jeudi 26 février 2009

Seth Lakeman Cambridge Folk Festival BBC

une pensée non sans fondement


y'a bon bwana


Fête de nuit , fête de jour, fest-noz, fest-deiz... A l'heure où la commission balladur rend sa copie concernant le découpage du territoire, rappellons que notre département- la loire-atlantique est profondément breton, n'en déplaise à quelques jurassiques jacobins qui regrettent peut-être l'époque où des instituteurs républicains -sur recommandation d' inspecteur de l'éducation nationale ou recteur d'académie-mettaient un sabot autour du cou des enfants qui osaient parler leur langue maternelle dans les classes ou cours de récréation. Mais n'est ce pas la même histoire qui se vit aux antilles et que l'on feint de découvrir... Au nom du centralisme soit-disant fédérateur , on musèle les différences, on exploite sans vergogne, on joue à l'assistanat en privant un peuple du droit d'utiliser et de développer ses propres ressources. On préfère sans doutes subventionner quelques descendants des négriers, afin qu'ils continuent à polluer les sous-sol en utilisant de la chimie interdite ailleurs pour des cultures tellement exotiques n'est ce pas , installer une plétore de fonctionnaires venus de l'hexagone, organiser des niches fiscales pour les métros, et transformer des iles en parc d'attraction- ils sont tellement mignons avec leur musique et leur insouciance au soleil... faîtes la nuit, faîtes le jour et regardons bien les peuples en marche , car ils n'ont pas fini de demander des comptes.


