mardi 19 avril 2022

de passage

 
"Quel sera le sort de ce radieux Homo mixtus ?
Je le vois d'ici: une petite voiture, une petite femme (ou homme) végane dans son lit (en compagnie d'un petit chien), deux rejetons, les oreilles bouchées par les écouteurs, des vacances sur une plage infestée par les algues vertes, journal télévisé- élections bonnet blanc blanc bonnet, exposition d'art contemporain, dose quotidienne d'anti-racisme, championnat de foot, petite scène de ménage, divorce, déprimes, velléités intellectuelles, c'est à dire romans et films sur cette vie, un peu enjolivée...
L'homo mixtus vaincra, mais sur une planète moribonde.
Le bon vieux Levi-Strauss l'a compris: "Je suis né dans un monde d'un milliard et demi d'habitants. et je le quitte à l'heure où il en compte six."
Andreï Makine extrait de: "au-delà des frontières"
 

   Un lit 2 pétales
ou plus
et encore, et encore la gravité universelle
à s'écrouler 2 rires
ou plus.
Bonne ou mauvaise haleine du ciel y retrouvera les siens,
ni une ni deux
ou plus.
On balaie devant sa porte
à demain
ou plus. 
 

 "La marée je l'ai dans le coeur qui me remonte comme un signe"
Léo Ferré extrait de: "La mémoire et la mer"

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                               photo: La poche de Saint-Nazaire

Lu dans Ouest France: 

"Et si les villes bretonnes détruites pendant la guerre 39-45 soutenaient une commune ukrainienne?"

Jacques-Yves Le Touze, militant de la culture bretonne, interpelle les villes bretonnes détruites lors de la Seconde Guerre mondiale, afin de soutenir une commune ukrainienne souffrant sous les bombes. Le maire de Lorient (Morbihan), Fabrice Loher, répond.:
 
 

C’est un questionnement via sa page Facebook. En forme de suggestions à Lorient, Brest ou encore Saint-Nazaire : « Ne serait-il pas bienvenu que les villes bretonnes pendant la Seconde Guerre mondiale s’engagent à soutenir une des villes martyres d’Ukraine ? »

 

L’idée émane de Jacques-Yves Le Touze, grand défenseur de la culture bretonne, figure de la fédération Emglev bro an Oriant, président du comité Bro Gozh ma zadoù (l’hymne breton). Interpellé, le maire de Lorient, Fabrice Loher, a répondu « être d’accord pour Lorient avec Marioupol si elle reste ukrainienne bien sûr ».

 
Nous attendons avec curiosité la réponse  (éventuelle) du maire socialiste et jacobin de Saint-Nazaire qui a fait installer le drapeau ukrainien devant la mairie mais comme il s'imagine que sa ville n'est pas bretonne, on peut supputer qu'il bottera en touche (de langue de bois).
 
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"Notre erreur fatale est de chercher des paradis pérennes. Des plaisirs qui ne s'usent pas,
des attachements persistants, des caresses à la vitalité des lianes: l'arbre meurt mais leurs entrelacs continuent à verdoyer.
Cette obsession de la durée nous fait manquer tant de paradis fugaces, les seuls que nous puissions approcher au cours de notre trajet de mortels. Leurs éblouissements surgissent dans des lieux souvent si humbles et éphémères que nous refusons de nous y attarder.
Nous préférons bâtir nos rêves avec les blocs granitiques des décennies. nous nous croyons destinés à une longévité de statues."
Andreî Makine extrait de: "Le testament français"
 

 


               De passage

samedi 16 avril 2022

dans quel ordre?

 
    
    Ouvrez le banc
 
  
             Fermez le banc

"On reconnait la valeur des fesses quand on veut s'asseoir"
Arsène Moses 
 

 




"Il faut choisir entre le préférable et le détestable"
Raymond Aron



"Dans cette matinée je jardin est brillant
Les arbres sont tordus ils sont tout ce que j'ai
Dans cette matinée les arbres sont tordus
Et leur feuillage est roux, je parle en fou
Bientôt le soir viendra le jardin sera là
Sans personne dedans moi je sera couché
Le jardin sera là moi je serai couché
Et je dormirai saoul, je parle en fou
Les années ont passé je ne sais plus dans quel ordre
Je n'ai pas trop parlé il y avait tant à dire
Les années ont passé, je n'ai pas trop parlé
Je n'avais pas le goût, je parle en fou
J'ai aimé une femme qui passait par ici
Qui portait une robe et qui portait un sac
Qui passait par ici, et qui portait ce sac
J'ai embrassé sa joue, je parle en fou
Je n'ai eu qu'un pays, et j'ai eu quatre frères
Ils sont là quelque part chacun est dans sa ville
Je n'ai eu qu'un pays, chacun est dans sa ville
Chacun est dans son trou, je parle en fou
Une odeur vient à moi, et je peux en pleurer
Le gasoil dans la pluie qui baise la lumière
Une odeur vient à moi qui baise la lumière
Où va celui bout, je parle en fou
Ça hurle dans la cour où?? une guerre
Le vent pique mon cou, je parle en fou
Ça hurle dans la cour, le vent pique mon cou
Les enfants ont leurs poux, je parle en fou"
Bertrand Belin






"Dieu est grand ! répondit le mendiant. Mais qu’importe les affaires. Il y a tant de joie dans l’existence. Tu ne connais pas l’histoire des élections ?
- Non, je ne lis jamais les journaux.
- Celle-là n’était pas dans les journaux. C’est quelqu’un qui me l’a racontée.
- Alors je t’écoute.
- Eh bien ! Cela s’est passé il y a quelque temps dans un petit village de Basse-Égypte, pendant les élections pour le maire. Quand les employés du gouvernement ouvrirent les ruines, ils s’aperçurent que la majorité des bulletins de vote portaient le nom de Barghout. Les employés du gouvernement ne connaissaient pas ce nom-là ; il n’était sur la liste d’aucun parti. Affolés, ils allèrent aux renseignements et furent sidérés d’apprendre que Barghout était le nom d’un âne très estimé pour sa sagesse dans tout le village. Presque tous les habitants avaient voté pour lui. Qu’est-ce que tu penses de cette histoire ?

Gohar respira avec allégresse ; il était ravi. « Ils sont ignorants et illettrés, pensa-t-il, pourtant ils viennent de faire la chose la plus intelligente que le monde ait connue depuis qu’il y a des élections. » Le comportement de ces paysans perdus au fond de leur village était le témoignage réconfortant sans lequel la vie deviendrait impossible. Gohar était anéanti d’admiration. La nature de sa joie était si pénétrante qu’il resta un moment épouvanté à regarder le mendiant. Un milan vint se poser sur la chaussée, à quelques pas d’eux, fureta du bec à la recherche de quelque pourriture, ne trouva rien et reprit son vol.

- Admirable ! s’exclama Gohar. Et comment se termine l’histoire ?
- Certainement il ne fut pas élu. Tu penses bien, un âne à quatre pattes ! Ce qu’ils voulaient, en haut lieu, c’était un âne à deux pattes."
Albert Cossery extrait de "Mendiants et orgueilleux"