mardi 17 novembre 2020

circonstances

Dans les contingences
qui nous gouvernent
on se barre au mètre 
au kilomètre
même.
Finalement
c'est toujours une:
Question de temps
 

The world is strange
et cie...
 
Les transports en commun de l'occupation sont de retour
Alors
oserais-je dire:
C'est dans la poche!

Habitat lacustre
ou
île flottante




"C’est un air de flûte, la nuit,
Qui s’enroule au cou des brebis,
La tendresse,
Un vieux bouquin parcheminé
Qu’on lit devant la cheminée,
La tendresse.
C’est la colombe encore vaincue
Qui fait pourtant le pied de grue,
La tendresse,
Ce bel oiseau blanc déployé
Quand le désir est empaillé,
La tendresse...

C’est quatre notes d’un piano
Qui, bêtement font le coeur gros,
La tendresse.
C’est cette brute qui, soudain,
Éclate en sanglots dans ses mains,
La tendresse.
C’est, sur le quai de cette gare
L’émigrant qui cherche un regard
De tendresse.
Derrière les murs d’un lupanar,
C’est ce petit ticket d’espoir,
La tendresse...

C’est bien moins haut qu’votr’e Paradis,
C’est tout au fond du ventre enfoui,
La tendresse.
Ça s’apprivoise comme un renard,
Heure après heure, vingt ans plus tard,
La tendresse.
C’est ce qu’on avait en naissant
Lorsque l’on était innocent,
La tendresse.
C’est tout ce qui reste encore
Pour faire un pied d’nez à la Mort,
La tendresse."
Henri Tachan 
 
J'ai loué un garage pour ranger mes souvenirs

lundi 16 novembre 2020

mais pas voler


La pensée est un oiseau d’espace qui dans la cage des mots saura peut-être déployer les ailes, mais pas voler.”
Khalil Gibran

 

             illustration source: Toile

 "Pour savoir où je suis, il faut la carte où je ne suis pas. Il suffit d'interroger les lois du labyrinthe et de suivre le fil."
Jean-Loup Rivière

"L'ennui avec l'absolu c'est que quand on le quitte, on tombe nécessairement dans le relatif."
Jean-Claude Clari


Découvert chez KUB:




"On dirait que les moralistes ont envie que les gens soient malheureux, afin de donner respectivement raison à leurs sentences."
Charles Dantzig


 
              illustration source: LundiMatin
 
" Ce qu’on appelle visage ne peut exister chez aucun animal excepté l’homme, et il exprime le caractère."
Ciceron
 
"Tous les êtres vivants sont dans l’ouvert, ils se montrent et se communiquent les uns aux autres, mais seul l’homme a un visage, seul l’homme fait de sa manière d’apparaître et de se communiquer aux autres êtres humains sa propre expérience fondamentale, seul l’homme fait du visage le lieu de sa propre vérité.

Ce que le visage expose et révèle n’est pas quelque chose qui peut être dit en mots, formulé dans telle ou ou telle autre proposition signifiante. Dans son propre visage l’homme se met inconsciemment en jeu lui-même, c’est dans le visage, avant que dans la parole, qu’il s’exprime et se révèle. Et ce que le visage exprime n’est pas seulement l’état d’âme d’un individu, c’est avant tout son ouverture, sa manière de s’exposer et de se communiquer aux autres hommes.

C’est pourquoi le visage est le lieu de la politique. S’il n’y a pas une politique animale, c’est seulement parce que les animaux, qui sont déjà toujours dans l’ouvert, ne font pas de leur exposition un problème, ils y demeurent simplement sans s’en préoccuper. C’est pourquoi ils ne s’intéressent pas aux miroirs, à l’image en tant qu’image. L’homme, à l’inverse, veut se reconnaître et être reconnu, il veut s’approprier sa propre image, il cherche en elle sa propre vérité. De cette façon il transforme l’ouvert en un monde, dans le champ d’une incessante dialectique politique.

Si les hommes avaient à se communiquer toujours et seulement des informations, toujours telle ou telle autre chose, il n’y aurait jamais, à proprement parler, de politique, mais uniquement échange de messages. Mais puisque les hommes ont avant tout à se communiquer leur ouverture, c’est-à-dire une pure communicabilité, le visage est la condition même de la politique, ce en quoi se fonde tout ce que les hommes se disent et échangent. Le visage est, en ce sens, la vraie cité des hommes, l’élément politique par excellence. C’est en se regardant en face que les hommes se reconnaissent et se passionnent les uns pour les autres, perçoivent ressemblance et diversité, distance et proximité.

Un pays qui décide de renoncer à son propre visage, de couvrir avec des masques en tout lieu le visage de ses propres citoyens est, alors, un pays qui a effacé de soi toute dimension politique. Dans cet espace vide, soumis à chaque instant à un contrôle sans limites, se meuvent maintenant des individus isolés les uns des autres, qui ont perdu le fondement immédiat et sensible de leur communauté et peuvent seulement échanger des messages adressés à un nom désormais sans visage. À un nom désormais sans visage."
Giorgio Agamben -Traduction Florence Balique-sources Quodlibet
                                                                                                                LundiMatin    
 
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