"CRIE, HURLE, CHANTE ET DANSE….PEUPLE DE GUADELOUPE
MON ILE PAPILLON AU CŒUR DE VOLCAN
Crie et hurle ta souffrance
O mon peuple !
Aux sons de voukoum, Akyo et les autres
Qui le ka, dansent.
Mugis et rugis ton indignation,
Vaillant peuple de Guadeloupe volcan,
Devant les agissements turpides de nombre de tes élus
Qui n’ont pour toute ambition ,
Que d’assurer les mandats à prendre ou déjà acquis,
Tandis que certains autres,
En s’abritant derrière les légitimes
Revendications contre la cherté de la vie,
Dans l’ombre,
Combinent en caressant leurs désirs de se passer de,
Ou pire encore,
De Forcer ton droit de libre choix,
Sur le changement du statut politique régissant ton île !
Gronde peuple de Guadeloupe Papillon
Superbe île volcan
Qui depuis trop longtemps croule,
Sous l’exploitation et les profitassions !
Mais, tout en brandissant tes revendications,
En tous points, saches malgré tout, garder raison !
Lève toi de ta léthargie, masse mélangée imbriquée et parfaite
D’hommes et de femmes de lignées issues tant de :
Ignace, Delgrès que Lafayette et la Mulâtresse Solitude et,
En déboulées rythmées et bien ordonnées,
Tes droits, en réclamant , chante et Danse !
O ma Guadeloupe éternelle,
Extirpe enfin de ton âme à vif écorchée,
Tes grandes douleurs, depuis trop de siècles,
Accumulées !
Excise de ton imaginaire populaire,
Les séquelles-héritage de l’esclavage qui,
En alourdissant injustement et, inutilement ton présent,
Vers des horizons nouveaux, plus sereins, plus radieux,
T’empêchent en peuple mur, d’avancer ,
Tout en conservant intact dans ta mémoire collective,
Pour transmission aux générations futures,
L’exactitude et l’inhumanité des faits de ton histoire !
Crie et hurle ta peine, ton indignation et ton refus
Pour ta jeunesse, ta force vive, ton devenir que,
Encore au vingt et unième siècle,
par la drogue, le chômage, la désespérance et la ségrégation,
En silence feutré et lumières tamisées, l’on assassine !
Que les pas des milliers de tes enfants martelant les rues,
En chantant « la Gwadloup sé tan nou »
Et la voix de tous les autres qui à eux, de cœur sont unis ,
Tout en apportant les nouvelles
A nos, pères, mères, frères et sœurs ,
Pour l’éternité, couchés à deux mètres sous terre,
Explicitent enfin ce que depuis si longtemps, certains crient
Et que les profitants ne veulent point entendre :
Mieux vaut mourir libres et dignes,
Que de vivre exploités et méprisés !
Crie et hurle ô mon peuple,
Ton refus du chômage, de l’indigence,
La mendicité, la « captivité électoraliste » ou la carrière de R.M-iste
Que l’on offre pour seules perspectives d’avenir,
A des milliers des tiens, tes anciens et à tes enfants en devenir ;
Sous le regard complaisant de l’Etat lointain et paternaliste qui,
Trop souvent sur le terrain,
Est absent ou inerte pour être réellement efficace,
Tant dans le choix, l’adaptation, l’application que,
Dans les contrôles de lois justes et conformes,
A la constitution et aux réels intérêts supérieurs de la nation,
Devant régir dans son ensemble,
Un Etat de droits en perpétuelles évolutions !
Fulmine et éructe à la face du monde, île volcan,
Pour que les oreilles de la France
Viennent enfin à entendre,
Le cri de tes multiples et riches composantes
Qui gémissent de désespérance,
Devant leurs droits, leurs capacités et leur dignités, reniées ou bafouées et,
Leurs perspectives d’avenir, aux pieds, foulées,
Par le règne des combines et de la rapacité
Tant de ceux qui, une fois les richesses produites,
Ne veulent et ne savent équitablement les partager,
S’accaparant de la presque totalité,
En ne laissant que les miettes à ceux qui,
De leurs mains et, avec leur sang,
Leurs forces et leurs sacrifices, les ont crées !
Que de tous ceux aussi qui, sans vergogne,
T’affublent à tort, du qualificatif de danseuse de la France,
Alors que, conditionnés et aveuglés,
ils ne voient pas ou feignent de ne pas comprendre et admettre que :
Avec les autres entités de l’outre-mer,
Vous constituez en fin de compte, pour la France et l’Europe,
Une immense et enviable chance
D’être en toute légalité, implantées sur les cinq continents,
Les rendant par là,
Détentrices et bénéficiaires de grandes possibilités,
Et de richesses inépuisables et non négligeables des diversités !
Crie et hurle de joie ô mon peuple
Qui pour la première fois de ton histoire,
Dans un inévitable, violent et salutaire choc de légitimités,
Tant que par l’intermédiaire d’une si longue et massive mobilisation,
Que par ta discipline, ton unité et ta détermination,
A su éviter que, sur ton sol, pas une goutte de sang,
de part et d’autre, ne soit versée !
Danse, crie, hurle et Fulmine,
Peuple de Guadeloupe volcan !
Saisis et branle en cadence, une fois pour toute ,
Le cocotier des profiteurs et exploiteurs !
Puis, en kombites et lyannaj dignes et unifiés,
En toute équité, avec l’ensemble des tiens, à l’aune de l’égalité,
Partage les fruits qui viendront à tomber !
Crie et hurle ô chaud et pacifique peuple,
Composite et métissé,
Que face aux injustices,
Les risques et menaces des balles de l’oppression,
La poitrine de tes enfants ,
En guise de bouclier tu offres,
Pour la défense et la sauvegarde
De tes espérances en un avenir plus juste pour,
Sans distinction de race, couleur ou origine, chacun des tiens !
Crie, hurle, mugis, rugis, chante et danse
Peuple de Guadeloupe volcan,
Sur les sons et rythmes de voukoum, akyo et tous les autres qui ,
sous l’apparence de défilés carnavalesques,
Riches et épicés en chants, couleurs, races, rires et dignité
Et revêtant une grande empreinte de solennité
Qui prend date dans le film sans fin et troublé de ton histoire,
T’ont permis de dire sans peur et sans violence en investissant la rue,
