lundi 9 décembre 2019
et puis l'on recommence
GIF source: Toile
"Tout ce qui manque pour réussir une vie, comme dans une recette légèrement foirée.
trop de sucre ou trop salée
un peu grasse trop sèche
-allez!
manque de sauce!
quelques grumeaux, pas assez fouettée?
au galop la cuisson -
Ou-là! trop fort -
on en mijoterait quelques rancoeurs à feu doux.
Changement de décors et costume d'hiver
badigeon à tribord et cuisine équipée!
J'ai pris la tasse mais dans l'évier elle n'a pas demandé son reste
d'un fond de thé
d'un fond de thym
infusion du soir, nouvelle en chemin?
Tout ce qui m'interroge et mon verbe irrégulier
à sortir du frigo trop tard!
à la place on se fera des pâtes comme d'habitude
là au moins, on sait où l'on va
tout droit à la colle
soluble dans l'alcool?
la parole déliée avec un peu de crème de cassis pour remplir les blancs
gros-plant-muscadet ...
c'est compris dans le menu faudrait pas se priver,
Tout ce qui peut faire passer
un bac sur la Loire un puits dans la purée
du sable en chaussettes et la pièce épurée
au théâtre des deux ânes qui se feraient bien la tête et le bonnet avec pour compenser.
Tout ce qui reste à comprendre
Tout ce qu'on ne dira jamais
Tout le mal qu'on se donne et le bien que l'on se fait
Tout l'art de l'esquive et du spectacle à rejouer
trop tard!
le réalisateur a pourtant dit : "Moteur"
Zut!
la pellicule s'est grippée.
Mais tôt ou tard! l'inconnu chassera les nuages comme on souffle sur les mauvaises idées
les bougies allumées de terribles anniversaires qui vous comptent à rebours.
C'est la rentrée pour l'écriture et je protège mes cahiers
des vers et de la froidure
du vent dans l'étier
du sel sur les pieds
des mots croisés
des rimes fléchées.
Tout ce que l'océan prendra dans ses marées
l'amour et ses filets en tranches citronnées
des salades à s'en faire tout un plat
du rôti au soleil et les vapeurs de l'âge.
Tout ce qui tiendra pour mettre les voiles
à hisser les vergues
fixer le risque au taquet
et prendre une volée de pois vert.
et tout ce qu'il faut dans la marge pour rassurer le correcteur et son stylo rouge
comme la révolte qui se bedonne à force d'être inspirée
expirez!
on retient!
on souffle!
et puis, l'on recommence..."
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"On ne sait jamais"
Sur le seuil, provisoire
"Nous irons à Mossoul
Nous irons à New York
Nous irons au Bataclan
Nous irons dans ce petit village de la Dordogne où l'on plume les oies vivantes pour en faire des doudounes de luxe, où la police des champignons patrouille et vous confisque votre panier si vous n'êtes pas dans ses petits papiers.
Nous irons à Alep, chercher du savon de Marseille, nous n'irons pas à Calais,
Circulez !
Nous irons en Suisse, bien sûr, pays de la liberté neutre et propre, où les bottes bien cirées ne demandent qu'à marcher
Nous serons là, sur le pas de la porte, à humer le vent, à déduire son orientation, à admirer la lumière de Novembre sur le bouleau doré et plein d'oiseaux qui regardent le monde de plus haut.
Nous mettrons un pied sur la première marche de l'escalier qui se dérobe, travaillé dans ses minces fondations par les racines des arbres qui se sont plantés là, tous seuls, comme des arbres émigrés.
En fait nous resterons là sur le seuil, la valise au bout du bras qui s'allonge sous son propre poids de valise, jusqu'à la laisser reposer sur le palier. Les mains pendantes
Au seuil de quitter cette maison, nous aurons une pensée pour ceux qui sont venus de loin, l'ont habitée avant nous, l'ont construite, même. Nous aurons une pensée pour ces gens, venus du Sud ou de l'Est de l'Europe, ces crève-la-faim chercheurs d'eldorado preto, transformés en taupes le temps d'attraper la silicose, ressortis à l'air libre quand leurs poumons ne pouvaient plus l'aspirer. Nous aurons une pensée pour ces esclaves importés par la Compagnie de la Méditerranée qui pensaient retrouver la mer et se sont retrouvés sous terre.
