jeudi 26 mars 2009

j'aime l'aveyron

merci laurent pour l'envoi de cette merveille et bonjour à tous les ami(e)s aveyronnais(e)s

mercredi 25 mars 2009

walabri de jardin


Amis jardiniers en herbe (forcément) ou confirmés, mes hommages printaniers et comme je suis sur que je ne vous ai jamais encore parlé de Claude, c'est bien dommage et qu'à cela ne tienne, d'ailleurs c'est un garçon de la branche sympathique et aussi plein d'idées, mais attention quand il imagine un "truc", ça peut aller loin, jusqu'au concours lépine par exemple où il a été primé l'an dernier pour son "walabri" . Mais quézaco? répondit l'écho, et bien chers lecteurs blogouilleurs et éventuellement gratouilleurs, il s'agit figurez-vous, d'un abri de protection et de forçage pour le bien- être du végétal . Fallait y penser au bien-être du végétal, c'est pas le tout de manger du légume, encore faut-il qu'il arrive en bonne santé dans votre assiette. J'ai l'air de plaisanter comme ça mais c'est tout à fait sérieux et d'ailleurs je passe le micro directement à claude qui va vous expliquer tout ça:

Un petit topo s'impose: Tout d'abord, brièvement, le walabri est arrivé pour pallier le manque dans le commerce, d'un dispositif ergonomique devant protéger, par exemple, un plan de tomate contre les gelées printanières. De fil en aiguille, le dispositif est devenu une adéquation entre la protection et le confort du végétal, la volonté d'avoir une récolte précoce, celle de retrouver la saveur réelle des fruits et légumes, l'élimination maximale de contraintes pour l'incitation et le plaisir du jardinage, l'idée du mobilier de potager et le respect de l'environnement.


Avantages et utilisations non exhaustifs:

il permet de profiter d'une récolte, dès la fin du printemps; Sous l'effet de serre, le végétal va se développer plus rapidement à la condition toutefois, qu'il soit aéré et ventilé, sinon par un excès de chaleur il périra (entre 30 et 35° au mois de mars sous nos latitudes) Le végétal est un être vivant qui comme nous, a besoin d'air: si nous nous trouvons dans un véhicule en plein soleil au mois de mars, nous ouvrirons une vitre pour aérer et si cela ne suffit pas nous ouvrirons une deuxième vitre. Avec le walabri, nous allons aérer en ouvrant plus ou moins les deux parties du dessus et nous allons ventiler en retirant plus ou moins ce dispositif du sol, en créant ainsi, la convection de l'air. L'air chaud, plus léger s'échappe vers l'extérieur et, la nature ne supportant pas le vide, l'air frais est aspiré vers le bas.


Il dispose d'une structure ergonomique à l'utilisation:

Ce dispositif dispose d'une structure et de moyens d'utilisations qui le rendent autonome. Mobile, léger, il respecte la rotation des cultures. Les piquets sont attenants à la structure et celle-ci présente une forme permettant un ancrage au sol, pouvant résister à de très fortes rafales de vent ( 120,130km/h, posé sur le sol). Le walabri comprend des éléments pouvant être assemblés et démontés par un système d'accrochage simple. il est démontable pour répondre à trois exigences: la première est liée à la réduction du volume pour réduire le coût du transport, la deuxième pour l'utiliser comme un paravent (protégé des vebts provenant d'est en ouest en passant par le nord, mais ouvert vers le sud), et la troisième pour un stockage à plat ou par accrochage vertical grâce aux percements dans la traverse haute des cadres. Ces percements ont aussi la fonction de renouvellement de l'air au sein du dispositif et de prise en main en y introduisant un doigt lors des diverses manipulations; Si toutefois, de la place est disponible pour le stockage, grâce à sa forme pyramidale, on pourra préférer l'empilement.

Il répond aux exigences écologiques et respecte naturellement l'environnement:

Cette structure est délibérément en pin maritime ou toute autre essence respectant la charte du PEFC (programme européen des forêts certifiées), sans produit de traitement. Optimisant la surface de culture, ce dispositif réduit de façon non négligeable la surface du film en matière plastique (polyéthylène) en comparaison des autres moyens classiques de protection.
Il cause bien Claude quand même, on voit qu'il connait son sujet et ça marche super bien son walabri, je l'ai vu de mes yeux vu, et en plus c'est pas cher du tout, parce que Claude il est du genre éthique, il veut que tout le monde puisse en profiter. Et voilà quoi et comme il commence tout juste la commercialisation, j'ai décidé d'offrir mon modeste concours (pas lépine celui là) à sa petite entreprise à taille aussi écologique qu'humaine.
pour plus d'infos: walabri claude barron BP04 44160 pont-château- e-mail: walabri@orange;fr- tel 09/79/06/96/28

