dimanche 8 mars 2009

humour du dimanche











-AH! AH! AH! et je dirais même plus HI! HI! HI! -








"Et quand la vérité n'ose pas aller toute nue, la robe qui l'habille le mieux, c'est l'humour."-doris lussier-




"L'humour est un déguisement sous lequel l'émotion peut affronter le monde extérieur" -tony mayer-




"Où il n'y a pas d'humour, il n'y a pas d'humanité, où il n'y a pas d'humour, il y a le camp de concentration." -eugène ionesco-


















"L'imagination a été donnée à l'homme pour compenser ce qu'il n'est pas. L'humour pour le consoler de ce qu'il est" -saki-





"L'humour est une façon de se tirer d'embarras sans se tirer d'affaire."-louis scutenaire-





"Dans le tragique, l'esprit humain, aussi loin qu'il descende, finit toujours par toucher le fond ; dans l'humour jamais." -arthur schnitzler-





"L'humour est le plus court chemin d'un homme à un autre." -georges wolinski-





"L'humour n'est qu'un des moyens de se défendre contre l'univers." -mel brooks-





















"J'ai perdu le sens de l'humour depuis que j'ai le sens des affaires." -luc plamondon-





"L'humour. Une plaisanterie avec un air triste." -william shakespeare-





"L'humour est un phénomène produit par une précipitation soudaine de la culture dans la barbarie." -wyndham lewis-






merci à popette , rémy, olivier et philippe

bonne fête et l'autre pas.






C'est le 8 mars aujourd'hui et si j'en crois le calendrier évènementiel, l'on devrait souhaiter une bonne fête à toutes les femmes, petites ou grandes, jeunes ou vieilles, riches ou pauvres...mais chaque année se pose la même question: faut-il le faire? et chaque année se transmettent les mêmes réponses: "bien sur que oui" ou "forcément non" et encore : "oui, mais..." et bref , jusqu'à 23h59 je resterais dans le doute puisque les partisanes de l'un ou de l'autre camp, voir des deux ou d'aucun ont des arguments tout à fait crédibles. Et moi là dedans ptit mec, qui ne voudrait pas faire un impair -surtout aujourd'hui- (ah oui parce que les autres jours... -la claviste sur le pont-) et bien comme j'aimerais être consensuel, et ne pas me mettre à dos plus de la moitié de la gente humaine, je marche sur mes oeufs ( on appelle cela une descente d'organe je crois -voix off) ou bien comme au milieu d'un champ de mines que je serais, si l'image vous interpelle plus. Ceci dit, j'ai déjà réussi à me débarasser du problème de la fête des mères, d'abord j'ai plus de mère et puis, à part quand la maitresse d'école (célibataire) nous faisait fabriquer des trucs immondes pour l'occasion, je me suis toujours posé la question du bien fondé de cette fête pétiniste censée glorifier le ventre maternel tout juste bon, si j'en crois le catéchisme des années 40 à enfanter des ptits franciaux, bien propres et au garde à vous-fixe- . Pour la fête des pères, c'est pareil, ça fait un bail que je n'offre plus de cendrier en terre cuite, et de toutes façons j'imagine qu'aujourd'hui avec évain et tous ses fumasses ce ne serait absolument pas politiquement correct,.Mince ils ont du en baver les instits pour trouver autre chose. M'enfin comme y'a plus d'instits non plus, vu qu'ils sont profs des écoles, et comme y'a plus depuis longtemps d'école normale et bientôt plus d'iufm , je ne suis pas sur qu'à la fac plus douze ils vont leur apprendre ce genre d'activités et ça au moins ce sera réglé car pour le reste...Bon alors heu! bonne fête et l'autre pas...

samedi 7 mars 2009

Stop and Hear the Music

Le musicien de rue était debout dans l'entrée de la station « Enfant Plaza » du métro de Washington DC. Il a commencé à jouer du violon.

C'était un matin froid, en janvier dernier. Il a joué durant quarante-cinq minutes. Pour commencer, la chaconne de la 2ème partita de Bach, puis l'Ave Maria de Schubert, du Manuel Ponce, du Massenet et à nouveau, du Bach.

A cette heure de pointe, vers 8h du matin, quelque mille personnes ont traversé ce couloir, pour la plupart en route vers leur travail.. Après trois minutes, un homme d'âge mûr a remarqué qu'un musicien jouait. Il a ralenti son pas, s'est arrêté quelques secondes puis a démarré en accélérant.

Une minute plus tard, le violoniste a reçu son premier dollar : en continuant droit devant, une femme lui a jeté l'argent dans son petit pot. Peu après, un quidam s'est appuyé sur le mur d'en face pour l'écouter mais il a regardé sa montre et a recommencé à marcher. Il était clairement en retard.

Celui qui a marqué le plus d'attention fut un petit garçon qui devait avoir trois ans. Sa mère l'a tiré, pressé mais l'enfant s'est arrêté pour regarder le violoniste. Finalement sa mère l'a secoué et agrippé brutalement afin que l'enfant reprenne le pas. Toutefois, en marchant, il a gardé sa tête tournée vers le musicien. Cette scène s'est répétée plusieurs fois avec d'autres enfants. Et les parents, sans exception, les ont forcés à bouger.

