mercredi 28 novembre 2012

rions avec Notre Dame des Landes


 PLAT DU JOUR:
Humour en Zone Humide





"d'une amie dessinatrice de presse" -Philippe-
source: -Le blog de Valère






 et ensuite
coloriage
puisque c'est mercredi


Revue
de
crayons:
























mardi 27 novembre 2012

entre deux






Chacun trimballe
son
suaire
originel

Tout                 
                        Comme
...
Chacun
prépare
sa seconde
d'après,
s'en même s'en rendre
Vraiment
 compte.




dites, qu'avez-vous vu?




"Pour l'enfant amoureux de cartes et d'estampes,
l'univers est égal à son vaste appétit.
Ah que le monde est grand à la clarté des lampes!
Aux yeux du souvenir que le monde est petit!





Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,
le coeur gros de rancune et de désirs amers,
et nous allons, suivant le rythme de la lame,
berçant notre infini sur le fini des mers.../..."





".../...Etonnants voyageurs! quelles nobles histoires
nous lisons dans vos yeux profonds comme les mers!
Montrez-nous les écrins de vos riches mémoires,
ces bijous merveilleux, faits d'astres et d'éthers.

Nous voulons voyager sans vapeur et sans voile!
Faites, pour égayer l'ennui de nos prisons,
passer sur nos esprits, tendus comme une toile,
vos souvenirs avec leurs cadres d'horizons.

Dites, qu'avez-vous vu?
.../..."

Charles Baudelaire-"Le voyage"( extraits)










"Tu penses à quoi?
A la langueur du soir dans les trains du tiers monde,
A la maladie louche, aux parfums de secours,
A cette femme informe et qui pourtant s´inonde,
Aux chagrins de la mer planqués au fond des cours?
Tu penses à quoi?
A l´avion malheureux qui cherche un champ de blé,
A ce monde accroupi les yeux dans les étoiles,
A ce mètre inventé pour mesurer les plaies,
A ta joie démarrée quand je mets à la voile?
Tu penses à quoi?
A cette rouge gorge accrochée à ton flanc,
Aux pierres de la mer lisses comme des cygnes,
Au coquillage heureux et sa perle dedans
Qui n´attend que tes yeux pour leur faire des signes?

Tu penses à quoi?

Aux seins exténués de la chienne maman,
Aux hommes muselés qui tirent sur la laisse,
Aux biches dans les bois, au lièvre dans le vent,
A l´aigle bienheureux, à l´azur qu´il caresse?
Tu penses à quoi?
A l´imagination qui part demain matin,
A la fille égrenant son rosaire à pilules,
A ses mains mappemonde où tremble son destin,
A l´horizon barré où ses rêves s´annulent?
Tu penses à quoi?
A ta voix sur le fil quand je cherche ta voix,
A toi qui t´enfuyais quand j´allais te connaître,
A tout ce que tu sais de moi et à ce que tu crois,
A ce que je connais de toi sans te connaître?

Tu penses à quoi?

A ce temps relatif qui blanchit mes cheveux,
A ces larmes perdues qui s´inventent des rides,
A ces arbres datés où traînent des aveux,
A ton ventre rempli et à l´horreur du vide?
Tu penses à quoi?
A la brume baissant son compteur sur ta vie,
A la mort qui sommeille au bord de l´autoroute,
A tes chagrins d´enfant dans les yeux des petits,
A ton coeur mesuré qui bat, coûte que coûte?
Tu penses à quoi?
A ta tête de mort qui pousse sous ta peau,
A tes dents déjà mortes et qui rient dans ta tombe,
A cette absurdité de vivre pour la peau,
A la peur qui te tient debout lorsque tout tombe?

Tu penses à quoi?

Dis
Tu penses à quoi?
A moi?
Des fois?...

Je t´aime."


-Léo Ferré- 



photos: Patrick Lecouffe et Patch Barret

lundi 26 novembre 2012

Notre Dame des Landes pour les nuls



source: Blog du collectif...




Messieurs-dames humanistes et de bon goût  du parti  "socialiste" et  afficionados, vous êtes pour la petite ou la grosse commission?



Après les bulldozers casqués la commission arrive enfin  sur le terrain





Notre Dame des Landes pour les nuls
d'après les carnets de Pierre  Deruelle
"...Un projet de 1967 pour répondre aux défis de notre temps"
proposé par Philippe

illustration source: Carnets de Pierre Deruelle







Lydie nous envoie ceci:


ce que l'on ne voit pas dans la presse et que l'on entend pas à la radio et à la télé ....
 
 

"je n'ai même plus le temps d'écrire...
Sonnés ! les gens sont littéralement sonnés à l'aube de ce dimanche matin, par la violence des affrontements diurnes et nocturnes, à la Vache Rit dont la pièce fermée est transformée en infirmerie... Le préfet dit qu'il n'y a eu 'aucune prise en charge de blessés dans la région' : pas de risque, aucun véhicule ne peut passer !
Sonnés ! mais pas vaincus !