Nous resterons sur le seuil à écouter les doubles discours apportés par le vent dans le criaillement des étourneaux
Nous penserons qu'un jour la Terre n'était/ne sera/ n'est - qu'un seul pays. "On tourne en rond, y a rien à faire, c'est la malédiction du système solaire" chantais-je, il y a longtemps.
Nous consulterons le Dictionnaire des migrations, fascinées par les flèches rouges, vertes, bleues, aux mouvements puissants et incurvés.
Des flèches pour les peuples errants, des flèches du Sud vers le Nord, de l’Est vers l'Ouest, mais toujours à la lisière du méridien de ceinture, au-delà duquel il fait froid, il fait nuit, il fait océan.
Nous étions prêtes à partir, à quitter, à décamper, à fuir,
Parce que le chef ne nous convenait pas, parce que les petits cons sous nos fenêtres nous pourrissaient la vie, parce qu'il y avait décidément trop de vent à présent, pas assez de neige, passablement de moustiques et énormément de pyrale du buis. Nous étions prêtes à déménager parce que les loyers étaient devenus exorbitants, le voisinage trop 4/4 ou pas assez.
Dans la valise nous avions mis quelques doudous, des bonnets de rechange et des paires de lunettes aussi. Des crayons et des cahiers, de l'aspirine et du pain dur.
La valise est légère, elle est vieille et rafistolée, elle a beaucoup servi. Voyages d'agréments, « escapades », tourisme professionnel. Une valise dorée qui a connu les soutes, les compartiments non fumeurs, les plate formes d'où l'on peut passer ses appels téléphoniques, et le garage du dessus de l'armoire.
Nous irons à Mossoul voir les djihadistes entraîner dans leur « martyr » des martyrs non volontaires, et les libérateurs de rue faire des omelettes avec des œufs humains.
Nous irons à New York défiler avec les Américains -qui n'ont pas voté…
Nous irons à Lampedusa, à Lisboa, à Lesbos
Nous irons à Saint-Petersbourg, à Libreville, à Istanbul, à Reykjavik, à Papeete. Et si nous allions « là-bas » ?
Nous resterons sur le seuil, ma petite fille et moi, à humer encore le vent et puis nous resterons là, car il n'y a nulle part où aller."
Marie Bipe Redon "OUI MES MOI journal de mes minorités"
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en occitanie:
De la convergence des luttes:
"un sapin gilet-jauné pendu à une éolienne"
"Incroyable, mais vrai : qui donc a réussi à accrocher un sapin avec un vêtement gilet jaune dans la nuit de jeudi à vendredi, à la cime d’une éolienne de 60 mètres ?!
La question turlupine les gendarmes de la compagnie de Béziers et les exploitants du parc éolien Lou Puech, sur le plateau isolé du tranquille village de Dio-et-Valquières, à l’ouest de Lodève. Et à 70 km au nord-ouest de Montpellier."
source
Amassada:
quel chantier...
Amassada - Chantier #1 from Ferdinand Griffon on Vimeo.
dimanche 8 décembre 2019
balises
"La moralité n"est bien souvent qu'une affaire d'éclairage et tu es le gardien de ton propre phare."
Marcel Jouhandeau
Balise
fruit du balisier
mais aussi
celui qui craint, qui s'angoisse, qui s'inquiète
ou encore
pour se repérer dans le noir. les hauts fonds...
Au propre
comme au figuré
le chemin est semé d'embuches
de Noël?
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illustration source: Kedistan
"En Turquie, bien que le journalisme
indépendant soit criminalisé, et que règne l’auto-censure, quelques
articles osent encore la critique sociale du règne de la violence, à
lire entre les lignes. Voici la traduction de l’un d’entre eux.
Par Hasan Baki Kaya, publié en turc, sur Toplumsal Bellek (Mémoire sociale), le 22 octobre.
Lorsque
les hommes commencent à raconter leurs souvenirs de service militaire,
vous avez l’impression que la fin ne viendra jamais. Les événement les
plus ordinaires sont racontés en rajoutant plusieurs couches. Aucune
limite à l’exagération. Même les sanctions les plus déshonorantes, les
tabassages subis, sont déformés, tordus, rendus plus amusants à
raconter.
