue, diront que ça fait déjà quelques temps, neuf mois, le temps de faire un enfant, le temps pour Harry d'accoucher des mots pour lui dire merci et adieu." -harry-
-retrouver le chemin des mots-rebonds-Le Lien Social- n°948-
photos: Patrick L.

mardi 10 novembre 2009

Les Enfants du Pays - Douce France

l'identité nationale, légère revue de toile














Geoffrey Dorne




Là ou Besson passe, le débat sur la nation trépasse

"Eric Besson, ministre de l'immigration, a une étrange conception du débat sur l'identité nationale. Tel un moniteur de colonie de vacances organisant un jeu de piste pour préadolescents, il en fixe le cadre, le lieu, l'heure, les invités et le menu du plateau-repas qui leur sera servi-s'ils sont sages. il a fallu un communiqué du ministère pour apprendre que le débat avait été ouvert par les préfectures le 2 novembre et qu'il se clôturerait le 31 janvier. Nicolas Sarkozy et Eric Besson en tireront les conséquences lors d'un colloque organisé le 4 février, soit quelques semaines avant les prochaines élections régionales. Mais ce n'est qu'un hasard du calendrier. Imaginer un quelconque calcul politique serait pure malveillance. D'ici là, les préfets ont pour mission d'organiser une sorte de plan Orsec de la pensée. Les 96 départements, les 342 arrondissements de france métropolitaine et des DOM-TOM devront accueillir des représentants des "forces vives" du pays. Certaines personnalités ont eu la surprise de voir leur nom apparaître sur le site internet du ministère sans même avoir été consultées. S'agit-il d'un débat ou d'une réquisition générale?

Pourtant, s'il est une question qui mériterait une confrontation publique digne de ce nom, c'est bien la nation-son ancrage historique, sa base sociale, son évolution sociologique, sa réalité contemporaine. On pourrait alors remarquer que, par une ruse de l'histoire, les défenseurs auto-proclamés de " l'identité nationale" sont ceux- là mêmes qui vitupèrent le modèle social à la française, qui prennent la laïcité avec des pincettes, qui laissent les groupes industriels fuir la France, qui détériorent les services publics et qui critiquent volontiers certains principes essentiels de la République.

Encore faudrait-il pouvoir discuter de ces questions en toute liberté, sans tabou, sans faux-semblant et sans risque de se retrouver pris au piège d'une pitoyable opération préélectorale. Dans le carcan bureaucratique fixé par Eric Besson, quadrillé comme un plan d'occupation des sols politiques, c'est quasiment mission impossible." -Jack Dion- Marianne n°655- page 8- rubrique:coups de projecteur




bibliopolis


Le temps d'un week-end (les 21 et 22 novembre) Thouaré-sur-Loire organise autour du thème de la chanson son festival du livre en réunissant les différents métiers "à la page".

Seront donc présents, des écrivains comme Insa Sané (acteur, musicien, slameur...), Fabien Lecoeuvre (chroniqueur, producteur), Claire Julliard (journaliste, biographe), Béatrice Fontanel, Luc Vidal, Philippe Ayraud, Olivier Delavault, Michel Trihoreau, Marie Saint Dizier, Francis Basset... mais aussi des éditeurs, des libraires...
A cette occasion et en avant-première (le 14 novembre) on pourra assister à un concert d'un groupe bien connu des internautes "la chanson du dimanche"

toutes les infos sur le site de Thouaré

lundi 9 novembre 2009

comme un soir





C'est un lundi
des bords d'ici.
L'estuaire a fait son lit
pour la nuit
et la ville jouant avec ses lumières.
On pourrait dire en somme:
mirage et poésie

