dimanche 1 novembre 2020

comme un lundi

A la recherche du temps a(d)venu(e)
retrouvant équilibre en sa destinée journalière.
L'écho d'un clapotis de vélo dans une flaque rectiligne;
plus tard, les ailes du saule pleurant sous la pluie.
Octobre gris, lune bleue:
mélange en vue chez le marchand de couleurs
et la nuit flegmatique  si fidèle aux nuances, elle  s'avance
 ...
M'accompagne
toujours .à l'heure.
....

Il n'y a plus d'hier
Déjà Novembre
et le ciel s'est maquillé saison.
C'est déjà ça.
 



 
 "Comment ça va ? Lundi ? Mardi ? Mercredi ? Jeudi ? Vendredi ? Bien dormi ?
Le week-end, bien passé ? T'as glandé ? La famille ? Les enfants ?Les amis ? Le barbec' annulé par la pluie ?
Est-ce que ça va ? T'es sûr que ça va ?
Tu m'caches pas quelque chose que je devrais savoir ?
Un divorce ? Un cancer ? Ta belle-mère ? Une mauvaise dépression ?
Le moral est-il bon?

Comme un lundi, comme un lundi
Comme un lundi, un lundi méchant
Comme un lundi, comme un lundi
Comme un lundi, un lundi méchant

Et chaque semaine on reprend la rengaine
En se disant demain sera peut-être mieux
On affronte et combat certains problèmes
En achetant de petites pilules bleues
On n'est pas toujours aussi fort qu'on veut l'être
On essaye de faire comme l'on peut
On court après le bonheur à tout prix
Le lundi au soleil le moral est pluvieux

Comme un lundi, comme un lundi
Comme un lundi, un lundi méchant
Comme un lundi, comme un lundi
Comme un lundi, un lundi méchant

Une semaine s'achève, au compteur s'ajoute
On nous parle de crise et tout le monde a la frousse
On s'endort dans des volutes de drogues douces
Pour oublier que tous les jours l'État détrousse
On se console en consommant, notre confort
Nous rend souvent si seuls et puis sans solution
Chaque dimanche revient ce cafard incessant

Demain, lundi sera méchant
J'vais pas m'laisser démonter
Par bad vibes et morosité
Pas s'contenter mais tenter
Sinon tes rêves enterrés
Chauffez, chauffez ouais t'entends
Les pulsations dans tes tympans
Chantez, chantez ce cancan
Écoutez, goûtez lundi méchant

Comme un lundi, comme un lundi
Comme un lundi, un lundi méchant
Comme un lundi, comme un lundi
Comme un lundi, un lundi méchant."
Gael Faye


vendredi 30 octobre 2020

au passage

 


"Devant un enfant on ne parle ni d'argent, ni d'amitié trahie, ni d'amour déçu, ni de vieillesse à charge. Ni de la fin de l'enfance. Il vaut son poids d'or et de ciel, ce droit de penser, agir, rêver sans conséquence."
Jean-François Deniau



- On affirme souvent que « tout le monde peut écrire ».
Jean Rouaud : - Je l’ai moi-même cru longtemps, et j’ai été plutôt enclin
à inciter à écrire tous ceux qui en manifestaient le désir. On est tous,
tout le temps dans l’écriture – d’un rapport, d’une carte postale, pour
laquelle on essaie de trouver une tournure un peu fine, un peu drôle.
Et on est tenté de se dire qu’il suffirait d’allonger la phrase pour lui
faire porter une histoire, et que, ma foi, de la carte postale au roman,
il n’y aurait qu’une question de temps et d’énergie.
En fait, je crois de plus en plus que ce saut de la carte postale au livre,
c’est l’engagement de toute une vie. Ce n’est pas quelque chose qui
se fait impunément. Il y a un prix très lourd à l’écriture, qui consiste
à abandonner, en fait, quasiment toute ambition sociale." 
Jean Rouaud extrait de: "Les champs d'honneur" 
 

"
Les mots, j'ai appris à les aimer tous, les simples et les compliqués que je lisais dans le journal du maître, ceux que je comprends pas toujours et que j'aime quand même, juste parce qu'ils sonnent bien. La musique qui en sort souvent est capable de m'emmener ailleurs, de me faire voyager en faisant taire ce qu'ils ont dans le ventre, pour faire place à quelque chose de supérieur qui est du rêve. Je les appelle des mots magiciens : utopie, radieux, jovial, maladrerie, miscellanées, mitre, méridien, pyracantha, mausolée, billevesée, iota, ire, parangon, godelureau, mauresque, jurisprudence confiteor, et tellement d'autres que j'ai retenu sans effort, pourtant sans connaître leur sens."
Franck Bouysse extrait de: "Né d'aucune femme". 
 
 
La plage sortait masquée
et à distance raisonnable
pour ne pas contaminer par ses gouttelettes de sable
un océan désarmé.
 



L'histoire d'un pays qui brille de mille feux et que tout le monde peut rejoindre. Il y a des mots pour ça : eldorado, mirage, paradis, chimère, utopie, Lampedusa. C'est l'histoire de ces bateaux qu'on appelle ici kwassas kwassas, ailleurs barque ou pirogue ou navire (…). C'est l'histoire de ces êtres humains qui se retrouvent sur ces bateaux et on leur a donné de ces noms à ces gens-là, depuis la nuit des temps : esclaves, engagés, pestiférés, bagnards, rapatriés, Juifs, boat people, réfugiés, sans papiers, clandestins."
Nathacha Appanah
 
 

"La vie est ainsi faite, on n'y peut rien. Grandir, c'est apprendre à calculer, dans tous les sens du terme. Mais ce que l'on ne vous dit pas à l'école, c'est que vous y perdrez vos rêves au passage."
Patrick Bauwen