lundi 20 octobre 2025

troubles à l'ordre pudique

 

"Les poètes tentent de greffer aux hommes d'autres yeux et de transformer ainsi le réel. Aussi sont-ils des éléments dangereux pour l'Etat, puisqu'ils veulent transformer. Or l'Etat et ses dévoués serviteurs n'aspirent, eux, qu'à durer."         
Franz Kafka


Souvent,
les raccourcis nous jugent
sans détour.
Chacune, chacun, depuis sa chapelle idéologique
et parfois même sans s'en rendre compte,
(tellement imprégné(e)s que nous sommes)
abrège et présume
pour rapidement passer à autre chose
en scrollant une pensée verticale
au pas de charge d'un défilé de nos illusions perdues à la seconde.
Les raccourcis nous raccourcissent,
c'est bien pratique
comme une éponge absorbante qui se dessèche si elle n'est plus aspirante,
inspirante?


"les lecteurs sont avides de fouiller dans les poubelles de l’âme humaine."

"Car des secrets se répandent en nous comme s'ils avaient été énoncés depuis toujours par ceux-là mêmes qui précisément font d'eux des secrets. Ce n'est pas que ces derniers se trahissent et disent sans s'en rendre compte ce qu'ils veulent taire, non, c'est qu'ils ne sont pas seuls : ils ont des amis, des voisins, de la famille, des gens comme des ombres qu'ils ont chargés du devoir de dire, l'air de rien, ce qu'eux font profession de taire.

Et c'est ainsi qu'un siècle plus tard les rumeurs virevoltent encore dans les plis des rideaux derrière les fenêtres des voisins, qui accumulent vos secrets de famille et savent les colporter aux générations à qui on voulait les taire, comme le pollen se transporte dans l'air, essaimant au plus loin de son lieu d'origine."         


"On ne retourne pas dans le pays de l'enfance quand l'enfance est perdue, c'est trop tard, et les lieux où l'on retourne alors ne sont plus que l'image vide et glacée d'un passé qu'on peut toujours s'imaginer mais jamais ressaisir car il glisse, indéfiniment, sur la peau trop lisse des choses."     
Laurent Mauvignier extraits de   "La maison vide"




                                               illustrations source: Toile



"Dehors il faisait sombre et les contours s'estompaient. L'orage s'était éloigné jusqu'à n'être plus qu'un roulement semblable à celui que fait une charrette en passant sur un pont?"
Eudora Welty
Extrait de "Fait Divers"  -"L'Homme foudroyé"


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"pour ton cœur qui déserte
des noms de pacotille
pour le genou à terre
l'intranquille miroir
pour tout visage qui se déchire
brandir une âme d'occasion
pour la fenêtre oubliée
les monstres intérieurs
pour l'enfant détourné
les rouages du vent
pour la dégoulinure
le chant de la mésange
pour les terres égorgées
l'absence
pour panser la beauté
de l'eau
de l'eau qui nous regarde de l'eau qui nous délivre
pour oublier les hommes
guérir de la parole
et pour Bobin pour le bercer
un grand manteau d'éternité
le temps m'est inconnu
il est temps de rêver pour dire le bout du monde"
Didier Schillinger  extrait de:  "L'aube en question"

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                                                         gGf source Toile




"II fait toujours beau au dessus des nuages
mais moi si j'étais un oiseau, j'irais danser sous l'orage
Je traverserais les nuages comme le fait la lumière
J'écouterais sous la pluie la symphonie des éclairs.../..."
Zaho de Sagazan extrait de: "La symphonie des éclairs"


                          


"Ma phutch, val te djives, val te meres-feder si te giliavav"
"Ne te demande pas si tu dois vivre ou mourir-mieux vaut chanter."
Proverbe rrom



