jeudi 6 février 2020

pouvez répéter la question



Les questions que l'on ne veut pas interroger
et que l'on se pose
 fatalement
obligatoirement
                          par l'acte même d'y penser.
Les questions que l'on sollicite
restant sans réponse.

Epreuve de la vie:
Examen oral

Vous avez...







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Découvert "Dans l'herbe tendre"











BRETONS.BZH

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T'en fait une tête!




L'activité du poème n'est pas incessante

"Elle ne l’a jamais été ou alors de manière invisible, c’est à dire dans un dedans extérieur. Quand dessus c’est dessous.

Comme parfois le ciel.
Ce couvercle uni et parfaitement étalé qui derrière des grilles peut vous rendre fou.

Ça a effectivement commencé avec de la couleur. Du bleu.
On peut toujours essayer de savoir comment ça a commencé…
Enfants, pensionnaires chez les nonnes, nous portions des blouses bleues.
Et c’est cette couleur qui revient dans deux livres de Mæterlink,
longtemps serrés sur mon cœur. L’Oiseau bleu et Bulles bleues.
Mais le premier texte écrit , je m’en souviens, était sorti casqué du conte fantastique La Mort de Tintagiles, toujours Mæterlink, auteur classé catholique comme Verlaine, Claudel ou Reverdy…
Je l’avais lu à l’infirmerie. J’ignorais alors que c’était l’un des trois petits drames pour marionnettes qui un jour avait intéressé Meyerhold et Artaud.

À mes yeux d’enfant ce n’était pas du théâtre.
Ni du poème. Simplement ce qui s’appelle un conte.
C’est-à-dire quelque chose qui a beaucoup à voir avec les ténèbres.

Un corridor, des portes de fer. Une épée.
Un frère et une sœur.
Un meurtre. Le meurtre vient du dehors.

J’avais dix ans. Je revois la fenêtre. Le livre posé sur le lit.
J’ai pris dedans, comme une voleuse. Une grande porte de fer sous des voûtes très sombres. Yvelaine échevelée, une lampe à la main.
C’étaient des voix. J’entendais les voix.
Je traduisais des voix d’une langue française dans une langue étrangère qui allait devenir la mienne, celle des livres qu’il allait me falloir écrire.
J’avançais entre deux mondes comme une enfant à demi idiote.
Comme quand on rêve de personnes mortes depuis longtemps et qu’on se demande où elles étaient passées tout ce temps.
Sachant pourtant que le rêve est actuel.


J’écrivais ce qui sortait des bouches du frère et de la sœur.
Cette bave qui coule du cul des araignées.
Cette voix d’une carcasse qui se déplaçait comme un fantôme
et qui voulait enlever puis écraser le frère.
L’île aussi se déplaçait comme un bateau.

J’écrivais au crayon. Le plus minuscule possible. Sur des feuilles arrachées d’un cahier.
Comme une voleuse.
C’était comme si je cherchais une voix dans mon cœur.
Une voix qui avait été soulevée par celle d’Ygraine et de Tintagiles.
Par la chute d’un petit corps derrière une porte de fer.
Il y avait aussi une fente. La fente parlait.
J’éprouvais je me souviens un plaisir fou à écrire.
Quelque chose de neuf, d’inconnu, d’étranger.
Je cachais les feuilles écrites dans mes vêtements.

Ce n’est qu’après que surgiront Nerval et Rimbaud. Ils anéantiront Mæterlink.
L’été, je les attachais sur mon vélo. Aujourd’hui, je revois exactement le fossé et l’herbe où j’allais pour les lire.

L’ennui avec le bruit, disait Cage, c’est la musique.
Le dépossédant.
Les poèmes foutaient du bruit dans la musique, rendaient la musique au bruit.
Défaisaient la langue dans la bouche.
Rendaient l’eau dans le fossé plus eau, les herbes plus herbes."
Liliane Giraudon chez: "Le bordel des poètes"







mardi 4 février 2020

sel que j'aime


D'eau
Rémi...

                             Rémi Begouen extrait de: "Et donc"



"Dans les brisants,
Dans les cris des goélands,
Dans l’écume qui retombe en eau,
Dans la marée qui commence à monter,
Dans le goémon qui s’accroche aux rochers,
Je me convie.
Je m’y retrouve".
Guillevic




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cOLLiSiOn


Pièce de cirque et parureS  -Compagnie Allégorie Vendredi 14 février Quai des arts Pornichet








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Le Quator Voce  en concert à Guérande au Centre Culturel Athanor le jeudi 13 février




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Reçu ce jour:



Le 12 octobre 2019, répondant à l'appel, ils et elles sont venues comme
tant d'autres, affirmer qu'ils sont habitant.es de cette région qui se
fait inlassablement massacrer par la "transition écologique".
Habitant.es, c'est à dire prêt.es à mettre en jeu leur corps et leurs
cœurs pour que ce saccage ne se fasse pas en silence.

