samedi 25 juillet 2020

dans la besace du ça me dit

                 - 1885- Joseph-Ange-Morbihan/vintage-


       23 juillet 1945- Saint-Nazaire "Vla le général qui passe"


Owen Gent  "Icarus"



"Eh bien, elle n'a jamais voulu voler haut
Elle aimait trop marcher
Puis tu as dit que tu atteindrais le ciel
Elle pensait que c'était une façon de parler
Puis tu as dit que tu construirais des ailes
Vous aviez découvert comment cela pouvait être fait
Mais elle était sceptique sur tout
Elle n'a jamais pensé que tu atteindrais le soleil
Tu étais si intelligent avec tes mains
Elle t'a regardé pendant des heures
Avec la colle et avec des élastiques
Avec des plumes et de la dentelle et des fleurs
Les ailes finies brillaient si brillantes
Comme un oiseau de gloire
Elle a commencé à vous envier votre vol
Comme l'histoire d'un héros
Tu as essayé de la faire venir avec toi
Tu as toujours essayé de la défier
Mais elle a regardé le ciel si bleu
Et dit que la hauteur lui ferait peur
Mais elle a porté les ailes pour toi
Tout le chemin vers la falaise
Je t'ai embrassé au revoir et j'ai regardé tes yeux
Déjà lumineux avec la lumière du soleil
Eh bien, c'était tellement grand au début
Pour te regarder monter en flèche
Mais il y avait une douleur au fond de son cœur
Les ailes semblaient couvertes de feu
Comme une mouette ou une alouette
Se lever pour toujours
Comme une braise ou une étincelle
Montant de la terre au ciel
Puis elle a cru que tu atteindrais le soleil
Elle a cru tout ce que tu lui as dit
Faire une chose qu'aucun homme n'a jamais fait
Tu toucherais les étoiles pour lui plaire
Mais ensuite elle a vu les ailes blanches échouer
J'ai vu les plumes vaciller
Je t'ai regardé tomber comme une boule d'or
Dans la vaste eau verte
Certains sont nés pour s'élever
Certains sont nés pour suivre
Certains sont nés pour atteindre le ciel
Certains marchent dans le creux
Et pendant que je regardais ton corps tomber
Je savais que vraiment tu avais gagné
Car ta tombe n'était pas la terre
Mais les reflets du soleil"

Nic Jones 

      Edvard Munch "Melancoly" 1892



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Potins de la base
"le petit journal de la culture de France Inter"

   Photo Matthieu Culleron
         
"Privé de son édition traditionnelle pour cause de Coronavirus, le festival Breton se réinvente pour une série de concerts gratuits sur le toit de l'ancienne base sous-marine de Saint-Nazaire." Source

(N.D.C.) Merci pour "le festival Breton" voilà qui va "faire plaisir" aux Z'édiles locaux  indécrottables jacobins...

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                        Photo:Israëlis Bidermanas 

"Indépendamment de ce qui arrive, n'arrive pas, c'est l'attente qui est magnifique"
André Breton 

                                               \\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\||||||||||||||| 

 Saint-Nazaire par Jacques Zezko
 











URBEX
de l'anglais "urban exploitation
activité consistant à visiter des lieux construits et abandonnés par l'homme (source Wikipedia) 

vendredi 24 juillet 2020

comme on nous parle


 Levée du jour
  au jeu  de déambulation:
 gam-berge.
Aussi,
 méfie-toi de l'eau qui dort
aux abords
et chemine tout doux;
quelques chimères
à effeuiller sans doute






je te flore /
tu me faune /
je te peau / je te porte / et te fenêtre /
tu m’os / tu m’océan / tu m’audace / tu me météorite /
je te clé d’or / je t’extraordinaire / tu me paroxysme / tu me paroxysme / et me paradoxe / je te clavecin / tu me silencieusement / tu me miroir / je te montre / tu me mirage / tu m’oasis / tu m’oiseau / tu m’insecte / tu me cataracte / je te lune / tu me nuage / tu me marée haute / je te transparente / tu me pénombre / tu me translucide / tu me château vide / et me labyrinthe / tu me parallaxes / et me parabole / tu me debout / et couché / tu m’oblique / je t’équinoxe / je te poète / tu me danse / je te particulier / tu me perpendiculaire / et sous pente / tu me visible / tu me silhouette / tu m’infiniment / tu m’indivisible / tu m’ironie / je te fragile / je t’ardente / je te phonétiquement / tu me hiéroglyphe / tu m’espace / tu me cascade / je te cascade à mon tour / mais toi / tu me fluide / tu m’étoile filante / tu me volcanique /  nous nous pulvérisable / nous nous scandaleusement / jour et nuit / nous nous aujourd’hui même / tu me tangente / je te concentrique / concentrique / tu me soluble / tu m’insoluble / en m’asphyxiant / et me libératrice / tu me pulsatrice / pulsatrice / tu me vertige / tu m’extase / tu me passionnément / tu m’absolu / je t’absente / tu m’absurde / je te marine / je te chevelure / je te hanche / tu me hantes / je te poitrine / je buste ta poitrine / puis ton visage / je te corsage / tu m’odeur / tu me vertige / tu glisses / je te cuisse / je te caresse / je te frissonne / tu m’enjambes / tu m’insupportable / je t’amazone / je te gorge / je te ventre / je te jupe / je te jarretelle / je te peins / je te Bach / pour clavecin / sein / et flûte / je te tremblante / tu m’as séduit / tu m’absorbes / je te dispute / je te risque / je te grimpe / tu me frôles / je te nage / mais toi / tu me tourbillonnes / tu m’effleures / tu me cerne / tu me chair cuir peau et morsure / tu me slip noir / tu me ballerine rouge / et quand tu ne haut talon pas mes sens / tu es crocodile / tu es phoque / tu es fascine / tu me couvres / et je te découvre / je t’invente / parfois / tu te livres / tu me lèvre humide / je te délivre / je te délire / tu me délire / et passionne / je t’épaule / je te vertèbre / je te cheville / je te cil et pupille / et si je n’omoplate pas / avant mes poumons / même à distance / tu m’aisselle / je te respire / jour et nuit / je te respire / je te bouche / je te baleine / je te dent / je te griffe / je te vulve / je te paupière / je te haleine / je t’aime / je te sens / je te cou / je te molaire / je te certitude / je te joue / je te veine / je te main / je te sueur / je te langue / je te nuque / je te navigue / je t’ombre / je te corps / je te fantôme /
je te rétine / dans mon souffle / tu t’iris /
je t’écris /
tu me penses
Ghérasim LucaLa fin du monde, Gallimard, « Poésie », 



"Le poème ne possède pas de plus grande attraction que son inutilité. Le sacrifice est ce qui sauve l'être d'une utilité qui le dégrade en chose. — Le poème est donc cette voie, de l'ordre du sacrifice, qui rend l'être à l'inutilité, ce paradis animal de l'immanence et de l'immédiateté qui l'exfiltre dutemps. Et le revoilà dans le monde comme l'eau dans l'eau."
Stéphane Bernard
"Une main est aussi un poing"





Comme on nous parle 

Entendu ce jour à la TSF


"On a fait le maximum mais on va faire davantage" 
Olivier Véran ministre des solidarités et de la santé

C'est curieux mais ce genre de phrase creuse me fait penser au "blanc qui lave encore plus blanc que le blanc" de Coluche