samedi 5 septembre 2020

apparences


Figer le temps
à travers l'objectif,
du mince bout de sa lorgnette.
Suspendre les secondes à jamais.
Statufier le sablier d'une histoire
élémentaire.

Fantasme des apparences.




"Voir au-delà n’est rien, c’est voir en plein jour l’énigme, tordre le cou à l’essor, s’allonger en attendant que s’écartent les esprits, les voleurs, les sourciers, que saigne des décors l’envol changeant, que mûrissent les échos (leurs abris, leurs ruses, leurs amers caprices, leurs accrocs, leurs vantardises), que s’entortillent les voyants sans envers ni patrie là où balbutie le caché, où l’on range les balanciers, les espaliers, les Babels, les lassos, les constellations qu’imitent sans savoir nos paupières, les goulots brisés, les charrues cassées, les arbres en marche qu’on laisse venir à nous comme à Dunsinane."
André Rougier   dans:"Les Confins"






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"On a pu dire que la particularité principale du Covid 19 était la proportion inhabituellement forte pour un coronavirus d’être propagé par des porteurs asymptomatiques, à savoir par des personnes contaminées et contaminantes mais ne présentant aucun des symptômes de la maladie. Je suis en pleine forme, mais le moindre de mes postillons qui tombe sur mon grand-père ou sur ma voisine de métro en surpoids peut déclencher dans leurs corps le processus qui aboutira à la tempête mortelle de cytokines qui ravagera leurs poumons. Ma pleine forme durera pourtant sans altération sensible.
Être asymptomatique, c’est commencer à être malade sans le savoir, sans souffrir de la maladie. L’opposition binaire entre « santé » et « maladie » est donc trompeuse. Bien souvent nous dissimulons cet entre-deux par des potions magiques diverses.
Qu’est-ce donc que le doliprane, le paracétamol, l’ibuprofène et certains psychotropes que les populations françaises et états-uniennes consomment avec avidité depuis des décennies ? Rien d’autre que des potions magiques d’asymptomaticité. J’ai mal à la tête, tout mon corps est douloureux, je broie des idées noires. Ces symptômes risquent de m’empêcher de « fonctionner » si je les laisse m’envahir. Je ne veux pas rater le boulot au risque de manquer ma prime, je ne veux pas non plus rater cette soirée entre amis : la potion magique de notre Brave New World médicamenté me permet de refouler (temporairement) les symptômes – de ne pas être malade pour le moment – et je peux vaquer à mes occupations, j’ai fait le vide dans mes perceptions de mon état réel. J’ai refoulé mes symptômes pour continuer à m’occuper comme c’est attendu.
Comment ne pas voir dans cette asymptomaticité, lorsqu’elle est produite par rapport aux maladies environnementales, la description frappante de notre rapport résigné au capitalisme extractiviste ? Nous refoulons quotidiennement les symptômes de la maladie qui invalide notre avenir commun. La plupart d’entre nous – celles et ceux qui ont encore un revenu stable, un appartement climatisé, deux repas quotidiens – agissons comme des porteurs (apparemment) sains de la déroute climatique postillonnant nos germes de mort sur les jeunes et les générations futures. Entre le Covid 19 et le capitalisme consumériste, seule la direction générationnelle de la menace change : le premier tue, en majorité, nos aînés (et les pauvres) ; le second tuera les jeunes et les pas encore nés (et les pauvres). Notre refuge dans l’asymptomaticité est notre problème majeur, cette crise sanitaire nous fait entrevoir le danger qu’elle recèle.
Comment la combattre ? Au moins de deux façons. D’abord, en faisant attention aux symptômes qui sont bel et bien là sous nos yeux, mais dont notre regard s’est longtemps détourné (effondrement de la biodiversité, multiplication des canicules et des tornades, érosion des sols, fonte de la banquise et des glaciers, etc.). Ensuite, en nous confrontant au phénomène de l’asymptomaticité comme tel, dont le danger immédiat dans le cas du virus nous invite à redoubler d’attention en général sur les conséquences néfastes possibles de comportements anodins. Même les gouvernements les plus entichés de la sacralité de l’économie capitaliste et de l’emploi productif ont dû se plier au besoin d’arrêter la machine lorsqu’elle risquait d’emporter trop de nos aînés. À nous de contraindre ces mêmes gouvernements à la mettre en veilleuse lorsqu’elle compromet l’avenir de celles et ceux qui sont encore à naître."
Cora Navirus  chez: "MULTITUDES" 

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vendredi 4 septembre 2020

what is your nem

 "Face au monde qui change
           il vaut mieux penser le changement
que changer le pansement"  Pierre Dac
                                  

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 Lancement de la saison 2020-2021
du Théâtre Simone Veil de Saint-Nazaire:
-mardi 8-mercredi 9 -jeudi 10-vendredi 11 septembre-20H-Entrée libre sur réservation
               photos source: Saint-Nazaire news
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"En voulant ré-autoriser les néonicotinoïdes, dans un premier temps pour la betterave et potentiellement pour toutes les cultures, le Gouvernement met en péril la stratégie française d'éradication des pesticides les plus dangereux. Ce projet, déjà ficelé, ne fera l'objet d'aucun débat au CNTE réuni mardi 1er septembre, d'aucun avis, mais d'une simple présentation. Dans ces conditions, l’UFC-Que Choisir boycottera cette séance en signe de vive protestation quant aux conditions d'élaboration d'un projet aussi critiquable, tant dans ses conséquences sanitaires qu'environnementales.
 