Le hameau de l'Amassada était à peine rasé par les blindés que la
préfète jubilait déjà comme une ado devant la Star'Ac, tandis que la
colère grondait toujours plus fort chez celles et ceux qui se sont
retrouvé.es depuis plusieurs années sur ces terres, qui les cultivaient
et les habitaient.

Ce jour là, quatre personnes ont été piochées dans la masse. Un
retraité, une artisane, un tondeur de brebis et une prof de yoga… "bonne
pioche" dira la procureure: dans la famille bouc émissaire, je
voudrais les violents casseurs écologistes. Voici nos quatre larrons
accusés de violence sur militaire lors d'un attroupement masqué, armé,
avec forte dégradation et se permettant de refuser le fichage ADN et
autres signalétiques.
Si la situation n'était pas aussi affligeante, les dires de leur
convocation nous feraient bien rire : des insultes sexistes et
homophobes en pagaille, une violence inouïe sur 14 gendarmes suréquipés
(1 jour d'ITT quand même, faut pas déconner), bref si nos calculs sont
bons, pas moins de 7 chefs d'inculpation par personne.

Une répression ça s'organise. Le transformateur de St-Victor c'est à la
fois la promesse d'un avenir nucléarisé et le petit bijou écolo pour
décorer le costard teint en vert d'un gouvernement en mal de légitimité.
C'est un bon paquet de billets dans les poches des industriels de
l'énergie et de quelques politiciens bien placés. Vous imaginez les
intérêts en jeu! 
Alors une fois de plus ils nous ressortent la bonne vielle recette
utilisée dans les quartiers populaires, les ZAD et chez les Gilets
Jaunes : 
- Cueillir au hasard quelques-un.es des ces ploucs qui osent contester
le saccage social et écologique si bien organisé. 
- Appeler le tribunal pour qu'on passe à la moulinette ces têtes de
mules.
- Les accuser d'actes improbables mais toujours masqué.es, assoiffé.es
de sang policier, et isolé.es de la population.

Aujourd'hui il s'agit de les soutenir. Le procès étant le 11 mars, nous
appelons dès maintenant à des mots et des gestes de solidarité. Envoyez
les à amassada@riseup.net et nous nous ferons un plaisir de les publier
pour montrer que les inculpé.es ne sont pas seul.es.

Et nous vous invitons surtout à deux journées de mobilisation les 10 et
11 mars à RODEZ. 
Le programme complet sera bientôt disponible. Quoi qu'il en soit nous
nous retrouverons le 11 mars à 14 heures devant le tribunal de Rodez.
Nous savons qu'il ne peut y avoir qu'une réponse collective face au
désastre en cours. ZADs, rond-points, blocages, assemblées, on lâche
rien.

PS: L'affiche de l'évènement est disponible sur le blog
douze.noblogs.org

Le futur nous excite
Pas res nos arresta
L'Amassada 
 
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 Rayons
 souvenirs


 
 
 
 
 
 En Replay sur FR3
 



 
 
 

 

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" Clown
Un jour.
     Un jour, bientôt peut-être.
     Un jour j’arracherai l’ancre qui tient mon navire loin des mers.
     Avec la sorte de courage qu’il faut pour être rien et rien que rien, je lâcherai ce qui paraissait m’être indissolublement proche.
     Je le trancherai, je le renverserai, je le romprai, je le ferai dégringoler.
     D’un coup dégorgeant ma misérable pudeur, mes misérables combinaisons et enchaînement « de fil en aiguille ».
     Vidé de l’abcès d’être quelqu’un, je boirai à nouveau l’espace nourricier.
     A coup de ridicules, de déchéances (qu’est-ce que la déchéance ?), par éclatement, par vide, par une totale dissipation-dérision-purgation, j’expulserai de moi la forme qu’on croyait si bien attachée, composée, coordonnée, assortie à mon entourage et à mes semblables, si dignes, si dignes, mes semblables.
     Réduit à une humilité de catastrophe, à un nivellement parfait comme après une intense trouille.
     Ramené au-dessous de toute mesure à mon rang réel, au rang infime que je ne sais quelle idée-ambition m’avait fait déserter.
     Anéanti quant à la hauteur, quant à l’estime.
     Perdu en un endroit lointain (ou même pas), sans nom, sans identité.

     Clown, abattant dans la risée, dans le grotesque, dans l’esclaffement, le sens que contre toute lumière je m’étais fait de mon importance.
     Je plongerai.
Sans bourse dans l’infini-esprit sous-jacent ouvert
     à tous
ouvert à moi-même à une nouvelle et incroyable rosée
à force d’être nul
et ras …
et risible … "

 
Henri Michaux - L'espace du dedans - découvert chez: "Des mots et des espaces"