lundi 7 juin 2010

principe de précaution



Bon! S'il vous plait, reprenons!
Nous -somme- bien , sans S à la fin comme dans Sieste qui  même répétée reste singulière.
Ajoutons à cela, un certain bouquin jouant les  préambules avec un  titre de circonstance: "Principe de précaution" dont il me  faudra sans doute relire le dernier feuillet car il me semble bien l'avoir retrouvé ouvert sur le ventre à la page 306 sans que celle-ci m'ait (ou juin peut-être) laissé un souvenir impérissable.
Curieux livre d'ailleurs, à prendre au moins au 14em degré (le plus chaptalisé) qui nous raconte la vie d'un trader  bien poli et  comme il faut- ils le sont tous d'ailleurs...-  et vivant dans un monde feutré et  irréel ou par petites touches saccadées et inspirées sur un clavier  et le regard perçant  scrutant dans  l'écran  les arcanes de la finance internationale , fait et défait des sociétés avec les conséquences que l'on connait sur le quotidien de millions d'esclaves du marché....
Et puis finalement la morale de l'histoire parce qu'il y en a toujours une, enfin surtout dans les livres...c'est que le bonhomme marié, et père de famille avec  chouette quartier privilégié doit -c'est pas de chance- se coltiner quand même -en dehors des heures de service- à  la vraie vie qui lui fait  par obligation croiser les autres - qui pourraient s'appeler en quelque sorte et en raccourci: quelques conséquences de ses dommages collatéraux. Il découvre ainsi  la violence urbaine, les angoisses existentielles, la vie en société... et le ptit bonhomme lisse comme un graphique qui pensait avec l'idée du risque zéro, se protéger de tout -statut oblige- ben,  comme c'est ballot... il ressemble  finalement à tout le monde mais ptêt  en pire ou en tout cas nettement  moins préparé, que ceux pour qui la lutte pour subsister fait partie d'une pratique  heu! quasi  régulière.
Tiens, imagine par exemple, que ton député  -toutes couleurs confondues- se demande comment il va bien pouvoir finir le mois et celui de sa famille avec le peu qu'il lui reste , tu crois pas qu'il aurait  alors une autre idée un peu moins langue de bois précieux de la Politique et de son rôle de soit-disant  représentant du peuple? Mais là... une fois encore et  de coutume, je m'égare Montparnasse! Allez!  Tout le monde descend!

"Le Dow Jones plongeait quand j'ai décidé d'arrêter pour aujourd'hui. Il était 18h30, les yeux me brûlaient à force d'avoir trop longtemps scruté mon écran, la moindre initiative se sertait révélée contre- productive. J'ai préféré naviguer un peu sur les sites du Monde, de Libération et du Figaro, la conscience d'autant plus tranquille que je venais de prêter 800 millions d'euros à la Banco do Brasil à un taux insespéré.
Je me sentais assez mal en attendant le R.E.R., à Auber, une demi-heure plus tard. Je n'avais lu que trois articles , pourtant les nouvelles du jour m'avaient chamboulé. Une voix impersonnelle a soudain crachoté dans les hauts-parleurs de la station:
"Attentifs ensemble. pour notre sécurité à tous, signalez-nous tout colis abandonné. Merci pour votre vigilance."
Machinalement j'ai regardé sur le quai si je ne remarquais aucun bagage suspect. Je jugeai certains individus susceptibles de commettre un attentat, mais rien dans leur comportement ne me permit d'acquérir une certitude. Par malheur, la rame était tellement bondée lorsque j'y suis monté qu'il ne m'a pas été possible de vérifier sous les sièges.J'ai chassé les images des cadavre déchiquetés sur le ballast de la gare d'Atocha qui m'ont assailli l'esprit.
Après le R.E.R. j'ai abattu mes treize minutes de marche jusqu'à la résidence. En entrant, j'ai dit coucou à Cécile, puis je suis passé embrasser Manon qui révisait ses leçons dans sa chambre. elle a sauté de sa chaise pour se jeter dans mes bras en criant: "Papa!" La répétition quotidienne de ces effusions me laissait chaque fois perplexe. Objectivement, rien dans ma personnalité ne justifiait  cette adoration. Je n'avais , à juste titre, jamais suscité un tel enthousiasme chez aucun être humain. Je disposais d'une intelligence moyenne, ne possédais aucun don particulier, tant sur le plan artistique que dans le domaine sportif. Professionnellement parlant, ma carrière connaissait depuis trios ans une stagnation inquiétante, qui prouvait peut-être qu'à trente-neuf ans j'atteignais d'ores et déjà mon niveau d'incompétence. chacun s'accordait unanimement à louer ma générosité proverbiale, alors que je la portais pour ma part au crédit d'un patrimoine congénital, à l'instar de mes cheveux bruns ou de mon mètre soixante-seize, de sorte que je n'en nourrissais pa la moindre fierté, puisqu'elle se résultait nullement d'un effort d'amendement de ma personnalité , ainsi que doit l'être selon moi toute vertu.../...

-Extrait de: Principe de précaution- un roman de Matthieu Jung- Editions Stock-


 dernière minute  et en direct de nos téléscripteurs
des infos de notre slameur breton Philippe:

"Touche pas à mon fromage !
Le 20 mai, l’opposition - de droite - de la région Midi-
Pyrénées a proposé une réduction de 20% des
rémunérations perçues par les élus du Conseil régional
ainsi qu’une division par deux du budget de réception.
Elle a aussi proposé la suppression des véhicules de
fonction sauf pour le président, tout ceci au nom de la
solidarité et d’une gestion vertueuse de l’argent public.
Fin de non-recevoir cinglante et immédiate du
président de la région - socialiste - Martin Malvy.
Le 21 mai, Martial Dardelin, directeur général adjoint
(DGA) en charge de la solidarité et de la culture au
Conseil général du Loiret a dû quitter ses fonctions
avec une indemnité de départ de 122.557 euros,
montant jugé excessif par l’opposition socialiste qui a
donc refusé d’approuver cette indemnité. Petite
information au passage, le Loiret est dirigé par Eric
Doligé, sénateur et membre de l’UMP.
Vous, peuple superbe et généreux, soyez solidaires,
travaillez gratuitement le lundi de Pentecôte pour aider
les personnes âgées, secourez les Haïtiens, donnez votre
argent pour lutter contre le Sida et la mucoviscidose !
Mais ne nous demandez pas de faire la même chose,
nous qui nous dévouons déjà corps et âme pour votre
bien, nous que vous avez choisis comme gardien,
comme protecteur et maître à penser !"

2 commentaires:

  1. Intéressant bouquin, comme toujours....et l'info en dessous me laisse perplexe ! quoi ? c'est des gens de....droite qui proposent une gestion "vertueuse" de l'argent public, et un mec "de gauche" qui la refuse ? on croit rêver !!!
    ça leur ferait pas de mal d'avoir mes fins de mois, à tous ces beaux messieurs, tiens !

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  2. le problème c'est qu'ils ont souvent toutes les vertus quand ils sont dans l'opposition et une fois au pouvoir...
    si seulement on pouvait -rien qu'un peu- s'inspirer des pays nordiques pour la gestion des fonds publics, histoire de moins ressembler à une république bananière ...

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