Après avoir enterré les promesses d’interdire le glyphosate d’ici 2021, après avoir autorisé l’épandage des pesticides au ras des habitations, voilà que le Gouvernement recule à nouveau sous la pression du lobby de l’agriculture intensive et de l’industrie sucrière, en ré-autorisant les néonicotinoïdes -une classe de pesticides particulièrement dangereux- pour la culture de la betterave.

  • Des pesticides dangereux, interdits depuis deux ans : les néonicotinoïdes sont des insecticides qui ont la particularité de se diffuser dans l’ensemble de la plante et dans le pollen butiné par les abeilles et autres insectes pollinisateurs, entraînant leur mort par la détérioration du système nerveux. Mais alors qu’une fraction seulement de ces molécules est absorbée par la plante, plus de 80% se retrouve dans l’environnement. Ces molécules se dégradant très peu, elles persistent longtemps après les traitements et contaminent les cultures suivantes pendant des années, la micro-faune des sols ainsi que les cours d’eau et les nappes phréatiques qui alimentent nos réserves d’eau potable. Du fait des dangers liés à leur utilisation ces pesticides étaient donc interdits en France depuis 20181.



  • Une ré-autorisation potentiellement applicable à toutes les cultures : pendant que d’autres filières agricoles s’engagent vers le développement d’alternatives, la filière betteravière s’entête dans ses pratiques intensives et polluantes, et vient d’obtenir du Gouvernement la ré-autorisation de ces pesticides pour au moins trois ans, au prétexte que la culture de la betterave ne pourrait plus s’en passer. Cette décision particulièrement irresponsable qui concerne pas moins de 200.000 hectares, met en danger le principe d’une interdiction générale des néonicotinoïdes votée par le Parlement en 2016, et ouvre la voie au même relâchement pour beaucoup d’autres cultures. La filière du maïs vient en effet de réclamer le même traitement de faveur. Le projet de loi confirme ce risque puisque la procédure prévue, loin de se limiter à la betterave, s’applique explicitement à toutes les cultures.



  • Un mépris de la société civile :  le projet de loi sera simplement présenté au Conseil national de la transition écologique (CNTE) où est représentée la société civile, plutôt que de faire l'objet d'un authentique débat. Cette méthode est aux antipodes des exigences d'une démocratie moderne. Il s'agit d'une mascarade, le ministre de l’Agriculture ayant déjà présenté début août la ré-autorisation des néonicotinoïdes pour la filière betteravière comme une décision définitive. Alors que la mission du CNTE est justement d’aider les pouvoirs publics à définir la stratégie et les modalités de la transition environnementale, le Gouvernement a délibérément choisi de ne pas le consulter et de s’en tenir à une simple information sur le contenu du projet de loi déjà finalisé. Ce procédé signe ainsi une dérive inquiétante du gouvernement, qui réduit jour après jour les possibilités pour la société civile et les ONG, comme l'UFC-Que Choisir, de faire entendre leurs voix, en contrepoids des divers lobbies industriels.



L'UFC-Que Choisir n'entend pas cautionner par sa présence cet état de fait. L'association boycottera donc la réunion de mardi du CNTE. Au vu des graves risques environnementaux et sanitaires que fait courir cette ré-autorisation, l'association :

- exhorte le Gouvernement à maintenir l’interdiction des néonicotinoïdes pour l’ensemble des cultures en retirant ce projet de loi,

- appelle dès maintenant les parlementaires à le rejeter dans le cas où il serait maintenu.

Notes



[1] L'article 125 de la loi du 8 août 2016, dite « loi pour la reconquête de la biodiversité », interdit l'utilisation de produits phytopharmaceutiques contenant une ou des substances actives de la famille des néonicotinoïdes et de semences traitées avec ces produits […] à compter du 1er septembre 2018"
Source: "Que Choisir" 
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“Le large est à tout le monde, seulement chacun a des narines différentes pour en percevoir ce qu’il peut”
Nicolas de Staël


Retour aux fondamentaux :

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   " La poésie n'est pas un genre
    pas même une posture une imposture
    encore moins la trace d'un vieil apprentissage scolaire
    La poésie ne s'écrit pas
    ou bien s'écrit d'elle-même
    elle est proche du cri et du sang
    et du ressenti qui oubli la grammaire
    oubli qu'il écrit
    se contente d'inscrire du vivant
    tel que le vivant
    d'écrire dans le langage des choses
    et des émotions
    Le seul endroit du monde réinterprété
    que rien ne contraint et que rien n'oblige
    c'est le poésie
    car la poésie est la nature de votre seconde nature
    et sa peau et sa chair
    et sa douleur et sa peur
    et son sang d'amoureuse
    qui enfante sous vos doigts
    car
    la poésie est la seule dimension du monde
    où l'homme peut enfanter à son tour
    à sa manière
    de poèmes
    enfantés au grand jour "
Jacques Dor




Se bouger
Partir
Se mouvoir
Remuer
Gigoter...
des doigts de pied
ou branler de la tête
devant son écran
Qu'importe.
Se changer d'horizon
et les idées
en pagaille
de poussière, d'océans et d'aventures