Durant les trois quarts d'heure de jeu du musicien, seules sept personnes se sont vraiment arrêtées pour l'écouter un temps. Une vingtaine environ lui a donné de l'argent tout en en continuant leur marche. Il a récolté 32 dollars.


Personne ne l'a remarqué quand il a eu fini de jouer. Personne n'a applaudi.


Sur plus de mille passants, seule une personne l'a reconnu.


Ce violoniste était Joshua Bell, actuellement un des meilleurs musiciens de la planète. Il a joué dans ce hall les partitions les plus difficiles jamais écrites, avec un Stradivarius valant 3,5 millions de dollars.

Deux jours avant de jouer dans le métro, sa prestation future au théâtre de Boston était « sold out » avec des prix avoisinant les 100 dollars la place.

C'est une histoire vraie. L'expérience a été organisée par le «Washington Post » dans le cadre d'une enquête sur la perception, les goûts et les priorités d'action des gens.

Les questions étaient : dans un environnement commun, à une heure inappropriée, pouvons-nous percevoir la beauté ? Nous arrêtons-nous pour l'apprécier ? Reconnaissons-nous le talent dans un contexte inattendu ?

Une des possibles conclusions de cette expérience pourrait être :

si nous n'avons pas le temps pour nous arrêter et écouter un des meilleurs musiciens au monde, jouant pour nous gratuitement quelques-unes des plus belles partitions jamais composées, avec un violon Stradivarius valant 3,5 millions de dollars, à côté de combien d'autres choses passons-nous ?
(merci olivier pour l'envoi)

pour bien faire


Pour bien faire, il faudrait dépoussiérer le clavier, passer une petite brosse entre les touches et enlever aux lettres l'excès de sébum qui s'est accumulé au fil des jours, et peut-être même aussi en supprimer quelques unes , celles qui ne servent que trop rarement dans la couture des phrases...Vous écrivez au point de croix vous? Ah si la question est posée ainsi, je ne peux que répondre par l'affirmative. Forcément, on le sent bien que j'ai dû dans le passé donner ma langue au chat de l'aiguille à tricoter les culpabilités pardonnables; Comme tout le monde je me débrouille avec le point arrière et le point de piqûre n'est pas non plus pour me déplaire. Regarde bien le clavier, il ressemble à l'escalier qui se creuse pour accueillir les pas, et il y a des marches plus sensibles que d'autres. Ici c'est pareil, les touches elles s'expriment en silence majuscule, comme la rouille sur les doigts du fumeur. On ne peut rien cacher finalement; c'est comment dire -scientifique-enfin... paraît-il . Pourtant je n'ai jamais été persuadé que le scientisme avait réponse à tout ou alors il ressemblerait à cela même qu'il voudrait combattre, car si la raison n'a jamais tort c'est que les dieux du dogme commandent les éprouvettes, et en ce qui me concerne, le point de rupture est consommé. Juste des traces, des fragilités dans la machine humaine pour nous offrir un semblant d'histoire, une différence et toutes ces concéquences, qui nous font ici et maintenant bonne pâte, à modeler les émotions. Point de feston, point de chausson, point invisible...on se tricote comme on peut au large des entournures, on se déboutonne à l'occasion et l'on se cherche une harmonie avec le tissu pour pas faire trop tâche. Au commencement il y avait -azerty- et ensuite des routes multiples, indéfinissables, inexplicables, jalonnées de points de suspension, énervées sous les exclamations, timides en interrogations et nuancées chez guillemets. On s'habille avec ses mots comme on couvre sa pudeur avec du coton plus ou moins bien peigné, et ce que l'on porte n'est pas toujours à l'image de ce que l'on voudrait être, puisqu'il y a des impondérables, le regard des autres et l'interprétation qui tourne à plein régime. prise de tête, prise de risque, prise au vent, de saisons en calendriers, et toujours se représenter en choix continu, en spectacle de chambre ou grand public, c'est salon où l'on se cause -mais je vous en prie, passez donc devant , j'ai mon âme à finir - une maille à l'endroit, une maille à l'envers...mar plij...