Il n’y en a pas un, qui lors de son service militaire, n’aurait signé aucun acte héroïque. Chacun a une patrie qu’il a sauvée.
Ces derniers temps, ceux qui ont fait/font leur service militaire dans l’est ou le sud-est [de la Turquie] se positionnent tout autrement. La place de chacun est une chose, la leur en est une autre…
J’ai
rencontré deux d’entre eux dernièrement, à quelques jours d’intervalle.
Des “souvenirs” racontés sur le seuil, sans fioriture, m’ont pétrifié
le sang.
Deux jeunes, l’un serveur,
l’autre employé de boucherie. L’un a commencé à raconter pendant le
repas, en échangeant vite fait, l’autre pendant les courses.
Lorsque j’ai dit au serveur qui venait d’annoncer qu’il avait fait son service militaire dans le sud-est “ça a du être difficile“, il m’a rétorqué, sans aucune hésitation “nooon, ça n’a pas été difficile du tout. J’ai commencé à tuer, directement“.
Quant
à l’employé de la boucherie, après avoir exprimé, couteau en main,
qu’il avait tué des dizaines de “terroristes”, il a posé le couteau sur
le billot, et a tenté de me montrer sur son téléphone portable, ses
photos prises avec ceux et celles qu’il avait tuéEs. Déboussolé, sans
vraiment savoir quoi dire, je me suis ressaisi difficilement et j’ai pu
dire “laissez, je ne veux pas les voir“. J’ai reposé la viande
hachée et le bourguignon que j’avais fait préparer et j’ai quitté la
boucherie. Je me suis jeté sur la rive. J’ai bu deux café sans sucre
l’un après l’autre, et me suis laissé aller à la brise venant de la mer.
C’est seulement après que j’ai pu revenir un peu à moi.
Il
y a un jour ou deux, d’autres paroles se sont baladées sur les réseaux
sociaux : les paroles d’un homme qui répondait à un chauffeur de taxi
l’interpellant par un “frère tu es tout badigeonné de sang“, avec un “j’ai dépecé un animal“, alors qu’il avait fui en laissant derrière lui, une femme égorgée, qui criait dans un bain de sang “je ne veux pas mourir“, et sa fille qui suppliait “maman, s’il te plaît ne meurs pas“…
Je n’ai pas eu le courage de regarder ces images. Je me suis contenté de lire.
Le lendemain de l’assassinat, une femme [dans un restaurant] assise à une table à côté, s’exprimait ainsi “cet assassin, faut l’attraper et le pendre illico !“. Un autre lui objectait, “non, il faut l’attacher et arracher, chaque jour, un morceau de sa chair !“. Ce n’est pas fini ; un Président de la République annonçait “si la peine de mort vient devant moi, je la signerai“, une politicienne, une présidente de parti disait “si le projet de loi arrive au parlement, nous le supporterons“…
Ce
pays est celui de ceux qui tuent les femmes, qui réclament la peine de
mort, de ceux qui sont pour la pratique de la torture, un pays de
violence.
Cela fait très longtemps que nous parlons ainsi aisément de la mort… De donner la mort.
Je
passe sur les séries télévisées, et ne parle que des informations
annonçant le nombre de “terroristes” tués, tous les jours. Dans les
meetings électoraux, on quémande des voix, en se vantant du nombre de
“traitres”, de “terroristes” tués. Ou encore, la mort est sacralisée,
avec le martyr des soldats qui périssent. On demande aux mères de se
tenir têtes hautes parce que leur fils est “tombé martyr”, et même de s’en réjouir. Celles qui hurlent leur douleur sont lynchées.
L’Etat a utilisé ces 40 dernières années, sans interruption, le langage de la violence.
Ce langage machiste, dominateur, est devenu le langage dominant du pays,
avec les politiques de tension et de division sociale de l’AKP. Ce
langage qui se nourrit de la paranoïa qui dit que les Kurdes
“trahissent” l’Etat, et qu’ils veulent se “séparer”, peut devenir très
facilement et sans aucune hésitation belliqueux et répressif, se
transformer en violence ouverte… et être source de massacre.
