mercredi 12 octobre 2022

on fait avec

 

"Un être vivant ne peut alors se réduire à sa seule structure visible. Il représente une maille du réseau secret qui unit tous les objets du monde."
François Jacob extrait de: "La logique du vivant".
 

 
« ...il faut bien considérer comme le résultat d'un bricolage cosmique ce qui reste à la fois le problème le plus déconcertant et le conte le plus étonnant : la formation d'un être humain ; le processus qui, par la fusion d'un spermatozoïde et d'un ovule, met en route la division de la cellule-oeuf, qui devient deux cellules, puis quatre cellules, puis une petite boule, puis un petit sac. Puis, quelque part, dans ce petit corps en croissance, s'individualisent quelques cellules qui se multiplient jusqu'à former une masse de quelques dizaines de milliards de cellules nerveuses. Et c'est grâce à ces cellules qu'il devient possible d'apprendre à parler, à lire, à écrire et à compter. C'est avec ces cellules qu'il est possible de jouer du piano, de traverser une rue sans se faire écraser, ou d'aller faire une conférence à l'autre bout du monde. Toutes ces capacités sont contenues dans notre petite masse de cellules, toute la grammaire, la syntaxe, le géométrie, la musique. Et nous n'avons pas la moindre idée sur la manière dont tout cela se construit. Pour moi, c'est l'histoire la plus étonnante qu'on puisse raconter sur cette Terre. Beaucoup plus étonnante que n'importe quel roman policier ou de science-fiction. » 
François Jacob extrait de: "Le jeu des possibles-essai sur la diversité du vivant".
 

 

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 "L'homme se tient debout sur ses pattes de derrière pour recevoir moins de pluie et pouvoir accrocher des médailles sur sa poitrine."
Jean Giraudoux
 
 Monsieur le Ministre,

C’est chez mon ami Jules Dupré, à l’Isle-Adam, que j’ai appris l’insertion au Journal officiel d’un décret qui me nomme chevalier de la Légion d’honneur. Ce décret, que mes opinions bien connues sur les récompenses artistiques et sur les titres nobiliaires auraient dû m’épargner, a été rendu sans mon consentement, et c’est vous, Monsieur le Ministre, qui avez cru devoir en prendre l’initiative.
Ne craignez pas que je méconnaisse les sentiments qui vous ont guidé. Arrivant au ministère des beaux-arts après une administration funeste qui semblait s’être donné à tâche de tuer l’art dans notre pays, et qui y serait parvenue, par corruption ou par violence, s’il ne s’était trouvé çà et là quelques hommes de cœur pour lui faire échec, vous avez tenu à signaler votre avènement par une mesure qui fit contraste avec la manière de votre prédécesseur [le maréchal Vaillant, ministre de la Maison de l’empereur et des beaux-arts]. Ces procédés vous honorent, mais permettez-moi de vous dire qu’ils ne sauraient rien changer ni à mon attitude, ni à mes déterminations.
Mes opinions de citoyen s’opposent à ce que j’accepte une distinction qui relève essentiellement de l’ordre monarchique. Cette décoration de la Légion d’honneur, que vous avez stipulée en mon absence et pour moi, mes principes la repoussent. En aucun temps, en aucun cas, pour aucune raison, je ne l’eusse acceptée. Bien moins le ferai-je aujourd’hui que les trahisons se multiplient de toutes parts, et que la conscience humaine s’attriste de tant de palinodies intéressées. L’honneur n’est ni dans un titre, ni dans un ruban : il est dans les actes, et dans le mobile des actes. Le respect de soi-même et de ses idées en constitue la majeure part. Je m’honore en restant fidèle aux principes de toute ma vie : si je les désertais, je quitterais l’honneur pour en prendre le signe.
Mon sentiment d’artiste ne s’oppose pas moins à ce que j’accepte une récompense qui m’est octroyée par la main de l’État. L’État est incompétent en matière d’art. Quand il entreprend de récompenser, il usurpe sur le droit public. Son intervention est toute démoralisante, funeste à l’artiste, qu’elle abuse sur sa propre valeur, funeste à l’art, qu’elle enferme dans des convenances officielles et qu’elle condamne à la plus stérile médiocrité. La sagesse pour lui est de s’abstenir. Le jour où il nous aura laissés libres, il aura rempli vis-à-vis de nous tous ses devoirs.
Souffrez donc, Monsieur le Ministre, que je décline l’honneur que vous avez cru me faire. J’ai cinquante ans, et j’ai toujours vécu libre. Laissez-moi terminer mon existence, libre ; quand je serai mort, il faudra qu’on dise de moi : celui-là n’a jamais appartenu à aucune école, à aucune église, à aucune institution, à aucune académie, surtout à aucun régime, si ce n’est le régime de la liberté !
Veuillez agréer, Monsieur le ministre, avec l’expression des sentiments que je viens de vous faire connaître, ma considération la plus distinguée.
Gustave Courbet. 
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Chez KUB

 


ET AILLEURS

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 On se cherche
avant, après...
Pendant, c'est une autre histoire;
on ne se cherche plus,
on fait avec.


lundi 10 octobre 2022

et ainsi de suite

 

" C'est la mort d'une espèce qui est grave. L'individu, lui, est condamné."
Jean-Marie Pelt 
 