mardi 24 mars 2009

toutes ces bouches à nourrir




"À la maison ils n'ont rien à manger à se mettre sous la dent. Les petits ils font les marché derrière les maraîchers. Ils ramassent les fruits pas pourris. Toutes ces bouches à nourrir; Toutes ces bouches à nourrir qui appellent. Toutes ces bouches à nourrir. Toutes ces bouches à nourrir je les aime. Toutes ces bouches à nourrir.Les bandes sont nombreuses de gamins aux joues creuses. Je suis l'aîné décharné. Je gère les ardoises les pourboires des bourgeoises qui nous trouvent mignons en haillons.Toutes ces bouches à nourrir...En Amérique, en Asie, en Afrique c'est pareil ,les gamins Ttndent la main, Les larmes du monde sont sur eux, tant de mouches qu'ils sont las de chasser de leurs bouches , de leurs bouches à nourrir, de leurs bouches à nourrir qui appellent. De leurs bouches à nourrir. Toutes ces bouches à nourrir je les aimes. Toutes ces bouches à nourrir ..." thomas fersen-le bal des oiseaux-

Sweet Home Alabama

pour le tape dans tes mains et tout le reste- hHut les choeurs dans la prairie et ses robes à fleurs, les guitares en ordre serré, les cheveux sweet home et l'alabama sur les bords

mauves en noir




Le polar en bord de loire- c'est une rime qui se sent bien- quand au polar en Mauves il prend de la couleur aussi et pour un week-end (les 25 et 26 avril ) il accueillera une trentaine d'auteurs de romans aussi policés que policiers - animations, conférences, débats, spectacles...autour d'un thème qui pour cette version 2009 est "crime(s) de goût(s)"


puisqu'on en est aux bonnes nouvelles -on s'installe confortablement pour lire la suite- :