assis sur un mur

Assis sur un mur, il regardait passer l'histoire.
A l'époque elle n'avait pas encore de majuscule.
Un peu plus tard, dans l'ambiance des chiffres ronds, on donnerait à la louche du sens à la joyeuse pagaille de ce qui ressemblait plutôt à priori à l'entrée encombrée d'un nouveau parc d'attraction.
Avec peut-être une particularité, l'envie de jouer s'exprimait des deux côtés: montre moi ta vitrine je te ferais essayer ma verte trabant etc.
Assis sur un mur rouge, rouge comme l'excitation d'une foule délurée mais aussi comme le sang de tous ceux qui s'étaient fracassés sur des barbelés en cherchant la lumière.
Au delà des poings d'exclamations, des rires et des bouteilles de mauvaises bulles , il se disait tout bas pour ne pas gâcher la fête, que d'autres lendemains, il faudrait du temps pour se remettre d'une gueule de bois en béton armé.
A suivre, il y eut de la musique qui s'encordait au cellulaire, le si bien nommé, des phrases aussi, beaucoup. Les discours font le packaging des situations et chacun y met du sien pour trouver le mot symbole, l'adjectif qui fait mouche dans les explications de texte.
Les penseurs -payés pour - pensèrent, que le mur était mûr et qu'ils l'avaient bien dit, si seulement on avait voulu les écouter, avant...
Je le savais, affirmait tranquillement madame Rose qui faisait le ménage de nuit dans une tour toute neuve de la sociale démocratie, par les fenêtres au triple vitrage à gaz incorporé et label écologique , d'où elle voyait en face, de l'autre côté, les chiches éclairages de la... démocratie sociale. mais personne ne l'écoutait entre les murs vides.

Assis sur un mur fissuré et sensé mettre en brèche l'idéologie maltraitante- joli pléonasme sans doutes puisqu'elles le sont toutes quand on veux bien s'y asseoir cinq minutes pour réfléchir-il lisait les nouvelles fraiches de novembre,un matin du monde occidental.
Les rotatives avaient goulument pendant la nuit engouffré des orgies d'encre pour faire les gros titres à la une, ceux que l'on plongerait avec délectation dans le ptit noir et qui nous feraient chocolat les jours suivants...
Mais qu'importe!
On a tellement besoin de croire n'est-ce-pas!
Personne n'y peut rien, c'est inscrit dans nos gènes, alors quand le plaisir pointe son nez même enrhumé, on le savoure jusqu'au fond de la tasse, là où il reste toujours un peu de sucre, légèrement caramélisé.

"On a gagné" , "vive la liberté" ..comment ne pas se joindre à la liesse populaire, vous avez remarqué, elle est toujours populaire la liesse.
La laisse aussi, d'ailleurs.
Dans les sphères où se fabriquent les illusions à perdre, on était beaucoup plus réservé, discret même sur ses Etats, dame!
Les temps forts sont à réserver à la pléiade des doux rêveurs, avide de substances hallucinatoires, entre-soi du qui sait ou fait tout comme, on se glisse à l'oreille entendue les nouvelles d'un monde qui ne peut s'échapper puisque trop bien placé pour le savoir.

Quelques mois plus tard, assis sur un mur qui séparaient deux jardins, il papotait avec son voisin. Ils avaient décidé lors d'un apéro réunissant les deux familles, que ce serait ptêt bien de faire une brèche dans le mur mitoyen pour que les enfants puissent tranquillement passer d'une maison à l'autre sans avoir à sortir sur la rue.
On aurait pu appeler cela "les suites de" ou encore "dommage collatéral", le voisin était militant communiste, et lui ex-militant anarchiste.Et en d'autres temps...le meilleur terreau pour la cordiale détestation ou l'ignorance polie, mais là, pour la ptite histoire en question, il s'agissait de voisins qui devinrent ensuite des copains puis des amis et face à cela les barrières idéologiques aussi à-priori solides soient-elles , résonnèrent comme du carton mou que l'on pousse d'une pichenette du doigt et même prirent plutôt la forme -aux beaux jours- de superbes batailles d'eau entre complices de la vie qui va.

Assis sur un mur, ils rigolaient comme deux tordus.

(photo: Patrick L.)

Irit

Elle est parti...probablement sans ticket ni réservation. Jeune, elle ouvrait sans cesse ces fameux volets de la perception. Elle m'emmenait souvent visiter des paradis artificiels : chimiques et des fois bio. Elle n'a pas pu/voulu fermer ses volets, jamais. Il faut dire on lui avait distribué un jeu de merde sans atout à la naissance. Mais elle repart avec un bagage plein de vrais amis et une vie plus que remplie.
Tout ça c'est bien triste.
Serge