L’existence et l’inacceptation de trop de négatives différences et d’injustices,
Sur cette portion de terre en Amérique, incluse,
Au sein de l’Etat de droits qu’est la France
Puissent enfin tes pas, le ka et ta voix,
En rythmes synchronisés,
Au monde entier et, surtout à la France affirmer,
Que jamais plus, tu n’accepteras pour toi et pour quiconque,
Sur un sol nourricier, voir continuer à se perpétuer
Les situations héritées de l’ère esclavagiste,
Avec leurs cortèges d’exploitation,
De profitassions et de condamnation de femmes, d’enfants et d’hommes,
A la mendicité, l’indigence, la perte de dignité
Alors que le monde est en mouvement de recherche,
De sauvegarde et de l’universalisation des vraies valeurs que sont :
La justice, l’égalité, la liberté, la fraternité et que,
Tes hommes et femmes imprégnés,
De ces principes et droits inaliénables,
affirment que :
Le jour où ils devront se mettre à genoux,
Par le créateur de l’univers,
N’a pas encore été planifié !
Pour tout cela, en te servant de tes souffrances
Qui au prix de grands sacrifices
Tu transcendes,
Crie, hurle, chante, marche et danse
ô « peuple-mur » de Guadeloupe,
Mon île papillon au cœur de volcan ,
Que la Guadeloupe est à toi et non à eux !
Et que sur elle ne sera fait
Que ce que toi, en peuple majeur et souverain , tu décideras,
Et ce, seulement quand tu le voudras !"
K.L BARBEU -
texte publié sur le site du LKP
un communiqué du collectif 44=breizh:
Y'A BON BWANA AUXIETTE", ou la mythologie coloniale des Pays de la Loire® Ha Ha! Il commence à nous faire rire le sieur Auxiette ! Dans un entretien diffusé ce week end sur France 3 Ouest, planté devant un attirail de propagande Pays de la Loire®, à l'image d'un sportif qu'on interviewerait devant un mur de sponsors, le président PdL® a déclaré à propos de la Réunification de la Bretagne : « ce serait une forme d'annexion des temps modernes, une forme de colonisation que je ne pourrais accepter »... Des propos complètement déplacés et ahurissants pour un élu, qui nous font sourire, mais qui témoignent avant tout d'une peur irrationnelle face à la perspective d'une perte d'intérêts personnels et privilégiés. En effet c'est bien les bretons qui depuis la création de la région PdL® demandent à ce que la région Bretagne intègre l'ensemble du territoire breton ! Jacques refuserait même à certains de ceux-ci de pouvoir s'exprimer en faveur de l'unité territoriale « le débat n'est pas de dépecer la region Pays de la Loire® comme certains s'en accordent la légitimité, quand je dis certains je parle d'élus mais aussi de chefs d'entreprises !», oui, M.Auxiette la revendication de réunification traverse l'ensemble de la société bretonne, dont des patrons et des élus, mais aussi des partis politiques, des associations culturelles, sociale, environnementales..; des syndicats, des jeunes, des vieux, des ménagères de moins de cinquante ans, etc.... à l'image des 10 000 manifestants du 20 septembre à Nantes.Bref, Auxiette s'embourbe, sent la fin des PdL proche, et réagit telle la bête dans ces derniers retranchements. Alors que les militants de la Réunification ne cessent de se défendre des motivations « ethnicistes »qu'il leur prête souvent dans la presse, J. Auxiette en expert, même si on sent dans la formulation que ça lui fait mal au dent, nous dit que «oui c'est vrai Nantes et une partie de la Loire-Atlantique ont eu historiquement une histoire commune avec la Bretagne ». Mais M. Auxiette,notre revendication à l'unité se projette avant tout dans notre désir à vivre ensemble et à construire un projet politique commun, maints fois répétés, et non sur une hypothétique et restrictive homogénéité ethnique,linguistique ou culturelle que vous semblez formuler comme seul argument pouvant témoigner de l'unité des Bretons. En réalité les propos d'Auxiette nous amènent à nous poser la question d'une attitude aussi irrationnelle. Il ne semble pas que cela soit motivépar une simple rivalité parlementaire, rappelons qu'en Bretagne le président PS du CG 44 et la président PS de la région Bretagne sont favorables à la Réunification, et que ce projet à été principalement soutenu par la gauche française plus que par la droite jusqu'à ces dernières années.Cette attitude illustre nécessairement la peur de perdre un poste et une notoriété, gagnés à l'arraché, notamment lorsqu'il oppose à la Réunification le déficit démographique et économique porté à l'image des PdL, comme s'il ignorait que celle-ci entraînerait forcément une réorganisation des territoires composant les PdL vers d'autres régions administratives (« La L.-A. C'est 1,2 millions d'habitants sur les 3,5millions que compte les PdL®, ça compte démographiquement et économiquement »). Cependant ces propos, et surtout cette omission, amène indirectement à se poser la question de « l'identité des Pays de la Loire», qui de facto disparaîtrait avec la disparition de son incarnation administrative.Dès sa création en 1972, les administrateurs ont cherché à donné une âme à l'établissement public, c'est ce que déclarait le premier préfet de région PdL Camous en janvier 1974 : « La plupart des régions de France ne sont pas dotés à leur naissance de cette conscience collective, éveillée et active qui fait des collectivités adultes (...) c'est ce que maintenantnous devons ambitionner et conquérir ». En réalité ceci était le début dela politique identitaire ligérienne dont l'adjectif n'avait pas encore été inventé. C'est ce projet un petit fou, formidablement jubilatoire et motivant pour un homme politique, créer de toute pièce une conscience collective, une identité artificielle, construite à partir