"Exprimer notre soutien à la population ukrainienne exposée à la violence
et la guerre, à celles et ceux qui tentent de se protéger, de résister
et de survivre, qui fuient et sont sur les routes, sans oublier les
citoyen·ne·s russes qui prennent des risques chaque jour en s’opposant
au conflit armé ; consacrer un peu de notre temps et de nos pensées,
ensemble, à la population ukrainienne, relayer les initiatives de
solidarité qui se déploient dans tous les domaines à l’échelle de notre
territoire et au-delà : tel est l’objet de la veillée ukrainienne que
des acteurs culturels de Nantes et de Loire-Atlantique organisent
collectivement au Grand T le lundi 21 mars de 19h à 23h.
La
soirée sera ponctuée d’interventions artistiques, de lectures, par des
comédiennes et comédiens nantais, de textes d’autrices et d’auteurs
ukrainien.ne.s ou vivant en Ukraine, et d’interventions de chercheuses
et chercheurs de l’Université de Nantes pour éclairer la situation.
L’opportunité
aussi de rencontrer des associations, de s’informer au sujet des
besoins et aides possibles à apporter tout au long de ce conflit :
financière, matérielle, logistique, accueil… et de faire directement un
don sur place."source LE LIEU UNIQUE
"Prenons le mot papillon. Pour utiliser ce mot, il n’est pas
nécessaire d’avoir une voix qui pèserait moins d’une livre ni de lui
mettre de petites ailes poussiéreuses. Il n’est pas nécessaire
d’inventer une journée ensoleillée ou un champ de jonquilles. Le mot
papillon n’est pas un vrai papillon. Il y a le mot et il y a le
papillon. Si tu confonds ces deux éléments, les gens ont le droit de
rire de toi. N’en fais pas trop avec le mot. Est-ce que tu essaies de
suggérer que tu aimes les papillons plus que n’importe qui, ou que tu
comprends vraiment leur nature ? Le mot papillon n’est qu’une
information. Ce n’est pas pour toi l’occasion de planer, de t’élever
dans les airs, de venir en aide aux fleurs, de symboliser la beauté et
la fragilité, ni en aucune façon de personnifier le papillon. Il ne faut
pas jouer les mots jusqu’au bout. Jamais. N’essaie jamais de quitter le
sol quand tu parles d’envol. Ne ferme jamais les yeux en rejetant la
tête sur le côté quand tu parles de la mort. Ne me fixe pas avec tes
yeux brûlants quand tu parles d’amour. Si tu veux m’impressionner quand
tu parles d’amour, glisse ta main dans ta poche ou sous ta robe et
branle-toi. Si l’ambition et la soif d’applaudissements t’ont poussé à
parler d’amour, tu devrais apprendre à le faire sans te déshonorer ni
déshonorer ton matériau.
Quelle expression exige notre époque ? Elle n’exige aucune expression
particulière. Nous avons vu des photos de mères asiatiques affligées.
L’angoisse des organes que tu tripotes n’intéresse personne. Ton visage
ne peut rien exprimer qui puisse rivaliser avec l’horreur de notre
temps. N’essaie même pas. Tu ne ferais que t’exposer au mépris de ceux
qui ont profondément ressenti ces choses. Nous avons vu des bandes
d’actualité montrant des êtres humains aux limites de la souffrance et
de l’effondrement. Tout le monde sait que tu manges bien et que tu es
même payé pour être là. Tu joues devant des gens qui ont vécu une
catastrophe, ça devrait te calmer. Dis les mots, transmets
l’information, retire-toi. Tout le monde sait que tu souffres. Tu ne
peux pas dire au public tout ce que tu sais sur l’amour dans chaque vers
d’amour que tu dis. Retire-toi et le public saura ce que tu sais parce
qu’il le sait déjà. Tu n’as rien à lui apprendre. Tu n’es pas plus beau
que lui. Pas plus malin. Ne crie pas. N’essaie pas de rentrer de force, à
sec. C’est une mauvaise façon de faire l’amour. Si tu tiens à montrer
tes organes génitaux en vers alors tu dois tenir tes promesses. Et
rappelle toi que les gens ne veulent pas d’acrobate au lit. De quoi
avons-nous besoin ? De rester au plus près de l’homme naturel, de la
femme naturelle. Ne fais pas semblant d’être un chanteur adulé avec un
public immense et fidèle qui a suivi les hauts et les bas de ta vie
jusqu’à ce moment précis. Les bombes, les lance-flammes et toutes ces
merdes ont détruit bien plus que des arbres et des villages. ils ont
aussi détruit la scène. Est-ce que tu penses que ta profession allait
échapper à la destruction générale ? La scène n’existe plus. Les feux de
la rampe n’existent plus. Tu es au milieu des gens. alors sois modeste.