"Aaah qu’elle est douce et
Primordiale la fréquentation
Des gens qui ont pignon,
Qui ont pignon sur rue, sur
L’opinion, des champignons
Qui poussent parmi les
Herbes folles, folles de
Suivre leurs émissions et
Recommandations.
Amanite phalloïde, envie
De régicide, je dîne en
Présence de représentants de
L’intelligentsia venimeuse,
Dois-je à mon tour devenir
Membre de la diaspora
Vénéneuse. Qui va porter le
Chapeau? Qui prendra son
Pied? Qui humiliera qui?
Emilie jolie ou salade de
Fruit pourrie? Pourrie,
Pourrie, pourrie.
Et à quel saint se vouer et
Quel sein téter? Pourquoi
S’entêter? Naturel ou
Synthétique?
Sans morale ou sainte
éthique? Tu n’iras jamais,
T’as trop peur de te brûler,
Si tu plies sous l’injonction
Auras-tu l’extrême onction?
Ooooh non non non…
Un ultimatum, un impératif,
Une poussière d’atome,
Un préservatif ou un
Vieux chewing-gum dans un
Moment furtif on pourrait
Croire que tu as pris de
L’importance, du galon, un
Regard d’approbation une
Marque de respect mais non
C’était le voisin du dessus
Pendu à son balcon pour faire
L’intéressant alors que la
Pandémie est finie, et c’est
Pas toi qu’on applaudit,
C’est pas lui non plus
D’ailleurs, c’est ceux dont
Le dur labeur permet aux
Autres de faire leur beurre.
Ooooh non non non…
Pouêt pouêt les poètes,
Personne ne les achète,
Pas qu’ils soient
Incorruptibles mais ils n’ont
Pas de coeur de cible, ils
N’ont que des cibles au coeur
Et des trous un peu partout,
Curieux phénomène, on voit où
ça mène, on voit à travers,
On voit, on voit, on voit, on
Voit plus très bien, on voit
Même plus rien.
Le sable s’accumule,
Au fond des molécules,
Rappelez moi la durée de vie
D’une libellule.
Oooh non non non…
`
Certains ont connu Pi douze,
D’autres la R12, le temps
Passe efface et chasse les
Vanités, les vahinés, les
Invités qui sont partis
Depuis longtemps parce qu’il
Faut les nourrir ou les
Perdre dans la forêt d’après
Ce que dit le petit poucet.
Ingrat, ingrat, ingrat,
Le spectacle du monde n’est
Pas si immonde, j’ai connu
Des micros secondes aussi
Précieuses et fécondes que
Deux éternités de toute façon
Personne ne sait si on pourra
Les échanger.
C’est pas des barils de
Persil, pas de la lessive,
Garde ta salive, pas de deal,
Pas d’idylle, pas de deal
Entre nous pas de deal,
Pas d’idylle,
Pas de deal entre nous,
Pas de deal, pas d’idylle,
Pas de deal entre nous.
Oooh non non non…"
Détroit



                            Qui a volé, a volé, a volé.?

samedi 18 octobre 2025

outside



"Il n'y a pas de journalisme sans morale. Tout journaliste est un moraliste. C'est absolument inévitable. Un journaliste c'est quelqu'un qui regarde le monde, son fonctionnement, qui le surveille de très près chaque jour, qui le donne à voir, qui donne à revoir le monde, l'évènement. Et il ne peut pas à la fois faire ce travail et ne pas juger ce qu'il voit. C'est impossible. Autrement dit, l'information objective est un leurre total. C'est un mensonge. il n'y a pas de journalisme objectif, il n'y a pas de journaliste objectif. Je me suis débarrassée de beaucoup de préjugés dont celui-là qui est à mon avis le principal. De croire à l'objectivité possible de la relation d'un évènement.
Ecrire pour les journaux, c'est écrire tout de suite Ne pas attendre. Donc, l'écriture doit se ressentir de cette impatience, de cette obligation d'aller vite et en être un peu négligée. Cette idée de négligence de l'écrit ne me déplaît pas.
vous voyez, quelquefois je faisais des articles pour les journaux. De temps en temps j'écrivais pour le dehors, quand le dehors me submergeait, quand il y avait des choses qui me rendait folle, outside, dans la rue-ou que je n'avais rien de mieux à faire.../..."
Marguerite Duras extrait de: "Outside"








"Avouer qu'on s'était trompé, c'est rendre le plus éclatant hommage à la perspicacité de son esprit."
Gaston Bachelard