d'une administration nouvelle, qui a amené un ministre de l'Equipement et de l'Aménagement, personnalité du gouvernement d'alors, Olivier Guichard, à prendre les rennes des Pays de Loire® en tant que président. Pourtant à l'époque les régions nouvellement constitués ne sont que des établissements publics sans réel pouvoir politique. De plus Guichard a été maire dix ans durant d'une commune de Gironde et n'a aucun rapport avec ce nouveau territoire. C'est donc bien l'expérimentation sociale générée par les potentialités de cette nouvelle structure politique (en plus d'une obstruction au mouvement d'émancipation nationale en Bretagne) qui marque la venue de Guichard et le début de la création identitaire des PdL®. Depuis, cet objectif et cette politique n'ont cessé d'animer les dirigeants successifs de la région, jusqu'à Jacques Auxiette ancien opposant au conseil régional d'Olivier Guichard. Comprenons le JacquesAuxiette est conseiller régional depuis 1979, bien avant la régionalisation de 1982 et avant l'élection du CR au suffrage universel à partir de 1986. Il dépend politiquement de cette structure politique depuis trente ans, il y a siégé dès les premières années et a participé depuis cette époque à la politique identitaire initié par Guichard et Camous. En ce sens et malgré l'opposition politique il y a une véritable mission sainte qui semble être transmise de président PdL à président PdL, la création identitaire des PdL (notamment au détriment de l'identité bretonne du 44, qui dès le début a été un frein à ce projet) et la pérennisation de cette politique.Lui même se place comme « un héritier » d'Olivier Guichard et un continuateur de sa conception régionale (voir le numero de janvier-févrierde PLACE PUBLIQUE et l'émission « Ca vous regarde » du 24 janvier sur France 3 Ouest ). D'ailleurs la surprenante initiative prise par J.Auxiette d'édifier deux bustes monumentaux d'Olivier Guichard, un au palais de région et un un autre à Fontevraud, sur les fonds publics et sans appel d'offre, témoigne autant de l'affiliation d'avec le créateur dont il veut témoigner que de la construction collective d'un mythe fondateur. C'est notamment ce qu'explique Goulven Boudic chercheur de l'Université de Nantes et consultant pour France 3, et qui témoigne cependant pourtant d'une très grande tiédeur quant au problème de la Réunification de la Bretagne. Dans la pratique actuelle on retrouve toujours cette politique de création identitaire, fondement de l'existence même de la région, basée sur une communication-propagande toujours en opposition avec la contestation du territoire PdL et visant principalement les jeunes générations. Le nouveau slogan de la région « l'esprit grand ouvert » s'opposant et cristallisant la « fermeture d'esprit » dont ferait preuve une population nantaise voulant vivre au sein d'un territoire administré breton ou la campagne «diversivie » voulant présenter les distensions au sein du territoire comme la caractérisation et la justification même de « l'âme » des PdL et qui insinuerait qu'en étant pour le redécoupage de la région on serait contre la « diversité », sont autant d'exemple d'une propagande régionale toujours placée dans la justification et dans la construction d'une «conscience collective à conquérir ». Ajoutons qu'à chaque fois ces campagnes se chiffrent en centaines de milliers d'euro payés par le contribuable, et qui font paraître ridicule les quelques milliers d'euros réclamés par la région pour la contestation de cette communication-propagande par les barbouilleurs volontaires. Enfin, on retrouve aujourd'hui la même volonté d'intégrer la conscience des jeunes générations qui a caractérisé la propagande pays delaloirienne depuis le début avec des campagnes de fidélisation et l'investissement fort dans des structures comme le Conseil Régional des Jeunes. A l'issue des débats participatifs sur les assises régionales du développement durable2008-2009, et alors même que toutes questions sur l'avenir de la région et la Réunification y étaient interdites, on retrouve des conclusions préconisant « de faire entrer dans les écoles le journal des Pays de laLoire® et d'y ajouter des rubriques pour favoriser dès le plus jeune age une identité ligérienne». Nous le voyons pour les dirigeants PdL, affirmer et faire exister la région est une lutte, un vrai combat politique, c'est même la valeur régionale suprême dépassant les clivages politiques, créer les citoyens et la société à partir de l'administration plutôt que d'adapter les outils politiques à la population. Valeur, et même mission à laquelle J. Auxiette participe depuis maintenant trente ans au sein de la région PdL, structure administrative dont la durée et l'existence s'interpénètrent avecl 'ensemble de sa carrière politique. C'est aussi cette implication personnelle avec l'existence de la région qui permet de comprendre que J.Auxiette n'arrive à se projeter objectivement dans le débat sur la réorganisation territoriale, dans lequel tout le monde reconnaît la nécessité de « redécouper les régions de l'Ouest ». On le voit, sans parler de songer à l'opportunité pour les territoires que pourrait constituer la Réunification de la Bretagne (créations des régionsVendée-Poitou-Charentes et Val de Loire), il ne se projette pas non plus dans une région Grand Ouest, pour lui il y aura forcément « dépeçage desPdL ».En comprenant tout cela on saisit sans doute les raisons amenant à une telle démesure dans les propos de M. Auxiette. On se rend aussi compte que jusqu'à la Réunification effective de la Bretagne il y a un réel combat à avoir contre la politique coloniale des Pays de la Loire®."

