mercredi 9 juin 2010

BIG JET PLANE

AU RISQUE



Au risque de se tromper -mais qu'est-ce que tu risques?-
d'en dire trop ou pas assez...
d'être mal compris, incompris, interprété, déformé, détourné...
et
au risque de loucher
de ne pas voir plus loin que le bout de son nez
-qu'il avait -selon différentes sources- fort avantageux, cependant.
Au risque de passer pour un imbécile
de repasser le plat du jour d'avant
en forme de rigolo du service compris,
mais
sans la taxe à la valeur ajoutée.
Au risque d'enfoncer  des portes ouvertes et  fermées de l'intérieur,
d'en faire une montagne, à déplacer à la petite cuillère
et ,
de ne pas prendre de gants pour se salir l'humain,
d'enfiler des perles d'inculture,
de marcher sur des voeux
qui se réveillent en sueur d'avoir trop mal remué,
 pas assez mélangé, le doute et l'insouciance.
Au risque de  laborieusement se répéter , le doigt sur le papier,
 pour suivre les lignes de fuite qui s'échappent à mesure.
Au risque d'en découdre à tricoter un monde en poing levé qui se rouille, exclamatif et enroué,
 à la parenthèse gigotante et  interrogative.
Au risque d'un monde en suspension, ni trop solide, ni  soluble dans  l'aligot,
à s'en faire tout un fromage!
camembert, je passe mon tour.
Au risque d'être oublié...
qu'est ce qu'on retiendra de moi, le jour où...?
disais-tu  l'autre fois.
Le jour où quoi? je ne sais plus. On ne m'a pas présenté!
Ah parce que tu crois que celui-là, à l'instant où tu te pinces, tu en sais vraiment quelque chose?
Au risque de la vraie vie en apesanterre mais surtout, surtout...  sans la peur.
Au risque de décevoir, de faire du mâle biologique et des salades anthroposophiques à trop regarder sa lune.
Au risque de passer à côté d'une certaine bonne  idée de la nonchalance,
au profit de l'angoisse qui monte, qui monte et qui coupe le cou,
ou...
attaque les grandes artères.
Au risque de jouer au dé chéance
et d'être fanny mais sous  la pluie.
Au risque d'avoir perdu les paroles de la  chanson qui disait
qu''à regarder le monde s'agiter et paraître,
en habit d'imposture et de supercherie"...
Au risque d'être devenu, ce qu'on moquait jadis dans la  fulgurance candeur d'une innocente habillée chez   beauté cruelle,
un vieux con, sans le: qui s'adore,
Au risque de tout perdre sans avoir rien gagné,
de ne pas être habilité à la transparence.

Au risque de n'avoir jamais appris à nager.
et
au risque de continuer, encore un peu...
mais qu'est-ce que tu risques?



COTTONWOOD BAY




découvert chez "Vivre fatigue"

CETTE BLESSURE


-envoyé par Jptalimi

"Cette blessure
Où meurt la mer comme un chagrin de chair
Où va la vie germer dans le désert
Qui fait de sang la blancheur des berceaux
Qui se referme au marbre du tombeau
Cette blessure d'où je viens

Cette blessure

Où va ma lèvre à l'aube de l'amour
Où bat ta fièvre un peu comme un tambour
D'où part ta vigne en y pressant des doigts
D'où vient le cri le même chaque fois
Cette blessure d'où tu viens

Cette blessure

Qui se referme à l'orée de l'ennui
Comme une cicatrice de la nuit
Et qui n'en finit pas de se rouvrir
Sous des larmes qu'affile le désir

Cette blessure

Comme un soleil sur la mélancolie
Comme un jardin qu'on n'ouvre que la nuit
Comme un parfum qui traîne à la marée
Comme un sourire sur ma destinée
Cette blessure d'où je viens

Cette blessure

Drapée de soie sous son triangle noir
Où vont des géomètres de hasard
Bâtir de rien des chagrins assistés
En y creusant parfois pour le péché
Cette blessure d'où tu viens

Cette blessure

Qu'on voudrait coudre au milieu du désir
Comme une couture sur le plaisir
Qu'on voudrait voir se fermer à jamais
Comme une porte ouverte sur la mort

Cette blessure dont je meurs"