Dis les mots, transmets l’information, retire-toi. Sois seul. Dans ta
chambre. Ne te mets pas en avant.
C’est un paysage intérieur. Ça se passe à l’intérieur. C’est privé.
Respecte le caractère privé de ton matériau. Ces textes sont écrits dans
le silence. Le courage de ce jeu est de les dire. La discipline du jeu
est de ne pas les violer. Laisse le public ressentir ton amour de la
solitude même si tu ne connais aucune solitude. Sois une bonne pute. Le
poème n’est pas un slogan. Il ne peut pas faire ta pub. Il ne peut pas
faire la promotion de ta sensibilité. Tu n’es pas un étalon. Tu n’es pas
une femme fatale. Toutes ces conneries sur les petits chefs de l’amour…
Tu es un étudiant en discipline. Ne joue pas les mots jusqu’au bout.
Les mots meurent quand tu les joues jusqu’au bout, ils se flétrissent et
il ne nous reste que notre ambition.
Dis les mots avec la même précision que tu mettrais pour vérifier une
liste de blanchisserie. Ne t’attendris pas sur le corsage en dentelle.
Ne te mets pas à bander quand tu dis « petite culotte ». N’aie pas de
frisson à cause d’une serviette de toilette. Les draps ne devraient pas
faire naître d’expression rêveuse dans tes yeux. Inutile de pleurer dans
le mouchoir. Les chaussettes ne sont pas là pour te rappeler des
voyages étranges et lointains. Ce n’est que ton linge sale, ce ne sont
que tes vêtements. Ne joue pas au voyeur. Mets-les, c’est tout.
Le poème n’est qu’une information. C’est la constitution du pays
intérieur. Si tu le déclames et si tu le gonfles avec de nobles
intentions, alors tu ne vaux pas mieux que les politiciens que tu
méprises. Tu es quelqu’un qui agite un drapeau et qui fait bassement
appel à un patriotisme sentimental. Pense aux mots comme à une science
pas comme un art. Ce sont des comptes rendus. Tu parles devant une
assemblée du club des Explorateurs de la Société Géographique Nationale.
Ce sont des gens qui connaissent les risques de l’escalade. Ils
t’honorent de considérer ce que tu dis comme allant de soi. Si tu leur
mets le nez dedans, ce sera une insulte à leur hospitalité. Parle-leur
de la hauteur de la montagne, de l’équipement que tu as utilisé, sois
précis à propos des surfaces et du temps qu’il t’a fallu pour les
escalader. Ne cherche pas à provoquer dans le public des hoquets et des
soupirs. Si tu en mérites, ils ne te viendront pas de ton évaluation
mais de celle de ton public. Ce sera dans les statistiques. non dans les
tremblements de la voix ou les effets de manche. Ce sera dans
l’information et la tranquille organisation de ta présence.
Evite les fioritures. N’aie pas peur d’être faible. N’aie pas honte
d’être fatigué. Tu as une bonne tête quand tu es fatigué. On dirait que
tu pourrais continuer comme ça indéfiniment. Maintenant viens dans mes
bras. Tu es l’image de ma beauté."
Léonard Cohen extrait de "Mort d'un séducteur" traduction: Serge Grünberg
Alain Krivine est mort;
d''ailleurs la LCR n'existe plus, non pluche,c'est dire.
Evidemment , le grand timonier du trotskisme light à la française
aura droit au Père-Lachaise,"légion d'honneur" des artistes de la révolution;
Krivine dit "Kri-Kri" pour les intimes
me renvoie (très judéo-chrétien le renvoi-ndc-)
à des images, ptêt un peu comme celles du chocolat Poulain;
le stand de la LCR au petit matin de la fête du PSU à la Courneuve,
en, je sais plus...
Bref deux boutiques, côte à côte celle de L.O. (le soleil brille) et celle de la LCR
Dans la première, dès sept heures un militant propre sur lui et bien peigné,
des piles de bouquins rangés devant lui, au cordeau, regardait la ligne bleue des steppes.
Dans l'autre derrière une table couverte de cannettes, cendriers en fond de pétards etc, des dormeurs sous duvets.
Choisis ton camp camarade..
et puis, la rue Blanche, from Parisse,un hôtel particulier,
maison de famille Krivine
partagée entre PC/LCR et musique classique
juste une nuit...
aussi, une manif bords de l'Erdre, et le service d'ordre LCR débarqué de la capitale en voyage organisé;
ça avait de la gueule,provincialement parlant, comme ils disent là haut sur la colline.
Bon! je réalise présentement que ma dédicace n'est pas très révolutionnaire;
Mais!
que voulez-vous?