Ce
langage machiste et dominateur dont l’Etat use, influence tout le
monde, mais surtout les hommes. Il se reproduit dans la vie de tous les
jours, comme la langue des hommes. Ils ne font pas que de la reproduire
entre hommes, mais la retournent, contre l’épouse, l’amie, la camarade,
l’enfant, la collègue, qu’ils accusent de les avoir “trahis”.
source Kedistan
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La fête
27em édition
THE programme complet
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C'est dimanche et je me gratte l'éphémère
"Qu'aurais-je à raconter de mes nuits sur la plage de l'intime puisque les nuits, semble- il , seraient faites pour cela. Sauf que dans la sombre matrice habitent aussi des ombres qui accrochent la lumière. Elles sont de nature opposable et complices comme chat et souris , elles répondent désir à principe et peur en place de compassion. Elles sont parfois difficiles à cerner tant la pudeur de l'aube et ses révélations peut transformer une nature humaine. Choisir son camp sous la pâle lueur d'une lampe de bureau et reconnaitre une certaine classe à la mauvaise fois évidente. Mes visiteurs nocturnes ont souvent de la brume dans les cheveux, leur promenade crépusculaire les renvoie fatigués, un peu éblouis par la lumière vive qui se déclenche à l'orée de la maison- Les paroles qui vont suivre sont taillées pour la ouate même si on ne le comprend pas toujours lorsqu'on se sent déporté dans les virages et il faudra alors comme un don de fakir et un peu d'inconscience aussi parfois pour marcher sur les oeufs sans trop faire de casse. En sourdine comme très loin se joue la musique qui colle au décor, des instruments à corde, une voix et sa guitare, ballade sous les étoiles, qui rapproche l'infréquentable, qui brise l'incassable. Et s'il fallait dire encore des coup de pompe pas perdus qui plombent les paupières et l'air vif du dehors pour réveiller l'ardeur. Et les pensées qui filent dans le courant des aiguillages, le vent qui se joue des noctambules, la pluie qui casse le rythme et le silence plein de vie. Il faut passer dans l'autre moitié pour comprendre, le royaume des fantômes, des vampires et des anges. Il faut être joueur dans les nuances, sincère avec la colère et bon comme du pain blanc..."
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La fête
27em édition
THE programme complet
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C'est dimanche et je me gratte l'éphémère
"Qu'aurais-je à raconter de mes nuits sur la plage de l'intime puisque les nuits, semble- il , seraient faites pour cela. Sauf que dans la sombre matrice habitent aussi des ombres qui accrochent la lumière. Elles sont de nature opposable et complices comme chat et souris , elles répondent désir à principe et peur en place de compassion. Elles sont parfois difficiles à cerner tant la pudeur de l'aube et ses révélations peut transformer une nature humaine. Choisir son camp sous la pâle lueur d'une lampe de bureau et reconnaitre une certaine classe à la mauvaise fois évidente. Mes visiteurs nocturnes ont souvent de la brume dans les cheveux, leur promenade crépusculaire les renvoie fatigués, un peu éblouis par la lumière vive qui se déclenche à l'orée de la maison- Les paroles qui vont suivre sont taillées pour la ouate même si on ne le comprend pas toujours lorsqu'on se sent déporté dans les virages et il faudra alors comme un don de fakir et un peu d'inconscience aussi parfois pour marcher sur les oeufs sans trop faire de casse. En sourdine comme très loin se joue la musique qui colle au décor, des instruments à corde, une voix et sa guitare, ballade sous les étoiles, qui rapproche l'infréquentable, qui brise l'incassable. Et s'il fallait dire encore des coup de pompe pas perdus qui plombent les paupières et l'air vif du dehors pour réveiller l'ardeur. Et les pensées qui filent dans le courant des aiguillages, le vent qui se joue des noctambules, la pluie qui casse le rythme et le silence plein de vie. Il faut passer dans l'autre moitié pour comprendre, le royaume des fantômes, des vampires et des anges. Il faut être joueur dans les nuances, sincère avec la colère et bon comme du pain blanc..."
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