mercredi 25 février 2009

l'isle aux moines


"On imitait les grands avec leurs cigarettes mais nous, on n'avait pas besoin de tabac pour faire de la fumée, juste un peu d'hiver ou ce qui lui ressemble et de nos bouches grandes ouvertes on soufflait des nuages, de brume et de ouate . Lorsque nous rentrions, en fin d'après-midi, tout étourdis par nos jeux et l'air piquant ramené de l'océan, mamie souriait de nos joues rouges et glacées-"on dirait des pommes d"amour" disait-elle, allez venez goûter les enfants. On s'asseyait à la table de la cuisine près du vieux poêle en fonte vert- un mirus- d'où sortaient de droles de soupirs et d'étranges craquements qui nous faisaient sursauter et rire quand il pétait trop fort. Grand-mère posait sur la toile cirée une assiette ou nous attendaient de larges tartines de beurre salé et de chocolat en poudre que nous attaquions avec entrain en nous mettant du cacao sur le bout du nez et au coin des lèvres. Les journées filaient ainsi, de la plage à la lande, du bourg à la ferme pour aller chercher le lait , tonton nous enmenait sur sa plate, à la godille, relever les casiers , la cousine de penhap nous apprenait à pécher les couteaux et les palourdes à marée basse au goret ou dans l'anse du guéric. Puis quand l'heure était bienvenue de nous mettre au lit sous les gros édredons de plumes, on s'endormait très vite en pensant à tout ce qu'on allait bien pouvoir faire le lendemain, sur notre bout de terre insulaire, dans le golfe du morbihan."

