Qui on nez
à rallonge
et sur quelle étagère?
Moi -jeu-
trois ptis tours et puis s'en va;
la caravane publicitaire passe.
Qu'attendent de nous au zinc les z'autres ?
(quand ils s'attendent à quelque chose).
A tendre
bleu
saignant
à poings...
Avons-nous bien appris notre leçon
à tout prix
comme valeur d'échange
et tous ces kilomètres au compteur
qui tourne
qui tourne
encore
un pneu
beaucoup
jusqu'au
STOP!
crevaison
c'est ballot non?
Alors!
encore et toujours les déo et les débats
Tu pompes à chaleur,
C'est l'été de toutes les insolations
et ton cyclo sans batterie de cuisine
rame dans les côtes qui m'aille.
Rassure-toi,
bientôt la pente
et la désescalade.
Qu'attendons-nous 2 nous ?
(quand on attend quelque chose).
Ce sont les plus simples qui soient et, comme il faut une vie d'homme pour les connaître, le peu d'inédit que chacun arrache à sa vie est très précieux. C'est le seul héritage qu'on puisse laisser.
Entrer dans les livres a été pour moi comme trouver refuge sur une île. Les livres sont toujours intervenus dans l'Histoire.
Jusqu'à ce jour, ils comptent parmi les archives, les laboratoires où s'élabore notre vision du monde et de nous-mêmes. En eux sont conservés les espoirs et les résistances sur lesquelles ces espoirs se sont brisés. Et la liberté elle-même a souvent commencé et fini par se nicher entre leurs signes."
Gerhard Köpf extrait de: "Le fou de Hemingway"
"L'art c'est installer l'universel dans une motte de terre."
Alain Mabanckou
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"Fatimata est arrivée en France, encore jeune femme, à 23 ans, en
pionnière du regroupement familial. Elle a élevé ses six enfants à
Canteleu, près de Rouen. Quand ils ont été plus grands, elle s’est
battue pour que son mari l’autorise à travailler. Deux trains, un bus,
tous les matins, à 5 heures. Vingt ans passés comme ça, à faire le
ménage à la Société Générale. Fatimata est la mère de Maïram Guissé, la
réalisatrice du documentaire « la Vie de ma mère », diffusé sur France
3, mercredi 13 juillet. Un jour, en la voyant avancer chargée de
valises, Maïram a réalisé qu’elle ne savait rien d’elle. « Mais c’est qui en fait ma mère ? » Elle a sorti sa caméra. Trois ans plus tard, le résultat est drôle, émouvant et fort, au point que j’y retrouve ma propre mère, à l’opposé de Fatimata.
Ma mère : Christine, née à Grenoble, a grandi à Epinal. Son père était
prof de maths. (Au passage, c’est à ceci, à ses résonances, qu’on
reconnaît une œuvre. « L’art, c’est installer l’universel sur une motte de terre », selon l’expression d’Alain Mabanckou.)
Devant ce film, j’ai pensé que « Fatou » et ma mère s’étaient battues, à
leur manière, avec la condition des femmes de leur génération, la
première à travailler. Sans diplôme, elles ont conquis un espace de
liberté. La sienne a acheté une maison au Sénégal à l’aide des tontines
mises en place avec ses amies (hilarantes, ses copines qui dansent sur
TikTok). La mienne vit sans homme, dans un appartement à Paris.
En voix off, Maïram dit qu’en regardant sa mère, elle a appris qu’« il n’y a pas une seule façon d’être femme, libre, indépendante, féministe ».
Sans ce goût de l’émancipation que Fatimata et Christine ont cultivé,
nous leurs filles, nous n’en serions pas là, pas là
genre-on-a-masterisé-nos-vies, mais là, quand même, à prendre notre pied
professionnellement.
Et leur passion commune des vêtements colorés m’apparaît, pour la
première fois devant les robes de la mère de Maïram, comme la preuve de
leur forte pulsion de vie.
La scène la plus touchante du film, c’est le moment où Fatimata prend
sa retraite de la Société Générale. Ce jour-là, jour de son dernier
ménage, il n’y a pas de pot de départ. Mais une salariée de la banque
mime l’émotion et lui demande son prénom."
Source RUE89/L'OBS
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"Des hasards de la lecture dépend ce que l'on est."
Elias Canetti
Au large etc
"Notre erreur fatale est de chercher des paradis pérennes. des plaisirs qui ne s'usent pas, des attachements persistants, des caresses à la vitalité des lianes: l'arbre meurt mais leurs entrelacs continuent à verdoyer; Cette onsession de la durée nous fait manquer tant de paradis fugaces, les seuls que nous puissions approcher au cours de notre trajet de mortels. Leurs éblouissements surgissent dans des lieux souvent si humbles et éphémères que nous refusons de nous y attarder. Nous préférons bâtir nos rêves avec les blocs granitiques des décennies. Nous nous croyons destinés à une longévité de statues."
Andreï Makine extrait de: "Le livre des brèves amours éternelles."
















