dimanche 18 mai 2008

dans une autre nuit







Un jour, dans une autre nuit, je prendrais mon vol comme l'albatros quelquepart dans les cinquantièmes rugissants, et prenant appui sur des vents contraires je me laisserais planer au dessus des marins perdus sur leur fêtu de voile. Un jour encore dans une autre nuit, je prendrais le temps de lire tous les livres de l'histoire Majuscule, même ceux qu'on a oublié ou qu'on a pas encore écrit et au petit jour je serais enfin en mesure de répondre à l'unique et éternelle question du pourquoi : parce que!. Un jour ...ou peut-être une nuit me direz vous grande dame , alors qu'il pleuvait à saint nazaire aussi, j'ai senti le souffle de l'ankou sur mon cou et, voyez! depuis je n'ai plus peur du noir. Un jour , dans une autre nuit, au bistrot du port encore ouvert et après avoir posé à mes pieds un sac de marin rempli de trésors inutiles j'ai appris à sourire gentiment de la tempête des hommes qui faisait râge dehors. Un jour aussi et cette nuit incertaine comme elles le sont toutes puisque je ne sais jamais si j'en arriverais à bout, et bien j'ai compris dans ma solitude de moine qu'il n'y avait plus rien à craindre depuis longtemps déjà, l'homme est dérisoire et c'est sans doutes ce qui le rend si attachant! Un jour, tirant sur sa nuit, ou plutôt l'inverse? à l'abri des ombres et de leurs jeux pas toujours drôles, j'ai revu mon grand oiseau du cap horn, il s'était posé sur le pont lessivé d'une goélette, oh! juste un instant pour se reposer les ailes, enfin le croyait-il puisqu'il ne put finalement jamais redécoller... ses rêves étaient bien trop vastes pour la proue d'un seul navire et depuis le majestueux balladin des mers on l'appelle "l'oiseau lyre"






" Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage prennent des albatros, vastes oiseaux des mers, qui suivent, indolents compagnons de voyage, le navire glissant sur les gouffres amers. A peine les ont-ils déposés sur les planches, que ces rois de l'azur, maladroits et honteux, laissent piteusement leurs grandes ailes blanches comme des avirons traîner à côté d'eux. Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule ! Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid ! L'un agace son bec avec un brûle-gueule, l'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait ! Le poète est semblable au prince des nuées qui hante la tempête et se rit de l'archer; exilé sur le sol au milieu des huées,ses ailes de géant l'empêchent de marcher. " -charles baudelaire-

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