vendredi 6 mars 2009

se coucher tard...nuit -deuxième partie-
















".../... Il regarde dehors. La lumière a changé. un voile bleuté a gagné les lointains. Par la fenêtre, un bruit arrive, dont il ne saurait dire si c'est celui d'un bourdon ou d'un moteur au loin. C'est un moteur. De mobylette. Il sourit: "Comme du papier musique." La mobylette de Bert, le nuiteux, fait un bruit très particulier, reconnaissable entre mille. A présent, il n'y a plus qu'à attendre deux minutes trente. il imagine la mob qui fait le tour du bâtiment par derrière, Bert qui met l'antivol et prend sa gamelle dans la sacoche. A présent, il monte les marches et s'approche du bureau...-" Comme du papier musique! " Bert fait son entrée. La phrase est aussi rituelle que les gestes. Poignée de mains, allumer la lampe du bureau, éteindre le néon. Dans l'ordre. Puis il s'asseoit, retire ses souliers et enfile des pantoufles. Bert, c'est lui qui dit si c'est la nuit ou le jour. Là, c'est la nuit qui commence. Quand il a chaussé ses pantoufles, on sent que la bascule est faite. Du coup, en se levant du fauteuil qui n'est plus le sien depuis une minute, l'infirmier est surpris, presque gêné du bruit que font ses souliers sur le carrelage. "R.A.S. ?" -R.A.S. " Les transmissions sont terminées. L'infirmier va pouvoir partir. Il devrait même être déjà parti mais chaque fois, il traîne encore un peu, faisant semblant de ranger un truc ou deux. Il s'étire. Bert dit qu'aujourd'hui il est tombé du feu. L'infirmier acquiesce. Oui, il a fait chaud. Il défait un à un les boutons de sa blouse et tourne encore un peu dans le bureau. Le nuiteux jette un oeil sur le tableau des effectifs, un regard sur les étiquettes des patients. Il ne lit pas vraiment, il attend. Sans impatience, mais il attend. Il sort de sa poche la blague à tabac et le cahier de feuilles. La nuit, on a le temps de rouler. Petit à petit, il prend possession de son domaine. Il installe près de lui la grosse lampe Mazda pour les rondes. Sur la potence à perfusion, il accroche sa blouse, au cas où...Sur le seuil du bureau, l'infirmier se retourne. C'est étrange. Ce bureau, il le connaît par coeur. Il y travaill depuis des années. Pourtant, chaque soir c'est la même sensation. On dirait qu'un autre monde est en train de naître, avec ses valeurs, ses rituels, son rythme. La salle de séjour s'est vidée et la télé s'est allumée sur un désert de fauteuils. Eteindre le poste, c'est l'étape suivante pour le nuiteux. Et puis la première ronde, juste pour voir comment ça se passe. Pour renifler aussi l'ambiance, s'en imprégner. Au passage, Bert ouvre la porte de l'office pour déposer sa gamelle dans le frigo. Il a le coup pour ouvrir les portes sans faire de bruit avec les clés. De jour, c'est pas pareil. On n'y pense pas, au bruit des clés. C'est même un peu lui qui rythme la journée. L'infirmier, toujours dans la porte du bureau, se dit qu'un jour, il faudra qu'il compte combien de fois on sort les clés de la poche en une journée. Il pense à ses tomates qui l'attendent mais il reste encore un instant. Pour rien, pour voir. Le nuiteux revient de sa première ronde. "Comme du papier musique." Pour lui, la vie, c'est la nuit. C'est drôle de penser qu'au moment où les autres s'affairent, il dort. L'infirmier se demande si Bert à un jardin. Il ne sait même pas s'il a une femme, des enfants. Les nuiteux sont d'un autre monde. L'autre jour, à la télé, il a vu un reportage sur des gens qui partaient en vacances et laissaient leur maison à une famille d'Américains. C'est un peu ce qu'il ressent en ce moment. A voir le nuiteux s'installer, il a la sensation q'un étranger s'installe chez lui...ou qu'il habitait jusqu'à présent chez un autre. Voilà Zean-Luc qui revient à la charge, en chemise et le cul à l'air, il avance vers le nuiteux pour lui expliquer le coup du poisson, que trois fois et...l'infirmier va pour intervenir mais Bert le devance. Il explique au casse-pieds que c'est bon le poisson, que ça rend intelligent. Ah oui, c'est vrai, c'est lui le patron, à présent; c'est à lui de répondre. Du reste, l'autre ne s'y est pas trompé. Il a vu les pantoufles, la lampe de bureau allumée et il s'est adressé naturellement à Bert. Décidément, l'infirmier a du mal à s'y faire, à la nuit. A présent, le nuiteux a sorti du placard une mallette de bois. Sur le rebord du bureau, il fixe un minuscule étau et il dispose autour de lui tout un tas de plumes, de bobines de fil. On dirait qu'il se prépare pour un rituel magique de sorcellerie, il explique, mais plus pour lui-même que pour l'infirmier, que pour la truite, les mouches on en a jamais assez. Les lunettes au bout du nez, il regarde avec gourmandise le déballage hétéroclite qui a envahi le bureau. Mais il ne va pas commencer tout de suite. Pas devant l'infirmier. "Bon, je te laisse. Mes tomates m'attendent; ça va aller ? - Comme du papier musique! -A d'main." A présent, il est obligé de partir. D'ailleurs, l'autre ne le regarde plus. il farfouille dans sa blague à tabac, une feuille de papier collée au coin des lèvres. Le couloir, où les pas résonnent, l'escalier, la porte d'entrée. Les clés, une dernière fois. Puis le perron. L'infirmier regarde le ciel de juin qui s'est assombri. il voit les premières étoiles. Merde, trop tard pour les tomates. il ira demain matin, au lever du jour. A présent c'est la nuit, et la nuit, c'est fait pour dormir. Enfin, pour dormir... ou pour veiller." -richard kowalyszin- éducateur spécialisé-V.S.T. -revue du champ social et de la santé mentale- n°82 -le travail de la nuit-