la notion pelliculaire














































Il y a des gens dont le métier consiste à prendre régulièrement le poul d'une société afin d'essayer de comprendre comment va le monde. En cette période -qui dure- de doute, d'incompréhension voir de découragement quasi généralisé, il existe deci delà (cahin caha...) des poches de survie, des lieux de ressourcement ou comment dire des espaces de rêve, de réflexion, d'oubli? A l'heure du serrage de ceinture, on aurait pu penser que "les français" (comme ils aiment bien dire les politiches) économiseraient également sur ce qu'on appelle "le superflu", il conviendrait d'ailleurs de revoir quelque-peu la définition qui aurait tendance- et c'est je crois une sacré bonne nouvelle- à ne plus se trouver, là où on l'avait laissée ces dernières décennies. Je m'explique (à oui tu fais bien-voix off) prenez par exemple l'achat des voitures, vous êtes au courant, c'est la criseu, et le gouvernement à grandes louchées d'euros sortis dont on ne sait où, tache de colmater les multiples brèches de notre belle industrie bien de chez nous-enfin les marques, pour le reste...Et zut flute et crotte- même en mettant en place tout un tas de mesures incitatives, on arrive pas à les vendre "nos" foutues bagnoles. Et pourtant, je ne sais pas si vous avez visité un concessionnaire ces derniers temps, mais leurs commerciaux, ils en font des efforts, tout sourire, amour, paix et pâté de campagne- c'est bien simple on se croirait à woodstock, d'ici qu'ils nous proposent le calumet ou la danse des sept voiles avant l'achat de leur ferraille électronique, il n'y a qu'un pas, que bien entendu -et na- je ne franchirais pas, car franchement outre le fait que même avec les "cadeaux", c'est toujours trop cher, quel intérêt j'aurais d'aller acheter , un truc qui pollue (oui mais de moins en moins-chorale des sirènes du marché) qui utilise du combustible qui va disparaitre dans on sait pas quand mais prochainement sans doutes, et qui contribue à faire de nous autres petits hommes des têtes de noeud au volant- et je sais de quoi je cause, je suis conducteur! (ben oui, moi aussi je me dépatouille comme je peux avec mes contradictions)- Tout cela pour vous dire, après cette pertinente analyse (j'vais me géner tiens- la cheville qui parle-) que le superflu, il est pas forcément là ou on le croyait, et je m'excuse d'avance auprès des camarades du pouvoir d'achat si je vais dire des horreurs en suivant. Question: Et si c'était la bagnole (en autre) qu'était du superflu- tout au moins celle que l'on veut nous refiler, avec prime à la casse pour l'ancienne; Ah dame, c'est sur qu'il y en a de la matière grise dans les bureaux d'étude, mais c'est ptêt ça le problème, il leur faudrait plutôt de la matière verte, et même rose à petits pois, pour envisager du vroum vroum, recyclable, non polluant , sans gadgets inutiles et... pas cher-Allez les gars ! je ramasse les copies à la fin de l'heure. Et oui! cher ami syndicaliste (comme ils disent les politoches) c'est bien de vouloir protéger l'emploi mais pour autant devons-nous défiler pour la pérennité de la merde chromée? Peut-être , enfin j'espère, (je vais mettre des cierges tous les jours à saint christophe le patron des pélerins à klaxon) que de cette grosse merdouille économico-capitalismo qui nous tombe sur le coin du rable (durable?) on va découvrir que l'on peut vivre autrement que béatement niais en poussant son caddie, l'oreille collée au "t'es où" . Produire mais pour quoi faire? c'est ptêt ça la question- (vous pouvez répéter?) Fabrique-consommme-crève- la sainte trinité du système- ptêt qu'elle a du plomb dans l'aile - et ne comptez pas sur moi pour lui tendre la main-(un croche-patte à la rigueur) De toute façon, va bien falloir se remuer le popotin pour changer nos habitudes sinon on n'a pas fini d'en avoir des crises d'hémorroïdes; Ben vous me croirez si vous voulez mais mon intention du jour c'était de causer "cinéma" -"mais bon dieu, mais c'est bien sur"-le cinoche- voilà un symbole de ce que pourrait être -le superflu- à l'heure ou chacun compte ses sous, et bien(g) selon les sondeurs d'opinion, -queue-nenni, on a jamais vu autant de monde dans les salles obscures, et personnellement avec moi-même, je trouve ça du genre plutôt rassurant, n'en déplaise à la l'indigente bible du: "ouai mais c'est pas avec ça qu'on va faire la révolution".


