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"Au fond de nous l'enfant"
Est-il toujours là, tapi dans l’ombre, ou bien parfois se rappelle-t-il à nous de manière inattendue tel un boomerang revenu du passé ? Ce petit garçon, cette petite fille, entretenons-nous avec lui, avec elle, un dialogue au long des années, nous observe-t-il changer ? Lui même se transforme-t-il ? Est-il, est-elle, notre "lecteur idéal", un spectre, une pure "idée", lisant par-dessus notre épaule à mesure que nous écrivons ? Nous juge-t-il, nous juge-t-elle, ce petit être aux sourcils froncés, les bras croisés au milieu de notre cerveau ? Est-il, est-elle, un complice au milieu du monde des adultes ? Nous imaginait-il ainsi, l’adulte que nous sommes devenus ? Devions-nous depuis l’enfance devenir ce que nous sommes devenus ? C’est cette grande interrogation de la liberté absolue de notre devenir mêlée à celle de la destinée de chacun, de chacune, que nous lisons dans cette phrase de Maurice Merleau-Ponty, au hasard d’une étude de la vie et de l’œuvre de Paul Cézanne : "S’il y a une liberté vraie, ce ne peut être qu’au cours de la vie, par le dépassement de notre situation de départ, et cependant sans que nous cessions d’être le même – tel est le problème. Deux choses sont sûres à propos de la liberté : que nous ne sommes jamais déterminés, et que nous ne changeons jamais, que, rétrospectivement, nous pourrons toujours trouver dans notre passé l’annonce de ce que nous sommes devenus”.
Patrick Deville Source MEETING 2025

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"Le problème n'est pas de savoir si la vie a un sens, mais si nous l'aimons assez pour qu'elle vaille la peine d'être vécue."
André Comte-Sponville




"Les dingues et les paumés jouent avec leurs manies.
Dans leurs chambres blindées, leurs fleurs sont carnivores
Et quand leurs monstres crient trop près de la sortie,

Ils accouchent des scorpions et pleurent des mandragores
Et leurs aéroports se transforment en bunkers,
À quatre heures du matin derrière un téléphone.
Quand leurs voix qui s´appellent se changent en revolvers
Et s´invitent à calter en se gueulant "come on!"
 
Les dingues et les paumés se cherchent sous la pluie
Et se font boire le sang de leurs visions perdues
Et dans leurs yeux-mescal masquant leur nostalgie.
Ils voient se dérouler la fin d´une inconnue.
Ils voient des rois-fantômes sur des flippers en ruine,

Crachant l´amour-folie de leurs nuits-métropoles.
Ils croient voir venir Dieu ils relisent Hölderlin
Et retombent dans leurs bras glacés de baby-doll.

Les dingues et les paumés se traînent chez les Borgia

 Suivis d´un vieil écho jouant du rock ´n´ roll
Puis s´enfoncent comme des rats dans leurs banlieues by night,
Essayant d´accrocher un regard à leur khôl
Et lorsque leurs tumbas jouent à guichet fermé,
Ils tournent dans leur cachot avec la gueule en moins
Et sont comme les joueurs courant décapités

Ramasser leurs jetons chez les dealers du coin.

Les dingues et les paumés s´arrachent leur placenta
Et se greffent un pavé à la place du cerveau
Puis s´offrent des mygales au bout d´un bazooka
En se faisant danser jusqu´au dernier mambo.
Ce sont des loups frileux au bras d´une autre mort,
Piétinant dans la boue les dernières fleurs du mal.
Ils ont cru s´enivrer des chants de Maldoror
Et maintenant, ils s´écroulent dans leur ombre animale.

Les dingues et les paumés sacrifient Don Quichotte
Sur l'autel enfumé de leurs fibres nerveuses

Puis ils disent à leur reine en riant du boycott :
"La solitude n´est plus une maladie honteuse.
Reprends tes walkyries pour tes valseurs maso.
Mon cheval écorché m´appelle au fond d´un bar
Et cet ange qui me gueule : "viens chez moi, mon salaud"
M´invite à faire danser l´aiguille de mon radar."
 Hubert-Félix Théfaine


"La mélancolie se lève chaque matin une minute avant moi. Elle est comme quelqu'un qui me fait de l'ombre, debout entre le jour et moi."    
Christian Bobin