Dans le grand ragoût de l'Histoire:
Chacun sa place
"La poésie est basse
Il faut se pencher pour la ramasser
au milieu des chaises renversées
La poésie
n’existe pas isolément
au-dessus des choses
assises sur des chaises
Et pourtant elle est captive
de ce qui la constitue
justement en beauté
quand une chose se lève
de la chaise
La poésie
n’est jamais une vérité
sans la réalité
d’une chaise qui s’assoit
sur une autre chaise
La poésie va jusqu’au bout
de l’homme
qui démonte la chaise
pour faire du feu
La poésie est une décision
qui croit à l’exigence
des mots d’une chaise démontée
On a tellement frappé
sur le nez de cette chaise
qu’elle continue à saigner
sans qu’on s’aperçoive
que c’est un homme
qui saigne sur elle
car ses barreaux ont traversé
son cœur
La poésie est une chaise
que l’on saisit par le dossier
non pour s’asseoir
mais pour se battre." Serge Pey
"Nous savons que cela peut sembler difficile de se positionner dans un
moment comme celui-ci. Entre l’unanimité idéologique des médias
dominants et les voix qui relaient sans scrupule la propagande du
Kremlin, on ne sait plus qui écouter. Entre une OTAN aux mains sales et
un régime Russe criminel on ne sait plus qui combattre, qui soutenir.
Nous participant.e.s et ami.e.s de la
révolution syrienne souhaitons défendre une troisième voie et proposer
un point de vue basé sur les apprentissages de plus de 10 ans de
soulèvement et de guerre en Syrie.
Clarifions tout de suite : nous
défendons aujourd'hui encore la révolte en Syrie dans sa dimension de
soulèvement populaire, démocratique et émancipateur, notamment incarnée
par l’expérience des comités de coordination et des conseils locaux de
la révolution. Si beaucoup l'ont oublié, nous affirmons que ni les
crimes et la propagande de Bachar al-Assad ni ceux des djihadistes ne
sauraient faire taire cette voix.
Dans ce qui suit, nous n’entendons pas
comparer ce qui se passe dans les deux pays. Si ces deux guerres ont
débuté par une révolte et si l’un des agresseurs est le même, les
situations restent bien différentes. Nous comptons plutôt, à partir de
nos apprentissages de la révolution et puis de la guerre en Syrie,
proposer quelques pistes afin d'aider ceux et celles qui défendent
sincèrement des principes émancipateurs à prendre position.
1 : Écouter les voix des premier.e.s concerné.e.s par les événements.
Plutôt que les experts en géopolitique, écoutons avant tout la parole
de ceux et celles qui vivent la guerre et ont vécu la révolution (Maïdan
2014), écoutons ceux et celles qui souffrent du régime de Poutine, en
Russie et ailleurs depuis 20 ans. Nous vous invitons à privilégier les
voix des gens et des organisations défendant, sur place, des principes
de démocratie directe, de féminisme et d’égalitarisme. Leurs positions
en Ukraine et leurs demandes vis-à-vis de l'extérieur vous aideront à
construire votre propre opinion.
Adopter cette approche vis à vis de la
Syrie aurait permis de voir - et peut être de soutenir - les expériences
d’auto-organisation impressionnantes et prometteuses qui ont fleuri
dans tout le pays. De plus, écouter les voix venant d'Ukraine nous rappelle que toutes ces tensions ont débuté par le soulèvement de Maïdan. Ne
faisons pas l’erreur de réduire la révolte populaire ukrainienne (aussi
imparfaite ou “impure” soit elle) à un conflit d'intérêts entre grandes
puissances comme cela a été fait à dessein pour la révolution syrienne.
2 : Se méfier de la géopolitique de comptoir.
S'il est certain qu’il est souhaitable de mieux comprendre les intérêts
économiques, diplomatiques et militaires des grandes puissances, se
contenter d’une lecture géopolitique de la situation a tendance à
déconnecter du terrain. Cela pousse les gens normaux comme vous et nous à
éclipser les protagonistes ordinaires du conflit, ceux et celles qui
nous ressemblent, ceux et celles à qui l’on peut s’identifier.
N'oublions surtout pas : ce qui va se
passer avant tout, c'est que des gens vont souffrir à cause des choix de
gouvernants qui prennent le monde pour un échiquier et pour un
réservoir de ressources à piller. Cette vision est celle des dominants.
Elle ne devrait jamais être utilisée par les peuples qui, selon nous,
devrait se concentrer sur la construction de ponts entre eux et la
recherche d’intérêts communs. Cela ne signifie pas qu’il faille négliger
la stratégie, mais cela implique de le faire à sa propre échelle ; qui
n'est pas, pour l'heure, de déplacer des divisions de chars ou de
couper les importations de gaz. (Voir nos propositions concrètes à la
fin de l’article).[....]"