Le fanal- qui éclaire comme il peut la culture de l'estuaire face aux rochers de la niaiserie en pack de 12- propose du 3 au 10 mars prochain- "les couleurs du noir" (black is tendance -is not it?-( une semaine donc pour faire la lumière sur le cinéma noir-adapté de la littérature- avec z'au programme des débats, une nuit blanche et natürlich de la pellicule comme s'il en pleuvait- "les oiseaux" (v.o.) d'alfred hitchcock-(d'après une nouvelle de daphné du maurier) -et en sortant de là on regarde forcément d'un autre oeil les goélands qui slalomment au dessus de nos têtes..."jar city" (v.o.) de baltasar kormâkur -un film islandais-d'après un roman de arnaldur indridason- "six pack" d'alain berbérian d'après un roman de jean-hugues oppel- "la nuit du chasseur" (v.o.) de charles laughton d'après un roman de david grugg , "le dernier tournant" de pierre chenal d'après un roman de james caïn , "le facteur sonne toujours deux fois" (v.o.) de tay garnett d'après un roman également de james caïn- et "la chambre des morts" d'alfred lot d'après un roman franck thilliez. en ce qui conecernes les horaires des films et animations diverses, selon la formule consacrée rendez-vous sur le site du fanal ou et pour la rime dans la presse locale.









Ciné toujours avec cette fois une soirée -et c'est demain jeudi à 20h au cinéville de saint-nazaire - proposée par l'association "version originale" qui permettra de voir ou revoir un film de paul newman "de l'influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites" adapté d'un texte de paul zindel .La séance débutera avec un court métrage de olivier hens "résistance aux tremblements".









Et pendant qu'on y est je vous signale également - du 13 au 15 mars- à nort -sur -erdre,un "festival du cinéma polyglotte" qui a pour but de faire la promotion du cinéma en v.o. avec au programme des documentaires, court-métrages, films en anglais, breton, espagnol, italien, plus une langue invitée mais comme je ne sais pas laquelle, je donne bien entendu ma langue au chat.


















Et puis chers lecteurs pas encore assoupis, pour terminer sur le sujet signalons aussi un "mouviz festival" (du 4 au 6 mars) au gaumont de nantes qui nous propose de découvrir de nouveaux talents à travers la programmation de court-métrages et également un festival du cinéma espagnol toujours sur nantes - au cinéma katorza du 11 au 24 mars-avec plus de 60 films au programme- Et comme j'allais oublier, signalons également la sortie prochaine sur les écrans de l'hexagone d'une adaptation d'un polar culte "millenium" de feu steg larsson, il devrait faire l'ouverture du prochain festival de cannes.




et pour le clap de fin:




"Je ne veux parler que de cinéma, pourquoi parler d'autre chose ? Avec le cinéma on parle de tout, on arrive à tout."-jean-luc godard-"Ce que nous demandons au cinéma, c'est ce que l'amour et la vie nous refusent, c'est le mystère, c'est le miracle."-robert desnos- "L'acteur est comme ces boules de verre avec de la neige à l'intérieur : il passe son temps à secouer ses émotions." -gary oldman- ...
-FIN-