vendredi 13 mars 2020

combien c'est renversant



"Sommes-nous vieux?
Sommes-nous jeunes?
Quel âge avons-nous vraiment?
Parfois vieillards,
parfois jeunesse élancée,
nous sommes les héritiers de tant d'années accumulées.
Longue fossilisation de langues et de cultures,
dépôts successifs de tant de passés qui se sont mélangés, enrichis, superposés,
des strates de guerres,
de commerce,
d'éhcnages
de conquêtes.
Nous sommes fils et filles de la sédimentation des siècles.
Quel âge avons-nous vriament?
Les frontières ont bougé,
les pays ont grandi,
les empires, chuté.
Nous sommes traversés d'un long fleuve d'Histoire qui nous donne l'épaisseur du temps.
Peut-^tre sommes-nous cela: des enfants vieux,
alliance de la fatigue et de l'enthousiasme;
Qui peut désigner le jour exact de notre naissance?" 
Laurent Gaudé extrait de: "Nous, l'Europe  banquet des peuples"Editions Acte Sud 





PATAPHYSIQUE





"Rien n'est jamais acquis à l'homme. Ni sa force
Ni sa faiblesse ni son cœur. Et quand il croit
Ouvrir ses bras son ombre est celle d'une croix
Et quand il croit serrer son bonheur il le broie
Sa vie est un étrange et douloureux divorce
Il n'y a pas d'amour heureux.

Sa vie elle ressemble à ces soldats sans armes
Qu'on avait habillés pour un autre destin
A quoi peut leur servir de se lever matin
Eux qu'on retrouve au soir désarmes incertains
Dites ces mots Ma vie Et retenez vos larmes
Il n'y a pas d'amour heureux.

Mon bel amour mon cher amour ma déchirure
Je te porte dans moi comme un oiseau blessé

Et ceux-là sans savoir nous regardent passer
Répétant après moi les mots que j'ai tressés
Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent
Il n'y a pas d'amour heureux.

Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard
Que pleurent dans la nuit nos cœurs à l'unisson
Ce qu'il faut de malheur pour la moindre chanson
Ce qu'il faut de regrets pour payer un frisson
Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare
Il n'y a pas d'amour heureux."

George Brassens 

Par Isabelle Nanty sur Inter




Faire ses armes dans la vie




Pour que reviennent les beaux jours



Marche des fiertés-PRIDE-2020


Amiens 20/06/2020
Angers 16/05/2020
Annecy 11/07/2020
Arras 13/06/2020
Bordeaux 14/06/2020
Biarritz 20/06/2020
Caen 30/05/2020
Gap 27/06/2020
Le Mans 30/05/2020
Lille 06/06/2020
Marseille 04/07/2020
Metz 13/06/2020
Montpellier 11/07/2020
Nantes 06/06/2020
Orléans 16/05/2020
Paris 27/06/2020
Rouen 23/05/2020
Strasbourg 13/06/2020
Tignes 19/03/2020
Toulon 16/05/2020
Toulouse 13/06/2020
Tours date à reconfirmer
Valence 9/05/2020











"Ton corps est un musée de catastrophes naturelles
Peux-tu saisir combien c'est renversant?"
Rupi Kaur


 "Nous sommes tous nés si beaux
La plus grande tragédie est d'être convaincus que nous ne le sommes pas"
Rupi Kaur





"Tu dois vouloir passer le reste de ta vie avec toi-même d'abord"
Rupi Kaur extraits de: "Lait et miel" (milk and honey) traduction: Sabine Rolland-µEditios Leduc.s











jeudi 12 mars 2020

the whistling train




"J'appartiens à une espèce, à une nature, à une planète.
Quel est mon rôle dans ces trois univers, je l'ignore mais je suis certaine d'une chose: quand l'un d'eux n'aura plus besoin de moi je sortirai du jeu, sans la moindre discussion.
On m'enterrera, on m'oubliera.Je n'existe que pour recycler l'azote et quelques autres éléments, pour aider à détruire la nature afin qu'elle ait une bonne raison de se renouveler, pour partager avec mon espèce. Cela, je l'ai appris en travaillant sur les animaux et les plantes.
Chz eux, chaque individu vit au sein d'un groupe plus ou moins vaste, et son existence est conditionnée par son environnement, lui-même étant partie d'un environnement indispensable à d'autres.
Au lieu de m'en tenir à l'individu, j'ai appris à réfléchir en termes de complémentarité, un système qui rend le monde bien plus lisible."
Anne-France Dautheville-


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"Les Jeux Olympiques, encore perçus comme une communion irénique des nations, sont également le théâtre d'une dépense écologique insoutenable. Cependant, à mesure que le temps passe, il devient de plus en plus flagrant que les JO supposent aussi, à l'instar de nombreuses institutions humaines, des conditions climatiques spécifiques. Les JO sont-ils compatibles avec le monde qui vient ?"
Les jeux olympiques dans un monde qui se réchauffe
A lire chez: TERRESTRES 


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"[...Il faisait une chaleur d'enfer, cela n'avait aucune importance, le temps avait cessé d'exister, je roulais pour toujours.
Soudain, une pensée s'est accrochée à ma conscience, comme un harpon dans la chair vive d'un poisson:"Ce n'est pas Dieu qui fait l'homme à son image, ce sont les hommes qui font les dieux à la leur."
En un éclair ma conscience a explosé.
Tout ce qui m'avait été inculqué, tout ce qui justifiait la vie, la mort,l'espoir tout s'est volatilisé.
Un froid glacial m'a envahie, celui de la peur, de la terreur.
Vingt siècles d'éducation judéo-chrétienne se sont effondrés, effacés, je me suis retrouvée toute seule devant les milliards d'années, le mode d'emploi déchiré et rien pour le remplacer.
Dans les secondes qui ont suivi, ma panique s'est transformée en une joie extraordinaire, comme si, enfin, je découvrais l'espace.
J'ai remplacé le "je crois" traditionnel par "je crois que je peux comprendre".
Je cherche. Au fil des lectures, des réflexions, j'accroche les idées les unes aux autres, des contours se dessinent, et j'avance, maladroitement sans doute;
 [...]
La vie est un état de la matière, elle est née de quatre atomes: carbone, hydrogène, azote, oxygène;
[...]
J'appartiens à l'écosystème de la Terre, au même titre que les cailloux ou les iguanes. Mais la terre appartient à l'écosystème du système solaire qui, comme elle, efface, répartit, mélange et individualise ses composants. Il appartient à celui des la galaxie. Elle peut se résorber, d'autres prendront sa place, encore un écosystème plus vaste. Le monde de l'espace et de la matière, sans cesse, engendre, efface, organise et réorganise.
Qu'est ce que je viens faire dans tout cela?
Si je cantonne mon destin à celui de l'humanité, je balaie sous le tapis l'infini, l'éternité, le néant, le ciel et la terre. Mais surtout, je fais l'impasse sur tous les signaux que m'envoie la vie: le sentiment d'une perfection quand je regarde un arbre; l'émerveillement quand le chat vient frotter sa tête sur mon front, quand le petit renard noir m'a suivie de longues minutes un jour que je cherchais des morilles dans sa forêt. L'émotion quand j'écoute n'importe quel motet à cinq voix de Carlo Gesualdo.
[...]
 Anne-France Dautheville- extraits de: "La vieille qui conduisait des motos."Editions Payot/voyageurs