Serais-tu plus supportable, exil, sans tant de
professeurs de l’exil, de sociologues, de poètes de l’exil, de
pleurnichards de l’exil, d’élèves de l’exil, de professionnels de
l’exil, bonnes âmes une balance à la main pesant le plus et le moins, le
reste, la division des distances, le 2 x 2 de cette misère.
Un homme divisé par deux ne donne pas deux hommes.
Qui donc, bordel, peut oser, dans ces conditions, multiplier mon âme par un.
"Une énigme qui vaut la peine d’être méditée. » Autrement dit : je ne
sais pas encore, mais quand j’aurai réfléchi, je saurai. La connaissance
apparaîtra donc comme le résultat de ma réflexion humaine, uniquement
de ma réflexion. Il n’y a pas d’autre source de la connaissance. Il n’y a
pas de livre sacré, pas d’être supérieur à questionner et dont on
puisse recevoir la réponse. Il n’y a qu’une seule source : la vie et
notre raison. Cela veut dire que les énigmes resteront à jamais des
énigmes, car jamais nous n’aurons foi dans l’infaillibilité de notre
raison et dans la totalité de notre expérience. Et il faut ajouter que
jamais nous ne cesserons de chercher à deviner."
"Dans mon pays, les tendres preuves du printemps et les oiseaux mal habillés sont préférés aux buts lointains.
La vérité attend l'aurore à côté d'une bougie. Le verre de fenêtre est négligé. Qu'importe à l'attentif.
Dans mon pays, on ne questionne pas un homme ému.
Bonjour à peine est inconnu dans mon pays.
Dans mon pays, on remercie."