"
Depuis le début de la révolution industrielle, la quantité de combustibles fossiles (charbon, pétrole et gaz naturel) brûlés par l’homme a ajouté quelque 365 milliards de tonnes de carbone à l’atmosphère. La déforestation en a fourni 180 milliards de tonnes supplémentaires. Chaque année, nous en rejetons dans l’air environ 9 milliards de plus, une quantité qui s’accroît de 6 % annuellement, ce qui est énorme. Il en résulte que la concentration de gaz carbonique dans l’air aujourd’hui (un peu plus de 400 parties par million) est plus élevée qu’elle ne l’a jamais été au cours des 800 000 dernières années, et même très probablement au cours des derniers millions d’années. Si la tendance actuelle se maintient, la concentration de CO2 dépassera, en 2050, 500 parties par million, soit environ le double de son niveau à la période préindustrielle. On s’attend à ce que cet accroissement conduise à une élévation de la température moyenne sur la planète de 2 à 4 degrés Celsius, ce qui déclenchera toute une série d’événements modifiant la géographie du globe, par exemple la disparition de la plupart des glaciers restants, l’inondation des villes côtières et des îles dont le relief dépasse peu le niveau de la mer, ainsi que la fonte de la calotte polaire arctique. Mais ces événements ne représentent que la moitié de l’histoire en train de s’écrire. Les océans couvrent 70 % de la surface de la Terre, et partout où l’eau et l’air entrent en contact, des échanges se produisent. Les gaz de l’atmosphère sont absorbés par l’océan, et les gaz dissous dans l’océan sont libérés dans l’atmosphère. Lorsque les deux phénomènes sont en équilibre, les quantités absorbées sont grosso modo identiques à celles qui sont libérées. Si on change la composition de l’atmosphère, comme on est en train de le faire, l’échange se déséquilibre : la quantité de gaz carbonique entrant dans l’eau devient supérieure à celle qui s’en dégage. Autrement dit, l’homme ajoute sans cesse du CO2 à l’eau des océans, à la manière des évents évoqués plus haut, mais cet ajout s’effectue depuis le haut et non plus par le bas, et ce, à l’échelle de la planète. En 2014, les océans ont absorbé 2,5 milliards de tonnes de carbone, et, en 2015, on s’attend à ce qu’ils en absorbent encore la même quantité. Chaque jour, chaque citoyen américain injecte, en fait, un peu plus de 3 kilos (près de 7 livres) de carbone dans la mer. En raison de cette accumulation de CO2 dans les océans, le pH de leurs eaux de surface a déjà baissé, passant d’une moyenne de 8,2 à 8,1. De même que l’échelle de Richter (pour les séismes), l’échelle des pH est logarithmique, ce qui signifie qu’une minuscule variation numérique représente un très grand changement dans l’environnement. La diminution de 0,1 point de pH signifie que les océans sont maintenant 30 % plus acides qu’ils ne l’étaient en 1800. En admettant que l’homme continue à brûler des combustibles fossiles, les océans continueront à absorber du gaz carbonique et à s’acidifier de plus en plus. Si les émissions de CO2 restent inchangées (scénario du « on continue comme d’habitude »), le pH de la surface des océans descendra à 8,0 d’ici 2050 et à 7,8 à la fin du XXIe siècle. À ce stade, les océans seront 150 % plus acides qu’ils ne l’étaient au début de la révolution industrielle."
Elizabeth Kolbert  extrait de: "La 6e extinction"
 

 "Il faut sortir de l'idée que pour exister il faut produire et consommer."
Cyril Dion 
 
 
"Que crève le capitalisme, mes amis ! Que crève cette baudruche immonde, ce monstre stupide, cet ivrogne insatiable, ce meurtrier insensible, ce violeur impénitent, cette ganache ventripotente, ce concept délirant, cette histoire subclaquante, mais oui, qu'il crève, ce fatum puant, ce cauchemar de toxicomane, qu'il disparaisse, le capitalisme, corps malade éventré des plaies de la Terre, ver immonde qui ne survit que de l'anéantissement de la vie, tumeur métastatique, élixir trompeur des rêves impossibles, virus mortifère, gredin, chenapan, criminel, boudin gras et suintant, bulldozer métallique et sans pitié, cyber caché et pervers, qu'il crève, et que vivent les sans-abri, que dorment les sans-logis, que se rassasient les affamés, que coure le léopard, que transpire la jungle, que sourie la mère, que vive enfin le monde, que l'horizon s'éclaire, que la lumière revienne, que se lève un avenir qui ne serait pas de catastrophe, de chaos, d'étouffement, de lutte pour une survie misérable, que vive enfin l'humanité libérée des rets tentaculaires de l'argent qui veut décider de tout. "
Hervé Kempf 
 

 


 MOSCOU AUJOURD'HUI:

" Il suffit de jeter un coup d’œil aux affiches et aux répertoires des théâtres pour voir que de nombreux spectacles sont reportés sine die. “Bientôt on n’aura que des femmes pour monter sur scène”, ironisent certains directeurs. Un miroir de l’époque shakespearienne où les hommes jouaient les personnages féminins. Seuls certains théâtres municipaux dont les metteurs en scène sont proches du pouvoir pourront peut-être obtenir l’annulation de la mobilisation de leurs comédiens…"
Zoïa Zvetova Journaliste-écrivaine russe vivant à Moscou invitée comme jury au prix Bayeux des correspondants de guerre 
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