"L’ai-je toujours été sans doute. Combien ai-je attendu ce jour ? Quatre ans. Oui. Quatre longues années. J’ai presque envie de sourire maintenant. Mes nerfs ne doivent pas lâcher. Aujourd’hui doit être propre. Ma tête doit rester calme. Mes mains, quant à elles, sont déjà froides, prêtes à exécuter le mouvement décisif. Mon corps commence à s’anesthésier de toute angoisse. Mon esprit a été balayé du doute. Ce qui m’attend est devenu une évidence. La clarté de ce qui doit être fait. Une raison de vivre. Un prétexte pour survivre. La chambre de Sarah est semblable à celle de son onzième anniversaire. L’odeur de ma fille est encore présente entre ces murs. Je n’ai jamais aéré la pièce. Son lit est défait. Les mêmes plis. Le même oreiller bleu ciel sur le sol. J’inspecte ses vêtements. Elle était sur le point de devenir une adolescente épanouie. Je caresse sa robe préférée, celle qu’elle portait pour tous les anniversaires. On aurait dit une fleur. Une fleur en train d’éclore, avec fragilité et douceur. Son journal que je lui avais offert. Elle avait personnalisé la couverture en y ajoutant l’autocollant d’un panneau de sens interdit. La dernière page raconte son excitation d’entrer au collège. Elle avait des craintes aussi. Elle se demandait si elle parviendrait à se faire des amies. Mais la classe de 6 ème représentait pour elle la fin de l’enfance et elle en était heureuse. En ce jour, elle aurait eu l’âge d’avoir un petit copain et j’aurais pu partager une grande conversation avec elle, autour des premiers rapports et aussi du premier amour. Je ressors et ferme la porte, une dernière fois. La maison ne ressemble à rien. Quelques coussins par terre. Une pile des journaux de la région à côté. Le reste est un ensemble vide. J’ai tout vendu. Tout est d’une blancheur impeccable. Un vide paradisiaque. Plus personne ne vient ici. Il faut dire que je n’ai plus beaucoup de connaissances. J’avais encore le téléphone l’année dernière, mais j’ai coupé la ligne. J’ai conservé contact avec un ami de longue date, avec lequel j’ai eu une aventure. Il ne m’a jamais attiré. Quand Sarah est morte, je savais qu’un jour, j’aurais besoin de lui. Alors, je m’en suis rapproché. Par utilité, et non par envie. Il travaille dans l’administration du Centre Pénitentiaire de Saint-Quentin Fallavier. Pas très loin du drame. D’ailleurs, il m’a contacté la semaine dernière : l’homme que j’ai attendu tout ce temps devrait être relâché dans une heure. Liberté conditionnelle. Il doit s’établir à Lozanne. Petite commune pas très loin de Lyon, où il trouvera un travail et un toit. Le début de sa réintégration dans la société. Je connais bien cet endroit. Nous y sommes déjà allés plusieurs fois pour prendre des photos des voies ferrées et de leurs trains. Toute une histoire là-bas. Une époque révolue. L’image d’une famille unie est un souvenir pimenté. Il me rappelle ce qui a été perdu. Il me renvoie à cet homme, Loïc Roussel, la quarantaine au mois prochain, célibataire et sans enfant, condamné à six ans de détention pour homicide involontaire. Celui de ma fille. L’hôtel de la Gare. À Chessy Les Mines, une petite ville, voisine de Lozanne. Ainsi baptisée pour ses anciennes mines de cuivre. L’endroit a échappé aux marques du 21e siècle. On se croirait presque dans une autre dimension. J’adorais ce contraste. Vivre à Lyon la semaine. Et sortir me balader en plein pays des Pierres Dorées le week-end. Il y sera cette nuit. Il descendra à cet hôtel. Quant à moi, ma chambre est déjà réservée. Je patiente au bar, derrière mon troisième café. 16 h 15. Je suppose qu’il s’est arrêté en route. Loïc devrait être là. Mais il doit probablement en profiter un peu. Se familiariser de nouveau avec la région. Je peux le comprendre. Et je commande un quatrième café. Un jeune homme s’installe à côté de moi. Il paye ma commande en jetant un billet de cinq euros sur le comptoir. C’est vrai que je me suis faite belle pour l’occasion. J’ai pris soin de me maquiller. Mes jambes sont épilées. Je me suis même arrêtée en route pour acheter du parfum. Après en avoir vaporisé dans le cou et sur les poignets, je me suis débarrassée du flacon. Mes cheveux sont lavés et coiffés. Oui, en ce jour et pour ce jour, je suis belle. Le jeune homme essaye de lancer la conversation. Alors, j’incline mes lunettes de soleil pour qu’il puisse voir mes yeux. Et il abandonne. Les cernes de la haine les bordent depuis longtemps. Ils n’offrent rien de plus qu’un profond mépris ou une pleine indifférence au mieux. Voilà ce qui l’a repoussé aussi vite. Glaciale détermination. Le sommeil m’a abandonné depuis l’enterrement. La vengeance m’a gardée en vie. Je n’ai rien eu à dire. Il s’est éloigné en se demandant ce qui a bien pu m’arriver. Le bus vient de se stationner. De là où je suis, je perçois une ombre à la démarche lente se déplacer vers la portière. C’est lui. C’est Loïc. Un large sac noir sur le dos. Son expression a changé. Son visage s’est vieilli d’une vingtaine d’années. Une barbe brune encadre son air de chien battu. Ses cheveux n’ont pas été coupés depuis un bon moment : ils lui descendent jusqu’aux épaules. Un corps maigre. Faible. Il demeure plusieurs minutes sur le trottoir d’en face, inerte. Il scanne les environs. Il essaye de reconnaître quelqu’un, de s’appuyer sur un regard familier, mais en vain. Il est seul avec son sac. Sa solitude me touche parce que je la partage. Nous avons cela en commun. Nous errons comme des bêtes apprivoisées, soudainement relâchées en pleine nature. Les gens nous sont étrangers. Nous