Je viens je ne sais d'où
Je suis je ne sais qui
Je meurs je ne sais quand
Je vais je ne sais où
Je m'étonne d'être aussi joyeux.
Je suis je ne sais qui
Je meurs je ne sais quand
Je vais je ne sais où
Je m'étonne d'être aussi joyeux.
Martinus von Biberach,
"C'est un beau pays, lui a-t-on dit, tout dépend qui vous êtes."
Ocean Vuong
"Peindre, c’est savoir rester debout sur un fil mal tendu. Il y a le
projet, la version initiale. Il y a l’accident et la coïncidence. d’un
geste, on reprend son équilibre, on fait apparaître un labyrinthe dont
chaque chemin mène à une sortie, quelque chose qui n’ait en saisissant
sa chance d’exister maintenant. quand la toile est finie, celui qui
peignait ne reconnaît plus rien, il est un étranger, un autre
spectateur."
Benjamin de Laforcade
|[{{{{{{{{{{{{{{{{{{{{{{{{{{{{{{{{{
"« Le vrai honnête homme est celui qui ne se pique de rien ». Quand je
tombai un jour sur cette maxime de La Rochefoucauld, j’eus une manière
de révélation. Le frondeur portraiturait par anticipation l’amateur de
littérature, de philosophie, du 7e Art, que j’étais et que je
demeurerais. Il me suggéra aussi quel type d’écriture j’adopterais s’il
me prenait le désir de mettre à exécution mon projet de philosopher à
mes moments perdus – très nombreux, il est vrai. J’opterai pour des
petits volumes où, à des considérations générales, je mêlerai des vues
personnelles, des souvenirs, des humeurs."
Frédéric Schiffter extrait de: "Carnet d'un honnête homme"
\|[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[
"La mesure de ma jeunesse - le printemps de ma vie - je l'ai partagée
entre cet obscur sanctuaire intérieur et son cruel extérieur, semé de
pièges de l'ennemi impitoyable. Les mâchoires souriantes à belles dents
de l'ignorance et du préjugé étaient grandes ouvertes, et j'étais leur
proie malheureuse. Car elles guettaient à la maison et à la ville, aux
champs proches de la ferme et aux champs éloignés. Que ce soit la nuit
ou le jour, les seules choses qui émergent de mes tendres années de
croissance furent le claquement du piège et la cisaille du collet."
Nick Cave
"Seule l’histoire instantanée distribuée par les médias leur était
accessible, un flot d’informations, en boucle, mises en scène,
dramatisées au nom d’une illusoire permanence de la vérité. Ceux qui
avaient l’éducation et la motivation d’aller chercher plus loin
pouvaient lever un coin du voile, mais jamais personne ne leur
restituerait la réalité du monde invisible, ce cloaque où se jouait une
grande partie du destin des peuples dans des jeux d’intérêts souvent
contradictoires."
Marc Dugain
illustration source : "l'Orient Le Jour"
« L’histoire de Palestine, quant à elle, était une histoire de famille.
Chacune des ombres m’en a murmuré un bout, comme une opale qu’elles ont entreposée entre mes mains.
Tant et si bien que je compris rapidement qu’elles m’avaient toutes pris simultanément pour un scribe et un psy: j’étais celui à qui elles pouvaient raconter les traumatismes qu’elles n’oseraient jamais s’avouer entre elles.
Leurs peurs et leurs inquiétudes , j’en étais le récipiendaire . Leurs blessures , elles me les ont transmises avec une telle verve que j’avais l’impression , presque toute ma vie , d’être une plaie béante sur pattes .
On ne m’a jamais appris la Palestine , je l’ai prise en consigne comme une malédiction. »
Chacune des ombres m’en a murmuré un bout, comme une opale qu’elles ont entreposée entre mes mains.
Tant et si bien que je compris rapidement qu’elles m’avaient toutes pris simultanément pour un scribe et un psy: j’étais celui à qui elles pouvaient raconter les traumatismes qu’elles n’oseraient jamais s’avouer entre elles.
Leurs peurs et leurs inquiétudes , j’en étais le récipiendaire . Leurs blessures , elles me les ont transmises avec une telle verve que j’avais l’impression , presque toute ma vie , d’être une plaie béante sur pattes .
On ne m’a jamais appris la Palestine , je l’ai prise en consigne comme une malédiction. »
Karim Kattan
"Je mets de la poussiere
dans les assiettes de mes enfants
je veux qu'ils s'habituent au goût du monde
j'ajoute un peu de sang
je veux qu'ils s'habituent au goût du monde "
dans les assiettes de mes enfants
je veux qu'ils s'habituent au goût du monde
j'ajoute un peu de sang
je veux qu'ils s'habituent au goût du monde "
Laura Vazquez extrait "Le livre du large et du long"




Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire