vendredi 8 juillet 2022

offshore

 
Qui on nez
à rallonge
               et sur quelle étagère?
Moi -jeu-
trois ptis tours et puis s'en va;
                                               la caravane publicitaire passe.
Qu'attendent de nous au zinc  les z'autres ?
(quand ils s'attendent à quelque chose).
A tendre
bleu
saignant
               à poings...
Avons-nous bien appris notre leçon
à tout prix
                     comme valeur d'échange
et tous ces kilomètres au compteur
qui tourne
qui tourne
                encore
un pneu
             beaucoup
jusqu'au
STOP!
crevaison
c'est ballot non?
Alors!
 encore et toujours les déo et les débats
Tu pompes à chaleur,
C'est l'été de toutes les insolations
et ton cyclo sans batterie de cuisine
rame dans les côtes qui m'aille.
Rassure-toi,
bientôt la pente
et la désescalade.

Qu'attendons-nous  2 nous ?
(quand on attend quelque chose).
 

 "Certaine choses ne s'apprennent pas vite. Les acquérir prend beaucoup de temps.
Ce sont les plus simples qui soient et, comme il faut une vie d'homme pour les connaître, le peu d'inédit que chacun arrache à sa vie est très précieux. C'est le seul héritage qu'on puisse laisser.
Entrer dans les livres a été pour moi comme trouver refuge sur une île. Les livres sont toujours intervenus dans l'Histoire. 
Jusqu'à ce jour, ils comptent parmi les archives, les laboratoires où s'élabore notre vision du monde et de nous-mêmes. En eux sont conservés les espoirs et les résistances sur lesquelles ces espoirs se sont brisés. Et la liberté elle-même a souvent commencé et fini par se nicher entre leurs signes."
Gerhard Köpf extrait de: "Le fou de Hemingway"
 
 
"L'art c'est installer l'universel dans une motte de terre."
Alain Mabanckou
 
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"Fatimata est arrivée en France, encore jeune femme, à 23 ans, en pionnière du regroupement familial. Elle a élevé ses six enfants à Canteleu, près de Rouen. Quand ils ont été plus grands, elle s’est battue pour que son mari l’autorise à travailler. Deux trains, un bus, tous les matins, à 5 heures. Vingt ans passés comme ça, à faire le ménage à la Société Générale. Fatimata est la mère de Maïram Guissé, la réalisatrice du documentaire « la Vie de ma mère », diffusé sur France 3, mercredi 13 juillet. Un jour, en la voyant avancer chargée de valises, Maïram a réalisé qu’elle ne savait rien d’elle. « Mais c’est qui en fait ma mère ? » Elle a sorti sa caméra. Trois ans plus tard, le résultat est drôle, émouvant et fort, au point que j’y retrouve ma propre mère, à l’opposé de Fatimata.
Ma mère : Christine, née à Grenoble, a grandi à Epinal. Son père était prof de maths. (Au passage, c’est à ceci, à ses résonances, qu’on reconnaît une œuvre. « L’art, c’est installer l’universel sur une motte de terre », selon l’expression d’Alain Mabanckou.)
Devant ce film, j’ai pensé que « Fatou » et ma mère s’étaient battues, à leur manière, avec la condition des femmes de leur génération, la première à travailler. Sans diplôme, elles ont conquis un espace de liberté. La sienne a acheté une maison au Sénégal à l’aide des tontines mises en place avec ses amies (hilarantes, ses copines qui dansent sur TikTok). La mienne vit sans homme, dans un appartement à Paris.
En voix off, Maïram dit qu’en regardant sa mère, elle a appris qu’« il n’y a pas une seule façon d’être femme, libre, indépendante, féministe ». Sans ce goût de l’émancipation que Fatimata et Christine ont cultivé, nous leurs filles, nous n’en serions pas là, pas là genre-on-a-masterisé-nos-vies, mais là, quand même, à prendre notre pied professionnellement.
Et leur passion commune des vêtements colorés m’apparaît, pour la première fois devant les robes de la mère de Maïram, comme la preuve de leur forte pulsion de vie.
La scène la plus touchante du film, c’est le moment où Fatimata prend sa retraite de la Société Générale. Ce jour-là, jour de son dernier ménage, il n’y a pas de pot de départ. Mais une salariée de la banque mime l’émotion et lui demande son prénom." 
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"Des hasards de la lecture dépend ce que l'on est."
Elias Canetti

 


 
 
Au large etc
 

 "Notre erreur fatale est de chercher des paradis pérennes. des plaisirs qui ne s'usent pas, des attachements persistants, des caresses à la vitalité des lianes: l'arbre meurt mais leurs entrelacs continuent à verdoyer; Cette onsession de la durée nous fait manquer tant de paradis fugaces, les seuls que nous puissions approcher au cours de notre trajet de mortels. Leurs éblouissements surgissent dans des lieux souvent si humbles et éphémères que nous refusons de nous y attarder. Nous préférons bâtir nos rêves avec les blocs granitiques des décennies. Nous nous croyons destinés à une longévité de statues."
Andreï Makine  extrait de: "Le livre des brèves amours éternelles." 
 
 

jeudi 7 juillet 2022

vase communicante

 
Un dicton qui ne mange pas de pain:
"Veille toujours au grain sans attendre demain"
 
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 Dicton à marée basse :
La dernière goutte est cette qui fait déborder la vase.
 

"Sache te tirer d'un mauvais pas comme l'éléphant de la vase."
Dhammapada
 




"Pour la flamme que tu allumes
Au creux d'un lit pauvr' ou rupin
Pour le plaisir qui s'y consume
Dans la toile ou dans le satin
Pour les enfants que tu ranimes
Au fond des dortoirs chérubins
Pour leurs pétales anonymes
Comme la rose du matin
Thank you Satan
Pour le voleur que tu recouvres
De ton chandail tendre et rouquin
Pour les portes que tu lui ouvres
Sur la tanière des rupins
Pour le condamné que tu veilles
A l'Abbaye du monte en l'air
Pour le rhum que tu lui conseilles
Et le mégot que tu lui sers
Thank you Satan
Pour les étoiles que tu sèmes
Dans le remords des assassins
Et pour ce coeur qui bat quand même
Dans la poitrine des putains
Pour les idées que tu maquilles
Dans la tête des citoyens
Pour la prise de la Bastille
Même si ça ne sert à rien
Thank you Satan
Pour le prêtre qui s'exaspère
A retrouver le doux agneaux
Pour le pinard élémentaire
Qu'il prend pour du Châteaux Margaux
Pour l'anarchiste à qui tu donnes
Les deux couleurs de ton pays
Le roug'pour naître à Barcelone
Le noir pour mourir à Paris
Thank you Satan
Pour la sépulture anonyme
Que tu fis à Monsieur Mozart
Sans croix ni rien sauf pour la frime
Un chien, croquemort du hasard
Pour les poètes que tu glisses
Au chevet des adolescents
Quand poussent dans l'ombre complice
Des fleurs du mal de dix-sept ans
Thank you Satan
Pour le péché que tu fais naître
Au sein des plus raides vertus
Et pour l'ennui qui va paraître
Au coin des lits où tu n'es plus
Pour les ballots que tu fais paître
Dans le pré comme des moutons
Pour ton honneur à ne paraître
Jamais à la télévision
Thank you Satan
Pour tout cela et plus encor
Pour la solitude des rois
Le rire des têtes de morts
Le moyen de tourner la loi
Et qu'on ne me fasse point taire
Et que je chante pour ton bien
Dans ce monde où les muselières
Ne sont pas faites pour les chiens...
Thank you Satan"
Léo Ferré 
 

 

"Je n' sais plus combien ça fait d' mois
Qu'on s'est rencontrés toi et moi
Mais depuis tous deux on s' balade
On n' prend jamais le vent debout
C'est lui qui pousse et on s'en fout
Mon camarade
En avril tous les prés sont verts
Ils sont tout blancs quand c'est l'hiver
En mars ils sont en marmelade
Mais il y a pour deux vagabonds
Un coin d'étable où il fait bon
Mon camarade
On s' souviendra du balthazar
Qu'on a fait ce soir par hasard
Avec un vieux corbeau malade
On a tout mangé même les os
Et tu vas roupiller bientôt
Mon camarade
V'là la première étoile qui luit
Les grenouill's dans l' fin fond d' la nuit
En choeur lui font un' sérénade
Les grenouill's ont des p'tits points d'or
Dans les yeux tu l' savais ? Tu dors ?
Mon camarade
Je me demande certains jours
Pourquoi nous poursuivons toujours
Cette éternelle promenade
Oui, c'est parc'qu'on a pas trouvé
Le bonheur qu'on avait rêvé
Mon camarade
Un jour on s'ra tout ébahi
On arriv'ra dans un pays
Plein de fleurs, d'oiseaux, de cascades
On s'ra reçu à bras ouverts
Y'aura des carillons dans l'air
Mon camarade
Y'aura un' petit' blond' pour moi
Et pis un' petit' brun' pour toi
Qui trouv's que les blond's c'est trop fade
Ell's nous trouv'ront bien à leur goût
Et diront " venez donc chez nous "
Mon camarade
On trouv'ra ça mais oui mon vieux
C'est peut-êtr' là-haut dans les cieux
Dam' faudra pas rester en rade
On a tant marché ici bas
Qu'y'a pas d' raison qu'on n'y arriv' pas
Mon camarade"
Léo Ferré 
 

 







"Âme, te souvient-il, au fond du paradis
De le gare d'Auteuil et des trains de jadis
T'amenant chaque jour, venus de la Chapelle
Jadis déjà, combien pourtant je me rappelle
Après les premiers mots de bonjour et d'accueil
Mon vieux bras dans le tien, nous quittions cet Auteuil
Et, sous les arbres pleins d'une gente musique
Notre entretien était souvent métaphysique
Ô tes forts arguments, ta foi du charbonnier
Non sans quelque tendance, ô si franche à nier
Mais si vite quittée au premier pas du doute
Et puis nous rentrions, plus que lents, par la route
Un peu des écoliers, chez moi, chez nous plutôt
Y déjeuner de rien, fumailler vite et tôt
Et dépêcher longtemps une vague besogne
Mon pauvre enfant, ta voix dans le bois de Boulogne"
Léo Ferré