sommes des spectres que le paradis a rejetés. Un grand-père semble lui demander s’il est de la région. Je ne vois pas ses lèvres bouger. Il ne lui répond rien. Il secoue la tête. Il est ailleurs. Dans le passé. Il est resté aux portes des urgences de l’hôpital Saint-Luc. Tout comme moi. Nous avons cela en commun oui. Nous avons laissé notre humanité à Lyon. Et le grand-père passe son chemin : il n’a pas rencontré la bonne personne pour discuter. Loïc regarde dans ma direction. Je retourne à mon sachet de sucre. Non. Il ne peut pas me reconnaître. C’est impossible. Du coin de l’œil, je crois qu’il insiste. Je fouille dans mon sac à main. À côté du paquet de Dunhill, la paire de ciseaux de Sarah. Je la serre comme pour me calmer et je la repousse tout au fond. Elle en voulait une grande paire puisqu’elle entrait au collège. C’est peut-être le seul objet que j’ai déplacé dans sa chambre. Tout le reste est encore là. Quand il se décide à avancer vers l’hôtel, je me retourne entièrement et commande un verre de champagne cette fois-ci. Je le sens passer. Tout près. Au ralenti. Je sens ses mouvements derrière moi. J’entends l’air se fissurer à chacun de ses pas. J’écoute l’impact de ses bottes dans l’allée qui mène à l’accueil. Je ne respire plus. Mes poumons se bloquent. Je bois une gorgée. Ça y est. Il n’est plus dans mon dos. Il prend sa clé. Chambre 31. Monte dans sa chambre. Il ne descendra plus. Il n’a pas faim. Moi, j’irai au restaurant. C’est un grand jour après tout. En entrée une salade romaine accompagnée d’une crème d’artichauts. En deuxième entrée, des champignons cuits en terrine. En plat principal, une côte de bœuf saignante encerclée par des poivrons grillés. Et une tartelette au caramel mou en dessert. Pas de vin ce soir. Pas de digestifs. Je reste sobre. Mais je compte négocier une bouteille de Jack Daniel’s à emporter. Pour après. Sur une table voisine, une adolescente avec ses parents et son petit frère. Elle ne parle pas. Ne termine pas son ris de veau. Elle attend que le dîner se termine. Et puis, elle tourne la tête, observe à quoi doit ressembler l’adulte d’aujourd’hui. Je tourne la tête avec elle, participe à l’étude. Il y a là, un petit groupe d’hommes d’affaires qui ont probablement fait une escale ici avant de régler leur business sur Lyon. Un couple d’Anglais silencieux. Un autre, un peu plus jeune et plus bavard, mais qui ne sourit pas. De nouveau, je regarde l’adolescente. Elle essuie ses mains sur sa robe blanche avec hargne, cependant avec discrétion. Comme un signe de protestation. J’imagine que pour une famille de ce milieu, cela est inacceptable de salir son vêtement. La petite fantasme sur une vie plus simple. Avec moins de codes. Sarah aurait son âge. Ça, c’est mon fantasme. Je peux presque voir le regard qu’elle aurait maintenant. Nous serions toujours aussi complices. Si elle était là, je ne lui aurais pas imposé ce type de restaurant grand luxe. Nous aurions trouvé un Grec ou un Japonais. Peut-être une pizzeria ou un Marocain. L’essentiel aurait été d’être ensemble. De se confier l’une à l’autre. Je laisse trois billets de cinquante euros sous le pied de verre et je m’en vais tuer Loïc. Je reviens avant le couvre-feu de l’hôtel. Le responsable s’apprêtait à fermer. Le bâtiment semble endormi. Ou alors peut-être que nous ne sommes que deux clients ce soir. Lui et moi. Avant de rentrer dans ma chambre, j’inspecte le couloir. Je vérifie les lumières sous la porte, les radios allumées ou les téléviseurs. Rien. Excepté au palier de la 31, où je distingue le bulletin d’information de nuit. Je me réfugie dans ma salle de bains et je mouille mon visage, comme pour le laver du moindre symptôme d’hésitation. Je me regarde, les yeux dégoulinants de mascara, les lèvres débordantes d’un rouge brut. Il est temps. Je remplis mon verre à l’évier. J’avale tout ce qu’il me reste de Prozac et de Lexomil, c’est à dire les provisions du trimestre. Pour faire passer le goût médicamenteux, j’ouvre ma bouteille de Jack. Je la bois rapidement, mais par intermittence, pour ne rien régurgiter. Déjà je me sens pâteuse. Molle. Je me dépêche. Les ciseaux de Sarah. Et je me présente devant sa chambre. J’avais prévu de forcer sa serrure. Mais la porte s’ouvre. Le meurtrier de ma fille m’attendait. Il m’avait reconnue toute à l’heure. Et il m’attendait sagement. Comme un condamné. Nous restons là, face à face, sans rien nous dire. Il n’y rien à dire. Nos vies n’ont plus rien à dire. Il laisse la porte ouverte et s’en va s’asseoir sur l’unique chaise de la chambre. J’accepte l’invitation, verrouille derrière moi. Il voit les ciseaux. Il sait ce qu’il doit se passer. Et je me mets à éprouver envers cet homme un profond respect. Je me surprends presque à admirer sa culpabilité, celle d’un ancien conducteur de taxi qui a renversé mon unique enfant. Je ne lui parle pas. Lui, il ne baisse pas la tête, mais m’offre une larme sincère en guise d’excuses. Mon geste est vif. Précis. Dans le cou. Dans la jugulaire. Le sang gicle. Par réflexe, il pose ses mains sur la blessure. Par conviction, il abandonne sa prise. Il se laisse mourir maintenant. Tout est justifiable doit-il penser. Je ne m’attendais pas à tant de philosophie de sa part. Il est allongé sur la moquette. La tâche s’étend peu à peu. À travers ce sang qui s’échappe de son corps, ma vie perd de son sens. Nous étions liés. Je respirais pour lui. Pour le retrouver. Je m’allonge sur son lit. Sereine. Je partirai après." -je respirais pour lui- stéphane gros-finaliste du concours mauve en noir 2008-