nddl : Communiqué de l’équipe médic 24 novembre 2012

Depuis Notre-Dame-des-Landes
"Depuis des semaines d’occupation et de harcèlement policier et militaire, alors que nous continuons à défendre la zone du bétonnage programmé, nous avons atteint aujourd’hui, samedi 24 novembre, un pic de violence avec une centaine de blessé.e.s, dont une trentaine graves pris en charge à l’infirmerie de l’équipe medic établie à la Vache rit, l’une des nombreuses équipes de soins sur la zone.
On dénombre une vingtaine de personnes touchées par des éclats de grenades assourdissantes, aux jambes, aux bras, à la lèvre, au bas ventre. Ces bouts métalliques ou plastiques entrent dans les chairs, on peut rarement les extraire, et ils restent souvent à vie.
Les grenades assourdissantes sont censées être utilisées selon un protocole précis : notamment en cas d’encerclement des forces de l’ordre, et en direction du ciel, ce qui n’était clairement pas le cas aujourd’hui. Les gendarmes mobiles les utilisent de façon à ce qu’elles explosent à côté ou sur les manifestants, provoquant des blessures graves.
Une personne a été touchée au bas ventre par un éclat d’une de ces grenades offensives, provoquant un gros hématome et des lésions internes. On constate chez deux personnes 10 impacts chacune dans les jambes. Une personne risque de perdre son oeil droit. On constate également une plaie au tympan due à un tir de grenade, provoquant une surdité brutale. Suite à des tirs tendus de flashball, on dénombre quatre blessures au thorax, avec fractures de côtes et état de choc, de multiples blessures aux jambes et aux mains, une blessure hémorragique au visage. Et de nombreux.ses autres blessé.e.s.
Il était difficile d’évacuer les blessé.e.s les plus graves par ambulance ou par véhicule particulier suite aux différents barrages de police. Ces scènes de défilé ininterrompu de blessé.e.s du matin au soir ravive dans nos mémoires le souvenir de l’action de masse contre les pylônes THT (Très Haute Tension) dans la Manche le 24 juin 2012 pendant laquelle les forces de l’ordre ont fait l’usage démesuré des mêmes armes, faisant plus d’une vingtaine de blessé.e.s en une heure.
L’habituelle stratégie de frapper fort celles et ceux qui résistent à leurs plans de destructions ne semble pas fonctionner ici à Notre-Dame-des-Landes. La force et la détermination est bien vive sur les visages. Nous ne lâcherons rien."
-Geneviève-

comme ils disent















 






 illustration source: Toile



"Ils ne sont pas homophobes, mais ils considèrent que les homosexuels sont devenus un peu trop voyants, trop bruyants, en osant réclamer le droit au mariage. Comme s'ils étaient des citoyens de seconde zone.
Ils ne sont pas homophobes, mais ils estiment que leur octroyer ce droit est un privilège. C'est une très vieille ficelle réactionnaire que de faire croire qu'un droit accordé à ceux qui ne l'ont pas va l'enlever à d'autres.
Ils ne sont pas homophobes, mais ils pensent que la vénérable institution du mariage doit être protégée de cette agression. Comme si les homosexuels étaient responsables et coupables du fait qu'un mariage sur deux se termine aujourd'hui par un divorce.
Ils ne sont pas homophobes, mais ils jugent que le mariage n'a pas pour vocation d'offrir un manteau de respectabilité a des amours dissolues. Comme si le code civil avait jamais parlé d'amour. Comme si  les amours hétéro se limitaient à la position du missionnaire.
Ils ne sont pas homophobes mais ils jurent que la famille est en danger. Comme si la principale menace n'était pas la précarité sociale, sur laquelle ils restent muets.
Ils ne sont pas homophobes, mais ils croient profondément qu'un enfant a besoin, pour être heureux, d'un papa, d'une maman, d'un labrador et d'un 4X4. Et pas de deux parents (au moins) du même sexe. Comme si des siècles d'hétéro-parentalité avaient éradiqué l'enfance maltraitée des faits divers.
Ils ne sont pas homophobes, mais ils sentent qu'un enfant a besoin, pour se développer, d'un référent masculin et d'un référent féminin. Comme si le vase clos de la cellule parentale suffisait à fabriquer un futur adulte, comme si il n'était pas le produit de toute une société, composée d'hommes et de femmes.
Ils ne sont pas homophobes, mais ils jugent que le mariage homo ouvrira la porte à l'inceste, la polygamie, la zoophilie...Comme si l'amour entre personnes du même sexe était une pathologie, une déviance, une tare menant à l'animalité.
Ils ne sont pas homophobes, mais ils présument qu'ouvrir l'adoption aux couples du même sexe la détournera de sa raison d'être- donner un foyer à un enfant malheureux- par pur égoïsme. Comme si l'adoption aujourd'hui n'établissait pas déjà un droit à l'enfant.
Ils ne sont pas homophobes, mais ils clament que bientôt "on pourra acheter un enfant sur internet" homosexualité et pédophilie même combat, comme le sous-entend le cardinal André Vingt-Trois!
Ils ne sont pas homophobes mais ils refusent de céder comme des moutons de Panurge à la "modernité" bien- pensante dictée depuis Boboland. Comme si l'égalité en droits était une idée du futur.
Ils ne sont pas homophobes mais, quand même, les gays et les lesbiennes ne devraient pas imposer leur "choix de vie" à l'ensemble de la société. Comme si on choisissait d'être homosexuel.
Ils ne sont pas homophobes, mais ils couinent que l'homosexualité a détruit la civilisation grecque, et que le mariage homo signe plus sûrement que le calendrier maya l'extinction de l'humanité.
Ils ne sont pas homophobes -la preuve, leur coiffeur est pédé et ils adorent Stéphane Bern- mais, au plus profond d'eux-mêmes, ils pensent que les homosexuels ne sont pas tout à fait des hommes et des femmes comme les autres."

Ce texte de Christine Lambert et Joseph Macé-Scaron et qui a pour titre: "Ils ne sont pas homophobes, comme ils disent". a été publié dans la page "controverses" du numéro 814 de l'hebdomadaire Marianne