lundi 7 février 2022

toute la place


Ecrire sa mémoire
pour oublier le pluriel des événements. 
Les synapses n'ont pas de patrie.
Elles interfèrent comme bon leur semble
et la raison est leur point faible.
Trop fortes
pour nous
pauvres bêcheurs
de neurones.
Ecrire
pour oublier l'inexorable,
en jouer même,
comme si il n'y avait rien de vraiment  plus sérieux
à faire
que d'être son propre acteur 
dans la pièce du fond. 
 

 



" En période de désespoir, de peur et d'insécurité, les gens cherchent des sauveurs. N'importe qui peut faire l'affaire. À condition, si possible, qu'il apporte des solutions apparemment faciles et pour lesquelles d'autres paieront. Pourtant, un monde complexe exige des réponses complexes. (...) Pour une raison quelconque, nous avons cru qu'en nos temps modernes le fascisme serait déguisé sous des couleurs brillantes et affables et qu'il serait difficile à reconnaître. Mais il est reconnaissable. Le même rugissement quand parle le chef. La même haine de l'autre. La même violence. La même projection de virilité blessée."
Raoul Peck  
 

 
 
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   illustration KEDISTAN

Papillons du Rojava

"papillons
pansements sanglants
visages déterrés et crânes rasés
éponges traînées
papillons épuisés, sans souffle

dans le lac du ventre
le rossignol chante son désir
condamné par tous à mort

sabres dépecés
femmes dont la peau laisse voir les os
leurs ailes me terrifient
sequins d’or sur les cadavres

mes ailes veulent s’ouvrir
soulève-moi
brûle-moi

les tués sans nom vont s’agenouiller
et je cours
je fuis ce troupeau qui monte du rivage

mon poème
cet humble trésor laissé aux dents de la foule
l’oiseau qui se déchire aux vitres
son duvet colle encore aux étoiles

pour empêcher mon sang de geler
je compte les chevaux noirs
superbes et sans limites
qui ont connu l’énigme de n’être pas

pieds nus dans les décombres des villes
les articulations brisées une à une
bouillies, loques sous les bottes innombrables
la voix verrouillée dans la bouche
libres dans l’herbe
dormant dans mes veines
brûlant mon plancher d’insomnie

la lumière est cette attente folle
qui n’a jamais voulu être le deuil
face au canon du fusil
elle s’enroule dans la myrrhe et l’or
sur l’oreiller blanc des mots

notre cœur nous dépasse"
Delphine Durand publiée par Kedistan
 

 



PROGRAMME


                    dessin Xavier Marabout

                                           Illustration:Médecins du Monde Dominique Bloyet




jeudi 3 février 2022

un coup de chaud

 

                             Mettre
                                        la borne  distance.
 
 
    première impression
 

     Arrêter les recherches
 
"Nous sommes dans l'inconcevable mais avec des repères éblouissants." 
René Char


 "On ne fait pas un voyage, c'est le voyage qui nous fait, nous défait."
Nicolas Bouvier
 

 
 
 Sculpture de: Botnari Mihail
 
 Un résumé d'existence en quelques photos.
  C'est donc cela.
Le temps joue les circonstances
et mieux me dis-je que l'acteur du crématorium
récitant pour l'ambiance.
son  mesuré et sinistre texte

D'ailleurs,
tout est chronométré 
même le soleil qui se pointe fragile à la sortie
de la boutique.
 
Toi, au moins, 
tu va rire...
t'auras un coup de chaud.

 

 
 

 "On ramasse éclats et feux.
On range les douleurs, encore plus loin,
oui, bien profond.
Le corps retrouve sa mouvance, retisse ses ailes,
perd son extase.
Le cri n’effleure plus la bouche.
Grande est sa nostalgie.
Et l’être a de nouveau un nom.
Il subsiste malgré l’absence de ciel,
il va, son souvenir est nu.

Tu redescends. Plus bas la vie.
Plus bas ma sœur.

Dessin de la pensée, trace du cœur, cendre, plaie et béance, cicatrice chaude, peau douce, montagnes et vallées, mer qui déferle, fruits de ma terre, paradis,
c’est là que je reviens."
Sylvie Fabre G