vendredi 21 novembre 2025

clair-obscur

 

La nuit
parfois 
au port des lumières narratives 
on aperçoit derrière leurs cages de drôles d'oiseaux
lissant leurs plumes
pour raconter une future histoire
qu'ils écriront à l'eau de mer
dans des ailleurs
énigmatiques




"Une fois que tu t'es enlevé toutes ces pensées dérisoires qui te hantent,
Une fois que t'as refait la route en sens contraire des aiguilles de la montre,
Quand tu as refait le monde, je veux dire à la dimension de ton monde,
T'as plus besoin de prophète, qui te montre qui tu es tu es toi même,
Quand t'as laissé reposer, ton esprit avec ton corps et qu'ils se moulent,
Dans cette nature éclatée et qui te fout du pollen dans les branches,
Quand le buis est responsable de l'éclatement des sens et qu'il te faut,
Du silence, du silence,
Tu peux venir avec moi, nous escaladerons ensemble cette montagne
Fais gaffe aux pierres du chemin, prends un bâton pour la route ça grimpe bien,
Et si tu es très fatigué nous nous arrêterons un peu, regarderons
En bas les mouches qui vivent, ou qui font semblant de vivre,
Et tu auras de ces joies, sauvages et incontrôlables lorsque tu verras,
Les petites granges d'ardoise sur un plateau minuscule où l'herbe est rase,
Et pour peu que les copains n'aient pas encore sorti les biques tu chercheras
Celle que tu aimes bien et qui bouffe tes cheveux à chaque fois,
Le soleil arrivera bien après l'aube piquante et réchauffera
Les petites perles blanches posées sur les herbes tendres et ton visage
Alors sans dire un mot tu t'allongeras jusqu'au moment où cette fille,
Que tu étais venu voir, s'allongera près de toi aussi,
Tu pourras rester le temps, le temps que tu voudras et même plus,
Justement en ce moment, coïncidence petit copain on fera rien
Et tu nous raconteras tranquillement où tu en es et nous aurons,
Des sourires de vainqueurs, mais sans gloire et sans orgueil...
Une fois ..."






 "Sur l’encrier une tache de clarté, une lumière douce,

l’ombre de la mémoire passant du veilleur au dormeur.

Quand le jour se lève sur l’encrier condamné au silence,

verrons-nous se dresser des mots non écrits,

des naufragés réclamant le droit de rester les maîtres du clair-obscur ?"

"Écrire, dis-tu,

face à la mer.

Et s’il y a du vent
à la place des mots
,

une main tendue
pour toute syntaxe
,

une quête, un murmure
à la place du style
,

c’est que tu donnes rendez-vous
à l’inconnu du larg
e

qui bat son rythme profond,
ses lames de fon
d

à l’intérieur
de toi."








"Faut-il partir? rester? 
Si tu peux rester, reste;
Pars, s'il le faut.
L'un court et l'autre se tapit.
Pour tromper l'ennemi vigilant et funeste,
Le temps! Il est, hélas! des coureurs sans répit,"
Charles Baudelaire- extrait de: "Le voyage"

jeudi 20 novembre 2025

pendant qu'on les poursuit

 

"Qu'est-ce qu'un homme révolté?
Un homme qui dit non. Mais s'il refuse, il ne renonce pas: c'est aussi un homme qui dit oui, dès le premier mouvement.
Un esclave, qui a reçu des ordres toute sa vie, juge soudain inacceptable un nouveau commandement.
Quel est le contenu de ce "non"?
Il signifie par exemple, "les choses ont trop duré", "jusque là oui, au delà non", "vous allez trop loin", et encore, "il y a une limite que vous ne dépasserez pas".
En somme, ce non affirme l'existence d'une frontière. En somme, ce non affirme l'existence d'une frontière. On retrouve la même idée de limite dans ce sentiment de révolté que l'autre "exagère", qu'il étend son droit au-delà d'une frontière à partir de laquelle un autre droit lui fait face et le limite. Ainsi, le mouvement de révolte, s'appuie, en même temps, sur le refus catégorique d'une intrusion jugée intolérable et sur la certitude confuse d'un bon droit, plus exactement l'impression chez le révolté, qu'il est en droit de..."La révolte ne va pas sans le  sentiment d'avoir soi-même, en quelque façon, et quelque part, raison. C'est en cela que l'esclave révolté dit à la fois oui et non. Il affirme, en même temps que la frontière, tout ce qu'il soupçonne et veut préserver en deçà de la frontière. Il démontre, avec entêtement, qu'il y a en lui quelque chose qui "vaut la peine de...", qui demande qu'on y prenne garde. D'une certaine manière, il oppose à l'ordre qui l'opprime une sorte de droit à ne pas être opprimé au-delà de ce qu'il peut admettre.
.../..."
Albert Camus-extrait de: L'homme révolté."





Je n'ai rien contre les sportifs; je n'ai rien pour non plus.
Je n'ai rien contre les poètes, je n'ai rien pour non plus.
Je n'ai rien contre les gens en général qui s'habillent en fonction, je n'ai rien pour non plus.

C'est juste que je ne  revendique aucune faculté à... enfin aucun diplôme, auto-décerné ou reconnu par mes pairs.

Je suis à-peu-près moi-même  et souvent détaché.
Je suis dans un clair-obscur avec une certaine curiosité,
J'ai un intérêt équivoque pour mes contemporains.

je suis régulièrement dans l'embarras et je préfère me replier vers le grenier plutôt qu'à la cave; ce qui tombe bien vu que je n'en possède pas;
même si je n'ai rien contre, bien entendu.


                                 illustration source Toile
".../...
L'homo sapiens se compose de soixante mille milliards de cellules et de beaucoup de substance égoïste. Nous allions la rapacité à la cruauté, tout en nous prenant pour la plus noble espèce; la seule qui ait une conscience ou une âme...Je m'amuse en agitant l'idée que Dieu nous  aurait conçus à son image.
Rares (rarissimes!) sont les héros qui luttent contre leurs tendances naturelles et offrent aux plus faibles le bouclier de leur corps. Le défenseur de la veuve et de l'orphelin incarne une variété bien plus difficile à localiser que  Thénardier que l'on rencontre six milliards et demi d'exemplaires. Etre méchant va de soi: chacun en est capable. Se montrer généreux constitue une montagne à escalader. Le résultat est moins assuré que l'alpiniste: on a vu maintes belles âmes rouler dans le précipice et intégrer la cohorte des assassins.
".../..."
Yves Paccalet extrait de: L'Humanité disparaîtra, bon débarras!